vendredi 6 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2314098 |
| Type | Décision |
| Publication | D |
| Formation | 5e Section - 1re Chambre |
| Avocat requérant | SINGH |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 juin 2023, M. C D, représenté par Me Singh, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du préfet de police du 12 mai 2023 portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, fixant le pays de renvoi et portant interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de vingt-quatre mois ;
2°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " ou portant la mention " salarié ", dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ou à défaut, de procéder au réexamen de sa demande de titre de séjour et de lui accorder durant cet examen une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
3°) d'enjoindre au préfet de police de mettre fin, dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, à son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'Etat versée au titre de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- la décision portant refus de titre de séjour est entachée d'un vice d'incompétence ;
- elle est dépourvue de motivation ; elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ; le préfet n'a pas examiné sa demande au regard des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors qu'il a introduit à titre principal une demande de titre de séjour sur le fondement de ces articles ainsi qu'il résulte de la note sociale jointe à sa demande introduite sur la plateforme " Démarches simplifiées ";
- elle méconnaît les dispositions des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur sa situation personnelle et familiale ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français et celle fixant le délai de départ volontaire à trente jours sont dépourvues de base légale en conséquence de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'un vice d'incompétence ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur sa situation personnelle et familiale ;
- la décision fixant le pays de renvoi est dépourvue de base légale en conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français sur laquelle elle se fonde ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français porte une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale compte tenu notamment de ses liens personnels sur le territoire français, de leur intensité et de leur stabilité.
Par un mémoire en défense enregistré le 25 juillet 2023, le préfet de police conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 20 juin 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 1er août 2023.
M. D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 20 juin 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Kanté, première conseillère,
- et les observations de Me Singh représentant M. D.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, ressortissant égyptien né le 15 août 2002, est entré sur le territoire français à l'âge de dix-sept ans, selon ses déclarations. Il a sollicité, le 17 novembre 2022, sur la plateforme des " démarches simplifiées " de la préfecture de police son admission au séjour au titre de la vie privée et familiale en tant que jeune majeur isolé confié à l'aide sociale à l'enfance ainsi qu'à titre subsidiaire, dans le cadre d'une demande d'admission au séjour en qualité d'étudiant. Par un arrêté du 12 mai 2023, le préfet de police a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de destination et lui a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de vingt-quatre mois. M. D demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions de la requête :
2. Par un arrêté n° 2023-00059 du 23 janvier 2023 régulièrement publié au recueil spécial des actes administratifs de la préfecture de police n° 75-2023-056 du 23 janvier 2023, le préfet de police a donné à M. A B adjoint à la cheffe de la division de la rédaction et des examens spécialisés, délégation à l'effet de signer les décisions dans la limite de ses attributions, dont relève la police des étrangers, en cas d'absence ou d'empêchement d'autorités dont il ne ressort pas des pièces du dossier qu'elles n'ont pas été absentes ou empêchées lors de la signature de l'acte attaqué. Par suite, le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué aurait été signé par une autorité incompétente doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
3. En premier lieu, la décision attaquée mentionne les articles L. 435-3 et L. 422-1 à L. 422-3 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dont le préfet de police a fait application pour refuser la délivrance d'un titre de séjour à M. D. Il indique également, avec suffisamment de précisions, les circonstances de fait sur lesquelles ce dernier s'est fondé pour rejeter la demande de l'intéressé. Il précise ainsi que M. D, qui n'a déposé sa demande d'admission que tardivement à l'âge de vingt ans et trois mois, au-delà du délai exigé d'un dépôt de demande au plus tard l'année qui suit le 18ème anniversaire, s'il a été confié à l'aide sociale à l'enfance entre seize et dix-huit ans par ordonnance de la Cour d'appel de Paris du 7 août 2020, ne justifie pas suivre depuis au moins six mois à la date de sa demande, une formation destinée à lui apporter une qualification professionnelle, qu'il ne justifie pas avoir suivi des études de manière assidue et sérieuse durant les trois trimestres et qu'en conséquence, les éléments qu'il fait valoir ne peuvent être regardés comme des motifs exceptionnels de nature à justifier son admission exceptionnelle au séjour en qualité d'étudiant. Ainsi, à sa seule lecture, cet arrêté permet à M. D de comprendre les motifs du refus de titre de séjour qui lui est opposé. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
4. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que le préfet de police a procédé à un examen particulier de la situation personnelle de M. D avant de refuser de lui accorder un titre de séjour, la circonstance que l'arrêté ne mentionne pas certains faits n'étant pas, en l'espèce, de nature à établir un défaut d'examen, le requérant n'établissant d'ailleurs pas, par les pièces qu'il produit, avoir formulé sa demande d'examen sur le fondement des dispositions des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (). / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
6. Il ressort des pièces du dossier que M. D est arrivé à l'âge de dix-sept ans en France. Pris en charge par le service de l'aide sociale à l'enfance, du 15 août 2020 au 9 mars 2021 à la suite d'une ordonnance de placement provisoire prise par la Cour d'appel de Paris, il a bénéficié d'un contrat de jeune majeur depuis le 10 mars 2021 et ce jusqu'au 15 août 2023, renouvelable jusqu'à la veille de ses vingt-et-un ans. Par ailleurs, il a intégré une structure d'accueil dotée d'une équipe socio-éducative, " L'Agenda " de l'association Groupe SOS jeunesse en avril 2021. Ce n'est qu'à la rentrée du mois de septembre 2021, après des cours de remise à niveau en langue française, qu'il a intégré le centre éducatif et de formation professionnelle d'Alembert situé à Montévrain, dans le département de Seine-et-Marne, à deux heures de trajet de son hébergement situé dans le 19ème arrondissement de Paris pour y suivre une formation professionnelle de cariste. S'il a multiplié les stages en entreprise afin de compléter sa formation et de diversifier ses possibilités d'embauche et disposait d'une promesse d'embauche de l'association qui souhaitait l'employer à compter du 6 août 2023 en qualité d'apprenti mécanicien, il est constant qu'il ne justifie avoir déposé sa demande de titre de séjour " jeunes majeurs pris en charge par l'ASE " sur le fondement de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile auprès du préfet de police, que tardivement le 17 novembre 2022, soit au-delà de l'année suivant son dix-huitième anniversaire, de sorte qu'il ne pouvait se prévaloir de l'application de ces dispositions. Présent en France depuis quatre ans à la date de la décision attaquée, célibataire et sans charge de famille, il ne se prévaut d'aucun lien d'une particulière intensité en France alors qu'il n'établit pas être dépourvu d'attaches familiales en Egypte où, en tout état de cause, il a vécu au moins jusqu'à l'âge de seize ans. Il a par ailleurs fait l'objet, le 5 août 2021, d'une précédente mesure d'éloignement à laquelle il s'est soustrait. Par suite, eu égard à ses conditions d'entrée et de séjour en France, et malgré ses démarches entreprises en vue de son insertion professionnelle et le sérieux de sa motivation, le préfet de police n'a pas, en refusant de l'admettre au séjour et en l'obligeant à quitter le territoire français, porté une atteinte disproportionnée à son droit à une vie privée et familiale, quand bien même le requérant a vécu le début de sa vie d'adulte en France. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Pour les mêmes motifs, le préfet de police n'a pas entaché sa décision d'erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur sa situation personnelle et familiale.
7. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ". Et aux termes de l'article L. 435-1 du même code : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 ".
8. M. D qui, ainsi qu'il est dit au point 4, ne justifie pas avoir formé sa demande d'admission au séjour sur le fondement des dispositions précitées ne peut en invoquer le bénéfice. Aussi, le préfet de police, qui a également examiné la situation du requérant au regard des dispositions des articles L. 422-1 à L. 422-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il avait été saisi, n'avait pas à examiner sa situation au regard des dispositions précitées, en l'absence de toute demande en ce sens. En tout état de cause, la situation de M. D ne relevait pas de considérations humanitaires ou de motifs exceptionnels au sens et pour l'application de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et, pour les mêmes motifs que ceux précisés au point 6 ne méconnaissait pas les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français et la décision fixant le délai de départ volontaire :
9. D'une part, compte tenu de ce qui a été dit aux points 2 à 8, et le requérant ne présentant aucun autre moyen à ce titre, le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité du refus de titre de séjour doit être écarté.
10. D'autre part, compte tenu de ce qui a été dit au point 9, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de police aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision portant obligation de quitter le territoire français sur la situation personnelle de M. D, lequel n'apporte aucun élément de nature à établir que cette décision serait entachée d'une telle erreur.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
11. En premier lieu, eu égard à ce qui précède aux points 9 et 10, le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
12. En second lieu, aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 " et aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
13. M. D qui ne démontre pas être isolé en cas de retour dans son pays d'origine, pays où il a vécu jusqu'à l'âge de seize ans, n'apporte aucun élément de nature à établir qu'il serait exposé à des risques de la nature de ceux prévus par les dispositions susvisées de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans le cas où il retournerait dans son pays d'origine. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations et dispositions précitées et de l'erreur manifeste d'appréciation dans l'application de celles-ci doivent être écartés.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
14. Aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 de ce code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ().".
15. M. D soutient que jeune majeur, il continue d'être pris en charge par l'aide sociale à l'enfance dans le cadre d'un contrat jeune majeur, que ses conditions d'existence sont parfaitement stables et qu'il justifie d'une excellente insertion professionnelle, d'autant qu'il n'a plus aucun lien avec sa famille dans son pays d'origine. Toutefois, ainsi qu'il a été dit précédemment, il ressort des pièces du dossier que, majeur à la date de la décision attaquée, n'ayant formé sa demande d'admission au séjour sur le fondement de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que tardivement à l'âge de vingt ans, au-delà du délai exigé par ces dispositions, M. D, entré en France en juillet 2020, est célibataire et sans charge de famille et ne justifie pas de l'ancienneté et de l'intensité de liens créés en France. Il ressort en outre des pièces du dossier qu'il s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement et que rien ne fait obstacle à son retour en Egypte où il ne démontre pas être dépourvu d'attaches familiales ou vers tout autre pays dans lequel il établit être légalement admissible. Par ailleurs, il n'apporte aucun élément de nature à établir l'existence de circonstances humanitaires pouvant justifier que le préfet de police n'édicte pas d'interdiction de retour. Par suite, le préfet de police a pu légalement, sans entacher sa décision d'erreur manifeste d'appréciation, décider de prendre à son encontre l'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de vingt-quatre mois.
16. Il résulte de tout ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du préfet de police du 12 mai 2023. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte doivent être rejetées ainsi que celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, dès lors que l'Etat n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D, au préfet de police et à Me Singh.
Délibéré après l'audience du 21 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Riou, présidente,
Mme Kanté, première conseillère,
Mme Lamarche, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 octobre 2023.
La rapporteure,
C. KantéLa présidente,
C. Riou
La greffière,
V. Lagrède
La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Le Tribunal Administratif de Paris a examiné un recours pour excès de pouvoir visant l'annulation d'un arrêté ministériel portant tableau d'avancement à l'échelon spécial du grade de pharmacien général de santé publique. Le tribunal a annulé l'arrêté du 18 septembre 2023, considérant que l'administration avait méconnu les conditions posées par l'article 15 du décret n° 92-1432 du 30 décembre 1992, en y inscrivant des agents ne remplissant pas les critères statutaires requis pour cet avancement. Par voie de conséquence, les décisions individuelles de nomination prises sur le fondement de ce tableau sont également illégales.
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