vendredi 26 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2305042 |
| Type | Décision |
| Formation | 5e Section - 4e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET HUG & ABOUKHATER (AARPI) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 8 mars 2023, M. A B, représenté par Me Elsa Hug, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 17 février 2023 par laquelle le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a rejeté son recours administratif préalable obligatoire formé contre la décision du 28 novembre 2022 lui ayant refusé l'octroi des conditions matérielles d'accueil ;
2°) d'enjoindre à l'OFII de lui octroyer les conditions matérielles d'accueil en qualité de demandeur d'asile dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'OFII une somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'irrégularité en l'absence de formation spécifique de l'agent ayant mené l'entretien de vulnérabilité ;
- elle est illégale par la voie de l'exception du fait de l'illégalité de l'arrêté ministériel du 23 octobre 2015 sur le fondement duquel a été établi le questionnaire permettant d'estimer ses besoins d'adaptation et sa vulnérabilité ce questionnaire ne permettant pas d'apprécier la vulnérabilité d'un demandeur d'asile en méconnaissance des dispositions de l'article L. 522-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'irrégularité l'administration s'étant abstenue de lui expliquer dans une langue qu'il comprend en amont de son refus d'orientation en région les conséquences de celui-ci, notamment qu'il ne percevrait pas l'allocation de demande d'asile s'il ne se rendait pas en région, ce qui l'a empêché d'exercer un choix éclairé ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de la gravité de son état de santé.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 octobre 2023, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
M. B a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 31 mars 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 12 janvier 2024 :
- le rapport de M. Medjahed, premier conseiller ;
- et les conclusions de M. Degand, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, né le 26 avril 1990 à Kounar en Afghanistan, de nationalité afghane, a demandé l'asile en France le 25 novembre 2022 auprès du préfet de police et été placé le jour même en procédure dite Dublin. Le 28 novembre 2022, le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) de Paris a refusé de lui accorder les conditions matérielles d'accueil en qualité de demandeur d'asile au motif qu'il a refusé l'orientation en région et l'hébergement qui lui ont été proposés. Par un courrier du 28 décembre 2022, M. B a formé un recours administratif contre cette décision du 28 novembre 2022. Par une décision du 17 février 2023, le directeur général de l'OFII a rejeté ce recours et confirmé le refus total de l'octroi à l'intéressé des conditions matérielles d'accueil. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de cette décision du 17 février 2023.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 522-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " A la suite de la présentation d'une demande d'asile, l'Office français de l'immigration et de l'intégration est chargé de procéder, dans un délai raisonnable et après un entretien personnel avec le demandeur d'asile, à une évaluation de la vulnérabilité de ce dernier afin de déterminer, le cas échéant, ses besoins particuliers en matière d'accueil. Ces besoins particuliers sont également pris en compte s'ils deviennent manifestes à une étape ultérieure de la procédure d'asile. Dans la mise en œuvre des droits des demandeurs d'asile et pendant toute la période d'instruction de leur demande, il est tenu compte de la situation spécifique des personnes vulnérables. / (). ". Aux termes de l'article L. 522-2 du même code : " L'évaluation de la vulnérabilité du demandeur est effectuée par des agents de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ayant reçu une formation spécifique à cette fin ". Aux termes de l'article L. 551-10 du même code : " Le demandeur est informé, dans une langue qu'il comprend ou dont il est raisonnable de penser qu'il la comprend, que le bénéfice des conditions matérielles d'accueil peut lui être refusé ou qu'il peut y être mis fin dans les conditions et selon les modalités prévues aux articles L. 551-15 et L. 551-16 ". Aux termes de l'article L. 551-15 du même code : " Les conditions matérielles d'accueil peuvent être refusées, totalement ou partiellement, au demandeur dans les cas suivants : / 1° Il refuse la région d'orientation déterminée en application de l'article L. 551-3 ; / 2° Il refuse la proposition d'hébergement qui lui est faite en application de l'article L. 552-8 ; (). La décision de refus des conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur ". Aux termes de l'article D. 551-17 du même code : " La décision de refus des conditions matérielles d'accueil prise en application de l'article L. 551-15 est écrite, motivée et prend en compte la vulnérabilité du demandeur. Elle prend effet à compter de sa signature. / Dans un délai de deux mois à compter de la notification de cette décision, le bénéficiaire peut introduire un recours devant le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, à peine d'irrecevabilité du recours contentieux. La décision comporte la mention des voies et délais dans lesquels ce recours peut être formé. / Le directeur général de l'office dispose d'un délai de deux mois pour statuer. A défaut, le recours est réputé rejeté. Toute décision de rejet doit être motivée ".
3. En premier lieu, la décision attaquée comporte les motifs de droit et de fait qui en constituent le fondement. Dès lors, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
4. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le directeur général de l'OFII n'a pas sérieusement examiné la situation du requérant avant d'édicter la décision attaquée. Dès lors, le moyen tiré du défaut d'examen de sa situation doit être écarté.
5. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. B a bénéficié le 28 novembre 2022 d'un entretien personnel au cours duquel a été évaluée sa vulnérabilité. Aucun élément du dossier ne permet de tenir pour établi que cet entretien n'a pas été mené par une personne ayant reçu une formation spécifique à cette fin. Dès lors, le moyen tiré de l'irrégularité de procédure affectant sur ce point la décision attaquée doit être écarté.
6. En quatrième lieu, M. B ne peut utilement exciper de l'illégalité de l'arrêté du 23 octobre 2015 relatif au questionnaire de détection des vulnérabilités des demandeurs d'asile, qui ne constitue pas la base légale de la décision attaquée, laquelle n'est pas davantage prise pour l'application de cet arrêté. Dès lors, ce moyen doit être écarté.
7. En dernier lieu, il ressort des pièces du dossier que le requérant a expressément refusé la proposition d'orientation et d'hébergement à Toulouse qui lui a été faite le 28 novembre 2022. S'il soutient qu'il est dans une situation de vulnérabilité en raison de troubles psychologiques lourds et de son isolement, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'à la supposer établie, la vulnérabilité dont il se prévaut est de nature à rendre ce refus illégal. En outre, il n'est ni établi ni même allégué que lorsqu'il a refusé l'orientation et l'hébergement proposés à Toulouse, son discernement était aboli, eu égard à son état de santé, et contrairement à ce qu'il soutient, un interprète était présent lors de l'entretien du 28 novembre 2022 au cours duquel sa situation a été évaluée. De même, il a coché la case correspondant à la ligne " je certifie avoir été informée dans une langue que je comprends des conditions et modalités de refus et de cessation des conditions matérielles d'accueil " sur le formulaire d'offre de prise en charge ce qui établit qu'il a été informé des conditions dans lesquelles le bénéfice des conditions matérielles d'accueil peut être accordé ou refusé. Dans ces conditions, il ne fait état d'aucun motif valable pour justifier son refus. Enfin, contrairement à ce qu'il soutient, M. B n'a pas clairement indiqué dans son recours du 28 décembre 2022 qu'il était prêt à accepter une orientation en province. Dès lors, les moyens tirés de l'irrégularité de la procédure suivie résultant de l'absence d'assistance par un interprète, de l'erreur de droit et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
9. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation, n'appelle aucune mesure d'exécution. Les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte doivent, dès lors, être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'OFII, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par M. B, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Hug et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII).
Délibéré après l'audience du 12 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Aubert, présidente,
Mme Massiou, première conseillère,
M. Medjahed, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 janvier 2024.
Le rapporteur,
N. MEDJAHED
La présidente,
S. AUBERT
Le greffier,
A. LOUART
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2304140
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de Mme A, agent contractuel, qui contestait une retenue sur son traitement de 250 euros pour un indu de prime exceptionnelle liée à la pandémie. La requérante invoquait un défaut de motivation et une faute de l'administration, mais le tribunal a jugé que la décision de retenue était fondée sur l'article 37-1 de la loi du 12 avril 2000 et le décret n° 2020-570 du 14 mai 2020. Il a estimé que l'administration avait établi le bien-fondé de l'indu, car Mme A ne remplissait pas les conditions pour bénéficier de la prime, et qu'aucune faute n'était caractérisée. Les conclusions indemnitaires et subsidiaires ont également été rejetées.
25/09/2025
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2305883
Le Tribunal Administratif de Paris a annulé le compte rendu d'entretien professionnel de Mme B..., capitaine de police, établi le 23 janvier 2023 au titre de l'année 2017. La requérante soutenait notamment que l'évaluation avait été réalisée par une autorité incompétente et sans entretien préalable. Le tribunal a fait droit à sa demande en se fondant sur l'autorité de la chose jugée attachée à un précédent jugement du 25 mars 2022, qui avait déjà annulé un premier compte rendu pour les mêmes motifs (absence d'entretien et évaluation partielle). La décision s'appuie sur les dispositions de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 et du décret n° 2010-888 du 28 juillet 2010 relatifs à l'appréciation de la valeur professionnelle des fonctionnaires.
25/09/2025
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2307997
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. B A, réserviste opérationnel, qui demandait l'annulation de la décision du 18 janvier 2023 de la commission de recours de l'invalidité lui refusant une pension militaire d'invalidité pour une affection non imputable au service. Le tribunal a jugé que M. A n'apportait pas la preuve, exigée par les articles L. 121-1 et suivants du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre, que son infirmité était directement causée par l'exercice de ses fonctions de réserviste. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions de la requête, incluant la demande de pension et celle au titre des frais de justice.
25/09/2025