lundi 20 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2310129 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 4e Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | LEONEM AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 mai 2023, l'association les Chais de Bagatelle, représentée par Me Llorens, demande au tribunal :
1°) d'annuler le titre exécutoire n° 117253 du 22 mars 2023 par lequel la Ville de Paris a mis à sa charge la somme de 80 504,84 euros correspondant à l'indemnité d'occupation irrégulière du domaine public pour la période allant du 1er octobre 2022 au 15 mars 2023 ;
2°) de prononcer la décharge de cette somme ;
3°) de mettre à la charge de la Ville de Paris la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le titre exécutoire a été pris par une autorité incompétente ;
- il ne fait pas apparaître les bases de la liquidation de la créance, les modalités de calcul n'étant pas précisées ;
- le titre exécutoire litigieux n'est pas fondé dès lors qu'elle n'a pas occupé irrégulièrement le domaine public ;
- le titre est entaché d'une erreur de droit dès lors que même en cas d'occupation irrégulière du domaine public, la Ville de Paris ne peut réclamer une indemnité d'occupation forfaitairement fixée ;
- l'indemnité doit être calculée en fonction de ce qu'aurait pu percevoir un occupant régulier, or une convention du 31 mars 2023 a autorisé un nouvel occupant à occuper le domaine public pour une redevance s'élevant uniquement à 50 000 euros ;
- la Ville de Paris lui a demandé deux fois une indemnité d'occupation irrégulière du domaine public sur la période allant du 1er septembre 2022 au 15 mars 2023, par ce titre exécutoire mais également par le titre n°118 683 du 15 mars 2023 ;
- la Ville de Paris a commis une faute de nature à l'exonérer de sa responsabilité à hauteur de 80%.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 janvier 2024, la Ville de Paris conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par l'association Les Chais de Bagatelle ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 22 décembre 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 29 février 2024.
Un courrier daté du 12 décembre 2024, indiquant le placement en liquidation judiciaire de l'association Les Chais de Bagatelle, a été enregistré le 9 janvier 2025 au greffe du tribunal.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les conclusions de M. Gandolfi, rapporteur public,
Considérant ce qui suit :
1. Le 3 novembre 2003, l'association Les Chais de Bagatelle a conclu une convention d'occupation du domaine public avec la Ville de Paris pour l'occupation de locaux situés dans le bois de Boulogne, 10 route de l'entraînement dans le 16ème arrondissement de Paris, pour une durée de 18 ans à compter de sa signature, soit jusqu'au 2 novembre 2021, afin d'y exploiter une activité viti-vinicole associée à un hébergement de type chambres d'hôtes. Le 22 mars 2023, la Ville de Paris a émis un titre exécutoire n° 117253 d'un montant de 80 504,84 euros correspondant à l'indemnité d'occupation irrégulière du domaine public pour la période allant du 1er septembre 2022 au 15 mars 2023. Par la présente requête, l'association Les Chais de Bagatelle demande au tribunal l'annulation de ce titre exécutoire et la décharge de l'obligation de payer la somme de 80 504,84 euros.
Sur la régularité du titre exécutoire :
2. L'annulation d'un titre exécutoire pour un motif de régularité en la forme n'implique pas nécessairement, compte tenu de la possibilité d'une régularisation par l'administration, l'extinction de la créance litigieuse, à la différence d'une annulation prononcée pour un motif mettant en cause le bien-fondé du titre.
3. Il en résulte que, lorsque le requérant choisit de présenter, outre des conclusions tendant à l'annulation d'un titre exécutoire, des conclusions à fin de décharge de la somme correspondant à la créance de l'administration, il incombe au juge administratif d'examiner prioritairement les moyens mettant en cause le bien-fondé du titre qui seraient de nature, étant fondés, à justifier le prononcé de la décharge.
4. Dans le cas où il ne juge fondé aucun des moyens qui seraient de nature à justifier le prononcé de la décharge mais retient un moyen mettant en cause la régularité formelle du titre exécutoire, le juge n'est tenu de se prononcer explicitement que sur le moyen qu'il retient pour annuler le titre : statuant ainsi, son jugement écarte nécessairement les moyens qui assortissaient la demande de décharge de la somme litigieuse.
5. L'article 24 du décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 dispose que : " Toute créance liquidée faisant l'objet () d'un ordre de recouvrer indique les bases de la liquidation () ". En vertu de ces dispositions, une personne publique ne peut mettre en recouvrement une créance sans indiquer, soit dans le titre lui-même, soit par une référence précise à un document joint à ce titre ou précédemment adressé au débiteur, les bases et les éléments de calcul sur lesquels il se fonde pour mettre les sommes en cause à la charge de ce débiteur.
6. En l'espèce, l'état exécutoire du 22 mars 2023 porte la mention "RED OCC DOM.PUB. LES CHAIS DE BAGATELLE INDEMNITES OCCUPATION IRREGULIERE DU 1er OCTOBRE 2022 AU 15 MARS 2023 SELON CONVENTION DU 3 NOVEMBRE 2003-20/03/2023". Ces mentions permettent seulement à l'association de connaître la nature et l'objet de la somme demandée mais n'indiquent pas les bases et éléments de calcul sur lesquels il se fonde pour mettre les sommes en cause à la charge de l'association. Par ailleurs, cet état exécutoire ne fait pas référence au courrier de la Ville de Paris du 16 mars 2023 indiquant que l'indemnité d'occupation régulière était calculée sur la base des stipulations de l'article 17 de la convention du 3 novembre 2003 et détaillant les bases de la liquidation de cette indemnité, ni à aucun autre document dans lequel les bases de la liquidation seraient exposées. Le courrier du 16 mars 2023 n'est pas non plus annexé à l'état exécutoire. Par suite, il y a lieu d'accueillir, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de régularité, le moyen tiré de ce que le titre litigieux méconnaît les dispositions précitées de l'article 24 du décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012.
7. Il résulte de tout ce qui précède que l'association " les Chais de Bagatelle " est seulement fondée à demander l'annulation du titre exécutoire n° 117253 du 22 mars 2023.
Sur les frais liés à l'instance :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la Ville de Paris la somme de 2000 euros à verser à l'association Les Chais de Bagatelle au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Le titre exécutoire n°117253 du 22 mars 2023 émis par la Ville de Paris est annulé.
Article 2 : La Ville de Paris versera à l'association Les Chais de Bagatelle la somme de 2000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à l'association Les Chais de Bagatelle et à la Ville de Paris.
Délibéré après l'audience du 6 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Anne Seulin, présidente,
M. Jean-Baptiste Claux, premier conseiller,
Mme Sabine Rivet, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 janvier 2025.
Le rapporteur,
Signé :
J.-B. A
La présidente,
Signé :
A. Seulin
La greffière,
Signé :
L. Thomas
La République mande et ordonne au préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2417280
Le Tribunal Administratif de Paris a annulé les décisions du ministre de la justice refusant un changement de nom. Le juge a estimé que la requérante justifiait d'un intérêt légitime exceptionnel, fondé sur des motifs affectifs, pour porter le nom de son père biologique et affectif, et ce malgré l'existence d'une filiation paternelle légalement établie à l'égard d'un autre homme. La décision s'appuie sur l'article 61 du code civil, qui n'assujettit pas l'intérêt légitime à changer de nom à l'existence d'un lien de filiation avec le porteur du nom sollicité.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2402737
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07/04/2026
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23/03/2026