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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2303776

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2303776

vendredi 10 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2303776
TypeDécision
PublicationC
Formation3e Section - 2e Chambre
Avocat requérantBLANC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 21 février 2023 et 7 août 2023, M. C A B, représenté en dernier lieu par Me Angliviel, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 22 décembre 2022 par lequel le préfet de police a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;

2°) à titre principal, d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer un titre de séjour " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter de la date de notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet de police de procéder au réexamen de sa situation dans un délai d'un mois à compter de la date de notification du jugement à intervenir et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision de refus de titre est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;

- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors que le préfet ne justifie pas avoir saisi les autorités compétentes visées à l'article R. 40-29 du code de procédure pénale avant la consultation du fichier traitement d'antécédents judiciaires ;

- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors que l'agent ayant consulté le fichier automatisé des empreintes digitales (FAED) n'est pas identifiable et ne bénéficiait pas d'une habilitation ;

- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors que la commission du titre de séjour n'a pas été saisie ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors qu'il ne représente pas une menace à l'ordre public ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-21 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par des mémoires en défense enregistrés les 3 avril 2023, 11 août 2023 et 20 mars 2024, le préfet de police conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soutenus par le requérant ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 26 mars 2024, la clôture de l'instruction a été fixée, en dernier lieu, au 5 avril 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Guglielmetti a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant tchadien, né le 12 février 2002, est entré en France en 2012 selon ses déclarations. Le 1er septembre 2021, il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-21 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile auprès des services de la préfecture de police. Par un arrêté du 22 décembre 2022, le préfet de police a refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité. Il demande l'annulation de cette décision.

2. En premier lieu, la décision attaquée mentionne les textes dont elle fait application et notamment les articles L. 423-21, L. 412-5 et L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle expose par ailleurs, avec suffisamment de précisions, les circonstances de fait sur lesquelles le préfet de police s'est fondé pour rejeter la demande de titre de séjour de M. A B. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.

3. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de police aurait omis d'examiner la situation particulière du requérant avant de refuser de lui délivrer un titre de séjour.

4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 423-21 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire ou s'il entre dans les prévisions de l'article L. 421-35, l'étranger qui justifie par tout moyen avoir résidé habituellement en France depuis qu'il a atteint au plus l'âge de treize ans avec au moins un de ses parents se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable.

Pour l'application du premier alinéa, la filiation s'entend de la filiation légalement établie, y compris en vertu d'une décision d'adoption, sous réserve de la vérification par le ministère public de la régularité de cette décision lorsqu'elle a été prononcée à l'étranger. " Aux termes de l'article L. 412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La circonstance que la présence d'un étranger en France constitue une menace pour l'ordre public fait obstacle à la délivrance et au renouvellement de la carte de séjour temporaire (). "

5. Pour refuser à M. A B la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-21 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet de police s'est fondé, d'une part, sur la circonstance qu'il ne pouvait justifier sa résidence habituelle en France avec au moins l'un de ses parents avec des justificatifs suffisamment probants. Si le préfet de police n'apporte pas d'éléments suffisamment précis pour renverser la présomption simple d'authenticité de l'acte de naissance produit par M. A B, il ressort toutefois des pièces du dossier que le requérant ne justifie pas, par les pièces qu'il produit, et notamment pour les années 2017-2018 et 2020-2021, de sa résidence habituelle en France depuis qu'il a atteint au plus l'âge de treize ans. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.

6. D'autre part, il ressort des termes de l'arrêté attaqué que le préfet de police a retenu que la présence de M. A B en France constituait une menace à l'ordre public au motif qu'il avait défavorablement attiré l'attention des services de police le 26 mars 2021 pour des faits d'usage illicite de stupéfiants. A supposer que ce seul élément puisse caractériser une menace pour l'ordre public, il ressort toutefois des pièces du dossier que le préfet de police aurait pris la même décision s'il s'était fondé sur la seule circonstance que M. A B ne remplissait pas les conditions de l'article précité du L. 423-21 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour obtenir un titre de séjour. Ainsi, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et le moyen tiré des vices de procédure en lien avec la consultation du fichier automatisé des empreintes digitales et de la consultation du fichier du traitement des antécédents judiciaires doivent être écartés comme inopérants.

7. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans chaque département est instituée une commission du titre de séjour qui est saisie pour avis par l'autorité administrative : / 1° Lorsqu'elle envisage de refuser de délivrer ou de renouveler la carte de séjour temporaire prévue aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-13, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21, L. 423-22, L. 423-23, L. 425-9 ou L. 426-5 à un étranger qui en remplit effectivement les conditions de délivrance ; () 4° Dans le cas prévu à l'article L. 435-1 ". En outre, aux termes de l'article L. 435-1 de ce code : " Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14 ".

8. Il résulte des dispositions citées au point précédent que le préfet de police n'est tenu de saisir la commission du titre de séjour que lorsque l'étranger remplit effectivement les conditions prévues par les articles susmentionnés. Or, ainsi qu'il a été dit au point 5, M. A B ne justifie pas satisfaire aux conditions prévues par l'article L. 423-21 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dans ces conditions, le moyen tiré du défaut de saisine de la commission du titre de séjour doit être écarté.

9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de M. A B doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte et celles présentées sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.

Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. C A B et au préfet de police.

Délibéré après l'audience du 25 avril 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Salzmann, présidente,

Mme Armoët, première conseillère,

Mme Guglielmetti, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 mai 2024.

La rapporteure,

Signé

S. Guglielmetti

La présidente,

Signé

M. SalzmannLa greffière,

Signé

P. Tardy-Panit

La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2303776

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