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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2311812

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2311812

jeudi 1 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2311812
TypeDécision
PublicationC
Formation2e Section - 3e Chambre
Avocat requérantLACROIX

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une demande, enregistrée le 20 mai 2022, et des observations complémentaires, enregistrées le 14 avril 2023, Mme A B a demandé au tribunal, sur le fondement de l'article L. 911-4 du code de justice administrative, de prescrire les mesures qu'implique l'exécution du jugement n° 1916317 du 16 mars 2021 annulant la décision du 13 février 2019 par laquelle la maire de Paris a pris acte de sa démission, condamnant la Ville de Paris à lui verser la somme de 500 euros, et mettant à la charge de la Ville de Paris une somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que celui-ci renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.

Elle soutient que la Ville de Paris n'a toujours pas pris les mesures qu'implique l'exécution de ce jugement en l'absence de reconstitution de sa carrière sous la forme soit d'une réintégration, soit d'une indemnisation ;

La maire de Paris a présenté des observations, enregistrées le 17 janvier 2023.

Par une ordonnance du 16 mai 2023, le président du tribunal a, en application des dispositions de l'article R. 921-6 du code de justice administrative, décidé l'ouverture d'une procédure juridictionnelle.

Par un mémoire en défense, enregistré le 4 septembre 2023, la maire de Paris conclut au rejet de la demande d'exécution présentée par Mme B, dès lors, d'une part, qu'à fin d'exécution du jugement elle a versé à Mme B la somme de 500 euros et à son conseil la somme de 1 500 euros, et, d'autre part, que l'exécution de ce jugement n'implique ni reconstitution de carrière, dès lors qu'elle avait le statut d'agent vacataire, ni réintégration, ni indemnisation.

Par une décision en date du 28 septembre 2023, le bureau d'aide juridictionnelle a constaté la caducité de la demande d'aide juridictionnelle présentée le 7 juillet 2023 par Mme B.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le jugement n° 1916317 rendu le 16 mars 2021 par le tribunal administratif de Paris ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Fouassier,

- et les conclusions de Mme Belkacem, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander à la juridiction, une fois la décision rendue, d'en assurer l'exécution. / Si le jugement ou l'arrêt dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte ".

2. Par un jugement définitif n° 1916317 du 16 mars 2021, le tribunal a annulé la décision du 13 février 2019 par laquelle la maire de Paris a pris acte de la démission de Mme B, a condamné la Ville de Paris à lui verser la somme de 500 euros en réparation des préjudices subis, et a mis à la charge de la ville de Paris une somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que celui-ci renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.

3. Mme B soutient que l'exécution de ce jugement implique que la ville de Paris procède à une " reconstitution " de sa carrière, sous la forme soit d'une réintégration, soit d'une indemnisation. Toutefois, l'annulation de la démission de Mme B, qui était employée par la Ville de Paris en qualité de vacataire et dont l'engagement devait prendre fin à la date du 5 juillet 2019, n'impliquait pas qu'il soit procédé à sa réintégration. Quant à l'indemnisation de ses préjudices, le tribunal a estimé qu'il n'était pas établi par les pièces du dossier que Mme B aurait été, préalablement au terme initial de son engagement, et compte tenu de son état de santé, susceptible de travailler, et a seulement condamné la Ville de Paris à lui verser une somme 500 euros en réparation de son préjudice moral. Or, il résulte de l'instruction, et il n'est pas contesté, que cette somme de 500 euros a bien été versée dès le 14 juin 2021 à Mme B, qui n'est pas fondée, au titre de l'exécution du jugement du 16 mars 2021, à réclamer une indemnisation supplémentaire. Il en est de même, au demeurant, de la somme de 1 500 euros due à son conseil, versée à ce dernier le 23 avril 2021. Dès lors, le jugement du 16 mars 2021 doit être regardé comme entièrement exécuté à la date à laquelle la requérante a présenté sa demande d'exécution.

4. Il résulte de ce qui précède que la demande de Mme B tendant à ce que le tribunal prescrive les mesures qu'implique l'exécution du jugement n° 1916317 du 16 mars 2021 doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La demande de Mme B tendant à ce que le tribunal prescrive les mesures qu'implique l'exécution du jugement n° 1916317 du 16 mars 2021 est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la maire de Paris.

Délibéré après l'audience du 18 janvier 2024, à laquelle siégeaient :

M. Fouassier, président,

M. Coz, premier conseiller,

Mme Arnaud, conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er février 2024.

Le président-rapporteur,

C. FOUASSIER

L'assesseur le plus ancien,

Y. COZ

La greffière,

C. EL HOUSSINE

La République mande et ordonne au préfet de la région Île-de-France, préfet de Paris, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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