mardi 14 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2313075 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 6e Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | ORHANT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 juin 2023, Mme C A, représentée par Me Orhant, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler la décision du 5 avril 2023 par laquelle le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) de Paris lui a notifié la cessation du bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;
3°) d'enjoindre au directeur territorial de l'OFII de la rétablir dans le bénéfice des conditions matérielles d'accueil et de procéder au versement de l'allocation pour demandeur d'asile, dans un délai de trois jours à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de OFII la somme de 1 500 euros à verser à son conseil, sous réserve que ce dernier renonce à percevoir le bénéfice de l'aide juridictionnelle, au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou si l'aide juridictionnelle ne lui était pas accordée de mettre à la charge de OFII cette somme à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation particulière ;
- elle est entachée d'un vice de procédure en raison du défaut d'entretien de vulnérabilité ;
- elle est entachée d'un vice de procédure en raison de l'impossibilité de faire valoir ses observations ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'elle a effectivement transmis les pièces nécessaires à l'instruction de son dossier ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er août 2023, l'OFII conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens invoqués par Mme A ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 20 juillet 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 1er septembre 2023.
Par une décision du 18 juillet 2023, Mme A a été admise à l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Théoleyre,
- et les conclusions de M. Thulard, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C A, ressortissante sénégalaise née le 13 mars 1976, a sollicité son admission au statut de réfugiée le 3 novembre 2022. Sa demande a été instruite en procédure normale et la requérante a accepté le bénéfice des conditions matérielles d'accueil le 7 novembre 2022. Le 31 janvier 2023, l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a informé l'intéressée de ce qu'il était susceptible de mettre fin à son bénéfice des conditions matérielles d'accueil en raison d'un défaut de pièces justificatives et a procédé à cette cessation par une décision du 5 avril 2023. Par la présente requête, Mme A demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. ".
3. Par une décision du Bureau d'aide juridictionnelle du 18 juillet 2023, Mme A a été admise à l'aide juridictionnelle à titre définitive. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur l'admission de Mme A au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () 4° Retirent ou abrogent une décision créatrice de droits ".
5. La décision attaquée vise les article L. 551-16 et D. 551-18 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle précise que Mme A n'a pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile en s'abstenant de fournir les documents demandés le 7 novembre 2022, lors de sa présentation au guichet unique. Elle rappelle enfin que ses besoins et sa situation personnelle ont été examinés. La décision mentionne, par suite, les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et est suffisamment motivée.
6. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'OFII n'aurait pas examiné la situation personnelle de la requérante avant de mettre fin à ses conditions matérielles d'accueil.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Il peut être mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur dans les cas suivants : () / 3° Il ne respecte pas les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes ; () / La décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. Elle est prise après que l'intéressé a été mis en mesure de présenter ses observations écrites selon des modalités définies par décret. ".
8. Mme A soutient que l'OFII n'a pas procédé à l'examen de vulnérabilité prescrit par les dispositions de l'article L. 551-16 précité du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois, le défendeur produit l'entretien de vulnérabilité conduit par les agents de l'OFII le 7 novembre 2022, sans que les autres pièces du dossier ne permettent de supposer que la situation de la requérante aurait connu des évolutions qu'elle aurait portées à la connaissance de l'administration et qui n'auraient pas été examinées. Par suite le moyen doit être écarté.
9. En quatrième lieu, il ressort des pièces du dossier que Mme A a pu faire valoir ses observations dès lors qu'il est attesté, par la production d'un accusé de réception, qu'un courrier notifiant l'intention de l'administration de procéder à la cessation du bénéfice des conditions matérielles d'accueil et mentionnant son droit de faire valoir ses observations dans un délai de quinze jours a été distribué à l'intéressée le 21 février 2023. Par suite, la décision étant intervenue le 5 avril 2023, le moyen doit être écarté.
10. En cinquième lieu, par un formulaire qui lui a été notifié en mains propres le 7 novembre 2022, Mme A a été informée de ce qu'elle devait transmettre à l'OFII dans un délai de cinq jours une déclaration sur l'honneur de la personne déclarant l'héberger, la pièce d'identité de cette personne, son titre de propriété ou son contrat de location, un justificatif de domicile et des justificatifs quant à ses liens de parenté avec la personne déclarant l'héberger. Si Mme A affirme avoir envoyé certains des justificatifs sollicités par un courrier recommandé en date du 14 novembre 2022, elle ne l'établit pas par la production d'un accusé de réception. En outre, en se prévalant d'un courrier envoyé le 14 novembre 2022, la requérante doit être regardée comme reconnaissant ne pas avoir respecté le délai de cinq jours qui lui était imparti. Enfin, Mme A ne produit pas les documents manquants à l'instance. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir que l'OFII aurait à tort estimé qu'elle n'avait pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile en ne fournissant pas les documents demandés.
11. En dernier lieu, Mme A, qui ne produit aucun élément à l'appui de ce moyen, n'établit pas que la cessation du bénéfice des conditions matérielles d'accueil aurait de graves conséquences sur sa situation. Il ressort en effet des pièces du dossier que les propos de Mme A concernant ses conditions d'hébergement sont contradictoires, dès lors que les pièces produites à l'instance tendent à indiquer qu'elle est actuellement hébergée chez une personne nommée M. B, alors qu'elle avait initialement affirmé vivre chez sa sœur. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
12. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de Mme A doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur l'admission de Mme A au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme A est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A, à Me Orhant et au directeur général l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 31 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Laloye, président,
Mme Lambert, première conseillère,
M. Théoleyre, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 novembre 2023.
Le rapporteur,
M. ThéoleyreLe président,
P. LaloyeLa greffière,
K. Bak-Piot
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2313075/6-
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2530541
Le Tribunal Administratif de Paris a examiné un recours en excès de pouvoir contre un arrêté préfectoral refusant un titre de séjour et ordonnant l'éloignement d'une ressortissante ghanéenne. La juridiction a rejeté la requête, estimant que l'administration n'avait pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en considérant que l'état de santé de la requérante ne remplissait pas les conditions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour obtenir un titre de séjour. Le tribunal a également jugé que les autres moyens, notamment ceux relatifs à la durée de séjour et à la convention européenne des droits de l'homme, n'étaient pas fondés.
13/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2419955
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de la société Cerballiance visant à annuler l'opposition de l'ARS Île-de-France au transfert d'un site de son laboratoire de biologie médicale. Le tribunal a jugé que l'ARS était compétente pour prendre cette décision et que son refus, fondé sur le risque de dépassement du seuil de 25% de l'offre d'examens dans la zone de Paris, n'était entaché d'aucune erreur manifeste d'appréciation. La décision s'appuie sur les dispositions du code de la santé publique relatives à la régulation de l'implantation des laboratoires.
13/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2432036
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de requérants demandant l'annulation du refus du ministre de la justice d'approuver leur projet de recueil légal par kafala d'une enfant marocaine. Le tribunal a jugé que la décision attaquée, prise en application de l'article 33 de la convention de La Haye du 19 octobre 1996, était régulière en droit et que le ministre avait légalement exercé son pouvoir d'appréciation pour refuser l'approbation au regard de l'intérêt supérieur de l'enfant. Les moyens tirés de l'incompétence et de la méconnaissance des conventions internationales ont été écartés.
13/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2525763
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de Mme B... A... visant à annuler son obligation de quitter le territoire français (OQTF). La juridiction a estimé que l'arrêté préfectoral était régulier, notamment quant à la compétence de sa signataire et à sa motivation, et qu'il ne méconnaissait pas les articles 3 et 8 de la Convention européenne des droits de l'homme. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, après le rejet définitif de la demande d'asile de la requérante.
13/03/2026