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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2313529

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2313529

lundi 16 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2313529
TypeDécision
PublicationC
Formation4e Section - 3e Chambre - OQTF 6 sem.
Avocat requérantDIOP

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 8 et le 14 juin 2023, M. D, représenté par Me Diop, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 7 juin 2023 par lequel le préfet de police l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné et a prononcé à son encontre une interdiction de retour pour une durée de vingt-quatre mois ;

2°) d'enjoindre au préfet de police de réexaminer sa situation ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;

- la décision lui refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;

- elle est entachée d'erreur de droit ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

- le préfet de police s'est cru en situation de compétence liée ;

- l'interdiction de retour sur le territoire français est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'erreur de droit en ce que le préfet de police ne s'est pas prononcé sur les quatre critères énumérés au code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 septembre 2023, le préfet de police, représenté par Me Rannou, conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Simonnot, président de chambre, en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, M. Simonnot a donné lecture de son rapport. :

Considérant ce qui suit :

1. M. D, ressortissant algérien, est né le 26 mai 1986. Par un arrêté du 7 juin 2023, pris sur le fondement du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet de police l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé son pays de renvoi et par un second arrêté pris le même jour, il a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de vingt-quatre mois. M. D demande l'annulation de ces décisions.

Sur les moyens communs aux différentes décisions attaquées :

2. Par un arrêté n° 2022-01166 du 3 octobre 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture de police du même jour, le préfet de police a donné délégation de signature à Mme A C, adjointe au chef de la division des reconduites à la frontière, pour signer tous actes, arrêtés et décisions dans la limite de ses attributions, dont relèvent les mesures d'éloignement et les décisions consécutives, en cas d'absence ou d'empêchement

d'autres délégataires désignés, sans qu'il ressorte des pièces du dossier que ces derniers n'aient pas été absents ou empêchés à la date de signature des décisions attaquées. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions attaquées doit être écarté.

3. Les décisions attaquées, qui visent notamment l'article L. 611-1 et l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et mentionnent que M. D détient de faux documents, ne présente pas de documents d'identité ou de voyage ni ne justifie de résidence effective et permanente, est célibataire et sans enfants à sa charge, comporte les considérations de fait et de droit sur lesquelles elles sont fondées. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de ces décisions doit être écarté.

4. Enfin, il ne ressort ni des motifs de ces décisions ni d'aucune pièce du dossier que leur auteur n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de M. D. Dès lors, le moyen tiré du défaut d'un tel examen doit lui-même être écarté.

Sur la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :

5. M. D soutient que cette décision est entachée d'erreur de droit, dès lors que le préfet de police n'aurait pas caractérisé le risque de fuite. Toutefois, comme il a été dit au point 3, la décision mentionne que le requérant ne présente pas de documents d'identité ou de voyage ni ne justifie de résidence effective et permanente. Dès lors le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.

6. Si M. D soutient, en outre que cette décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation, il n'apporte au soutien de ce moyen aucune précision permettant au tribunal d'en apprécier le bien-fondé.

Sur la décision interdisant le retour sur le territoire français :

7. M. D soutient que cette décision est entachée d'erreur de droit, dès lors que le préfet de police ne s'est pas prononcé sur les " quatre critères ", sans aucune précision. En tout état de cause, si aux termes de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L.612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ", ces dispositions ne concernent que la détermination de la durée de l'interdiction et il ne résulte pas de leurs termes que l'autorité administrative est tenue de se prononcer sur chacun des quatre critères qu'elles énumèrent.

8. Enfin, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (). ". En se bornant à soutenir que la décision en cause a porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts poursuivis par son auteur, sans apporter, encore une fois, la moindre précision au soutien de ce moyen, M. D ne met pas le tribunal en mesure d'en apprécier le bien-fondé.

9. Il résulte de tout ce qui précède, alors que tous les autres moyens ont été soulevés par le mémoire complémentaire, enregistré le 14 juin 2023, qui concerne une autre personne que celle du requérant, que la requête de ce dernier ne peut qu'être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. D est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B D et au préfet de police.

Le magistrat désigné,

J.-F. SIMONNOT

La greffière,

S. RAHMOUNI Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 octobre 2023.

La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2313529/4-3

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