LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2306257

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2306257

jeudi 21 septembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2306257
TypeDécision
Formation2e Section - 3e Chambre
Avocat requérantCABINET HUG & ABOUKHATER (AARPI)

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 24 mars 2023, M. A B, représenté par Me Hug, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision par laquelle le préfet de police a refusé d'enregistrer sa demande d'admission au statut de réfugié en procédure normale et a prolongé son délai de transfert aux autorités autrichiennes ;

2°) d'enjoindre au préfet de police d'enregistrer sa demande d'asile en procédure normale, dans un délai de cinq jours à compter de la notification du jugement à intervenir ou à défaut de réexaminer sa situation dans le même délai ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à son conseil, sous réserve que ce dernier renonce à percevoir le bénéficie de l'aide juridictionnelle, au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou s'il n'était pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle de lui verser cette somme en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- le préfet ne démontre pas avoir informé les autorités autrichiennes de la prolongation du délai de son transfert ;

- il ne s'est pas soustrait au contrôle de l'autorité administrative et ne pouvait être placé en fuite.

Par un mémoire en défense, enregistrés le 26 juin 2023, le préfet de police conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 12 avril 2023 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Paris.

Par courrier du 27 juin 2023, les parties ont été informées qu'en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de ce que les conclusions à fin d'annulation dirigées contre la décision de refus d'enregistrer la demande d'asile sont irrecevables en l'absence de circonstances de fait ou de considérations de droit nouvelles postérieures à la décision de transfert.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013,

- le règlement (CE) n° 1560/2003 de la Commission du 2 septembre 2003,

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991,

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Coz,

- et les conclusions de Mme Belkacem, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant afghan né le 10 mai 1986 à Kaboul, a sollicité son admission au séjour au titre de l'asile le 26 juillet 2022. Un arrêté de transfert aux autorités autrichiennes, responsables de sa demande d'asile, a été pris à son encontre le 24 août 2022. Le 23 mars 2023, M. B a sollicité l'enregistrement de sa demande d'admission au statut de réfugié en procédure normale. Par un courrier électronique du même jour, les services de la préfecture ont indiqué à l'intéressé que sa demande ne pouvait être enregistrée dès lors que le délai de son transfert aux autorités autrichiennes avait été prolongé. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de la décision de refus d'enregistrement de sa demande d'asile en procédure normale.

2. Lorsqu'un demandeur d'asile fait l'objet d'une décision de transfert vers l'État membre responsable de l'examen de sa demande en application des dispositions du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 établissant les critères et mécanismes de détermination de l'Etat membre responsable de l'examen d'une demande de protection internationale introduite dans l'un des Etats membres par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, la décision de transfert emporte celle refusant de faire application à son bénéfice des dispositions du paragraphe 2 de l'article 3 et du paragraphe 1 de l'article 17 de ce règlement qui, respectivement, prévoient qu'il est " impossible de transférer un demandeur vers l'Etat membre initialement désigné comme responsable parce qu'il y a de sérieuses raisons de croire qu'il existe dans cet Etat membre des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeur " et permettent à chaque Etat de " décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans [ce] règlement. ". L'article 29 de ce règlement prévoit que le transfert s'effectue dans un délai de six mois, qui peut être porté à dix-huit mois maximum si la personne concernée prend la fuite.

3. Lorsque, postérieurement à la décision ordonnant son transfert dans l'Etat responsable de sa demande, l'intéressé demande à l'autorité compétente que sa demande d'asile soit instruite " en procédure normale ", il doit être regardé comme demandant à cette autorité de reconnaître la compétence de la France pour examiner sa demande d'asile et de lui délivrer une attestation de dépôt de cette demande lui permettant de suivre la procédure devant l'Office français de protection des réfugiés et apatrides.

4. Le refus opposé à une telle demande constitue une décision susceptible de recours. Les conclusions d'annulation dirigées contre cette décision sont toutefois irrecevables s'il apparaît, en l'absence de circonstances de fait ou de considérations de droit nouvelles, pertinentes et postérieures à la décision de transfert, que ce refus se borne à confirmer purement et simplement celui de faire application des dispositions mentionnées ci-dessus du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013, en particulier de la clause dite " discrétionnaire " de l'article 17 de ce règlement, implicitement mais nécessairement inclus dans la décision de transfert. Une telle irrecevabilité doit, en particulier, être opposée à ces conclusions lorsque le demandeur soutient, sans l'établir, qu'ayant été considéré, à tort, comme étant en fuite pour l'application du paragraphe 2 de l'article 29 de ce règlement, le délai de transfert de six mois prévu au paragraphe 1 de cet article n'a pas été prolongé et que la décision de transfert ne peut plus, dès lors, être exécutée.

5. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier, et notamment de la notification " Dublinet " du 13 mars 2023, que les autorités autrichiennes ont été informées de la prolongation du délai de transfert du requérant le 13 mars 2023. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 9.2 du règlement (CE) n° 1560/2003 doit être écarté.

6. En second lieu, M. B soutient qu'il a été considéré à tort comme étant en fuite pour l'application du paragraphe 2 de l'article 29 du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 et prétend avoir respecté l'ensemble de ses convocations. Toutefois, d'une part, il ressort des pièces du dossier que M. B a refusé de signer la convocation à l'aéroport du 26 janvier 2023. D'autre part, le compte-rendu du groupe d'appui à l'embarquement du 13 février 2023 atteste que M. B ne s'est pas présenté à l'embarquement, sans en justifier. Ainsi, le requérant n'établit pas que c'est à tort qu'il aurait été placé en fuite.

7. Dès lors, en l'absence de circonstance de fait ou de droit nouvelle pertinente et postérieure à la décision de transfert, ses conclusions d'annulation dirigées contre la décision lui refusant l'enregistrement de sa demande d'asile en procédure normale sont irrecevables.

8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de M. B doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au préfet de police et à Me Hug.

Délibéré après l'audience du 7 septembre 2023 à laquelle siégeaient :

M. Fouassier, président,

M. Coz, premier conseiller,

Mme Arnaud, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 septembre 2023.

Le rapporteur,

Y. COZ

Le président,

C. FOUASSIER

La greffière,

C. EL HOUSSINE

La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision./2-3

Décisions similaires

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2517378

Le Tribunal Administratif de Paris a annulé l'arrêté préfectoral refusant un titre de séjour et ordonnant l'éloignement d'un ressortissant malien. La juridiction a estimé que le préfet avait commis une erreur manifeste d'appréciation en ne tenant pas suffisamment compte de l'ancienneté et de la stabilité de l'insertion professionnelle du requérant, qui justifiait une admission exceptionnelle au séjour au titre de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le tribunal a enjoint au préfet de réexaminer la situation du requérant dans un délai de quinze jours.

07/04/2026

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2519184

Le Tribunal administratif de Paris a annulé l'arrêté du préfet de police refusant un titre de séjour et imposant une obligation de quitter le territoire à M. B..., un ressortissant algérien. La juridiction a retenu que la décision était entachée d'une erreur de droit, notamment en méconnaissant l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que l'article 7 de l'accord franco-algérien, en ne tenant pas compte de la situation professionnelle ancienne et régulière du requérant. Le tribunal a enjoint au préfet de réexaminer la demande de titre de séjour dans un délai de deux mois.

07/04/2026

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2522990

Le Tribunal administratif de Paris a été saisi d'un recours pour excès de pouvoir contre le refus de renouvellement d'un titre de séjour, l'obligation de quitter le territoire français (OQTF) et la fixation du pays de renvoi. Le requérant invoquait notamment des vices de procédure, une incompétence de l'autorité signataire, une insuffisance de motivation et une méconnaissance de ses droits au titre de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme. Le tribunal a rejeté la demande de communication du dossier médical, estimant qu'elle relevait d'une procédure distincte, et a annulé les trois décisions attaquées pour vice de procédure, en raison de l'absence de communication au requérant de l'avis médical sur lequel elles se fondaient, méconnaissant ainsi les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

07/04/2026

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2201394

Le Tribunal Administratif de Paris a statué sur un recours en excès de pouvoir visant l'annulation d'un arrêté préfectoral refusant un titre de séjour et ordonnant la reconduite à la frontière d'un ressortissant sénégalais. La juridiction a jugé que, l'intéressé n'ayant pas obtenu la reconnaissance de la nationalité française par le tribunal judiciaire, le refus de titre de séjour était légalement fondé. Toutefois, elle a annulé la décision pour erreur de droit, considérant que le préfet n'avait pas examiné la demande à l'aune des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'accord franco-sénégalais du 23 septembre 2006, qui prévoient une admission exceptionnelle au séjour pour motifs humanitaires.

07/04/2026

← Retour aux décisions