lundi 22 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2313708 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 2e Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | TOMASI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 9 et 23 juin 2023, M. A B, représenté par Me Pierrot, demande au tribunal :
1°) d'annuler les arrêtés du 9 juin 2023 par lesquels le préfet de police de Paris l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a interdit de retourner sur le territoire français pour une durée de douze mois ;
2°) d'enjoindre au préfet de police, ou au préfet territorialement compétent, de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la date de notification du jugement à intervenir, et ce sous astreinte de 150 euros par jour de retard ; et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
La décision portant obligation de quitter le territoire français et la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de douze mois :
- sont insuffisamment motivées ;
- sont entachées d'incompétence.
La décision portant obligation de quitter le territoire français :
- n'a pas été précédée d'un examen particulier de sa situation personnelle ;
- est entachée d'un vice de procédure dès lors que son droit à être entendu a été méconnu ;
- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
La décision portant refus de délai de départ volontaire :
- est dépourvue de base légale dès lors que la décision portant obligation de quitter le territoire est illégale ;
- méconnaît les dispositions des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
La décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de douze mois :
- est dépourvue de base légale dès lors que la décision portant obligation de quitter le territoire est illégale ;
- méconnaît les dispositions des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 juin 2023, le préfet de police, représenté par Me Tomasi, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Abdat a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant tunisien né le 29 septembre 2001 à Tunis, est entré en France le 15 octobre 2016 muni d'un visa de type C. Par un arrêté du 9 juin 2023, le préfet de police l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et a fixé le pays de destination. Par un second arrêté du même jour, il lui a interdit de revenir sur le territoire français pour une durée de douze mois. M. A B demande l'annulation de ces arrêtés.
En ce qui concerne les moyens communs à la décision portant obligation de quitter le territoire français et à la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de douze mois :
2. En premier lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire français et la décision portant refus de délai de départ volontaire mentionnent les considérations de fait et de droit sur lesquelles elles sont fondées. Elles visent notamment les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ainsi que les articles L. 611-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et la convention franco-tunisienne du 17 mars 1988 modifiée, qui en constituent le fondement légal. Elles indiquent que M. A B s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour et a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français du préfet du Val-de-Marne en date du 5 novembre 2019, notifiée le 16 novembre suivant, et s'est maintenu depuis sur le territoire français. Elles précisent également qu'il existe un risque qu'il se soustraie à l'obligation de quitter le territoire dès lors qu'il a déclaré son intention de ne pas se conformer à cette mesure d'éloignement et s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement. Elles mentionnent enfin qu'il ne présente pas de garanties de représentation suffisantes et qu'il se déclare célibataire et sans enfant. Par suite, le moyen tiré d'un défaut de motivation doit être écarté.
3. En second lieu, par un arrêté n° 2023-00059 du 23 janvier 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture de Paris le même jour, le préfet de police a donné délégation à Mme G F, attachée d'administration de l'Etat, placée sous l'autorité de Mme D E, pour signer tous arrêtés et décisions dans la limite de ses attributions, en cas d'absence ou d'empêchement des autres délégataires, sans qu'il ressorte des pièces du dossier que ces derniers n'aient pas été absents ou empêchés lorsqu'elle a signé les décisions contestées. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
4. En premier lieu, il ressort de la motivation même de l'arrêté attaqué que le préfet de police s'est livré à un examen particulier de la situation personnelle de M. A B avant de prononcer une mesure d'éloignement à son encontre. Le moyen tiré du défaut d'examen de la situation personnelle de l'intéressé doit, dès lors, être écarté.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " 1. Toute personne a le droit de voir ses affaires réglées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union. / 2. Cette droite comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre () ". Aux termes du paragraphe 1 de l'article 51 de la Charte : " Les dispositions de la présente Charte s'adressent aux institutions, organes et organismes de l'Union dans le respect du principe de subsidiarité, ainsi qu'aux Etats membres uniquement lorsqu'ils mettent en œuvre le droit de l'Union () ".
6. Selon la jurisprudence de la Cour de justice de 1'Union européenne C-383/13 PPU du 10 septembre 2013, une atteinte au droit d'être entendu n'est susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle une décision faisant grief est prise que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision. Le requérant, qui se borne à soutenir que son droit d'être entendu a été méconnu, ne précise pas en quoi il disposait d'informations pertinentes tenant à sa situation personnelle qu'il a été empêché de porter à la connaissance de l'administration avant que ne soit prise la mesure d'éloignement et qui, si elles avaient pu être communiquées à temps, auraient été de nature à faire obstacle à la décision l'obligeant à quitter le territoire français. En tout état de cause, il ressort des pièces du dossier et notamment du procès-verbal d'audition sur la situation administrative, que M. A B a été entendu par les services de police le 9 juin 2023. Il a eu la possibilité, au cours de son audition, de faire état des observations utiles et pertinentes de nature à influer sur les décisions prises à son encontre. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le principe général du droit d'être entendu aurait été méconnu.
7. En dernier lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ".
8. Si le requérant se prévaut de l'ancienneté de son séjour en France et de l'intensité de ses relations sur le territoire français, il ressort des pièces du dossier qu'il se maintient en situation irrégulière sur le territoire depuis le 8 avril 2017, ainsi que ses parents, tous deux en situation irrégulière. S'il se prévaut de la présence en France de son frère, il ressort des pièces du dossier que le visa de long séjour de ce dernier expirait le 24 août 2023, sans que le requérant n'apporte d'informations relatives à la délivrance d'un éventuel titre de séjour. Enfin, il ressort des pièces du dossier que son insertion professionnelle est récente et qu'il est célibataire et sans enfant. Dans ces conditions, le préfet de police n'a pas porté au droit au respect de la vie privée et familiale de l'intéressé une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels l'obligation de quitter le territoire français a été prise et n'a pas davantage commis d'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation personnelle du requérant.
En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire :
9. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que la décision portant refus de délai de départ volontaire n'a pas été prise sur le fondement d'une décision portant obligation de quitter le territoire français illégale. Le moyen tiré d'une telle exception d'illégalité ne peut, dès lors, qu'être écarté.
10. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants :/ () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". En outre, aux termes des dispositions de l'article 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / () 3° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après l'expiration de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour, sans en avoir demandé le renouvellement ; 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement () "
11. Il ressort des pièces du dossier que le requérant, qui dispose d'un passeport tunisien en cours de validité, se maintient en situation irrégulière sur le territoire national depuis le 8 avril 2017, soit plus d'un mois après l'expiration de son visa de court séjour, s'est soustrait à l'exécution d'une obligation de quitter le territoire français du préfet du Val-de-Marne en date du 5 novembre 2019 et a déclaré lors de son audition administrative son intention de se soustraire à l'exécution d'une éventuelle mesure d'éloignement. Dans ces conditions, en refusant de lui accorder un délai de départ volontaire, le préfet n'a pas commis d'erreur de droit au regard des dispositions précitées ni entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.
12. En dernier lieu, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales n'est pas opérant au soutien des conclusions dirigées contre la décision portant refus d'un délai de départ volontaire.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
13. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que la décision portant interdiction de retour sur le territoire français n'a pas été prise sur le fondement d'une décision portant obligation de quitter le territoire français illégale. Le moyen tiré d'une telle exception d'illégalité ne peut, dès lors, qu'être écarté.
14. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. " Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ". Enfin, termes de l'article L. 613-2 du même code : " Les décisions relatives au refus et à la fin du délai de départ volontaire prévues aux articles L. 612-2 et L. 612-5 et les décisions d'interdiction de retour et de prolongation d'interdiction de retour prévues aux articles L. 612-6, L. 612-7, L. 612-8 et L. 612-11 sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées. "
15. Il ressort de ces dispositions que l'autorité compétente, en l'absence de circonstance humanitaire, doit, pour fixer la durée de l'interdiction de retour qu'elle entend prononcer à l'encontre de l'étranger soumis à l'obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, des quatre critères qu'elles énumèrent, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l'un ou plusieurs d'entre eux. La décision d'interdiction de retour doit, d'une part, comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse à sa seule lecture en connaître les motifs et, d'autre part, attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi. Il incombe ainsi à l'autorité compétente qui prend une décision d'interdiction de retour d'indiquer dans quel cas susceptible de justifier une telle mesure se trouve l'étranger et de faire état des éléments de la situation de l'intéressé au vu desquels elle a arrêté, dans sa durée, sa décision, eu égard notamment à la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, à la nature et à l'ancienneté de ses liens avec la France et, le cas échéant, aux précédentes mesures d'éloignement dont il a fait l'objet. En revanche, si, après prise en compte de ce critère, elle ne retient pas cette circonstance au nombre des motifs de sa décision, elle n'est pas tenue, à peine d'irrégularité, de le préciser expressément.
16. Il ressort des termes mêmes de la décision litigieuse, qui vise l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et énumère les différents critères prévus à l'article L. 612-10, que le préfet de police a examiné la situation personnelle du requérant au regard de l'ensemble desdits critères. Il a indiqué que M. A B est arrivé en France en 2016, s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement et ne dispose pas de lien suffisamment anciens et forts avec la France, éléments sur lesquels le préfet s'est fondé pour fixer à douze mois l'interdiction de retour sur le territoire français qui a été opposée à M. A B. Par suite, les moyens tirés d'un défaut de motivation et de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent être écartés.
17. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 8, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur d'appréciation doivent être écartés.
18. Il résulte de tout ce qui précède que M. A B n'est pas fondé à demander l'annulation des arrêtés du préfet de police du 9 juin 2023. Par voie de conséquence, ses conclusions présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A B et au préfet de police.
Délibéré après l'audience du 8 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
M. Sorin, président,
M. Errera, premier conseiller,
Mme Abdat, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 janvier 2024.
La rapporteure,
G. ABDATLe président,
J. SORINLa greffière,
B. CHAHINE
La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2313708/2-
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2512599
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A... visant à annuler un arrêté préfectoral du 14 janvier 2025 l'obligeant à quitter le territoire français. Le tribunal a jugé que le droit d'être entendu, garanti par la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, n'imposait pas une nouvelle audition dans ce cas, la décision d'éloignement découlant nécessairement du rejet définitif de sa demande d'asile par la Cour nationale du droit d'asile. La juridiction a appliqué les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment l'article L. 611-1.
30/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2400857
Le Tribunal Administratif de Paris rejette la requête d'un agent du SIAAP demandant la révision de son taux d'incapacité permanente partielle (IPP) et l'indemnisation de préjudices. Le tribunal juge que le taux d'IPP, fixé à 34% selon le barème légal, ne peut être modifié en raison de l'existence éventuelle d'une faute de l'employeur. Concernant l'indemnisation, le tribunal rappelle que le régime des accidents de service et maladies professionnelles des fonctionnaires, régi par la loi du 13 juillet 1983 et le décret du 2 mai 2005, répare forfaitairement certains préjudices, mais n'exclut pas une action en responsabilité pour faute visant à réparer d'autres chefs de préjudice.
30/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2401146
Le Tribunal administratif de Paris a annulé une sanction disciplinaire (un jour d'exclusion temporaire de fonction) infligée par l'AP-HP à un infirmier. La juridiction a estimé que la sanction, fondée sur une simple "suspicion d'inhalation de kalinox", ne reposait pas sur des faits établis, ce qui constitue une erreur de droit. Le tribunal a enjoint à l'administration d'effacer la sanction du dossier de l'agent et l'a condamnée à lui verser 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
30/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2401760
**Sujet principal** : Contestation par une société de rappels de TVA et d'une majoration, concernant le taux applicable (taux réduit de 5,5% pour la vente de livres ou taux normal de 20% pour des prestations de voyance). **Juridiction** : Tribunal Administratif de Paris (formation de jugement). **Solution retenue** : Le tribunal rejette la requête de la société. Il estime que l'activité principale constitue une prestation immatérielle de voyance taxable au taux normal et que, de toute façon, la société n'a pas apporté la preuve permettant d'isoler la part éventuelle de son chiffre d'affaires relevant de la vente de livres. **Textes appliqués** : Articles 278 et 278-0 bis A-3° du code général des impôts (taux normal et taux réduit de TVA).
30/03/2026