jeudi 19 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2301419 |
| Type | Décision |
| Formation | 6e Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET THEMIS AVOCATS & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 20 janvier 2023, M. A B, représenté par la SCP Thémis avocats et associés, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 7 septembre 2022 par laquelle le garde des sceaux, ministre de la justice, l'a transféré du centre pénitentiaire de Meaux vers le centre pénitentiaire de Vendin-le-Vieil en l'affectant au quartier de prise en charge de la radicalisation spécialisé dans l'évaluation ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au profit de son conseil, par application combinée de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
- la décision de transfert a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d'un vice de procédure en l'absence d'avis du juge de l'application des peines et du procureur de la République conformément à l'article D. 211-28 du code pénitentiaire ;
- elle a été prise en violation de l'article D. 82 du code de procédure pénale dès lors qu'aucun fait nouveau ne peut lui être reproché ;
- elle repose sur des faits matériellement inexacts ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation dans l'application de l'article R. 224-13 du code pénitentiaire.
Le garde des sceaux, ministre de la justice, auquel la requête a été communiquée, n'a pas produit de mémoire.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 5 décembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de procédure pénale,
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Cicmen,
- et les conclusions de M. Peny, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, qui a été condamné à purger une peine de prison, demande l'annulation de la décision du 7 septembre 2022 par laquelle le garde des sceaux, ministre de la justice, l'a transféré du centre pénitentiaire de Meaux au centre pénitentiaire de Vendin-le-Vieil, en l'affectant au quartier de prise en charge de la radicalisation spécialisé dans l'évaluation de cet établissement, pour une durée de quinze semaines.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article D. 211-28 du code pénitentiaire : " Que la demande de changement d'affectation émane de la personne condamnée ou du chef de l'établissement pénitentiaire, ce dernier constitue un dossier qui comprend les éléments permettant d'établir la motivation de la demande. / () / La décision de changement d'affectation est prise, sauf urgence, après avis du juge de l'application des peines et du procureur de la République du lieu de détention ".
3. En l'espèce, la décision attaquée ne mentionne pas qu'elle aurait été prise au vu de l'avis du juge de l'application des peines ou du procureur de la République du lieu de détention et il ne ressort pas des pièces du dossier, en dépit d'une mesure d'instruction faite en ce sens par le tribunal, que l'une ou l'autre de ces autorités auraient été saisies avant que ne soit prise la décision du 7 septembre 2022. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier, et notamment pas des termes de la décision attaquée, et il n'est pas allégué en défense par le ministre, lequel n'a pas produit de mémoire, qu'il aurait existé une urgence à prendre cette décision. Par suite, M. B est fondé à soutenir que la décision du 7 septembre 2022 est entachée d'un vice de procédure à raison de la méconnaissance des dispositions du dernier alinéa de l'article D. 211-28 du code pénitentiaire, lequel l'a privé d'une garantie.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la décision du 7 septembre 2022 doit être annulée.
Sur les frais liés au litige :
5. M. B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son avocat, la SCP Thémis avocats et associés, peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que la SCP Thémis avocats et associés renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Ciaudo de la somme de 1 000 euros.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 7 septembre 2022 du garde des sceaux, ministre de la justice est annulée.
Article 2 : L'État versera la somme de 1 000 euros à la SCP Thémis avocats et associés, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve que la SCP Thémis avocats et associés renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au garde des sceaux, ministre de la justice et à la SCP Thémis avocats et associés.
Délibéré après l'audience du 5 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Delesalle, président,
- M. Cicmen, premier conseiller,
- M. Doan, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 septembre 2024.
Le rapporteur,
D. Cicmen
Le président,
H. Delesalle La greffière,
A. Cardon
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/6-3
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2525597
**Sujet principal** : La requérante, une ressortissante salvadorienne, demande l'annulation du rejet implicite de sa demande de titre de séjour et l'injonction au préfet de police de lui délivrer un titre. **Juridiction** : Le Tribunal Administratif de Paris (6e Section - 3e Chambre). **Solution retenue** : Le tribunal rejette la requête. Il estime que la requête dirigée contre un rejet implicite est irrecevable, car un refus exprès (un arrêté du 25 mars 2025) avait déjà été notifié. Le tribunal considère que les moyens au fond, invoquant notamment les articles L. 423-23, L. 435-1 et L. 435-4 du CESEDA, ne sont pas de nature à justifier la délivrance d'un titre. **Textes appliqués** : Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), notamment ses articles L. 423-23, L. 435-1 et L. 435-4, ainsi que le code de justice administrative.
02/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2524412
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A..., un ressortissant algérien, qui contestait les décisions du préfet du Val-de-Marne l'obligeant à quitter le territoire français sans délai et lui interdisant le retour pour douze mois. La juridiction a estimé que l'arrêté préfectoral était suffisamment motivé et fondé sur un examen sérieux de la situation personnelle de l'intéressé, qui était entré et séjournait irrégulièrement en France. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que sur la Convention européenne des droits de l'homme et l'accord franco-algérien de 1968.
19/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2414908
Le Tribunal Administratif de Paris a été saisi d'un recours en excès de pouvoir concernant la responsabilité de l'Assistance publique-hôpitaux de Paris pour une infection nosocomiale survenue après une intervention chirurgicale. La juridiction a reconnu la responsabilité de l'établissement et a procédé à une évaluation des préjudices du requérant, en se fondant notamment sur une expertise médicale ordonnée par le tribunal. La décision implicite de rejet de la demande d'indemnisation est annulée, et l'AP-HP est condamnée à verser une indemnité, dont le montant est déterminé par le tribunal en application des principes de responsabilité administrative.
19/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2419249
Le Tribunal administratif de Paris a rejeté comme irrecevable la requête de M. B... visant à annuler le refus de renouvellement de sa carte professionnelle d'agent de sécurité privée. La juridiction a jugé que le recours contre la décision implicite de rejet était devenu sans objet, une décision expresse de rejet ayant été prise avant l'introduction de la requête et le recours contre cette dernière ayant fait l'objet d'un désistement. Le tribunal s'est fondé sur les règles de procédure du code de justice administrative pour constater l'irrecevabilité, sans avoir à examiner le fond du litige.
19/03/2026