vendredi 31 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2303914 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 6e Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | ADJAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 février 2023, Mme E C et M. D, représentés par Me Adjas, demandent au tribunal :
1°) de condamner l'Assistance publique - hôpitaux de Paris (AP-HP) à verser à Mme C la somme globale de 152 600 euros en réparation de ses préjudices résultant du décès de son enfant A ;
2°) subsidiairement, de mettre à la charge de l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM) la somme de 50 000 euros à verser à Mme C en réparation de ses préjudices ;
3°) de condamner l'AP-HP à verser la somme de 10 000 euros à M. C au titre de son préjudice moral ;
4°) de mettre à la charge de l'AP-HP et de l'ONIAM les entiers dépens ainsi que la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- Mme C, qui est turcophone, n'a pas bénéficié d'une information claire et précise relative aux soins prodigués et n'a pas été en mesure de donner son consentement éclairé, ce qui lui a occasionné un préjudice d'impréparation ;
- Mme C présentait une prééclampsie précoce sévère qui imposait un bilan fœtal complet, ce dont elle n'a pas bénéficié ;
- sa grossesse à haut risque compte tenu d'un antécédent de prééclampsie exigeait une surveillance médicale spécialisée et renforcée incluant les examens prévus à l'article R. 2122-2 du code de la santé publique ;
- son transfert de l'hôpital Tenon vers l'hôpital Trousseau n'a pas été médicalisé ;
- l'injection de corticoïdes à Mme C est fautif ;
- l'enfant n'a pas bénéficié d'une surveillance médicale attentive ni de la prise d'un anticoagulant dans les suites de la chirurgie abdominale, ce qui a entrainé son décès ;
- les manquements des équipes médicales sont à l'origine de complications médicales postopératoires qui ont entrainé une perte de chance de survie de l'enfant ;
- le lien mère-enfant aurait dû faire l'objet de plus d'attention de la part de l'équipe médicale de l'hôpital Trousseau ;
- à titre subsidiaire, le décès du nouveau-né présente un caractère d'anormalité au regard de l'état de santé de Mme C comme de l'évolution prévisible de son état, justifiant la mise en cause de l'ONIAM ;
- les préjudices de Mme C, causés par le décès de son nouveau-né sont constitués :
- du préjudice moral et du retentissement psychologique, évalués à la somme de 50 000 euros ;
- du déficit fonctionnel temporaire, évalué à la somme de 5 000 euros ;
- des souffrances endurées, évaluées à la somme de 10 000 euros ;
- de la perte de revenus, par suite de sa reconnaissance de travailleur handicapé par la Maison départementale pour les personnes handicapées (MDPH), évaluée à la somme de 57 600 euros ;
- de l'incidence professionnelle, évaluée à la somme de 10 000 euros ;
- du défaut d'information, évalué à la somme de 10 000 euros ;
- du préjudice d'agrément, évalué à la somme de 5 000 euros ;
- du préjudice sexuel, évalué à la somme de 5 000 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 octobre 2024, l'AP-HP conclut au rejet de la requête.
Elle soutient qu'aucune faute ne peut être mise à sa charge, ni au titre de l'obligation d'information de Mme C ni au titre de la surveillance de sa grossesse ni au titre des conditions de son transfert à l'hôpital Trousseau ni au titre de sa prise en charge médicamenteuse ni au titre de la prise en charge post opératoire de l'enfant.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 novembre 2024, l'ONIAM, représenté par la SCP UGGC Avocats conclut au rejet des demandes formulées à son encontre et à sa mise hors de cause.
Il fait valoir que :
- il n'a pas vocation à se substituer à l'AP-HP au stade contentieux sur le fondement de l'article L. 1142-15 du code de la santé publique ;
- en tout état de cause, les conditions de son intervention au titre de la solidarité nationale sur le fondement de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique ne sont pas réunies.
La requête a été communiquée à la caisse primaire d'assurance maladie de Paris qui n'a pas produit d'observations.
Par une ordonnance du 13 novembre 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 6 décembre 2024.
Vu le rapport d'expertise et les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique,
- le code de la sécurité sociale,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lambert,
- les conclusions de M. Beaujard, rapporteur public,
- et les observations de Mme B pour l'AP-HP.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, alors âgée de 37 ans et enceinte de son premier enfant, a été adressée par son médecin traitant le 23 janvier 2018, alors qu'elle était à trente-deux semaines d'aménorrhée, à l'hôpital Tenon, qui relève de l'Assistance publique - hôpitaux de Paris (AP-HP), en raison de la suspicion d'une anomalie digestive du fœtus mise en évidence par une échographie. A l'admission de Mme C à l'hôpital Tenon, le diagnostic d'une grossesse pathologique en raison d'une hypertension artérielle, d'une protéinurie, d'un retard de croissance intra utérin et d'une possible anomalie de l'intestin grêle du fœtus a été immédiatement posé. Compte tenu du contexte de prééclampsie et du risque d'accouchement prématuré du fœtus, qui présentait, de surcroit, un retard de croissance et une anomalie de l'intestin grêle, la décision a été prise de transférer Mme C à l'hôpital Trousseau, autre établissement qui relève de l'AP-HP, lequel dispose d'une maternité de niveau III, seule à même de prendre en charge une naissance à un terme inférieur à trente-trois semaines d'aménorrhée. A son arrivée à l'hôpital Trousseau, le 24 janvier 2018, Mme C a intégré le service des grossesses pathologiques. Le 28 janvier 2018, en raison de l'aggravation de la prééclampsie, non maitrisée malgré l'administration de médicaments anti-hypertenseurs, une césarienne a été pratiquée en urgence sur Mme C. L'enfant, prénommé A, est né à 12 heures 44 à trente-deux semaines et cinq jours d'aménorrhée. Il a été aussitôt pris en charge dans le service de néonatologie de l'hôpital Trousseau. Le lendemain, 29 janvier 2018, en présence d'une distension abdominale avec arrêt des matières et des gaz, A a fait l'objet d'une laparotomie, qui a mis en évidence un iléus méconial. Les suites de la chirurgie ont été simples mais le 31 janvier 2018 à 6 heures 50, A a fait un arrêt cardio-respiratoire. Malgré les soins prodigués, il est décédé à 1 heure 12 le 1er février 2018. M. et Mme C ont sollicité en référé une mesure d'expertise. Sur la base du rapport d'expertise judiciaire, réalisé par un gynécologue-obstétricien et un sapiteur pédiatre néonatologue, M. et Mme C demandent au tribunal l'indemnisation de leurs préjudices résultant de la prise en charge de Mme C et de la prise en charge et du décès de leur enfant à titre principal par l'AP-HP sur le terrain de la faute et à titre subsidiaire par l'ONIAM au titre de la solidarité nationale.
Sur les causes du décès de l'enfant :
2. Il résulte de l'instruction, et en particulier des conclusions de l'expert sapiteur, que l'enfant A est décédé d'une défaillance multiviscérale secondaire à un infarctus du myocarde récent. La recherche des causes de l'infarctus myocardique, incluant la réalisation d'une autopsie, des bilans métaboliques et une recherche génétique, n'a pas permis d'identifier l'étiologie de cet infarctus. L'expert sapiteur a conclu que A était décédé d'un infarctus du myocarde idiopatique.
Sur la responsabilité de l'AP-HP :
3. Aux termes du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. () ".
4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 1111-2 du code de la santé publique : " I. Toute personne a le droit d'être informée sur son état de santé. Cette information porte sur les différentes investigations, traitements ou actions de prévention qui sont proposés, leur utilité, leur urgence éventuelle, leurs conséquences, les risques fréquents ou graves normalement prévisibles qu'ils comportent ainsi que sur les autres solutions possibles et sur les conséquences prévisibles en cas de refus. () Cette information incombe à tout professionnel de santé dans le cadre de ses compétences et dans le respect des règles professionnelles qui lui sont applicables. Seules l'urgence ou l'impossibilité d'informer peuvent l'en dispenser. ".
5. Les requérants soutiennent que Mme C n'a pas bénéficié d'une information claire et précise relative aux soins prodigués, au demeurant sans préciser lesquels, et qu'elle n'a ainsi pas été en mesure de donner son consentement éclairé, ce qui lui a occasionné un préjudice d'impréparation. Il résulte cependant de l'instruction et en particulier du rapport d'expertise que, d'une part, Mme C, qui présentait une prééclampsie sévère précoce, était exposée à des risques de complications pouvant mettre en jeu le pronostic vital maternel et fœtal et que le fœtus était exposé à des complications supplémentaires en lien avec son petit poids et sa pathologie digestive, de sorte que ce contexte justifiait l'extraction en urgence du fœtus. D'autre part, l'indication opératoire de la chirurgie abdominale pratiquée sur l'enfant le lendemain de sa naissance était impérative et urgente en raison de la distension abdominale. En outre, Mme C a elle-même déclaré lors des opérations d'expertise que cette intervention lui a été expliquée. Si l'expert relève toutefois que l'information délivrée a pu être mal comprise par les époux C qui ne sont pas francophones, dans le contexte d'urgence ci-dessus décrit, s'agissant tant de la césarienne pratiquée sur Mme C le 28 janvier 2018 que de la laparotomie pratiquée sur l'enfant le lendemain, aucun défaut d'information ne peut être reproché à l'AP-HP.
6. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction et en particulier du rapport d'expertise, que d'une part, Mme C a bénéficié d'une surveillance attentive lors de son admission à l'hôpital Tenon, laquelle a permis de repérer qu'elle faisait l'objet d'une grossesse à haut risque, justifiant son transfert immédiat vers une maternité de niveau III (hôpital Trousseau), disposant d'une équipe chirurgicale pédiatrique avec des moyens humains et techniques adaptés à la prise en charge maternofoetale et que, d'autre part, dès son arrivée à l'hôpital Trousseau, Mme C a fait l'objet d'une surveillance renforcée, notamment par l'administration d'antihypertenseurs en vue de maîtriser la prééclampsie et de corticoïdes pour accélérer la maturation pulmonaire du fœtus dans la perspective d'un accouchement prématuré, tandis que le fœtus a fait l'objet d'une surveillance par échographie-doppler et contrôle continu du rythme cardiaque fœtal. Selon le rapport d'expertise, le protocole de prise en charge de Mme C, tant à l'hôpital Tenon qu'à l'hôpital Trousseau, était conforme aux recommandations médicales. Aucune faute ne peut donc être reprochée à l'AP-HP quant à la surveillance médicale maternofoetale en secteur hospitalier. D'ailleurs, en soutenant que Mme C, qui présentait une grossesse à haut risque compte tenu d'un antécédent de prééclampsie, nécessitait " une consultation plus précoce aux centres hospitaliers par l'équipe médicale qui aurait permis de prévenir les difficultés prévisibles de l'accouchement ", les requérants semblent mettre en cause le suivi de grossesse de Mme C avant sa prise en charge par l'AP-HP.
7. En troisième lieu, il résulte de l'instruction que Mme C s'est rendue le 24 janvier 2018 par ses propres moyens de l'hôpital Tenon vers l'hôpital Trousseau. Selon le rapport d'expertise, un transport médicalisé aurait été plus adapté à son état " compte tenu d'une aggravation imprévisible de la prééclampsie ". Cependant, si l'absence de prescription d'un transport médicalisé est constitutive d'une faute, elle n'a pas été à l'origine d'un préjudice pour Mme C et son enfant, dès lors que l'aggravation de la prééclampsie n'a été constatée que quatre jours plus tard, le 28 janvier 2018, date à laquelle il a été procédé à l'extraction du fœtus par césarienne.
8. En quatrième lieu, si les requérants soutiennent que l'administration de corticoïdes à Mme C a entrainé des complications pour le nouveau-né " qui ne présentait pas de difficultés cardiaques avant son décès ", ils ne produisent cependant aucun élément probant à l'appui de cette allégation, alors que les experts ont au contraire relevé que les cures de celestène administrées à la mère pour permettre une maturation des poumons du fœtus dans la perspective d'un accouchement prématuré, étaient conformes aux règles de l'art médical. Par suite, aucune faute ne peut être reprochée à l'AP-HP à ce titre.
9. En cinquième lieu, il résulte de l'instruction que la prise en charge de l'enfant en post opératoire a été adaptée et conforme aux règles de l'art médical, dès lors que celui-ci a été transféré dès la fin de la laparotomie le 29 janvier 2018 à 19 heures, du bloc opératoire en réanimation néonatale, où il a été placé sous ventilation mécanique, puis progressivement déventilé et extubé, où ses constantes ont été régulièrement relevées du 29 janvier 2018 à 19 heures au 31 janvier 2018 à 6 heures et que, à partir de la survenance de son premier arrêt cardio-respiratoire à 6 heures 50 le 31 janvier 2018, il a fait l'objet d'une intubation trachéale et d'un traitement médicamenteux inotrope à posologie adéquate, outre une surveillance continue de son électroencéphalogramme. Si les requérants soutiennent que l'état de l'enfant requerrait l'administration d'un anticoagulant en post opératoire, ils ne produisent toutefois aucun élément probant à l'appui de cette allégation, et notamment de la littérature médicale, alors que les experts n'ont pas relevé que la prise d'anticoagulant était requise dans les suites de l'intervention chirurgicale subie par l'enfant. Par suite, aucune faute ne peut être reprochée à l'AP-HP à ce titre.
10. En dernier lieu, Mme C soutient, en s'appuyant sur les termes du rapport d'expertise judiciaire, qu'elle " n'a pas été en mesure de se rendre à l'unité de soins pendant les trois jours de vie de son enfant " et que " le lien mère-enfant aurait dû faire l'objet de plus d'attention de la part de l'équipe médicale de l'hôpital Trousseau ". Ce faisant, elle doit être regardée comme invoquant un défaut d'organisation du service. Il résulte en effet de l'instruction que l'hôpital n'a pas mis à la disposition de Mme C, qui venait de subir une césarienne, les moyens qui lui auraient permis de se rendre dans le service de néonatalogie pour voir son enfant, alors que l'état de santé de celui-ci était très dégradé et que la mère et l'enfant étaient pris en charge dans le même hôpital.
11. Cette faute dans l'organisation du service est à l'origine d'un préjudice subi par Mme C, caractérisé par la rupture du lien avec son enfant durant ses trois jours de vie, dont il sera fait une juste évaluation en le fixant à une somme de 5 000 euros. Cette somme sera mise à la charge de l'AP-HP.
Sur la réparation par l'ONIAM au titre de la solidarité nationale :
12. Aux termes du II de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " Lorsque la responsabilité d'un professionnel, d'un établissement, service ou organisme mentionné au I ou d'un producteur de produits n'est pas engagée, un accident médical, une affection iatrogène ou une infection nosocomiale ouvre droit à la réparation des préjudices du patient, et, en cas de décès, de ses ayants droit au titre de la solidarité nationale, lorsqu'ils sont directement imputables à des actes de prévention, de diagnostic ou de soins et qu'ils ont eu pour le patient des conséquences anormales au regard de son état de santé comme de l'évolution prévisible de celui-ci et présentent un caractère de gravité fixé par décret () ".
13. Il résulte de ce qui a été dit au point 2 du présent jugement que l'enfant A est décédé des suites d'un infarctus du myocarde idiopathique. Par suite, son décès n'est pas imputable à un acte de prévention, de diagnostic ou de soins prodigué en milieu hospitalier. Il s'ensuit que la réparation des préjudices en lien avec le dommage ne saurait incomber à la solidarité nationale.
14. Par ailleurs, les articles L. 1142-4 à L. 1142-8 et R. 1142-13 à R. 1142-18 du code de la santé publique organisent une procédure de règlement amiable confiée aux commissions régionales de conciliation et d'indemnisation (CRCI). En vertu des dispositions de l'article L. 1142-14, si la CRCI, saisie par la victime ou ses ayants droit, estime que la responsabilité du professionnel ou de l'établissement de santé est engagée, l'assureur qui garantit la responsabilité civile de celui-ci adresse aux intéressés une offre d'indemnisation. En application de l'article L. 1142-15 du même code, si l'assureur refuse de présenter une offre, l'ONIAM lui est substitué et l'acceptation de son offre vaut alors transaction au sens de l'article 2044 du code civil.
15. En tout état de cause, en l'espèce, les requérants n'ont pas suivi la procédure de règlement amiable rappelée par les dispositions précitées mais ont recherché la responsabilité de l'ONIAM directement dans le cadre de l'instance contentieuse. Par suite, ils ne sont pas fondés à se prévaloir des dispositions du mécanisme de substitution de l'article L. 1142-15 du code de la santé publique.
16. Il résulte de ce qui précède que les conclusions indemnitaires de M. et Mme C dirigées contre l'ONIAM doivent être rejetées.
Sur les frais du litige :
En ce qui concerne les dépens :
17. Les dépens de la présente instance, taxés et liquidés à la somme de 2 080 euros par une ordonnance du président du tribunal administratif de Paris du 27 septembre 2022 seront mis à la charge de l'AP-HP.
En ce qui concerne les frais non compris dans les dépens :
18. Il y a lieu de mettre à la charge de l'AP-HP une somme globale de 1 800 euros à verser aux requérants sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'Assistance publique - hôpitaux de Paris versera à Mme C une somme de 5 000 euros en réparation de ses préjudices.
Article 2 : Les dépens, taxés et liquidés à la somme de 2 080 euros, sont mis à la charge de l'Assistance publique - hôpitaux de Paris.
Article 3 : L'Assistance publique - hôpitaux de Paris versera à M. et Mme C une somme de 1 800 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme E C, à M. F C, à l'Assistance publique - hôpitaux de Paris, à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales et à la caisse primaire d'assurance maladie de Paris.
Copie en sera adressée à l'expert.
Délibéré après l'audience du 10 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Marzoug, présidente,
Mme Lambert, première conseillère,
Mme Berland, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 janvier 2025.
La rapporteure,
F. Lambert
La présidente,
S. Marzoug
La greffière,
K. Bak-Piot
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de l'accès aux soins en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2303914/6-
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2530541
Le Tribunal Administratif de Paris a examiné un recours en excès de pouvoir contre un arrêté préfectoral refusant un titre de séjour et ordonnant l'éloignement d'une ressortissante ghanéenne. La juridiction a rejeté la requête, estimant que l'administration n'avait pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en considérant que l'état de santé de la requérante ne remplissait pas les conditions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour obtenir un titre de séjour. Le tribunal a également jugé que les autres moyens, notamment ceux relatifs à la durée de séjour et à la convention européenne des droits de l'homme, n'étaient pas fondés.
13/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2419955
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de la société Cerballiance visant à annuler l'opposition de l'ARS Île-de-France au transfert d'un site de son laboratoire de biologie médicale. Le tribunal a jugé que l'ARS était compétente pour prendre cette décision et que son refus, fondé sur le risque de dépassement du seuil de 25% de l'offre d'examens dans la zone de Paris, n'était entaché d'aucune erreur manifeste d'appréciation. La décision s'appuie sur les dispositions du code de la santé publique relatives à la régulation de l'implantation des laboratoires.
13/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2432036
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de requérants demandant l'annulation du refus du ministre de la justice d'approuver leur projet de recueil légal par kafala d'une enfant marocaine. Le tribunal a jugé que la décision attaquée, prise en application de l'article 33 de la convention de La Haye du 19 octobre 1996, était régulière en droit et que le ministre avait légalement exercé son pouvoir d'appréciation pour refuser l'approbation au regard de l'intérêt supérieur de l'enfant. Les moyens tirés de l'incompétence et de la méconnaissance des conventions internationales ont été écartés.
13/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2525763
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de Mme B... A... visant à annuler son obligation de quitter le territoire français (OQTF). La juridiction a estimé que l'arrêté préfectoral était régulier, notamment quant à la compétence de sa signataire et à sa motivation, et qu'il ne méconnaissait pas les articles 3 et 8 de la Convention européenne des droits de l'homme. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, après le rejet définitif de la demande d'asile de la requérante.
13/03/2026