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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2309551

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2309551

lundi 30 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2309551
TypeDécision
Formation6e Section - 1re Chambre - R.222-13
Avocat requérantANDRIEUX

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête, enregistrée le 27 avril 2023 sous le n° 2309551, et un mémoire, enregistré le 6 juin 2023, Mme C F demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision du 3 février 2023 par laquelle la maire de Paris a rejeté son recours administratif préalable obligatoire présenté contre la décision du 18 mars 2022 du directeur général de la caisse d'allocations familiales (CAF) de Paris lui ayant notifié un indu de revenu de solidarité active (RSA) d'un montant de 5 379,51 euros au titre de la période comprise entre le 1er février 2019 et le 31 décembre 2019 ;

2°) de mettre à la charge de la CAF de Paris la somme de 1 500 euros à verser à son conseil sur le fondement des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision attaquée est entachée d'incompétence ;

- elle est insuffisamment motivée dès lors notamment qu'elle n'a pas été informée de l'origine et de la nature des informations obtenues ayant servi à la notification de l'indu ;

- la créance n'est pas fondée car elle était sans ressource pendant la période concernée.

Par deux mémoires en défense, enregistrés le 30 octobre 2023 et le 13 juin 2024, la ville de Paris doit être regardée comme concluant, dans le dernier état de ses écritures, au non-lieu à statuer sur les conclusions aux fins d'annulation de la requête et au rejet du surplus.

Elle fait valoir que :

- elle a retiré le titre émis le 26 mai 2023 par arrêté du 12 juin 2024 de sorte qu'il n'y a plus lieu à statuer sur les conclusions tendant à son annulation ;

- la requérante n'était pas fondée à percevoir le RSA sur la période en litige.

Mme F a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 31 mars 2023.

II. Par une requête, enregistrée le 23 novembre 2023 sous le n° 2326908, et un mémoire, enregistré le 22 avril 2024, Mme C F, représentée par Me Loiré, doit être regardée, dans le dernier état de ses écritures, comme formant opposition devant le tribunal à la contrainte émise le 25 octobre 2023 par le directeur général de la CAF de Paris pour le recouvrement d'un trop-perçu de prime exceptionnelle de fin d'année d'un montant de 152,45 euros au titre de l'année 2019.

Elle soutient que :

- la décision attaquée est entachée d'incompétence ;

- la créance à laquelle elle se rapporte est prescrite.

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 juillet 2024, le directeur général de la CAF de Paris conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun de ses moyens n'est fondé.

Mme F a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 4 janvier 2024.

III. Par une requête, enregistrée le 24 novembre 2023 sous le n° 2327008, et un mémoire, enregistré le 22 mars 2024, Mme C F, représentée par Me Riou, doit être regardée comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler, d'une part, la décision née le 28 septembre 2023 du silence gardé par la maire de Paris sur son recours gracieux présenté contre le courrier du 26 mai 2023 par laquelle cette dernière l'a informée de l'émission à venir d'un avis des sommes à payer se rapportant à l'indu de RSA d'un montant de 5 379,51 euros au titre de la période comprise entre le 1er février et le 31 décembre 2019 et, d'autre part, le courrier du 26 mai 2023 ;

2°) d'enjoindre à la maire de Paris de lui accorder le bénéfice du RSA à taux plein au titre de la période comprise entre le 1er février et le 31 décembre 2019 ;

3°) de mettre à la charge de la ville de Paris la somme de 2 000 euros à verser à son conseil sur le fondement des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la ville de Paris a porté atteinte aux articles 6, 7 et 14 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et aux articles 5, 6, 13, 15, 16 et 17 de la convention relative aux droits des personnes handicapées ;

- la créance est prescrite ;

- la décision attaquée est entachée d'incompétence ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- la créance n'est pas fondée car elle était sans ressource pendant la période concernée ;

- elle se trouve dans une situation de grande précarité.

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 juin 2024, la maire de Paris conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions aux fins d'annulation de la requête et au rejet du surplus.

Elle fait valoir que :

- elle a retiré le titre émis le 26 mai 2023 par arrêté du 12 juin 2024 de sorte qu'il n'y a plus lieu à statuer sur les conclusions tendant à son annulation ;

- la requérante n'était pas fondée à percevoir le RSA sur la période en litige.

Par un mémoire, enregistré le 14 juin 2024, Mme F conclut au non-lieu à statuer sur ses conclusions aux fins d'annulation et maintien le surplus de ses conclusions.

Mme F a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 16 janvier 2024.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention relative aux droits des personnes handicapées ;

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le décret n° 2019-1323 du 10 décembre 2019 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif a désigné M. D pour exercer les fonctions prévues par l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Au cours de l'audience publique, après l'appel des affaires, les parties n'étant ni présentes, ni représentées, la clôture de l'instruction est intervenue en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, et le rapport de M. D a été entendu.

Considérant ce qui suit :

1. Les requêtes visées ci-dessus présentent à juger des questions connexes. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

2. Par un courrier du 18 mars 2022, le directeur général de la caisse d'allocations familiales (CAF) de Paris a notifié à Mme F un indu de revenu de solidarité active (RSA) d'un montant de 5 379,51 euros au titre de la période comprise entre le 1er février 2019 et le 31 décembre 2019. L'intéressée a formé un recours administratif préalable obligatoire contre cette décision devant la maire de Paris qui, par une décision du 3 février 2023, l'a rejeté. Par un courrier du 26 mai 2023, la maire de Paris a ensuite informé Mme F qu'un avis des sommes à payer allait être émis pour le remboursement de cet indu. L'intéressée a formé un recours gracieux contre cette décision, qui a été implicitement rejeté le 28 septembre 2023. Par ses requêtes n°s 2309551 et 2327008, Mme F doit être regardée comme demandant l'annulation des décisions du 3 février 2023, du 26 mai 2023 et du 28 septembre 2023 et à ce qu'il soit enjoint à la maire de Paris de rétablir ses droits à RSA au titre de la période en litige.

3. Par un courrier du 9 février 2020, le directeur général de la CAF de Paris a notifié à Mme F un indu de prime exceptionnelle de fin d'année d'un montant de 152,45 euros au titre de l'année 2019. Par un courrier du 10 novembre 2021, il l'a mise en demeure de procéder au règlement de cette somme. Le directeur général de la CAF de Paris a émis le 25 octobre 2023 une contrainte à l'encontre de l'intéressée correspondant à cette somme. Par sa requête n° 2326908, Mme F doit être regardée comme formant opposition à cette contrainte.

Sur l'étendue du litige :

4. En premier lieu, les conclusions par lesquelles Mme F demande à ce que le tribunal constate qu'il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de sa requête n° 2327008 tendant à l'annulation de la décision née du silence gardé par la maire du Paris sur le recours dirigé contre son courrier du 26 mai 2023 doivent être regardées comme équivalant à un désistement pur et simple de ces conclusions, dont rien ne s'oppose à ce qu'il soit donné acte.

5. En second lieu, il ne résulte pas de l'instruction que la décision du 3 février 2023 attaquée dans l'instance n° 2309551 aurait été retirée par la maire de Paris. Par suite, les conclusions présentées par Mme F tendant à son annulation ne sont pas privées d'objet. L'exception de non-lieu à statuer opposée en défense par la ville de Paris doit donc être écartée.

Sur la contestation de l'indu :

6. Lorsque le juge administratif est saisi d'un recours dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de revenu de solidarité active, de prime d'activité ou d'aide exceptionnelle de solidarité, il entre dans son office d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.

En ce qui concerne la régularité de la procédure :

7. En premier lieu, par arrêté du 29 mars 2022, régulièrement publié dans le bulletin officiel de la ville de Paris le 1er avril 2022, la maire de Paris a donné délégation à M. G E, signataire de la décision du 3 février 2023, à l'effet, notamment, de " statuer sur les recours gracieux, les recouvrements d'indus et les remises de dettes présentés par les allocataires du revenu de solidarité active ". Par suite, le moyen doit être écarté.

8. En deuxième lieu, la décision par laquelle l'autorité administrative procède à la récupération de sommes indûment versées au titre de l'allocation de revenu de solidarité active est au nombre des décisions imposant une sujétion et doit, par suite, être motivée en application de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Il en résulte qu'une telle décision doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. A ce titre, l'autorité administrative doit faire figurer dans la motivation de sa décision la nature de la prestation et le montant des sommes réclamées, ainsi que le motif et la période sur laquelle porte la récupération. En revanche, elle n'est pas tenue d'indiquer dans cette décision les éléments servant au calcul du montant de l'indu.

9. La décision attaquée vise les textes applicables à la situation de Mme F, notamment les articles L. 262-2 et R. 262-6, 7 et 37 du code de l'action sociale et des familles. Elle comporte en outre les considérations de fait sur lesquelles la maire de Paris s'est fondée afin de rejeter le recours administratif préalable obligatoire dirigé contre la décision de notification de l'indu, notamment la nature de la prestation en cause, à savoir le RSA, le motif ayant été retenu, tenant à la perception rétroactive d'une pension d'invalidité, et enfin la période sur laquelle porte la récupération, soit de février à décembre 2019. Par suite, le moyen doit être écarté.

10. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 262-40 du code de l'action sociale et des familles : " Pour l'exercice de leurs compétences, le président du conseil départemental et les organismes chargés de l'instruction et du service du revenu de solidarité active demandent toutes les informations nécessaires à l'identification de la situation du foyer : () / 3° Aux organismes de sécurité sociale () / Les informations demandées, que ces administrations, collectivités et organismes sont tenus de communiquer, doivent être limitées aux données nécessaires à l'instruction du droit au revenu de solidarité active, à sa liquidation et à son contrôle ainsi qu'à la conduite des actions d'insertion () " Lorsqu'une caisse peut obtenir une même information auprès d'une même administration ou d'un même organisme tant sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 262-40 du code, prévoyant des échanges d'informations avec les administrations publiques, les collectivités territoriales et les organismes sociaux, qu'au titre du droit de communication prévu par l'article L. 114-19 du code de la sécurité sociale, elle n'est tenue de mettre en œuvre les garanties prévues par l'article L. 114-21 du même code que si elle a entendu se placer dans le cadre du droit de communication.

11. Il résulte de l'instruction que la CAF de Paris, pour notifier l'indu de RSA en litige, s'est notamment fondée sur des informations communiquées sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 262-40 du code de l'action sociale et des familles le 11 décembre 2019 par la caisse régionale d'assurance maladie d'Île-de-France (CRAMIF) et relatives à l'attribution avec une date de prise d'effet rétroactive au 1er janvier 2019 d'une pension d'invalidité à Mme F. Il ne résulte pas des dispositions de cet article, contrairement à celles des articles L. 114-19 et 21 du code de la sécurité sociale, dont il n'a pas été fait application, que l'autorité administrative aurait été tenue, avant de notifier cet indu, d'informer l'allocataire de la teneur et de l'origine des informations et documents qu'elle avait ainsi obtenus. Par suite, le moyen tiré de ce qu'elle aurait commis un vice de procédure doit être écarté comme étant infondé.

En ce qui concerne le bien-fondé de la décision :

12. Aux termes de l'article R. 262-6 du code de l'action sociale et des familles : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient () "

13. Il résulte de l'instruction que Mme F a bénéficié de manière rétroactive à compter du 1er janvier 2019 du versement d'une pension d'invalidité servie par la CRAMIF, qui constitue une ressource devant être prise en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active. Par suite, c'est à bon droit que la CAF de Paris a recalculé l'étendue des droits à RSA de l'intéressée au titre de la période comprise entre le 1er février 2019 et le 31 décembre 2019 afin de tenir compte de la perception tardive de ces ressources et lui a notifié en conséquence un indu correspondant au trop-perçu de RSA. Mme F ne remet pas en cause le calcul effectué par la CAF puis la ville de Paris une fois ces ressources prises en compte. Dans ces conditions, c'est à tort qu'elle conteste le bien-fondé de la créance en litige.

14. Il résulte de ce qui précède que Mme F n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 3 février 2023 ayant rejeté son recours présenté contre la décision de lui notifier un indu de RSA d'un montant de 5 379,51 euros au titre de la période comprise entre les mois de février et décembre 2019 ni, en tout état de cause, à demander à ce qu'il soit enjoint à la ville de Paris de procéder au rétablissement de ses droits à RSA au titre de cette période. Il est toutefois rappelé à l'intéressée que si sa situation de précarité devait faire obstacle à ce qu'elle puisse s'acquitter de la somme correspondante, il lui demeurerait possible de saisir la ville de Paris d'une demande de remise gracieuse, totale ou partielle, de cette dette.

Sur l'opposition à contrainte :

15. Aux termes de l'article L. 161-1-5 du code de la sécurité sociale : " Pour le recouvrement d'une prestation indûment versée (), le directeur d'un organisme de sécurité sociale peut () délivrer une contrainte qui, à défaut d'opposition du débiteur devant la juridiction compétente, comporte tous les effets d'un jugement et confère notamment le bénéfice de l'hypothèque judiciaire () " En vertu de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles, l'article L. 161-1-5 du code de la sécurité sociale " est applicable pour le recouvrement des sommes indûment versées au titre du revenu de solidarité active ".

16. L'article 3 du décret du 10 décembre 2019 dispose qu'une aide exceptionnelle est attribuée aux allocataires du revenu de solidarité active qui ont droit à cette allocation au titre du mois de novembre ou, à défaut, du mois de décembre 2019, à condition que les ressources du foyer n'excèdent pas un certain montant. Son article 5 dispose en outre que cette aide, qui n'est pas une prestation mais une aide à la charge de l'Etat, est versée par l'organisme débiteur du revenu de solidarité active et que tout paiement indu de cette aide est récupéré par cet organisme.

17. Il résulte de la combinaison de ces dispositions qu'un versement indu de l'aide exceptionnelle attribuée à un allocataire du revenu de solidarité active au titre de cette allocation doit être regardé comme relevant des " sommes indûment versées au titre du revenu de solidarité active " au sens de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles.

18. Par suite, le directeur d'une caisse d'allocations familiales, lorsque cette caisse assure le service du revenu de solidarité active, peut faire usage de la procédure instituée par l'article L. 161-1-5 du code de la sécurité sociale et recouvrer par voie de contrainte un paiement indu d'aide exceptionnelle de fin d'année attribuée à un allocataire du revenu de solidarité active.

En ce qui concerne la régularité de la procédure :

19. Par décision du 5 septembre 2022, dont aucune disposition ni aucun principe ne subordonnait l'entrée en vigueur à l'accomplissement d'une mesure de publicité, le directeur général de la CAF de Paris a donné délégation, sur le fondement de l'article D. 253-6 du code de la sécurité sociale, à M. B A, référent technique contentieux et signataire de la contrainte attaquée, à l'effet de " signer () tout courrier relevant du recouvrement contentieux des créances, y compris l'émission de contraintes ". Par suite, le moyen doit être écarté.

En ce qui concerne l'exigibilité de la créance :

20. Aux termes des dispositions de l'article L. 262-45 du code de la sécurité sociale, applicables à l'aide exceptionnelle de fin d'année : " L'action en vue du paiement du revenu de solidarité active se prescrit par deux ans. Cette prescription est également applicable, sauf en cas de fraude ou de fausse déclaration, à l'action intentée par l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active ou le département en recouvrement des sommes indûment payées. / La prescription est interrompue par une des causes prévues par le code civil. L'interruption de la prescription peut, en outre, résulter de l'envoi d'une lettre recommandée avec demande d'avis de réception, quels qu'en aient été les modes de délivrance () "

21. Il résulte de l'instruction que l'indu du 9 février 2020 a été notifié moins de deux ans suivant la période à laquelle il se rapporte, à savoir l'année 2019, et a donc interrompu la prescription, faisant par conséquent courir un nouveau délai de deux ans. La mise en demeure du 10 novembre 2021 de payer la somme correspondante a également été adoptée dans les deux ans suivant la notification de cet indu et a de ce fait à nouveau interrompu le délai de prescription et fait courir un nouveau délai de deux ans. Enfin, la contrainte a été émise le 25 octobre 2023, soit dans le délai de deux ans suivant la notification de la mise en demeure. Par suite, le moyen tiré de ce que la créance serait prescrite est infondé et doit dès lors être écarté.

22. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par Mme F aux fins d'opposition à la contrainte émise le 25 octobre 2023 doivent être rejetées.

Sur les frais liés à l'instance :

23. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de la ville de Paris, les sommes demandées par la requérante au titre des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Il est donné acte du désistement des conclusions aux fins d'annulation présentées par Mme F dans la requête n° 2327008.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête n° 2327008 est rejeté.

Article 3 : Les requêtes n°s 2309551 et 2326908 sont rejetées.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme C F, à la ville de Paris, et au ministre des solidarités, de l'autonomie et de l'égalité entre les femmes et les hommes.

Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales de Paris.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 septembre 2024.

Le magistrat désigné,

A. D

Le greffier,

A. Lemieux

La République mande et ordonne au préfet de la région d'Île-de-France, préfet de Paris, et au ministre des solidarités, de l'autonomie et de l'égalité entre les femmes et les hommes, en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Nos 2309551-2326908-2327008

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