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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2309253

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2309253

vendredi 7 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2309253
TypeDécision
Formation5e Section - 4e Chambre
Avocat requérantKECHIT

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. G, inspecteur des finances publiques, contestant un titre de perception de 1 271,23 euros pour un trop-perçu de rémunération suite à son placement en disponibilité d'office. Le requérant invoquait l'incompétence du signataire, une erreur de fait et un défaut d'examen personnalisé. Le tribunal a écarté le moyen d'incompétence, le signataire bénéficiant d'une délégation de signature régulière, et a jugé les autres moyens non fondés, confirmant la légalité du titre de perception, de la décision de rejet de l'opposition et de la mise en demeure. La décision s'appuie notamment sur le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 24 avril 2023 et 25 septembre et 28 octobre 2024, M. D G, représenté par le cabinet PLS Avocat, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler le titre de perception émis le 21 mars 2022 par lequel le ministre de l'économie et des finances a mis à sa charge la somme de 1 271,23 euros correspondant à un trop perçu de rémunération pour la période du 22 mai au 30 juin 2021, la décision du 12 septembre 2022 rejetant son opposition à exécution contre ce titre et la mise en demeure émise à son encontre le 22 février 2023 pour le remboursement de la somme principale de 1 271,23 euros assortie d'une majoration de 122 euros ;

2°) de condamner l'Etat au paiement d'une indemnité de 500 euros au titre des préjudices subis ;

3°) d'enjoindre au ministre de l'économie et des finances de cesser les prélèvements sur sa paie et de lui restituer le trop-perçu des sommes prélevées ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :

- les actes attaqués sont entachés d'incompétence ;

- les décisions du 21 mars et du 12 septembre 2022 sont entachées d'erreur de fait et d'erreur manifeste d'appréciation, les bulletins de paie sur la période en cause ne faisant état d'aucun trop perçu de rémunération ;

- ils sont entachés d'un défaut d'examen personnalisé de sa situation ;

- la mise en demeure du 22 février 2023 doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation du titre de perception du 21 mars 2022 et de la décision du 12 septembre 2022.

Par un mémoire en défense, enregistré le 25 septembre 2024, le ministre de l'économie, des finances et de l'industrie conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. G ne sont pas fondés.

M. G a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 29 mars 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 24 janvier 2025 :

- le rapport de M. Medjahed, premier conseiller ;

- et les conclusions de M. Degand, rapporteur public.

Une note en délibéré, présentée pour M. G, a été enregistrée le 3 février 2025 et n'a pas été communiquée.

Considérant ce qui suit :

1. M. G, inspecteur des finances publiques affecté à la direction spécialisée du contrôle fiscal d'Île-de-France, a été placé, à l'expiration de ses droits à congé de maladie, en disponibilité d'office pour raison de santé à compter du 22 mai 2021. Par une lettre du 14 février 2022, la direction spécialisée du contrôle fiscal d'Île-de-France l'a informé qu'à la suite de son placement en disponibilité d'office pour raison de santé, il a indument perçu une rémunération de 1 217,23 euros pour la période du 22 mai au 30 juin 2021 et qu'un titre de perception sera émis pour procéder au remboursement de cette somme. M. G a ensuite été destinataire d'un titre de perception émis le 21 mars 2022 portant sur la somme de 1 217,23 euros. Par la présente requête, il demande au tribunal d'annuler ce titre, la décision du 12 septembre 2022 rejetant son opposition à exécution contre ce titre et la mise en demeure émise à son encontre le 22 février 2023 pour le remboursement de la somme principale de 1 271,23 euros assortie d'une majoration de 122 euros. En outre, il demande, dans son mémoire du 25 septembre 2024, la condamnation de l'Etat au paiement d'une indemnité de 500 euros au titre des préjudices subis et à ce qu'il soit enjoint au ministre de l'économie et des finances de cesser les prélèvements sur sa paie et de lui restituer le trop-perçu des sommes prélevées.

2. En premier lieu, aux termes de l'article 5 de l'arrêté du 23 décembre 2019 fixant l'assignation des dépenses et des recettes des ordonnateurs secondaires des services civils de l'Etat : " Les ordres de payer et de recouvrer émis par les ordonnateurs secondaires () du ministère de l'économie et des finances () sont assignés sur les comptables principaux de l'Etat désignés à l'annexe E. ". L'annexe E de cet arrêté désigne le centre de services partagés du Puy-de-Dôme pour émettre les ordres de recouvrer les recettes non fiscales des services du ministère de l'économie et des finances et comme comptable principal assignataire la direction régionale des finances publiques d'Île-de-France et de Paris.

3. D'une part, il résulte de l'instruction que Mme A E, contrôleure des finances publiques et ordonnatrice secondaire du titre de perception, bénéficie d'une délégation de signature de la responsable du centre de services partagés recettes non fiscales Chorus bloc 3 de compétence nationale à l'effet de valider les titres de perception donnée par une décision n° DS-PPR/CSP 2021-30 du 1er septembre 2021 régulièrement publiée. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire du titre de perception doit être écarté comme manquant en fait.

4. D'autre part, il résulte de l'instruction que Mme H C, adjointe à la responsable du centre de service des ressources humaines du service d'appui aux ressources humaines de la direction générale des finances publiques, service compétent pour prendre les actes de gestion administrative des agents de la direction du contrôle fiscal d'Île-de-France aux termes d'une convention de délégation conclue le 19 novembre 2018 publiée le jour même au BOFIP-GCP-18-0034, bénéficie d'une délégation de signature du directeur du service d'appui aux ressources humaines du 3 septembre 2021 publiée au BOFIP-RHO-21-0952 du 6 septembre 2021 à l'effet de signer ces actes de gestion administrative dont fait partie la décision du 12 septembre 2022 rejetant la contestation de M. G contre le titre de perception. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision du 12 septembre 2022 doit être écarté comme manquant en fait.

5. Enfin, il résulte de l'instruction que M. B F, administrateur des finances publiques adjoint, responsable de la division des recettes non fiscales, a reçu délégation du directeur régional des finances publiques d'Île-de-France et de Paris à l'effet de signer les actes incombant au comptable principal assignataire des recettes non fiscales des services du ministère de l'économie et des finances aux termes d'une délégation du 9 février 2023 publiée au recueil des actes administratifs spécial n° 75-2023-094 de la préfecture de police du 9 février 2023. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la mise en demeure du 22 février 2023 doit être écarté comme manquant en fait.

6. En deuxième lieu, il ne résulte pas de l'instruction que l'administration n'a pas sérieusement examiné la situation de M. G avant l'émission du titre de perception et les circonstances tenant aux conditions d'exécution du titre de perception sont sans incidence sur sa légalité. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen doit être écarté.

7. En troisième lieu, il résulte de l'instruction, notamment des bulletins de paie produits par M. G, qu'il a bénéficié du 22 mai au 30 juin 2021 d'une rémunération alors qu'il a été placé en disponibilité d'office pour raison de santé à compter du 22 mai 2021, cette position du fonctionnaire n'étant pas rémunérée. M. G ne conteste pas le montant de la somme mise à sa charge par le titre de perception. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir, par l'argumentation qu'il développe, qu'en lui réclamant le remboursement des sommes mises à sa charge, l'administration a commis une erreur de fait et une erreur manifeste d'appréciation. Dès lors, ces moyens doivent être écartés.

8. En dernier lieu, les moyens dirigés contre le titre de perception émis le 21 mars 2022 et la décision du 12 septembre 2022 ayant été écartés, M. G n'est pas fondé à soutenir que la mise en demeure du 22 février 2023 doit être annulée par voie de conséquence de ces deux décisions.

9. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et, en l'absence d'illégalité fautive, les conclusions à fin d'indemnisation.

10. Les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. G demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens et au titre des dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. G est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D G, à Me Kechit et au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie.

Délibéré après l'audience du 24 janvier 2025, à laquelle siégeaient :

Mme Aubert, présidente,

M. Julinet, premier conseiller,

M. Medjahed, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 février 2025.

Le rapporteur,

Signé

N. MEDJAHED

La présidente,

Signé

S. AUBERT

La greffière,

Signé

A. LOUART

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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