jeudi 31 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2312925 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 6e Section - 1re Chambre - R.222-13 |
| Avocat requérant | PAILLOUX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 2 juin 2023, le 21 et le 25 août 2024 et le 17 octobre 2024, Mme C A doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 18 avril 2023 par laquelle la maire de Paris a rejeté son recours administratif préalable obligatoire présenté le 8 décembre 2022 contre la décision du 1er décembre 2022 par laquelle elle lui avait notifié un indu de revenu de solidarité active (RSA) au titre de la période comprise entre le 1er juin et le 31 août 2019.
Elle soutient que :
- elle n'a pas commis de fraude dans la mesure où la somme de 4 162 euros versée sur son compte bancaire personnel l'a été par erreur et ne constituait donc pas un revenu ;
- elle doit bénéficier du droit à l'erreur.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 6 novembre 2023 et le 17 octobre 2024, la ville de Paris conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun moyen de la requête n'est fondé.
Par une décision du 9 juillet 2024, le bureau d'aide juridictionnelle a constaté la caducité de la demande d'aide juridictionnelle présentée par Mme A.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif a désigné M. Rezard pour exercer les fonctions prévues par l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Au cours de l'audience publique, après l'appel des affaires, les parties n'étant ni présentes, ni représentées, la clôture de l'instruction est intervenue en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, et le rapport de M. Rezard a été entendu.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A demande au tribunal d'annuler la décision du 18 avril 2023 par laquelle la maire de Paris a rejeté son recours administratif préalable obligatoire contre la décision du 1er décembre 2022 lui ayant notifié un indu de revenu de solidarité active (RSA) de 2 488,20 euros au titre de la période comprise entre le 1er juin et le 31 août 2019.
2. Lorsque le juge administratif est saisi d'un recours dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de revenu de solidarité active, il entre dans son office d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre () ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 262-6 du même code : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature ainsi que les revenus procurés par des biens mobiliers et immobiliers et par des capitaux. ". Aux termes des dispositions du II de l'article R. 262-7 du code : " Pour le calcul de l'allocation, les ressources du trimestre de référence prises en compte sont les suivantes : / 1° La moyenne mensuelle des ressources perçues au cours des trois mois précédant la demande ou la révision () ".
4. Il résulte de l'instruction que la notification d'un indu de RSA au titre des mois de juin à août 2019 est la conséquence de la réintégration dans les ressources de Mme A d'une somme de 4 162 euros qu'elle aurait perçue au cours du trimestre de référence, compris entre les mois de mars à mai 2019. La CAF de Paris fait valoir que ce montant correspond, d'une part, à des revenus salariés, correspondant à une opération libellée " virement Worldplay salaire ", à hauteur de 1 711,36 euros, et, d'autre part, à divers autres ressources, tels que des revenus de mise en location ou d'actions, qu'elle a retenues à hauteur de 2 451 euros. Il résulte de l'instruction que, ce faisant, elle a exclu de l'assiette des ressources réintégrées une partie des sommes d'un montant total de 3 184,90 euros qui étaient inscrites au crédit du compte bancaire de l'intéressé en plus du virement de 1 711,36 euros. Pour remettre en cause cette réintégration, la requérante soutient d'abord que la somme totale de 4 162 euros correspondrait à des recettes de l'entreprise SASU HMS Collective ayant été versées durant les mois de mars à mai 2019 par erreur sur son compte personnel, comme en atteste l'expert-comptable de l'entreprise, et qu'elle aurait depuis intégralement remboursé cette somme. Toutefois, elle ne justifie pas avoir perçu cette somme directement de son entreprise. Par ailleurs, les seuls documents qu'elle produit pour établir la réalité de la restitution alléguée, consistant en des extraits de compte de l'entreprise mentionnant la réception de virements effectués par elle durant les mois de novembre 2019 à février 2020 et de janvier 2022, s'avèrent à eux seuls insuffisamment probants à cet égard. Si la requérante conteste également le caractère de ressources de certaines des sommes, mentionnées par la ville de Paris dans ses écritures en défense, qui étaient inscrites au crédit de son compte bancaire, notamment des aides ponctuelles familiales qui auraient été versées par des proches, il résulte de l'instruction, ainsi que cela a été dit, que la ville de Paris n'a pas qualifié l'ensemble de ces sommes de ressources mais seulement une fraction de 2 451 euros. La requérante ne justifie par conséquent pas que la somme de 4 162 euros réintégrée par la CAF et la ville de Paris pour le calcul de ses droits à RSA l'aurait été à tort. Son moyen doit dès lors être écarté.
5. En second lieu, aux termes de l'article L. 123-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Une personne ayant méconnu pour la première fois une règle applicable à sa situation ou ayant commis une erreur matérielle lors du renseignement de sa situation ne peut faire l'objet, de la part de l'administration, d'une sanction, pécuniaire ou consistant en la privation de tout ou partie d'une prestation due, si elle a régularisé sa situation de sa propre initiative ou après avoir été invitée à le faire par l'administration dans le délai que celle-ci lui a indiqué. / La sanction peut toutefois être prononcée, sans que la personne en cause ne soit invitée à régulariser sa situation, en cas de mauvaise foi ou de fraude. () ".
6. Les dispositions précitées ont pour objet de prémunir les administrés méconnaissant pour la première fois une règle applicable à leur situation ou commettant une erreur matérielle lors du renseignement de leur situation contre l'administration d'une sanction s'ils n'ont pas préalablement été mis à même de régulariser cette situation, sauf en cas de mauvaise foi ou de fraude. Elles n'ont en revanche ni pour objet ni pour effet de dispenser le bénéficiaire d'une prestation qui lui a été versée indûment de l'obligation de la rembourser, ce qui ne présente pas le caractère d'une sanction. Dès lors, Mme A n'est pas utilement fondée à invoquer les dispositions de l'article L. 123-1 du code des relations entre le public et l'administration pour obtenir l'annulation de l'indu lui ayant été notifié. Ce moyen doit donc être écarté.
7. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A, au ministre des solidarités, de l'autonomie et de l'égalité entre les femmes et les hommes et à la ville de Paris.
Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales de Paris.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 octobre 2024.
Le magistrat désigné,
A. Rezard
La greffière,
M. B
La République mande et ordonne au ministre des solidarités, de l'autonomie et de l'égalité entre les femmes et les hommes et au préfet de Paris, préfet de la région d'Ile-de-France en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2312925/6-1
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2501792
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. B... visant à annuler la décision de la Ville de Paris lui réclamant le remboursement d'indus de RSA. Le juge a estimé que les arguments du requérant, notamment sur l'usurpation d'identité par son neveu ou l'absence de communication du rapport d'enquête, n'étaient pas établis ou ne remettaient pas en cause la légalité de la procédure de contrôle. La demande de remise gracieuse de la dette a également été rejetée, le tribunal considérant que les conditions prévues par le code de l'action sociale et des familles n'étaient pas remplies.
20/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2509174
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la demande d'indemnisation de M. B... contre la CAF de Paris et la Ville de Paris. Le tribunal a jugé que la suspension des versements de prestations par la CAF était légale, fondée sur l'article L. 583-3 du code de la sécurité sociale en raison d'incohérences dans la déclaration des ressources du requérant. Il a également estimé que les fautes alléguées dans la gestion du dossier n'étaient pas établies et qu'aucun préjudice direct et certain n'était démontré.
20/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2421429
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la demande d'indemnisation d'un détenu estimant avoir subi un préjudice moral du fait de cinq fouilles intégrales. Le tribunal a jugé que ces mesures, justifiées par le comportement de l'intéressé, son profil (condamnation pour terrorisme) et les nécessités de sécurité, étaient conformes aux articles L. 225-1 et suivants du code pénitentiaire. Il a également estimé qu'elles ne constituaient pas un traitement inhumain ou dégradant au sens de l'article 3 de la Convention européenne des droits de l'homme.
06/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2507480
Le Tribunal Administratif de Paris a examiné la requête de M. C... contestant un indu de revenu de solidarité active (RSA) de 7 560,63 euros pour la période de mars 2022 à mai 2023, ainsi que le titre de recettes correspondant. Le requérant soutenait que les ressources perçues (revenus fonciers et aide familiale) n'étaient pas des revenus professionnels au sens de l'article L. 262-3 du code de l'action sociale et des familles. La Ville de Paris a défendu la régularité du titre de recettes et le bien-fondé de la créance. Le tribunal a rejeté la requête, considérant que les moyens soulevés n'étaient pas fondés.
22/01/2026