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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2302676

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2302676

mardi 4 mars 2025

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2302676
TypeOrdonnance
PublicationD
Avocat requérantCABINET PEQUIGNOT AVOCAT (SARL)

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 4 février 2023 et le 25 mars 2024, M. B A, représenté par Me Pequignot, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 22 décembre 2022 par laquelle la directrice générale de l'Agence régionale de santé (ARS) d'Ile-de-France a refusé de l'inscrire sur la liste départementale du Val-d'Oise des personnes usant du titre de psychologue, enregistrée dans le traitement de données à caractère personnel dénommé ADELI ;

2°) d'enjoindre à l'ARS d'Ile-de-France de le réinscrire au répertoire ADELI, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter du huitième jour suivant le jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- à titre principal, sur la légalité interne :

- en considérant sa demande d'enregistrement du changement du lieu d'exercice de sa profession de psychologue comme une nouvelle demande d'inscription au fichier ADELI, l'ARS d'Ile-de-France a commis une erreur de droit ;

- l'ARS d'Ile-de-France n'était pas en situation de compétence liée pour refuser d'enregistrer sa demande ;

- la décision attaquée est également entachée d'une erreur de droit dès lors qu'elle est intervenue plus de quatre mois après la décision créatrice de droits qu'elle retire, que le changement dans sa situation ne donnait aucun droit à l'administration de réexaminer son inscription au répertoire et qu'un diplôme reconnu équivalent aux diplômes nationaux permet une inscription au répertoire ADELI ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que son diplôme doit être reconnu équivalent aux diplômes nationaux ;

- à titre subsidiaire, sur la légalité externe :

- la décision attaquée est entachée de l'incompétence de son signataire ;

- la décision attaquée est entachée d'un vice procédure dès lors qu'elle n'a été précédée d'une procédure contradictoire.

Par un mémoire en défense, enregistré le 25 janvier 2024, l'Agence régionale de santé d'Ile-de-France conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que :

- elle était en situation de compétence liée pour refuser l'inscription de M. A sur la liste départementale en cause de la région d'Ile-de-France ;

- les autres moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés tant en tant qu'ils sont dirigés contre la radiation de la liste départementale des Côtes-d'Armor que contre le refus d'inscrire M. A sur la liste départementale en cause de la région d'Ile-de-France.

Par ordonnance du 18 juin 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 8 juillet 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 85-772 du 25 juillet 1985 ;

- le décret n° 90-255 du 22 mars 1990 ;

- l'arrêté du 12 juillet 2012 relatif à la mise en place d'un traitement de données à caractère personnel dénommé ADELI de gestion de l'enregistrement et des listes départementales de certaines professions et usages de titres professionnels ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de la décision du 22 décembre 2022 par laquelle la directrice générale de l'agence régionale de santé (ARS) d'Ile-de-France a refusé de l'inscrire sur la liste départementale du Val-d'Oise des personnes usant du titre de psychologue, enregistrée dans le traitement de données à caractère personnel dénommé ADELI.

2. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que () des moyens inopérants () ".

Sur le cadre juridique applicable au litige :

3. D'une part, aux termes du I de l'article 44 de la loi du 25 juillet 1985 portant diverses dispositions d'ordre social : " I - L'usage professionnel du titre de psychologue, accompagné ou non d'un qualificatif, est réservé () aux titulaires d'un diplôme étranger reconnu équivalent aux diplômes nationaux exigés. / Les personnes autorisées à faire usage du titre de psychologue sont tenues de faire enregistrer sans frais, auprès de l'agence régionale de santé ou de l'organisme désigné à cette fin, leur diplôme mentionné au précédent alinéa ou l'autorisation mentionnée au II. En cas de changement de situation professionnelle, elles en informent l'agence ou cet organisme. / Il est établi, pour chaque département, par l'agence régionale de santé ou l'organisme désigné à cette fin, une liste de cette profession, portée à la connaissance du public. / Les modalités d'application des dispositions des deuxième et troisième alinéas du présent article sont fixées par décret ". Aux termes de l'article premier du décret du 22 mars 1990 fixant la liste des diplômes permettant de faire usage professionnel du titre de psychologue, en son article premier : " Ont le droit en application du I de l'article 44 de la loi du 25 juillet 1985 susvisée de faire usage professionnel du titre de psychologue en le faisant suivre, le cas échéant, d'un qualificatif les titulaires : / () 5° De diplômes étrangers reconnus équivalents aux diplômes mentionnés au 1°, au 2° et au 3° par le ministre chargé de l'enseignement supérieur après avis d'une commission dont la composition est fixée par arrêté de ce ministre ".

4. D'autre part, aux termes de l'article premier de l'arrêté du 12 juillet 2012 relatif à la mise en place d'un traitement de données à caractère personnel dénommé ADELI de gestion de l'enregistrement et des listes départementales de certaines professions et usages de titres professionnels : " Les ministres chargés de la santé et de l'action sociale mettent en place un traitement dénommé ADELI de gestion de l'enregistrement et des listes départementales des personnes dont les professions sont réglementées par le code de la santé publique, sous réserve qu'elles ne soient pas prises en charge par le traitement prévu par l'arrêté du 6 février 2009 susvisé. Le traitement ADELI assure également la gestion de l'enregistrement et des listes départementales des personnes () usant des titres de psychologue () / Ce traitement a pour finalité :/ 1. Pour tous les professionnels et usagers de titres, l'attribution de leur identifiant et la tenue des listes des personnes exerçant dans chaque département, conformément aux dispositions législatives et réglementaires relatives à chacune de ces professions et titres professionnels ". En vertu de l'article 2 du même arrêté, le traitement de données comporte un fichier départemental sous la responsabilité, pour ce qui concerne les personnes usant du titre de psychologue, du directeur général de l'agence régional de santé, un fichier régional qui est constitué des fichiers départementaux de la région et comportant les mêmes informations que ceux-ci et un fichier national qui est constitué des fichiers régionaux et comportant les mêmes informations que ceux-ci. Aux termes de ce même article 2, les fichiers comportent entre autres l'information suivante : " ' diplôme, titre, certificat, autorisation ou attestation permettant l'exercice de la profession ou l'usage du titre professionnel (nature et numéro, date et lieu d'obtention )". Aux termes de l'article 4 du même arrêté, l'exploitation des fichiers départementaux est placée sous la responsabilité des agences régionales de santé et le fichier national " est exploité sur un serveur national placé sous la responsabilité conjointe de la direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques, de la direction générale de l'offre de soins, de la direction générale de la cohésion sociale et de la direction générale de la santé ".

Sur les moyens de la requête :

5. En premier lieu, il résulte des dispositions précitées de l'arrêté du 12 juillet 2012 que l'ARS d'Ile-de-France n'est responsable que des fichiers départementaux de cette région. Par suite, contrairement à ce que M. A soutient, la décision attaquée n'a pas pour objet de retirer son enregistrement au traitement de données à caractère personnel dénommé ADELI, mais seulement de rejeter sa demande d'inscription sur la liste départementale du Val-d'Oise des personnes usant du titre de psychologue.

6. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que, pour rejeter la demande de M. A, l'ARS d'Ile-de-France s'est bornée à constater l'absence de décision du ministre chargé de l'enseignement supérieur reconnaissant le diplôme de M. A, délivré par la société Sigmund Freud University - Paris, établissement d'enseignement supérieur privé autrichien, comme équivalant aux diplômes français exigés pour l'usage du titre de psychologue. Ce faisant l'ARS n'a porté aucune appréciation sur les faits de l'espèce. En application des dispositions précitées, l'ARS d'Ile-de-France était tenue de rejeter la demande de M. A. Par suite, les moyens soulevés par celui-ci à l'encontre de cette décision ne peuvent qu'être écartés comme inopérants.

7. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A peut être rejetée, y compris, par voie de conséquence, en ses conclusions à fin d'injonction et présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, par application du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à l'Agence régionale de santé d'Ile-de-France.

Fait à Paris, le 4 mars 2025.

La présidente de la 6ème section,

K. Weidenfeld

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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