vendredi 3 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2309068 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 5e Section - 4e Chambre |
| Avocat requérant | OUATTARA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 21 avril, 9 juin et 21 juillet 2023,
M. B A, représenté par Me Ouattara, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 20 février 2023 par lequel le préfet de police a refusé de faire droit à sa demande de renouvellement de son titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ;
3°) d'enjoindre au préfet de police de renouveler son titre de séjour dans un délai de trente jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, ou, à défaut, d'examiner à nouveau sa demande dans le même délai et sous la même astreinte, et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, à renouveler tant qu'il n'aura pas été définitivement statué sur sa demande, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de ce même jugement ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros à verser à Me Ouattara, en application des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'incompétence ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation en tant qu'elle se fonde sur la menace à l'ordre public que constituerait sa présence en France ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 23 mai, 20 juin et 25 juillet 2023, le préfet de police conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Par une décision du 5 mai 2023, la demande d'aide juridictionnelle de M. A a été rejetée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Massiou, première conseillère ;
- et les observations de Me Ouattara, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant angolais né en 1964, a demandé le 7 décembre 2021 le renouvellement de sa carte de séjour pluriannuelle, sur le fondement des dispositions du 10° de l'article L. 411-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il demande l'annulation de l'arrêté du préfet de police du 20 février 2023 lui refusant ce renouvellement au motif de la menace qu'il représenterait pour l'ordre public.
Sur les conclusions tendant à l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Par une décision du 5 mai 2023, le bureau d'aide juridictionnelle a rejeté la demande d'aide juridictionnelle présentée par M. A. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur sa demande d'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, par un arrêté n° 2023-00059 du 23 janvier 2023 régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture de Paris le même jour, le préfet de police a donné délégation à Mme Mélanie Grasa, secrétaire administrative de classe normale et signataire de l'arrêté attaqué, pour signer notamment les décisions de refus de séjour pour motif d'ordre public, en cas d'absence ou d'empêchement d'autres délégataires, sans qu'il soit soutenu ni qu'il ressorte des pièces du dossier que ces derniers n'aient pas été absents ou empêchés lorsque l'intéressée a signé la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de cette décision doit être écarté.
4. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. A a demandé la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et le préfet de police n'a pas examiné sa demande au regard de ces dispositions. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance de cet article doit être écarté comme inopérant.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La circonstance que la présence d'un étranger en France constitue une menace pour l'ordre public fait obstacle à la délivrance et au renouvellement de la carte de séjour temporaire, de la carte de séjour pluriannuelle et de l'autorisation provisoire de séjour prévue aux articles L. 425-4 ou L. 425-10 ainsi qu'à la délivrance de la carte de résident et de la carte de résident portant la mention " résident de longue durée - UE " ".
6. Pour refuser le renouvellement de son titre de séjour à M. A, le préfet de police s'est fondé sur la circonstance que sa présence en France constitue une menace pour l'ordre public dès lors qu'il a fait l'objet de quatre condamnations assorties de peines d'amende ou d'une peine d'emprisonnement pour l'une d'entre elles, en 2005, 2006 et 2016, pour destruction du bien d'autrui commise en réunion, de conduite d'un véhicule sans permis en récidive, de transport non autorisé de stupéfiants, importation non autorisée de stupéfiants et contrebande de marchandise prohibée et de conduite de véhicule sous l'empire d'un état alcoolique, ces derniers fait ayant également donné lieu à une suspension de permis de conduire pendant quatre mois. Le préfet de police a aussi retenu que M. A était défavorablement connu des services de police pour des faits de violence conjugale commis les 20 septembre 2015 et 5 mai 2018 et qu'il a été interpelé le
7 décembre 2021 pour usage de faux document administratif, ayant fait usage d'un faux passeport lors de son rendez-vous à la préfecture pour le dépôt de sa demande de renouvellement de titre de séjour. Eu égard au caractère répété de ces faits, dont la réalité n'est pas contestée, et à la nature et la gravité de certains d'entre eux, et malgré l'ancienneté relative de ceux commis en 2005 et 2006, le préfet de police a pu estimer que la présence en France de M. A représente une menace pour l'ordre public. Ainsi, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur de droit ou d'une erreur d'appréciation à cet égard.
7. En dernier lieu, si M. A se prévaut de sa présence en France depuis 1994 et de sa qualité de père de trois enfants scolarisés en France, dont deux sont mineurs et ont la nationalité française, il n'établit pas son entrée en France à cette date, sa présence n'étant attestée au mieux, et de manière discontinue, qu'à compter de 1999, puis de manière habituelle entre 2004 et 2010, l'intéressé ayant, par ailleurs, disposé d'une carte de résident pour la période du 20 août 2009 au 19 août 2019. Il ne produit, en outre, aucun élément permettant d'établir qu'il contribue à l'entretien et à l'éducation de ses enfants, avec lesquels il ne réside pas, ni même de document justifiant de la scolarisation de celui d'entre eux qui est né en 2005. De plus, si l'une des sœurs du requérant a la nationalité française et réside en France, celui-ci est célibataire et le reste de sa fratrie réside dans son pays d'origine. M. A produit, en outre, plusieurs bulletins de salaire correspondant à l'exercice d'un emploi de magasinier, au titre duquel il établit avoir été employé dans le cadre d'un contrat de travail à durée indéterminée depuis mars 2007, par une attestation datée du 27 avril 2010. Il ne démontre pas, toutefois, qu'il a poursuivi cette activité ou une autre ensuite, si ce n'est une mission d'intérim en janvier 2021, alors qu'il ressort des pièces du dossier qu'il a bénéficié de l'aide au retour à l'emploi en septembre 2010 et que s'il disposait d'un logement à cette date il est désormais hébergé par le Secours populaire. Dans ces conditions,
M. A ne démontre pas qu'en lui refusant le renouvellement de son titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " le préfet de police a entaché sa décision d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
8. Il résulte de tout qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles tendant à l'application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle présentée par M. A.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Ouattara et au préfet de police.
Copie en sera adressée, pour information, au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 16 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Aubert, présidente,
M. Julinet, premier conseiller,
Mme Massiou, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 novembre 2023.
La rapporteure,
B. MASSIOU
La présidente,
S. AUBERT La greffière,
A. LOUART
La République mande et ordonne au préfet de police, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2304140
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de Mme A, agent contractuel, qui contestait une retenue sur son traitement de 250 euros pour un indu de prime exceptionnelle liée à la pandémie. La requérante invoquait un défaut de motivation et une faute de l'administration, mais le tribunal a jugé que la décision de retenue était fondée sur l'article 37-1 de la loi du 12 avril 2000 et le décret n° 2020-570 du 14 mai 2020. Il a estimé que l'administration avait établi le bien-fondé de l'indu, car Mme A ne remplissait pas les conditions pour bénéficier de la prime, et qu'aucune faute n'était caractérisée. Les conclusions indemnitaires et subsidiaires ont également été rejetées.
25/09/2025
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2305883
Le Tribunal Administratif de Paris a annulé le compte rendu d'entretien professionnel de Mme B..., capitaine de police, établi le 23 janvier 2023 au titre de l'année 2017. La requérante soutenait notamment que l'évaluation avait été réalisée par une autorité incompétente et sans entretien préalable. Le tribunal a fait droit à sa demande en se fondant sur l'autorité de la chose jugée attachée à un précédent jugement du 25 mars 2022, qui avait déjà annulé un premier compte rendu pour les mêmes motifs (absence d'entretien et évaluation partielle). La décision s'appuie sur les dispositions de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 et du décret n° 2010-888 du 28 juillet 2010 relatifs à l'appréciation de la valeur professionnelle des fonctionnaires.
25/09/2025
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2307997
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. B A, réserviste opérationnel, qui demandait l'annulation de la décision du 18 janvier 2023 de la commission de recours de l'invalidité lui refusant une pension militaire d'invalidité pour une affection non imputable au service. Le tribunal a jugé que M. A n'apportait pas la preuve, exigée par les articles L. 121-1 et suivants du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre, que son infirmité était directement causée par l'exercice de ses fonctions de réserviste. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions de la requête, incluant la demande de pension et celle au titre des frais de justice.
25/09/2025