mardi 4 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2306832 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 3e Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET L.V.I AVOCATS ASSOCIES (SELARL) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 28 mars 2023, le 17 mai 2023 et le
17 juillet 2023, M. A B, représenté par Me Frédéric Pierre Vos, demande au tribunal :
1°) de réformer la décision du 8 février 2023 par laquelle la commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP) a approuvé, après réformation, son compte de campagne pour l'élection législative des 12 juin 2022 et 19 juin 2022 dans la 15ème circonscription du Nord ;
2°) de réintégrer la somme de 1 190 euros au titre des dépenses électorales engagées ;
3°) de fixer le montant du remboursement forfaitaire dû par l'Etat à la somme de 32 206 euros à parfaire, assortie des intérêts à compter de la date de la décision attaquée et de leur capitalisation ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le requérant soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- la somme de 1 190 euros correspondant à des dépenses engagées pour les soirées électorales doit être réintégrée dès lors, ainsi que l'a jugé le Conseil d'Etat dans sa décision du
5 février 2014, n°367086, que les frais de soirée électorale du 1er tour sont remboursables lorsque le candidat a été admis au second tour et cette jurisprudence n'a pas été abrogée par l'entrée en vigueur de l'article L. 47 A du code électoral qui ne fait que reprendre l'ancien article R. 26 de ce code ; à cet égard, le changement de doctrine de la commission sur ce point, s'il n'a pas été porté à la connaissance des candidats, ne saurait leur être opposable.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 19 avril 2023, le 8 juin 2023 et le 30 août 2023, la commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques conclut au rejet de la requête.
La commission soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code électoral ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Merino ;
- et les conclusions de Mme Beugelmans-Lagane, rapporteure publique,
- les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 8 février 2023, la commission nationale des comptes de campagne et des financements des partis politiques a approuvé, après réformation, le compte de campagne de M. A B, candidat du rassemblement national pour l'élection législative des 12 et 19 juin 2022 dans la 15ème circonscription du Nord. Par la présente requête, M. B demande la réformation de cette décision en tant qu'elle refuse le remboursement par l'Etat de la somme de 1 190 euros au titre des frais de soirée électorale du premier tour du scrutin.
Sur les vices propres de la décision attaquée :
2. Les litiges soulevés contre les décisions prises par la commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques sur le fondement de l'article L. 52-15 du code électoral relèvent, par nature, du plein contentieux. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une de ses décisions approuvant, après réformation, un compte de campagne, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner le droit au remboursement du candidat et de réformer le cas échéant son compte de campagne, au vu de l'ensemble des éléments produits dans le cadre de l'instruction de sa requête, en arrêtant le montant du remboursement auquel il peut prétendre de la part de l'Etat. Par suite, M. B ne peut utilement soutenir que la décision du 8 février 2023 est insuffisamment motivée. Le moyen est inopérant et doit être écarté.
Sur le bien-fondé de la réformation du compte :
3. Aux termes, d'une part, de l'article L. 52-4 du code électoral : " Le mandataire recueille, pendant l'année précédant le premier jour du mois de l'élection et jusqu'à la date du dépôt du compte de campagne du candidat, les fonds destinés au financement de la campagne. / Il règle les dépenses engagées en vue de l'élection et antérieures à la date du tour de scrutin où elle a été acquise ". Aux termes de l'article L. 52-11-1 du même code : " Les dépenses électorales des candidats aux élections auxquelles l'article L. 52-4 est applicable font l'objet d'un remboursement forfaitaire de la part de l'Etat égal à 50 % de leur plafond de dépenses. Ce remboursement ne peut excéder le montant des dépenses réglées sur l'apport personnel des candidats et retracées dans leur compte de campagne () ". Les dépenses électorales susceptibles de faire l'objet du remboursement forfaitaire par l'Etat sont définies à l'article L. 52-12 du même code comme l'ensemble des dépenses engagées ou effectuées en vue de l'élection, hors celles de la campagne officielle, par le candidat ou pour son compte, au cours de la période mentionnée à l'article L. 52-4 de ce code.
4. Aux termes, d'autre part, de l'article L. 47 A du même code : " La campagne électorale est ouverte à partir du deuxième lundi qui précède la date du scrutin et prend fin la veille du scrutin à zéro heure. En cas de second tour, la campagne électorale est ouverte le lendemain du premier tour et prend fin la veille du scrutin à zéro heure. " ;
5. Les dépenses électorales susceptibles de faire l'objet, en application de l'article L. 52-11-1 du code électoral, d'un remboursement forfaitaire de la part de l'Etat sont celles qui ont pour finalité l'obtention des suffrages des électeurs. Il appartient au juge de se prononcer sur le droit au remboursement du candidat et de réformer le cas échéant son compte de campagne, en arrêtant le montant du remboursement auquel le candidat peut prétendre de la part de l'État.
6. De plus, pour l'application des dispositions précitées du code électoral, peuvent constituer des dépenses électorales admises au remboursement celles relatives aux soirées électorales du premier tour de scrutin organisées par les candidats disputant le second tour.
7. En l'espèce, il ne résulte pas de l'instruction que le repas organisé par M. B dans une brasserie lors de la soirée électorale du premier tour de scrutin aurait été ouvert à d'autres personnes que les membres de sa seule équipe de campagne ou aurait eu pour objet de préparer la campagne en vue du second tour. Dès lors, M. B n'est pas fondé à demander la réintégration de la somme de 1 190 euros supportée pour l'organisation de ce repas. Par suite, sa requête doit être rejetée en toutes ses conclusions.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques.
Délibéré après l'audience du 21 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
- M. Gracia, président ;
- Mme Merino, première conseillère ;
- Mme Renvoisé, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 février 2025.
La rapporteure,
Signé
M. MERINO
Le président,
Signé
J-Ch. GRACIA
La greffière,
Signé
C. YAHIAOUI
La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/3-3
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2535565
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de Mme A... visant à annuler l'arrêté préfectoral refusant le renouvellement de son titre de séjour et ordonnant son éloignement. Le tribunal a jugé que le préfet avait légalement appliqué l'article L. 432-1-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en fondant son refus sur la condamnation de l'intéressée pour des faits relevant des articles 222-34 à 222-40 du code pénal. Il a également estimé que les circonstances invoquées (emploi stable, sursis) étaient sans incidence sur la légalité de la décision et n'ont pas constaté de méconnaissance de l'article 8 de la CEDH.
26/03/2026
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26/03/2026