vendredi 12 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2306340 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 5e Section - 4e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET HUG & ABOUKHATER (AARPI) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 27 mars 2023, M. A B, représenté par Me Hug, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le directeur de l'office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a refusé de rétablir le bénéfice des conditions matérielles d'accueil à son profit à compter de sa demande du 16 janvier 2023 ;
2°) d'enjoindre à l'OFII de rétablir ses conditions matérielles d'accueil à compter du
16 janvier 2023, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'OFII le versement à son conseil de la somme de 1 200 euros au titre des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- sa situation n'a pas fait l'objet d'un examen sérieux ;
- il n'a pas été tenu compte de sa vulnérabilité, en méconnaissance des dispositions des articles L. 522-1 à L. 522-3, R. 522-1 et R. 522-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; l'entretien préalable n'a pas respecté ces dispositions ;
- la décision attaquée est entachée d'erreur manifeste d'appréciation et porte atteinte à son droit au respect de la dignité humaine ;
- elle méconnaît les objectifs de la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013, le refus de rétablissement des conditions matérielles d'accueil étant uniquement fondé sur la non présentation aux autorités durant la procédure dite Dublin.
Par un mémoire en défense enregistré le 26 février 2024, le directeur général de l'OFII conclut au rejet de la requête et au non-lieu à statuer pour la période courant à compter du 16 mai 2023.
Il soutient que :
- les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés ;
- le bénéfice des conditions matérielles d'accueil a été rétabli au bénéfice du requérant à compter du 16 mai 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Massiou, première conseillère.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant afghan né en 1998, a présenté une demande d'asile enregistrée en procédure Dublin le 9 mars 2021 et a accepté, le même jour, le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Par une décision du 6 décembre 2021, l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a mis fin au bénéfice de ces conditions matérielles d'accueil. Le 16 décembre 2022, la demande d'asile du requérant a été enregistrée en procédure accélérée. Par courrier du 16 janvier 2023, M. B a demandé le rétablissement des conditions matérielles d'accueil. Il demande l'annulation de la décision implicite de rejet née du silence gardé par le directeur de l'OFII sur cette demande.
Sur les conclusions à fin de non-lieu partiel :
2. Il ressort des pièces du dossier que les conditions matérielles d'accueil ont été rétablies au bénéfice de M. B à compter du 16 mai 2023. Par suite, les conclusions à fin d'annulation et d'injonction de la requête sont devenues sans objet en cours d'instance en tant qu'elles portent sur la période postérieure à cette dernière date. Dès lors, il n'y a pas lieu, dans cette mesure, d'y statuer.
Sur le surplus des conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes de l'article 20 de la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale : " 1. Les États membres peuvent limiter ou, dans des cas exceptionnels et dûment justifiés, retirer le bénéfice des conditions matérielles d'accueil lorsqu'un demandeur : () / ne respecte pas l'obligation de se présenter aux autorités, ne répond pas aux demandes d'information ou ne se rend pas aux entretiens personnels concernant la procédure d'asile dans un délai raisonnable fixé par le droit national () / " 5. Les décisions portant limitation ou retrait du bénéfice des conditions matérielles d'accueil () sont prises au cas par cas, objectivement et impartialement et sont motivées. Elles sont fondées sur la situation particulière de la personne concernée, en particulier dans le cas des personnes visées à l'article 21, compte tenu du principe de proportionnalité. Les États membres assurent en toutes circonstances l'accès aux soins médicaux conformément à l'article 19 et garantissent un niveau de vie digne à tous les demandeurs ". Aux termes de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Il peut être mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur dans les cas suivants : () / 3° Il ne respecte pas les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes ; () ".
4. Il ressort des pièces du dossier, notamment de l'avis du médecin coordonnateur de zone du 16 mai 2023 que l'état de vulnérabilité qui a justifié que les conditions matérielles d'accueil soient rétablies à compter de cette même date au bénéfice de M. B, victime d'une fracture de la main en août 2021, existait à la date à laquelle il a demandé ce rétablissement. Le requérant est, dès lors, fondé à soutenir que cette décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation pour ce qui concerne la période du 16 janvier au 15 mai 2023.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. Eu égard au motif d'annulation retenu, le présent jugement implique pour son exécution qu'il soit enjoint à l'OFII de rétablir rétroactivement les conditions matérielles d'accueil au bénéfice de M. B pour la période du 16 janvier au 15 mai 2023. Par suite, il y a lieu, sur le fondement de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, de lui enjoindre de les rétablir dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'OFII, au bénéfice de Me Hug, avocate de M. B, la somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve qu'elle renonce à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête en tant qu'elles tendent à l'annulation de la décision implicite du directeur de l'OFII refusant le rétablissement des conditions matérielles d'accueil au bénéfice de M. B pour la période courant à compter du
16 mai 2023.
Article 2 : La décision implicite du directeur de l'OFII refusant le rétablissement des conditions matérielles d'accueil au bénéfice de M. B est annulée en tant qu'elle porte sur la période du
16 janvier au 15 mai 2023.
Article 3 : Il est enjoint à l'OFII de rétablir les conditions matérielles d'accueil au profit de M. B pour la période du 16 janvier au 15 mai 2023, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 4 : Sous réserve que Me Hug, avocate de M. B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, l'OFII lui versera la somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Hug et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII).
Délibéré après l'audience du 28 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Aubert, présidente,
M. Julinet, premier conseiller,
Mme Massiou, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 2024.
La rapporteure,
B. MASSIOU
La présidente,
S. AUBERT La greffière,
A. LOUART
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2304140
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de Mme A, agent contractuel, qui contestait une retenue sur son traitement de 250 euros pour un indu de prime exceptionnelle liée à la pandémie. La requérante invoquait un défaut de motivation et une faute de l'administration, mais le tribunal a jugé que la décision de retenue était fondée sur l'article 37-1 de la loi du 12 avril 2000 et le décret n° 2020-570 du 14 mai 2020. Il a estimé que l'administration avait établi le bien-fondé de l'indu, car Mme A ne remplissait pas les conditions pour bénéficier de la prime, et qu'aucune faute n'était caractérisée. Les conclusions indemnitaires et subsidiaires ont également été rejetées.
25/09/2025
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2305883
Le Tribunal Administratif de Paris a annulé le compte rendu d'entretien professionnel de Mme B..., capitaine de police, établi le 23 janvier 2023 au titre de l'année 2017. La requérante soutenait notamment que l'évaluation avait été réalisée par une autorité incompétente et sans entretien préalable. Le tribunal a fait droit à sa demande en se fondant sur l'autorité de la chose jugée attachée à un précédent jugement du 25 mars 2022, qui avait déjà annulé un premier compte rendu pour les mêmes motifs (absence d'entretien et évaluation partielle). La décision s'appuie sur les dispositions de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 et du décret n° 2010-888 du 28 juillet 2010 relatifs à l'appréciation de la valeur professionnelle des fonctionnaires.
25/09/2025
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2307997
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. B A, réserviste opérationnel, qui demandait l'annulation de la décision du 18 janvier 2023 de la commission de recours de l'invalidité lui refusant une pension militaire d'invalidité pour une affection non imputable au service. Le tribunal a jugé que M. A n'apportait pas la preuve, exigée par les articles L. 121-1 et suivants du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre, que son infirmité était directement causée par l'exercice de ses fonctions de réserviste. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions de la requête, incluant la demande de pension et celle au titre des frais de justice.
25/09/2025