jeudi 11 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2309643 |
| Type | Ordonnance |
| Avocat requérant | SOCIETE BORE, SALVE DE BRUNETON ET MEGRET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 28 avril 2023, les associations Assas in progress et Etudiants en confinement demandent au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution des décisions par lesquelles l'université Paris Panthéon-Assas a instauré une hiérarchisation des candidatures, postérieurement à la clôture de la phase de dépôt des candidatures,
2°) d'enjoindre, à titre principal, à l'université Paris Panthéon-Assas et à la société Le Sphinx Développement, sous astreinte de 44 000 euros par jour de retard, avant le 2 mai 2023 :
- de suspendre l'accès des étudiants candidats à la plateforme hébergée par ladite société et de désactiver les liens d'accès individuels qui ont été fournis,
-de suspendre l'accès, à l'université Paris Panthéon-Assas aux données des formulaires de hiérarchisation, hébergés sur les serveurs de la société Le Sphinx Développement,
-d'apporter la preuve de la suppression des sauvegardes réalisées sur ses serveurs internes et sur ceux de ses directeurs de formation,
3°) d'enjoindre, à titre subsidiaire, sous astreinte de 44 000 euros par jour de retard, à l'université Paris Panthéon-Assas, de fournir aux associations requérantes des données statistiques leur permettant de contrôler la répartition des étudiants admis dans chaque formation, selon qu'ils aient placé le formation concernée en premier, deuxième, troisième ou quatrième, ou selon qu'ils n'aient pas procédé à cette hiérarchisation, dans les 7 jours suivant la fin de la phase
d'examen des candidatures telle que fixée à l'article 1er de l'arrêté du 28 février 2023,
4°) d'enjoindre, à l'université Paris-Panthéon-Assas et à la société Le Sphinx Développement, dans le 48h suivant la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 44 000 euros par jour de retard :
-de publier un communiqué officiel sur son site internet, ses réseaux
sociaux (Twitter, Facebook, LinkedIn), relayant le dispositif de cette décision,
ainsi que ses conséquences sur le déroulement du processus d'examen des
candidatures,
-d'adopter toute autre mesure que le tribunal relèverait d'office comme nécessaire pour assurer l'exécution de sa décision,
5°) de mettre à la charge de l'université Paris-Panthéon-Assas la somme de 4 000 euros, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que
Sur l'urgence :
-le délai imparti aux étudiants pour répondre au formulaire de hiérarchisation court
jusqu'au 2 mai 2023 à 23h59,
-il est possible que la décision attaquée soit annulée par le juge du fond, ce qui, en l'absence d'une suspension de son exécution par le juge des référés, pourrait revenir à remettre en cause
l'intégralité des phases d'examen et d'admission des candidatures qui ont été menées par
l'université Paris-Panthéon-Assas, et préjudicierait gravement aux intérêts des étudiants concernés,
-l'université souhaite accélérer la phase d'examen des candidatures, sans tenir compte des dossiers et mérites respectifs des étudiants candidats.
Sur l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité des décisions :
-elles ont été prises par une autorité incompétente,
-elles sont entachées d'une erreur de droit, au regard des dispositions du décret 2023-113 du 20 février 2023, dès lors qu'elles instituent une hiérarchisation des candidatures, via une plateforme autre que monmaster.gouv.fr, postérieurement à la clôture de la phase de dépôt des candidatures et à l'ouverture de la phase d'examen des candidatures, en méconnaissance des principes de transparence et d'intelligibilité de la procédure de sélection en master,
- elles méconnaissent le principe d'égalité de traitement entre les candidats.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 28 avril 2023 sous le numéro 2309644 par laquelle les associations Assas in progress et Etudiants en confinement demandent l'annulation des décisions attaquées.
Vu :
- le code de l'éducation,
- le décret n° 2023-113 du 20 février 2023 relatif à la procédure dématérialisée de candidature et de recrutement en première année des formations conduisant au diplôme national de master
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Bachoffer, vice-président de section, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
2. Aucun des moyens soulevés par les requérantes n'est propre en l'état de l'instruction à faire naître un doute sérieux quant à la légalité des décisions qu'elles contestent.
3. Il résulte de ce qui précède que les conclusions tendant à la suspension des décisions attaquées doivent être rejetées, par application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative. Il en va de même, par voie de conséquence, des conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte, de même que celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête des associations Assas in progress et Etudiants en confinement est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée aux associations Assas in progress et Etudiants en confinement.
Fait à Paris, le 11 mai 2023.
Le juge des référés,
B. BACHOFFER
La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.