jeudi 6 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2307472 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 5e Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET HOWARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 31 mars 2023, Mme A B, représentée par Me Zard, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 1er février 2023 par laquelle l'Etablissement public du musée de l'Armée a refusé de reconnaître le motif légitime de sa démission ;
2°) d'enjoindre à l'Etablissement public du musée de l'Armée de reconnaître le motif légitime de sa démission, ou à titre subsidiaire de réexaminer sa demande de démission ;
3°) de condamner l'Etablissement public du musée de l'Armée à lui verser les rémunérations non perçues entre le 1er février 2023 et le jugement à intervenir ou, à titre subsidiaire, de la date de réexamen de sa demande ;
4°) de condamner l'Etablissement public du musée de l'Armée à lui verser la somme de 15 000 euros au titre de son préjudice économique et moral ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
Elle soutient que la décision attaquée :
- est insuffisamment motivée ;
- est entachée d'une erreur de droit et d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 mai 2024, l'Etablissement public du musée de l'Armée conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Feghouli,
- les conclusions de Mme Nikolic, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Guillois, pour l'Etablissement public du musée de l'Armée.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B a été engagée au musée de l'armée en qualité de gestionnaire comptable par un contrat à durée déterminée signé le 18 février 2019, renouvelé jusqu'au au 17 février 2025. Par une lettre du 18 janvier 2023, la requérante a demandé au directeur du musée de l'armée d'accepter sa démission, en précisant que celle-ci était motivée par les actes délictueux dont elle avait été victime dans l'exercice de ses fonctions et pour lesquels elle avait déposé plainte. Par une décision du 1er février 2023, le musée de l'armée l'a informée que sa démission était acceptée mais sans que les conditions ne soient réunies pour caractériser le motif légitime. Par la présente requête, Mme B demande au tribunal d'annuler cette décision.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ; / 7° Refusent une autorisation, sauf lorsque la communication des motifs pourrait être de nature à porter atteinte à l'un des secrets ou intérêts protégés par les dispositions du a au f du 2° de l'article L. 311-5 () ". La décision par laquelle l'autorité administrative accepte la démission d'un agent n'entre dans aucun des cas prévus par cet article. Le moyen doit donc être écarté comme inopérant.
3. En deuxième lieu, l'article L. 5422-1 du code du travail : " I.- Ont droit à l'allocation d'assurance les travailleurs aptes au travail et recherchant un emploi qui satisfont à des conditions d'âge et d'activité antérieure, et dont : / 1° () la privation d'emploi est involontaire, ou assimilée à une privation involontaire par les accords relatifs à l'assurance chômage mentionnés à l'article L. 5422-20 () ". Aux termes de l'article L. 5424-1 de ce code : " Ont droit à une allocation d'assurance, lorsque leur privation d'emploi est involontaire ou assimilée à une privation involontaire ou en cas de cessation d'un commun accord de leur relation de travail avec leur employeur, et lorsqu'ils satisfont à des conditions d'âge et d'activité antérieure, dans les conditions prévues aux articles L. 5422-2 et L. 5422-3 : / 1° Les agents fonctionnaires et non fonctionnaires de l'Etat et de ses établissements publics administratifs, les agents titulaires des collectivités territoriales ainsi que les agents statutaires des autres établissements publics administratifs ainsi que les militaires ; () ". Aux termes de l'article L. 5424-2 du même code : " Les employeurs mentionnés à l'article L. 5424-1 assurent la charge et la gestion de l'allocation d'assurance. () ". Il résulte de l'ensemble de ces dispositions que le régime des allocations auxquelles ont droit les agents publics involontairement privés d'emploi est défini par les stipulations de l'accord prévu à l'article L. 5422-20 précité, dès lors qu'un tel accord est intervenu et a été agréé et qu'il n'est pas incompatible avec les règles qui gouvernent l'emploi des agents publics. Or le décret du Premier ministre n° 2019-797 du 26 juillet 2019 relatif au régime d'assurance chômage, qui abroge les arrêtés portant agrément de la convention du 14 avril 2017 relative à l'assurance chômage, de ses textes associés et de ses avenants, fixe les mesures d'application des dispositions législatives régissant l'assurance chômage. L'article 2 §2 du règlement d'assurance chômage annexé à ce décret dispose que : " Sont assimilés à des salariés involontairement privés d'emploi au sens de l'article L. 5422-1 du code du travail, et ont donc également droit à l'allocation d'aide au retour à l'emploi, les salariés dont la cessation du contrat de travail résulte d'un des cas de démission légitime suivants : / () / i) La démission intervenue à la suite d'un acte susceptible d'être délictueux dont le salarié déclare avoir été victime à l'occasion de l'exécution de son contrat de travail et pour lequel il justifie avoir déposé une plainte auprès du procureur de la République ; () ".
4. S'agissant de la démission d'un agent public, il appartient à l'autorité administrative compétente d'apprécier, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, si les motifs de cette démission permettent d'assimiler celle-ci à une perte involontaire d'emploi.
5. En l'espèce, Mme B soutient que sa démission présentait un caractère légitime en raison des attouchements sexuels dont elle a été victime sur son lieu de travail de la part de son supérieur hiérarchique. Toutefois, la requérante n'apporte pas d'éléments suffisamment probants de nature à établir les faits qu'elle invoque pour justifier sa démission alors même que le supérieur hiérarchique mis en cause nie les faits, et soutient l'avoir touchée accidentellement avec son coude et s'en être immédiatement excusé. Dans ces conditions, il ne résulte pas de l'instruction que, dans les circonstances où elle est intervenue, la démission de Mme B puisse être regardée comme reposant sur un motif légitime. Il s'ensuit que les moyens tirés de l'erreur de droit et de l'erreur d'appréciation doivent être écartés.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation présentées par Mme B doivent être rejetées. Par suite, les conclusions à fin d'indemnisations ainsi que celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à l'Etablissement public du musée de l'Armée
Délibéré après l'audience du 23 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
M. Gros, président,
M. Feghouli, premier conseiller,
M. Rebellato, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 février 2025.
Le rapporteur, Le président,
M. C
La greffière,
C. CHAKELIAN
La République mande et ordonne au ministre des armées, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2311393
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. B... visant à annuler l'obligation de verser une indemnité forfaitaire suite à sa démission de la police nationale. Le tribunal a jugé que le requérant ne démontrait pas l'existence de difficultés personnelles graves l'ayant contraint à démissionner, au sens de l'article 9 du décret du 9 mai 1995. Il a considéré que M. B... n'avait pas établi que sa situation familiale et financière rendait impossible la conciliation avec ses obligations professionnelles ou justifiait une dispense de cette indemnité de rupture d'engagement.
26/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2418264
Le Tribunal Administratif de Paris a statué sur trois requêtes d'un agent d'AgroParisTech concernant un titre exécutoire pour redevance de logement de fonction, une demande indemnitaire liée à un transfert, et un licenciement. Le tribunal a rejeté la demande d'annulation du titre exécutoire, considérant que le logement n'était pas une concession par nécessité absolue de service justifiant la gratuité, en application du code général de la propriété des personnes publiques. Les autres conclusions ont également été rejetées.
26/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2431599
Le Tribunal administratif de Paris a rejeté la requête de M. D... visant à annuler le refus de renouvellement de sa carte de résident. Le juge a estimé que la décision du préfet de police, fondée sur l'article L. 432-3 1° du code de l'entrée et du séjour des étrangers, était régulière, suffisamment motivée et ne méconnaissait pas l'article 8 de la CEDH. Il a considéré que le requérant, en raison de son casier judiciaire et de ses signalements, constituait une menace grave pour l'ordre public justifiant le refus.
26/03/2026
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Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de Mme B..., ressortissante marocaine, qui contestait le refus de titre de séjour et l'obligation de quitter le territoire français. La juridiction a estimé que l'arrêté préfectoral était suffisamment motivé et que la requérante, sollicitant un titre au titre du travail, ne pouvait se prévaloir des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers, celles-ci étant écartées par l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 qui régit spécifiquement cette matière. Le tribunal a également jugé que le préfet n'avait pas commis d'erreur manifeste d'appréciation et n'avait pas méconnu l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme.
26/03/2026