mardi 19 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2304185 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 4e Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | LUJIEN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 26 février, M. C A, représenté par Me Lujien demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 15 décembre 2022 par laquelle le préfet de police a refusé d'abroger l'arrêté d'expulsion pris à son encontre le 23 mars 2011 ;
2°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", ou à tout le moins de réexaminer sa situation administrative ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. A soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'incompétence dès lors que, n'étant pas signée, il est impossible d'en connaître l'auteur ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle ne procède pas d'un examen particulier de sa situation individuelle, le préfet s'étant contenté de reprendre l'avis de la commission d'expulsion ;
- la commission spéciale d'expulsion n'a pas motivé son avis ni procédé à un examen particulier de sa situation individuelle ;
- l'arrêté litigieux est entaché d'une erreur d'appréciation dès lors qu'il ne représente plus une menace pour l'ordre public, qu'il a des attaches familiales sur le territoire national et qu'il établit pouvoir se réinsérer en France ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 25 mai 2023 et 1er juin 2023, le préfet de police conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 25 mai 2023 la clôture de l'instruction a été fixée au 26 juin 2023.
Des pièces complémentaires ont été produites pour le requérant le 3 janvier 2024, soit postérieurement à l'instruction. Elles n'ont pas été communiquées.
Par une lettre du 30 septembre 2024, le préfet de police a été invité, en application de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative, à produire l'entièreté de la décision attaquée du 15 décembre 2022.
Le préfet de police a communiqué la pièce demandée le 4 octobre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B ;
- les conclusions de M. Gualandi, rapporteur public ;
- et les observations de Me Lujien représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. C A, né le 19 septembre 1989 et de nationalité sénégalaise, est entré régulièrement en France le 6 novembre 2005 muni d'un visa Schengen " famille de français ". Par un arrêté du 23 mars 2011, le préfet de police a prononcé son expulsion du territoire français sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur, qui a été mis à exécution. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de la décision du 15 décembre 2022 par laquelle le préfet de police a refusé de faire droit à sa demande d'abrogation de l'arrêté d'expulsion dont il a fait l'objet.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 632-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision d'expulsion peut à tout moment être abrogée ". Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, lorsqu'il est saisi d'un moyen en ce sens à l'appui d'un recours dirigé contre le refus d'abroger une mesure d'expulsion, de rechercher si les faits sur lesquels l'autorité administrative s'est fondée pour estimer que la présence en France de l'intéressé constituaient toujours, à la date à laquelle elle s'est prononcée, une menace pour l'ordre public sont de nature, eu égard aux changements intervenus dans sa situation personnelle et familiale et aux garanties de réinsertion qu'il présente, à justifier légalement que la mesure d'expulsion ne soit pas abrogée.
3. Il ressort des pièces du dossier que le requérant est entré en France à l'âge de 16 ans le 6 novembre 2005 muni d'un visa Schengen " famille de français " puis a bénéficié, à sa majorité, d'une carte de résident " descendant de français " valable jusqu'en 2017. Alors qu'entre 2008 et 2011, il a fait l'objet de huit condamnations pénales, essentiellement pour vol aggravé, extorsion et conduite sans permis de conduire, représentant un quantum de peine de près de trois ans d'emprisonnement, le préfet de police a, par un arrêté du 23 mars 2011, prononcé son expulsion du territoire français, qui a été mis à exécution. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que, depuis 2011, soit depuis près de douze ans à la date de la décision attaquée, le requérant n'a plus fait l'objet de troubles à l'ordre public. Il justifie également de fortes attaches familiales sur le territoire national où résident son père, de nationalité française, ainsi que sa mère et son frère, qui bénéficient de cartes de résident de dix ans. Surtout, M. A justifie d'une relation durable avec une ressortissante française, avec laquelle il s'est marié le 25 septembre 2016, et qui est allée à plusieurs reprises rendre visite à son époux au Sénégal alors qu'il ne pouvait revenir en France entre 2017 et 2021. Son épouse bénéficie en outre d'une situation stable sur le territoire national dès lors qu'elle travaille depuis 2015 sous couvert d'un contrat à durée indéterminée en qualité d'assistante de direction et qu'elle est propriétaire de son appartement. Enfin, le requérant a produit des éléments démontrant sa volonté de réinsertion, ce dernier justifiant en particulier avoir passé son permis de conduire et avoir travaillé à plusieurs reprises dans le bâtiment au Sénégal. Par suite, malgré les faits ayant justifié l'expulsion de M. A et l'avis défavorable rendu par la commission d'expulsion le 13 octobre 2022, compte tenu de l'ancienneté des faits ayant justifié la mesure d'expulsion en 2011, de l'absence de toute réitération de troubles à l'ordre public, ainsi que de ses fortes attaches familiales en France et de ses efforts de réinsertion sociale et professionnelle, le préfet de police, en refusant d'abroger l'arrêté d'expulsion dont M. A a fait l'objet, a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation.
4. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. A est fondé à demander l'annulation de la décision du 15 décembre 2022 par laquelle le préfet de police a refusé de faire droit à sa demande d'abrogation de l'arrêté du 23 mars 2011.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. Le présent jugement n'implique pas nécessairement que soit délivré un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " à M. A. Il y a seulement lieu d'enjoindre au préfet de police de procéder à un nouvel examen de la demande de celui-ci dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 15 décembre 2022 par laquelle le préfet de police a refusé de faire droit à la demande de M. A tendant à l'abrogation de l'arrêté du 23 mars 2011 prononçant son expulsion du territoire français est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de police de réexaminer la situation de M. A dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à M. A la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au préfet de police.
Délibéré après l'audience du 5 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Jean-Philippe Séval, président,
Mme Chloé Hombourger, première conseillère,
Mme Sybille Mareuse, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 novembre 2024.
La rapporteure,
S. B
Le président,
J.-P. Séval
La greffière,
S. Rahmouni
La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/4-3
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2401325
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. B... contre la décision de non-opposition à la déclaration préalable de la société SFR pour l’implantation d’antennes de radiotéléphonie mobile à Paris 13e. Le tribunal a d’abord jugé que M. B... ne justifiait pas d’un intérêt à agir suffisant au sens de l’article L. 600-1-2 du code de l’urbanisme, car il n’a pas démontré que le projet affecterait directement ses conditions de jouissance de son bien. Par suite, la requête a été déclarée irrecevable, sans qu’il soit besoin d’examiner les autres moyens, notamment ceux tirés de l’absence d’avis de l’architecte des bâtiments de France ou de la méconnaissance de l’article R. 111-27 du code de l’urbanisme.
06/01/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2324980
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A... contestant son expulsion du territoire français en urgence absolue, décidée par le ministre de l'intérieur le 22 octobre 2023. Le tribunal a jugé que la procédure d'urgence absolue, prévue à l'article L. 632-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dispensait de consulter la commission spéciale d'expulsion, et que les autres moyens, notamment le détournement de procédure et la méconnaissance des articles L. 631-3 et L. 252-1, n'étaient pas fondés.
06/01/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2431132
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui demandait l’annulation d’un arrêté d’expulsion du 21 octobre 2024 et de la décision d’assignation à résidence prise le même jour par le préfet de police. Le tribunal a jugé que l’arrêté d’expulsion était suffisamment motivé et que le préfet n’avait pas commis d’erreur d’appréciation en considérant la présence de l’intéressé comme une menace grave pour l’ordre public, au vu de ses condamnations pénales. La solution retenue s’appuie sur les articles L. 631-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, ainsi que sur les articles 8 de la Convention européenne des droits de l’homme et 3-1 de la Convention internationale des droits de l’enfant, sans que ces derniers soient méconnus.
06/01/2026
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Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de Mme A... qui demandait l'annulation des décisions du garde des sceaux refusant son changement de nom de « A... » en « Sallaberry ». Le tribunal a écarté les moyens soulevés, jugeant que la décision de refus était suffisamment motivée au regard de l'article 6 du décret n°94-52 du 20 janvier 1994, et que l'absence d'enquête préalable n'entachait pas la procédure d'irrégularité. Sur le fond, il a estimé que les motifs affectifs invoqués par la requérante ne constituaient pas, en l'espèce, un intérêt légitime au sens de l'article 61 du code civil justifiant de déroger au principe de fixité du nom.
06/01/2026