lundi 10 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2313554 |
| Type | Ordonnance |
| Avocat requérant | LACHAUX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée, sous le n°2313554, le 9 juin 2023, le préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris, demande au tribunal de liquider l'astreinte prononcé par une décision n°1811429 en date du 10 septembre 2018, le tribunal a décidé qu'une astreinte était prononcée à l'encontre de l'Etat.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 juin 2023, Mme B A, rerésentée par Me Lachaux conclut au rejet de la requête. Elle soutient ne pas avoir reçu de proposition de logement.
Vu les pièces produites par le préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris, établissant le refus de relogement de Mme B A.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
Vu la décision désignant M. Simonnot pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 778-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes de Mme B A et du préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris sont dirigées contre la même décision. Il y a lieu de les joindre pour statuer par une seule ordonnance.
2. Aux termes de l'article R. 778-8 du code de justice administrative : " Lorsque le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné à cet effet constate, d'office ou sur la saisine du requérant, que l'injonction prononcée n'a pas été exécutée, il procède à la liquidation de cette astreinte en faveur du fonds prévu à l'article L. 300-2 du code de la construction et de l'habitation. / Le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné à cet effet peut statuer par ordonnance, dans les conditions prévues par le chapitre II du titre IV du livre VII du présent code, après avoir invité les parties à présenter leurs observations sur les modalités de l'exécution de l'injonction prononcée. / Il liquide l'astreinte en tenant compte de la période pendant laquelle, postérieurement à l'expiration du délai imparti par le jugement, l'injonction est demeurée inexécutée par le fait de l'administration. Il peut, eu égard aux circonstances de l'espèce, modérer le montant dû par l'Etat voire, à titre exceptionnel, déclarer qu'il n'y a pas lieu de liquider l'astreinte ".
3. Par une décision en date du 10 septembre 2018, le tribunal a prononcé une astreinte de 200 euros par mois à l'encontre de l'Etat, en application de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation, si le préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris, ne justifiait pas avoir, passé la date du 1er décembre 2018, exécuté l'injonction qui lui était faite par cette décision d'assurer le relogement de Mme B A. Le préfet soutient que le 22 septembre 2020 le bailleur social Paris Habitat a proposé à Mme B A de déposer sa candidature pour l'obtention d'un logement de type T 2, d'une surface de 35m2 pour un loyer de 388,66 euros, charges comprises, que Mme B A doit être regardé comme ayant refusée ce logement dès lors qu'elle s'est rendue injoignable et qu'elle n'a pas fournit les documents nécessaires à l'instruction de son dossier. Toutefois, il résulte de l'instruction que l'intéressée n'était classé qu'en rang n°2 et qu'elle conteste la réception du courrier l'informant d'une proposition de logement, dont le préfet n'apporte aucune preuve d'envoi ou de réception. Dans ces conditions, l'Etat ne peut invoquer l'inaboutissement de cette proposition de logement pour considérer qu'il n'est plus tenu d'attribuer un logement à Mme B A.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête du préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C B A et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Copie en sera adressée pour exécution au préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris, au directeur régional des finances publiques d'Ile-de-France et du département de Paris et au ministère public près la Cour de discipline budgétaire et financière.
Fait à Paris, le 10 juin 2024.
Le magistrat désigné,
J.-F. Simonnot
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision./4