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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2315089

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2315089

lundi 18 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2315089
TypeDécision
Avocat requérantALLALI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 26 juin 2023, Sorbonne Université, représentée par le cabinet Cabanes avocats, demande au tribunal sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, de prescrire une expertise en présence de M. A, architecte mandataire du groupement de maîtrise d'œuvre, M. F architecte, co-traitant du groupement de maîtrise d'œuvre, le cabinet MTC, co-traitant du groupement de maîtrise d'œuvre, la société Acoustique Vivie et associés, co-traitant du groupement de maîtrise d'œuvre, l'Institut océanographique centre de la mer et des eaux, propriétaire de la parcelle 39, M. C, propriétaire de la parcelle 15, le SDC du 33, rue Gay Lussac propriétaire de la parcelle 14, le SDC du 35, rue Gay Lussac, propriétaire de la parcelle 13, dans le cadre des travaux de réhabilitation et d'extension du bâtiment situé 31, rue Gay Lussac, à Paris 75005.

Elle soutient qu'un état des lieux de l'immeuble bâti à réhabiliter ainsi que des immeubles bâtis à proximité immédiate est utile afin d'apprécier d'éventuels dommages causés aux ouvrages, d'en déterminer l'étendue et d'en circonscrire les conséquences.

Par un mémoire, enregistré le 6 juillet 2023 le syndicat des copropriétaires du 35, rue Gay Lussac, représenté par son syndic la société Sully gestion, ayant pour avocat Me Allali, informe le juge des référés de ses protestations et réserves d'usage quant à la demande de désignation d'un expert judiciaire.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif de Paris a désigné Mme Dhiver, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. / Il peut, notamment charger un expert de procéder, lors de l'exécution de travaux publics, à toutes constatations relatives à l'état des immeubles susceptibles d'être affectés par des dommages ainsi qu'aux causes et à l'étendue des dommages qui surviendraient effectivement pendant la durée de sa mission "

2. Sorbonne Université, université pluridisciplinaire de recherche, créée le 1er janvier 2018 par regroupement des Universités Paris IV et Paris VI, organisée en trois facultés de lettres, de sciences et ingénierie, et de médecine, fait valoir qu'elle va débuter un chantier de de réhabilitation et d'extension du bâtiment situé 31, rue Gay Lussac, à Paris 75005, qui accueille l'institut d'études hispaniques et a pour vocation l'étude et l'enseignement des langues, littératures et civilisations des mondes ibériques et ibéro-américains, du Moyen Age au XXe siècle. Elle soutient qu'un état des lieux de l'immeuble à réhabiliter ainsi que des immeubles bâtis à proximité immédiate est utile afin d'apprécier d'éventuels dommages qui pourraient être causés aux ouvrages lors des travaux, et sollicite la désignation d'un expert chargé de constater l'état des immeubles voisins avant le démarrage du chantier, et de suivre leur évolution jusqu'à l'issue du chantier.

3. La demande d'expertise présentée par Sorbonne Université entre dans le champ des dispositions précitées. La mesure sollicitée est utile. Il y a dès lors lieu d'y faire droit et de désigner un expert dans le cadre de l'article R. 532-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il sera procédé par M. G (architecte DPLG) exerçant 23 avenue des Chênes à Morsang-sur-Orge (91390) en présence de Sorbonne Université, M. A, M. F, le cabinet MTC, la société Acoustique Vivie et associés, l'institut océanographique centre de la mer et des eaux, M. C, le SDC du 33, rue Gay Lussac, le SDC du 35, rue Gay Lussac, à une expertise en vue de :

1°) se rendre sur les lieux 31, rue Gay Lussac, à Paris 75005 et visiter l'immeuble objet des travaux ainsi que les immeubles riverains, pour en dresser un état descriptif et qualitatif ;

2°) se faire communiquer tous documents et pièces qu'il estimera utiles à l'accomplissement de sa mission et entendre tout sachant,

3°) constater l'état actuel de l'immeuble ainsi que des immeubles situés à proximité et dire s'ils présentent des désordres déjà existants, notamment inhérents à la structure, le mode de construction, l'état de vétusté ou encore consécutifs à la nature du sous-sol sur lequel ils reposent, aux ouvrages et infrastructures existants ou à leur mode d'exploitation, et dresser un compte-rendu des constatations à l'issue de sa première visite ;

4°) constater, s'il y a lieu au cours des travaux effectués et en tout état de cause au terme desdits travaux, si ces ouvrages ont été affectés de dommages et, dans l'affirmative, de déterminer leur étendue et leurs causes ;

5°) au cas où l'état de ces immeubles et ouvrages nécessiterait des mesures de sauvegarde ou des travaux particuliers de nature à éviter toute aggravation de cet état, d'en indiquer la consistance, le coût et la durée probable de réalisation ; de préciser le cas échéant si la réalisation de certaines de ces mesures de sauvegarde ou de certains de ces travaux présente un caractère d'urgence et, dans l'affirmative, de dire si une dégradation ou une aggravation de l'état présenté actuellement par ces immeubles et ouvrages, ou un élément de ceux-ci, est susceptible de créer un danger ;

6°) imputer, le cas échéant, les responsabilités techniques à l'origine d'un désordre et indiquer la nature et le coût éventuel des travaux permettant d'y remédier ;

7°) fournir, de façon générale, tous les éléments techniques ou de fait permettant à la juridiction qui serait éventuellement saisie de déterminer, le cas échéant, les responsabilités encourues et les préjudices subis.

Article 2 : L'expert remplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-1 à R. 621-14 du code de justice administrative jusqu'à l'achèvement des travaux. Pour l'accomplissement de cette mission, il se fera communiquer tous documents relatifs à la conception et à la réalisation des travaux.

Article 3 : L'expert déposera son rapport au greffe du tribunal en 2 exemplaires dans les deux mois suivant ses dernières constatations. Il demeurera saisi jusqu'à l'achèvement des travaux. Il notifiera les copies de son rapport aux parties intéressées telles que précisées à l'article 5 de la présente ordonnance, le cas échéant, avec leur accord, sous forme électronique.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Sorbonne Université, à M. E A, à M. B F, au cabinet MTC, à la société Acoustique Vivie et associés, à l'institut océanographique centre de la mer et des eaux, à M. D C, au SDC du 33, rue Gay Lussac, au SDC du 35, rue Gay Lussac et à M. G, expert.

Fait à Paris, le 18 décembre 2023

La juge des référés,

M. Dhiver

La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2315089/11-5

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