jeudi 16 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2303106 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 5e Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | CHELBI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 13 février 2023 et 22 janvier 2024, M. A B, représenté par Me Chelbi, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le préfet de police a implicitement rejeté sa demande de certificat de résidence du 13 octobre 2021 ;
2°) d'enjoindre au préfet de police de procéder au réexamen de sa demande de certificat de résidence et de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros à verser à son conseil en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- le préfet aurait dû saisir pour avis, la commission du titre de séjour ;
- le préfet a méconnu l'article 6-1 de l'accord franco-algérien.
Par une ordonnance du 22 janvier 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 19 février 2024.
Par une décision du 15 mars 2023, le bureau d'aide juridictionnelle a rejeté la demande d'aide juridictionnelle de M. B pour irrecevabilité.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-algérien ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Rebellato, rapporteur,
- et les observations de Me Chelbi représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant algérien né le 7 janvier 1962, a demandé le 13 octobre 2021 la délivrance d'un certificat de résidence sur le fondement du 1 de l'article 6 de l'accord franco-algérien. Par la présente requête, il demande au tribunal d'annuler la décision implicite de rejet de sa demande.
2. Aux termes de l'article 6-1 de l'accord franco-algérien modifié : " Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : / 1) au ressortissant algérien, qui justifie par tout moyen résider en France depuis plus de dix ans ou plus de quinze ans si, au cours de cette période, il a séjourné en qualité d'étudiant ".
3. M. B, qui est entré en France en 2008, produit, pour chaque année à compter de l'année 2012, de nombreuses pièces justificatives de sa présence habituelle sur le territoire français, notamment, des bulletins de salaire, des relevés bancaires et des ordonnances médicales impliquant sa présence. Ainsi, M. B démontre qu'il résidait de façon habituelle en France depuis plus de dix ans à la date de l'arrêté. Dès lors, M. B est fondé à soutenir que le préfet de police a inexactement appliqué les stipulations du 1) de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 en rejetant sa demande de certificat de résidence présentée sur leur fondement. Par suite, il y a lieu d'annuler la décision de refus de délivrance d'un certificat de résidence.
4. En raison du motif qui la fonde, l'annulation de la décision attaquée implique, sous réserve de changements de circonstances, qu'un certificat de résidence soit délivré à M. B sur le fondement de l'article L. 911-1 du code de justice administrative. Il y a donc lieu d'enjoindre au préfet de police, ou au préfet territorialement compétent au regard du lieu de résidence de M. B, de lui délivrer ce certificat de résidence dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction de l'astreinte demandée.
5. M. B n'a pas obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat ne peut se prévaloir des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La décision par laquelle le préfet de police a implicitement refusé de délivrer un certificat de résidence à M. B est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de police, ou au préfet territorialement compétent, de délivrer à M. B un certificat de résidence dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Chelbi et au préfet de police.
Délibéré après l'audience du 2 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Gros, président,
M. Feghouli, premier conseiller,
M. Rebellato, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition du greffe le 16 mai 2024.
Le rapporteur,
J. REBELLATO
Le président,
L. GROS
La greffière,
C. CHAKELIAN
La République mande et ordonne au préfet de police, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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