mardi 4 mars 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2303237 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 4e Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET MICHEL HUET & ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête n° 2303237 et un mémoire, enregistrés le 13 février 2023 et le 6 décembre 2023, la société Agence Goutal, représentée par le cabinet Michel Huet et associés, demande au tribunal :
1°) de condamner SNCF Réseau à lui verser la somme de 86 176,26 euros ;
2°) de mettre à la charge de SNCF Réseau une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
3°) de condamner SNCF Réseau aux entiers dépens.
La société Agence Goutal soutient que :
- sa requête n'est pas tardive, dès lors qu'elle a envoyé une demande d'avenant en cours d'exécution du contrat et non un mémoire en réclamation ;
- c'est à tort que SNCF Réseau a opposé la forclusion à sa demande de conclusion d'avenant ;
- elle est fondée à solliciter le versement de la somme de 11 250 euros au titre des évolutions du programme en phase PRO ;
- elle est fondée à solliciter le versement de la somme de 20 926,26 euros au titre des modifications du programme intervenues en phase EXE ;
- elle est fondée à solliciter la somme de 54 000 euros au titre du préjudice subi en raison de l'allongement de la durée des travaux.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 29 septembre 2023 et le 16 avril 2024, la société SNCF Réseau, représentée par le cabinet Adden Avocats conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 5 000 euros soit mise à la charge de la société Agence Goutal au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est tardive ;
- la société Goutal n'établissant pas que les évolutions du programme en phase PRO l'ont conduit à réaliser des prestations supplémentaires, elle n'est pas fondée à solliciter son indemnisation à ce titre ;
- la société Goutal n'établissant pas que les évolutions du programme en phase EXE l'ont conduit à réaliser des prestations supplémentaires, elle n'est pas fondée à solliciter son indemnisation à ce titre, alors au surplus que certaines modifications sont dues à une faute de la requérante au regard de la mauvaise estimation initiale ;
- elle n'établit pas davantage que l'allongement des travaux aurait conduit à la réalisation de prestations supplémentaires ;
- la réduction de pénalités sollicitée par l'agence Goutal n'est pas fondée.
Par ordonnance du 25 novembre 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 11 décembre 2024.
II. Par une requête n° 2318600, enregistrée le 7 août 2023, la société Agence Goutal, représentée par le cabinet Michel Huet et associés, demande au tribunal :
1°) de condamner SNCF Réseau à lui verser la somme de 102 122,25 euros ;
2°) de mettre à la charge de SNCF Réseau une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
3°) de condamner SNCF Réseau aux entiers dépens.
La société Agence Goutal soutient que :
- en application de l'article 14 du CCAP, elle a signé avec réserves le décompte général transmis par SNCF Réseau et l'a transmis, accompagné d'un mémoire en réclamation le 21 mars 2023 ;
- le décompte final transmis par la société Agence Goutal doit être considéré comme le décompte général et définitif, en l'absence de notification par le maître d'ouvrage du décompte général dans le délai de 30 jours à compter de la réception du décompte final ;
- elle est fondée à solliciter le versement de la somme de 11 250 euros au titre des évolutions du programme en phase PRO ;
- elle est fondée à solliciter le versement de la somme de 20 926,26 euros au titre des modifications du programme intervenues en phase EXE ;
- elle est fondée à solliciter la somme de 54 000 euros au titre du préjudice subi en raison de l'allongement de la durée des travaux ;
- Le montant de 20 657,48 euros demandé par SNCF Réseau dans son projet de décompte général au titre d'une indemnisation ne peut être imputé à la société Agence Goutal, en l'absence de justification ou de fondement juridique ;
- Le solde du marché s'établit à 102 122,25 euros hors taxes.
La requête a été communiquée à la société SNCF Réseau qui n'a pas produit de mémoire.
Par une ordonnance du 1er octobre 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 31 octobre 2024.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Hombourger
- les conclusions de M. Gualandi, rapporteur public,
- et les observations de Me Hugueny, représentant SNCF Réseau pour la requête n° 2303237.
Considérant ce qui suit :
1. La société Agence Goutal a conclu le 19 avril 2012 avec Réseau Ferré de France, devenu SNCF Réseau, un contrat de maîtrise d'œuvre pour procéder aux opérations de sauvegarde de la passerelle Saint-Jean à Bordeaux, dite passerelle Eiffel. Le contrat prévoyait une estimation prévisionnelle des travaux de 3 055 000 euros hors taxes et un forfait de rémunération du maître d'œuvre de 274 590 euros hors taxes. L'achèvement des travaux, qui ont débuté en septembre 2018, a été fixé au 15 décembre 2020.
2. Le 4 août 2021, la société Agence Goutal a envoyé un document intitulé " demande de complément à la rémunération du marché de maîtrise d'œuvre ", demandant une rémunération complémentaire pour un montant de 86 176,26 euros hors taxes. SNCF Réseau a refusé de faire droit à cette demande de complément de rémunération le 13 septembre 2021. La société Agence Goutal a contesté l'analyse de SNCF Réseau le 16 novembre 2021, a réitéré sa demande par un courrier du 26 janvier 2022 et l'a mise en demeure de rédiger un avenant le 30 juin 2022, demande à laquelle SNCF Réseau a opposé la forclusion. La société Agence Goutal a rédigé un mémoire en réclamation face à ce refus le 7 octobre 2022, auquel SNCF Réseau a indiqué le 17 novembre 2022 ne pas souhaiter donner suite en raison de la forclusion de la société. Par la requête n° 2303227, la société Agence Goutal demande l'annulation de cette décision et la condamnation de SNCF Réseau à lui verser la somme de 86 176,26 euros hors taxes.
3. Le 7 décembre 2022, la société Agence Goutal a envoyé un projet de décompte général pour un montant total de 361 126,26 euros hors taxes, reçu le 12 décembre 2022. SNCF Réseau a envoyé en retour le 16 février 2023 le projet de décompte général pour un montant total de 325 822,38 euros toutes taxes et indemnisations comprises. Le 21 mars 2023, la société Agence Goutal a réceptionné avec réserves ce décompte général, en maintenant une demande de rémunération complémentaire de 86 176,26 euros hors taxes et en contestant la somme de 20 657,48 euros soustraite par SNCF Réseau au titre des indemnisations dues. Par la requête n° 2318600, la société Agence Goutal demande l'annulation de la décision implicite par laquelle SNCF Réseau a refusé de faire droit à son mémoire en réclamation et la condamnation de SNCF Réseau à lui verser la somme de 102 122,25 euros au titre du solde du marché.
4. Les requêtes susvisées concernent la situation d'un même marché et d'un même requérant et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur la requête n° 2302327 :
En ce qui concerne les conclusions indemnitaires :
5. Aux termes de l'article 12 du cahier des clauses administratives générales (CCAP) du marché : " A la demande du MOA, le titulaire pourra effectuer des prestations pour lesquels le marché ne prévoit pas de prix. Les prix nouveaux seront calculés sur la base des éléments de décomposition des prix du marché. / () / Les prix définitifs feront l'objet d'un avenant pendant l'exécution du présent marché ". L'article 23 " compléments à la rémunération du titulaire " du CCAP prévoit en outre que " Des modifications de la rémunération du titulaire pourront être exceptionnellement discutées et réexaminées dans les cas suivants : / - les missions du titulaire ont été étendues sur la demande expresse de la MOA au-delà des seuils fixés à l'article 22, / -les conditions d'intervention, ou d'autres causes indépendantes du titulaire, conduisent à une augmentation du délai global de l'opération, par rapport au planning contractuel, / - le programme de l'opération a été modifié de façon significative, () / Dans tous ces cas et dans ceux similaires qui apparaîtraient, le titulaire devra justifier à l'intention du MOA la nature et l'importance des moyens maintenus ou mis en place pour faire face à l'évènement. / Ces moyens seront alors rémunérés en supplément dans des conditions qui seront précisées dans le cadre d'un avenant au présent contrat, signé et notifié par ordre de service. / La mise au point de l'avenant se ferait en prenant pour base de négociation l'état des prix forfaitaires et le barème journalier et horaire par catégorie de personnel joint au contrat ou toute autre base convenue entre les parties. ". L'article 22 fixe un seuil de 15% de la rémunération de la phase concernée.
6. Le titulaire d'un contrat de maîtrise d'œuvre est rémunéré par un prix forfaitaire couvrant l'ensemble de ses charges et missions, ainsi que le bénéfice qu'il en escompte. Seule une modification de programme ou une modification de prestations décidées par le maître de l'ouvrage peut donner lieu à une adaptation et, le cas échéant, à une augmentation de sa rémunération. Ainsi, la prolongation de sa mission n'est de nature à justifier une rémunération supplémentaire du maître d'œuvre que si elle a donné lieu à des modifications de programme ou de prestations décidées par le maître d'ouvrage. Dans l'hypothèse où une modification de programme ou de prestations a été décidée par le maître de l'ouvrage, le droit du maître d'œuvre à l'augmentation de sa rémunération est uniquement subordonné à l'existence de prestations supplémentaires de maîtrise d'œuvre utiles à l'exécution des modifications décidées par le maître de l'ouvrage.
S'agissant des prestations supplémentaires lors de la phase projet (PRO) :
7. La société Agence Goutal soutient que SNCF Réseau a demandé différents ajustements concernant la conservation des entretoises supérieures du tablier métal du pont ferroviaire, la conservation et la restauration des systèmes d'appui d'origine, le report du remplacement de la palée provisoire de la pile P07 de la rive gauche par une pile définitive, l'extension de la remise en peinture à l'ensemble de l'ouvrage et la réduction de l'emprise du platelage à un simple cheminement de service. Elle soutient que le coût de ces prestations supplémentaires doit être évalué à 11 250 euros.
8. Toutefois, la société Agence Goutal n'établit tout d'abord pas que ces ajustements au programme auraient été demandés par le maître d'ouvrage. En outre, ainsi que le fait valoir SNCF Réseau, à supposer qu'ils aient été prescrits par cette dernière, le maître d'œuvre n'établit pas, en se bornant à produire son mémoire en réclamation et un ensemble de compte-rendu de chantier ne faisant pas état de prestations de sa part, que ces ajustements l'auraient conduit à réaliser des prestations supplémentaires utiles aux modifications décidées par le maître d'ouvrage. Par suite, elle n'est pas fondée à demander une indemnisation au titre des prestations supplémentaires demandées lors de cette phase.
S'agissant des prestations supplémentaires lors de la phase de réalisation :
9. La société Agence Goutal soutient que SNCF Réseau a demandé des travaux supplémentaires ayant conduit à l'établissement de deux prix nouveaux. Elle fait notamment état pour l'établissement du prix PN1 de la découpe d'éclisses corrodées des membrures supérieures du tablier du pont, de la dépose des anciens supports caténaires, de la restauration d'appareils d'appuis fracturés en P01, de la réparation de passerelles techniques et du découpage de goussets horizontaux. Elle précise également que l'établissement du prix PN4 est en lien avec la dépose de blocs béton fixés à la membrure inférieure des tronçons de la travée 1, la réparation de gousset d'attache longerons/pièces de pont, la dépose de supports de platelages latéraux et la réparation d'ailes supérieures perforées de longerons travée 04. Elle soutient qu'elle est fondée à demander à ce titre la somme de 20 926,26 euros.
10. Toutefois, la société Goutal n'établit pas davantage que ces travaux aient été demandés par SNCF Réseau ou, à supposer même que ce fut le cas, qu'ils aient conduit à des prestations supplémentaires de sa part, en se bornant à produire son mémoire en réclamation et un ensemble de compte-rendu de chantier mentionnant certains des travaux listés par la société requérante, mais non pas les prestations de maîtrise d'œuvre en lien avec ces travaux. Par suite, sa demande d'indemnisation au titre des prestations supplémentaires réalisées lors de la phase d'exécution des travaux ne peut qu'être rejetée.
S'agissant de l'allongement de la durée des travaux :
11. La société Agence Goutal soutient avoir subi un retard de 113 jours de travaux en raison des prestations supplémentaires demandées par SNCF Réseau, de 70 jours en raison des interruptions générées par l'épidémie de Covid-19 et de 111 jours en raison du retard dans la réalisation des études et l'exécution des travaux par les entrepreneurs concernés. Elle demande une indemnisation de 54 000 euros, en estimant avoir dû réaliser un rendez-vous par semaine de retard, pour une valeur de 750 euros, sur un total de 72 semaines.
12. Si la société SNCF Réseau a reconnu, dans sa réponse du 13 septembre 2021, qu'une partie des retards des travaux n'est pas imputable à la société Agence Goutal, en revanche cette dernière n'établit ni, avoir dû réaliser un rendez-vous supplémentaire par semaine en raison de ce retard, ni que la réalisation de ce rendez-vous aurait entraîné un coût supplémentaire de 750 euros. Par suite, sa demande d'indemnisation à ce titre doit être rejetée.
13. Il résulte des points 7 à 12, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la recevabilité de la requête, que les conclusions indemnitaires présentées par la société Agence Goutal doivent être rejetées.
En ce qui concerne les dépens :
14. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. ".
15. En l'absence de dépens, les conclusions présentées au titre de l'article R. 761-1 ne peuvent qu'être rejetées.
En ce qui concerne les frais liés au litige :
16. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
17. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de SNCF Réseau, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par la société Agence Goutal au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
18. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la société Agence Goutal une somme de 2 000 euros au titre des frais exposés par SNCF Réseau et non compris dans les dépens.
Sur la requête n° 2318600 :
En ce qui concerne les conclusions à fin indemnitaire :
S'agissant de la nature du décompte :
19. L'article 14.2 du CCAP prévoit que, une fois le décompte final notifié par le titulaire du marché, le maître d'ouvrage notifie au titulaire le décompte général et l'état du solde dans les quarante-cinq jours suivant la réception du décompte final.
20. Le maître d'œuvre soutient que, alors que le décompte final a été réceptionné le 12 décembre 2022, SNCF Réseau n'a notifié son décompte général que le 27 février 2023, plus de quarante-cinq jours après. Il soutient que le décompte final du 12 décembre 2022 doit dès lors être considéré comme le décompte général et définitif. Toutefois, aucune stipulation du CCAG applicable au marché, pas plus que le cahier des clauses et conditions générales applicables aux marchés de prestations intellectuelles (CCCG-PI) de la SNCF et applicable au litige, ne prévoit la naissance d'un décompte général définitif tacite en cas de retard du maître d'ouvrage dans l'établissement du décompte général. Dès lors, le décompte envoyé par SNCF Réseau le 16 février 2023 doit être considéré comme le décompte général du marché, non définitif en ce qui concerne les réserves émises par la société Agence Goutal dans son mémoire en réclamation du 21 mars 2023.
S'agissant de la demande de rémunération complémentaire au titre des travaux supplémentaires :
21. Pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 7 à 12 du présent jugement, la société Agence Goutal n'est pas fondée à solliciter le versement d'une rémunération complémentaire au titre des prestations supplémentaires qu'elle aurait réalisés.
S'agissant de l'indemnisation demandée par SNCF Réseau :
22. L'article 22 du CCAP du marché prévoit, lorsque le montant C4 (montant approuvé des travaux à l'issue du dossier PRO) est supérieur au montant C0 (montant des travaux figurant à l'article 5 de l'acte d'engagement) une pénalité calculée sur la base du forfait de rémunération de la phase PRO et égale à 1,5 x (C4-C2)/C0, C2 étant le montant de travaux approuvé à l'issue du dossier AVP, dans une limite de 15% de la rémunération de cette phase. Il prévoit également, s'agissant de la phase REA, une pénalité calculée sur la base du forfait de rémunération de la phase REA et égale à 1,5 x (C6-C4)/C2, dans une limite de 15% de la rémunération de cette phase lorsque le montant C6 (montant des travaux à l'issue de l'établissement de l'ensemble des décomptes généraux) est supérieur à C5 ou C4, C5 étant le montant des travaux à la notification des marchés de travaux.
23. Il résulte de l'instruction, et notamment de la demande de complément de rémunération adressée par société Agence Goutal le 4 août 2021 que les montants C0, C2, C4, C5 et C6 doivent être évalués respectivement aux sommes de 3 055 000 euros, 3 055 000 euros, 3 084 672,60 euros, 3 795 797,43 euros et 4 154 779,43 euros.
24. D'une part, pour la phase projet (PRO), C4 étant supérieur à C2, SNCF Réseau pouvait demander une indemnité d'un taux égal à 1,5 x (C4-C2)/C0, multiplié par le forfait de rémunération de 49 491 euros pour cette phase, soit une pénalité maximale de 721,04 euros. D'autre part, pour la phase de réalisation (REA) du projet, correspondant aux phases de visa (VISA), de direction de l'exécution des travaux (DET) et d'assistance aux opérations de réception (AOR), C6 étant supérieur C4, le maître d'ouvrage pouvait également appliquer une pénalité de 15% du forfait pour cette phase, dès lors que le taux de 1,5 x (C6-C4)/C2 était supérieur à 15 %. Le forfait de rémunération pour la phase de réalisation étant égal à 137 475 euros, la société SNCF Réseau pouvait appliquer une pénalité maximale de 20 621,25 euros hors taxes. Ainsi, SNCF Réseau pouvait appliquer des pénalités pour un montant maximal de 21 342,29 euros. Dès lors que le montant de l'indemnisation a été fixé par SNCF Réseau à 20 657,48 euros, la société Agence Goutal n'est donc pas fondée à demander la réduction de cette indemnisation.
24. Il résulte des points 21 à 24 que la société Agence Goutal n'est pas fondée à solliciter le versement d'un complément de rémunération ou la réduction des indemnités appliquées. Par suite, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la recevabilité de la requête, ses conclusions indemnitaires doivent être rejetées.
En ce qui concerne les dépens :
25. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. ".
26. En l'absence de dépens, les conclusions présentées au titre de l'article R. 761-1 ne peuvent qu'être rejetées.
En ce qui concerne les frais liés au litige :
27. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de SNCF Réseau, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par la société Agence Goutal au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes n° 2303237 et 2318600 de la société Agence Goutal sont rejetées.
Article 2 : La société Agence Goutal versera à la société SNCF Réseau une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Agence Goutal et à SNCF Réseau.
Délibéré après l'audience du 11 février 2025, à laquelle siégeaient :
M. Séval, président,
Mme Hombourger, première conseillère,
Mme Mareuse, première conseillère
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 mars 2025.
La rapporteure,
C. HOMBOURGER
Signé
Le président,
J.-P. SÉVAL
SignéLa greffière,
S. RAHMOUNI
Signé
La République mande et ordonne au ministre auprès du ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation, chargé des transports en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2,2318600/4-3
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2401325
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. B... contre la décision de non-opposition à la déclaration préalable de la société SFR pour l’implantation d’antennes de radiotéléphonie mobile à Paris 13e. Le tribunal a d’abord jugé que M. B... ne justifiait pas d’un intérêt à agir suffisant au sens de l’article L. 600-1-2 du code de l’urbanisme, car il n’a pas démontré que le projet affecterait directement ses conditions de jouissance de son bien. Par suite, la requête a été déclarée irrecevable, sans qu’il soit besoin d’examiner les autres moyens, notamment ceux tirés de l’absence d’avis de l’architecte des bâtiments de France ou de la méconnaissance de l’article R. 111-27 du code de l’urbanisme.
06/01/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2324980
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A... contestant son expulsion du territoire français en urgence absolue, décidée par le ministre de l'intérieur le 22 octobre 2023. Le tribunal a jugé que la procédure d'urgence absolue, prévue à l'article L. 632-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dispensait de consulter la commission spéciale d'expulsion, et que les autres moyens, notamment le détournement de procédure et la méconnaissance des articles L. 631-3 et L. 252-1, n'étaient pas fondés.
06/01/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2431132
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui demandait l’annulation d’un arrêté d’expulsion du 21 octobre 2024 et de la décision d’assignation à résidence prise le même jour par le préfet de police. Le tribunal a jugé que l’arrêté d’expulsion était suffisamment motivé et que le préfet n’avait pas commis d’erreur d’appréciation en considérant la présence de l’intéressé comme une menace grave pour l’ordre public, au vu de ses condamnations pénales. La solution retenue s’appuie sur les articles L. 631-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, ainsi que sur les articles 8 de la Convention européenne des droits de l’homme et 3-1 de la Convention internationale des droits de l’enfant, sans que ces derniers soient méconnus.
06/01/2026