mardi 12 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2301527 |
| Type | Décision |
| Formation | 3e Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | MICHEL-GABRIEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 20 janvier 2023, M. B A, représenté par Me Jilm Michel-Gabriel, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 15 novembre 2022 par lequel le ministre de l'intérieur a retiré son agrément en qualité d'employé de club de jeux ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de lui restituer l'agrément retiré ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. A soutient que :
- la décision est entachée d'une erreur de droit dès lors que les garanties de moralité et de probité ne sont pas au nombre des critères exigés par la réglementation applicable pour agréer un employé de jeux, en particulier en présence d'un salarié ayant un casier judiciaire vierge ;
- elle n'est pas motivée ;
- elle est entachée d'inexactitude matérielle ;
- elle est entachée d'erreur d'appréciation.
Par un mémoire enregistré le 2 mai 2023, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité intérieure,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- le décret n° 2017-913 du 9 mai 2017,
- l'arrêté du 13 septembre 2017 pris pour l'application du décret n°2017-913 du 9 mai 2017 et fixant les modalités de mise en œuvre de l'expérimentation des clubs de jeux à Paris,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Merino,
- et les conclusions de Mme Beugelmans-Lagane, rapporteure publique, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 15 novembre 2022, le ministre de l'intérieur a retiré l'agrément qui avait été accordé à M. B A le 5 juin 2019 en qualité d'employé de club de jeux. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de cet arrêté.
2. Aux termes de l'article R. 321-32-1 du code de la sécurité intérieure : " Le ministre de l'intérieur peut donner un avertissement, suspendre, pour un délai maximal de six mois, ou retirer l'agrément des personnes mentionnées à l'article R. 321-31 en cas d'inobservation du cahier des charges ou des lois et règlements régissant les jeux d'argent et de hasard ou pour des motifs d'ordre public. " Aux termes de l'article 23 de l'arrêté du 13 septembre 2017 pris pour l'application du décret n° 2017-913 du 9 mai 2017 et fixant les modalités de mise en œuvre de l'expérimentation des clubs de jeux à Paris, dans sa version applicable à la date de la décision attaquée : " Le ministre de l'intérieur peut, conformément aux dispositions de l'article R. 321-32-1 du code de la sécurité intérieure, adresser un avertissement, suspendre ou retirer l'agrément d'un membre du personnel des jeux. "
3. En premier lieu, l'arrêté attaqué énonce les considérations de droit ou de fait qui en constituent le fondement. Il est, par suite, suffisamment motivé.
4. En second lieu, pour retirer à M. A son agrément en qualité d'employé de club de jeux, le ministre de l'intérieur a relevé que l'intéressé avait, entre le mois de juillet 2019 et le début de l'année 2022, financé ses dépenses personnelles à l'aide de la carte bancaire du comité social et économique du club Montmartre alors qu'il en était le trésorier, ce que l'intéressé a reconnu lors de son audition par les services de police le 16 septembre 2022. Eu égard à la nature de ces faits, dont la matérialité est établie, le ministre de l'intérieur a pu, sur le fondement de l'article 23 de l'arrêté du 13 septembre 2017 précité, constater qu'ils étaient incompatibles avec les fonctions confiées à un employeur de club de jeux et retirer son agrément à M. A, sans que l'intéressé puisse sérieusement invoquer la précarité de sa situation financière, évoquer un prétendu prêt d'argent qui lui aurait été consenti et qu'il aurait eu l'intention de rembourser, sans apporter aucun commencement de preuve, ou faire valoir que son casier judiciaire était vierge. Par suite, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation doit être écarté.
5. En troisième lieu, d'une part, si M. A soutient que les " garanties de moralité et de probité " dont le ministre a fait mention dans sa décision ne sont pas au nombre des conditions de délivrance de l'agrément prévues à l'article 21 de ce même arrêté, il résulte de ce qui a été dit que la décision attaquée, qui est fondée sur l'article 23 de cet arrêté, poursuit notamment un but d'ordre public. D'autre part, la circonstance que les faits reprochés à l'intéressé ont été commis dans le cadre de l'exercice de son mandat de représentant du personnel et non de ses fonctions de croupier, est sans influence sur la légalité de la décision attaquée. Par suite, la référence que fait le ministre aux " garanties de moralité et de probité " attachées aux fonctions confiées à un employé de jeux ne saurait constituer une erreur de droit.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée dans toutes ses conclusions, y compris celles tendant à l'application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 novembre 2024.
La rapporteure,
M. MERINOLe président,
J.-Ch. GRACIA
La greffière,
C. YAHIAOUI
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2301527/3-3
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2535565
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de Mme A... visant à annuler l'arrêté préfectoral refusant le renouvellement de son titre de séjour et ordonnant son éloignement. Le tribunal a jugé que le préfet avait légalement appliqué l'article L. 432-1-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en fondant son refus sur la condamnation de l'intéressée pour des faits relevant des articles 222-34 à 222-40 du code pénal. Il a également estimé que les circonstances invoquées (emploi stable, sursis) étaient sans incidence sur la légalité de la décision et n'ont pas constaté de méconnaissance de l'article 8 de la CEDH.
26/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2534617
Le Tribunal Administratif de Paris a annulé l'arrêté du préfet de police refusant le renouvellement du titre de séjour et ordonnant l'éloignement d'une ressortissante brésilienne. La juridiction a retenu que le préfet avait méconnu l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en ne procédant pas à une appréciation individuelle et concrète de la situation de l'intéressée, notamment au regard de son état de santé et de son droit au respect de la vie privée et familiale (article 8 de la CEDH). Le tribunal a enjoint au préfet de réexaminer la demande de titre de séjour dans un délai de deux mois.
26/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2411323
Le Tribunal Administratif de Paris a examiné un recours pour excès de pouvoir contre le refus du préfet de police de délivrer un titre de séjour à un ressortissant algérien. Le tribunal a annulé la décision attaquée, considérant que l'administration n'avait pas procédé à l'examen de la situation personnelle du requérant au regard de son pouvoir discrétionnaire de régularisation exceptionnelle. Cette solution s'appuie sur l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, qui régit le séjour des ressortissants algériens sans interdire une telle régularisation.
26/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2428408
Le Tribunal Administratif de Paris a annulé l'arrêté du préfet de police refusant le renouvellement d'une carte de séjour "talent" à une artiste-interprète. La juridiction a relevé d'office que le refus, fondé sur un seuil de ressources fixé par un arrêté ministériel (annexe 10 du CESEDA), était entaché d'incompétence, car ce seuil relève d'un décret en Conseil d'État selon l'article L. 421-20 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le tribunal a enjoint au préfet de reconsidérer la demande dans un délai de quatre mois.
26/03/2026