vendredi 6 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2315193 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 6e Section - 1re Chambre |
| Avocat requérant | BRITZ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 28 juin 2023, le 26 juillet 2024, le 25 septembre 2024 et le 3 octobre 2024, Mme H F, veuve A, M. J A, Mme C L A et M. E M A, représentés par Me Britz, doivent être regardés comme demandant au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) de condamner, à titre principal, l'Assistance publique - hôpitaux de Paris (AP-HP) et, à titre subsidiaire, l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM) à leur verser la somme de 10 150 euros, à verser à Mme F la somme de 1 164 098,28 euros, à verser à M. D A la somme de 60 888,80 euros, à verser à Mme C A la somme de 62 703,60 euros et à verser à M. E A la somme de 72 685 euros en réparation des préjudices qu'ils estiment avoir subis en lien avec le décès de M. K A ;
2°) de condamner l'AP-HP à leur verser la somme de 10 000 euros en réparation du préjudice qu'ils estiment avoir subi en lien avec le refus de communication du dossier médical de M. K A ;
3°) de condamner la partie perdante aux entiers dépens de l'instance ;
4°) de mettre à la charge de la partie perdante la somme de 10 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l'AP-HP a commis des fautes de nature à engager sa responsabilité eu égard notamment au choix de recours à une biopsie et aux conditions de mise en œuvre de celle-ci ; à titre subsidiaire, les conditions de mise en œuvre de la solidarité nationale sont remplies ;
- ils sont fondés, en qualité d'ayants droit de la victime, à obtenir les sommes de 150 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire et de 10 000 euros au titre des souffrances endurées ; Mme F est fondée, au titre de ses préjudices propres, à obtenir la somme de 12 316,88 euros au titre des frais d'obsèques, de 20 700 euros au titre des frais divers, de 50 000 euros au titre du préjudice d'affection, de 1 081 081,40 euros au titre du préjudice économique ; M. D A est fondé, au titre de ses préjudices propres, à obtenir la somme de 50 000 euros au titre du préjudice d'affection et 10 888,80 euros au titre du préjudice économique ; Mme C A est fondée, au titre de ses préjudices propres, à obtenir la somme de 50 000 euros au titre du préjudice d'affection et 12 703,60 euros au titre du préjudice économique ; M. E A est fondé, au titre de ses préjudices propres, à obtenir la somme de 50 000 euros au titre du préjudice d'affection et 22 685 euros au titre du préjudice économique.
Par deux mémoires en défense, enregistré le 25 juin 2024 et le 4 octobre 2024, l'Assistance publique - hôpitaux de Paris (AP-HP) conclut, à titre principal, au rejet de la requête et des conclusions présentées par la CPAM de Paris, à titre subsidiaire, à ce qu'une nouvelle expertise soit ordonnée et, à titre infiniment subsidiaire, à ce que les conclusions de Mme F et autres soient ramenées à de plus justes proportions.
Elle fait valoir que :
- elle n'a pas commis de faute de nature à engager sa responsabilité ;
- elle s'en remet à la sagesse du tribunal quant aux frais d'obsèques et aux frais divers ; le préjudice économique allégué n'est pas établi ; le déficit fonctionnel temporaire de la victime pourra être réparé par le versement d'une somme de 100 euros, les souffrances endurées par celui d'une somme de 3 600 euros, le préjudice d'affection par celui de sommes de 25 000 euros pour la veuve de la victime et 15 000 euros chacun pour ses enfants.
Par un mémoire, enregistré le 11 juin 2024, la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de Paris, représentée par la SELARL Kato et Lefebvre Associés, demande au tribunal :
1°) de condamner l'AP-HP à lui verser la somme de 7 884,55 euros en remboursement des prestations qu'elle a versées en lien avec le dommage subi par la victime, assortie des intérêts au taux légal à compter du 11 juin 2024 ;
2°) de condamner l'AP-HP à lui verser l'indemnité forfaitaire de gestion prévue par le code de la sécurité sociale ;
3°) de mettre à la charge de l'AP-HP la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient qu'elle est fondée à demander le remboursement par l'AP-HP de la somme de 7 884,55 euros qu'elle a exposée au titre des dépenses de santé actuelles de la victime.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 septembre 2024, l'ONIAM, représentée par la SCP Saidji et Moreau, conclut à sa mise hors de cause et au rejet des conclusions des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les conditions de mise en œuvre de la solidarité nationale ne sont pas remplies.
La clôture de l'instruction est intervenue le 10 octobre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de la santé publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Rezard, rapporteur,
- les conclusions de Mme Pestka, rapporteure publique,
- les observations de Me Britz, représentant Mme F et autres,
- et les observations de Mme I et du docteur B, représentant l'AP-HP.
Considérant ce qui suit :
1. M. K A, qui était affecté de l'hépatite B, a été pris en charge à l'hôpital européen Georges Pompidou, établissement relevant de l'Assistance publique - hôpitaux de Paris (AP-HP), où il a fait l'objet d'une ponction biopsie hépatique le vendredi 27 février 2004 à 16 heures durant laquelle il a effectué une crise convulsive puis est tombé dans le coma. Il y est resté jusqu'à son décès, survenu le 2 mars 2004. Mme F, son épouse, et leurs enfants, D A, C A et E A, ont saisi le juge des référés du tribunal, qui a confié le 11 mars 2004 la réalisation d'une première expertise aux docteurs de Brier et Vorhaueur, qui ont remis leur rapport le 25 février 2005. Les intéressés ont saisi de nouveau le juge des référés qui a confié le 19 juin 2014 la réalisation d'une seconde expertise au docteur G, spécialiste de gastro-entérologie et médecine interne, qui a remis son rapport le 24 octobre 2014. Par un courrier du 27 avril 2023, les intéressés ont adressé une demande à l'AP-HP tendant à l'indemnisation des préjudices subis par leur époux et père et de leurs préjudices propres, sans obtenir de réponse.
2. Mme F et autres demandent la condamnation de l'AP-HP et, à défaut, l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM) à leur verser la somme de 10 150 euros en qualité d'ayants droit et à verser à Mme F la somme de 1 164 098,28 euros, à M. D A la somme de 60 888,80 euros, à Mme C A la somme de 62 703,60 euros et à M. E A la somme de 72 685 euros, au titre de leurs préjudices propres, en lien avec l'accident médical survenu le 27 février 2004. Mme F et autres demandent en outre la condamnation de l'AP-HP à leur verser la somme de 10 000 euros en lien avec le défaut de communication du dossier médical du patient. La caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de Paris demande enfin la condamnation de l'AP-HP à lui verser la somme de 7 884,55 euros en remboursement des prestations versées en lien avec le dommage subi par le patient.
Sur la recevabilité :
3. Aux termes du second alinéa de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle ". Ces dispositions n'impliquent pas que la condition de recevabilité de la requête tenant à l'existence d'une décision de l'administration s'apprécie à la date de son introduction. Cette condition doit être regardée comme remplie si, à la date à laquelle le juge statue, l'administration a pris une décision, expresse ou implicite, sur une demande formée devant elle. Par suite, l'intervention d'une telle décision en cours d'instance régularise la requête, sans qu'il soit nécessaire que le requérant confirme ses conclusions et alors même que l'administration aurait auparavant opposé une fin de non-recevoir fondée sur l'absence de décision.
4. Il résulte de l'instruction que, en dépit d'une demande de régularisation en ce sens, Mme F et autres n'ont pas justifié avoir adressé une demande indemnitaire à l'AP-HP en lien avec le défaut de communication du dossier médical de M. K A. Dans ces conditions, les conclusions indemnitaires qu'ils ont présentées au titre du dommage résultant de cette absence de communication sont irrecevables et ne peuvent par conséquent qu'être rejetées.
Sur la responsabilité :
5. En vertu du premier alinéa du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique, les établissements de santé " dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute ".
6. Il résulte des rapports d'expertise que le dommage subi par la victime à l'occasion de la ponction biopsie hépatique pratiquée le 27 février 2004, qui résulte de l'introduction d'air dans les poumons du patient, a été causé par une " réorientation trop oblique vers le haut lors de la deuxième manœuvre " de l'interne qui la pratiquait, le trajet de l'aiguille qu'elle manipulait ayant été " anormalement ascendant " du fait d'une " erreur de localisation " de cette dernière, ce qui a conduit à toucher un organe qui n'était pas concerné par le geste qu'elle devait réaliser. Le second rapport d'expertise indique pourtant que lors d'une ponction biopsie effectué, comme c'était le cas, sans repérage échographique simultané, l'opérateur a en principe " la perception de la bonne localisation de son aiguille ", à la fois grâce aux repères anatomiques habituels mais aussi " par la percussion de la matière hépatique et également par le contact lors de l'inspiration avec le foie dont la surface est palpée par l'aiguille ", ce qui est de nature à le prémunir contre une telle erreur. Si l'AP-HP se prévaut d'un dire rédigé par l'une de ses hépatologues selon lequel une " hypothèse " susceptible d'expliquer la survenue du dommage tiendrait à un " mouvement respiratoire non contrôlé du patient au moment de la ponction ", elle n'apporte aucun élément de nature à conforter cette hypothèse et à contredire en conséquence sérieusement les affirmations des experts. Dans ces conditions, en n'identifiant pas que l'aiguille maniée ne suivait pas la bonne trajectoire lors de la seconde tentative de réalisation du geste de ponction biopsie, l'opératrice a commis une erreur constitutive d'une faute de nature à engager la responsabilité de l'AP-HP. La circonstance que les conséquences dommageables d'une telle faute présentaient un caractère exceptionnel et pouvaient de ce fait difficilement être anticipées n'est, à la supposer avérée, pas de nature à exclure cette qualification fautive.
7. Il résulte de ce qui précède que Mme F et autres sont fondés à demander la condamnation de l'AP-HP à les indemniser intégralement des préjudices de la victime et de leurs préjudices propres, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres fautes qu'ils ont invoquées. Il y a également lieu, en conséquence, de mettre l'ONIAM hors de cause.
Sur l'évaluation des préjudices :
8. Il résulte de l'instruction que l'état de santé de la victime, née le 1er janvier 1965, n'a pas été consolidé avant son décès, le 2 mars 2004, à l'âge de trente-neuf ans.
En ce qui concerne la victime principale :
S'agissant des dépenses de santé :
9. Il résulte de l'instruction que la CPAM de Paris a exposé des dépenses de santé pour le compte de la victime en lien avec la crise convulsive puis le coma de la victime, à hauteur de 7 884,55 euros. Elle est fondée à demander la condamnation de l'AP-HP à les lui rembourser.
S'agissant du déficit fonctionnel temporaire :
10. Il résulte de l'instruction que la victime est demeurée hospitalisée de la date de survenue du dommage, le 27 février 2004, à la date de son décès, le 2 mars 2004, alors qu'elle aurait dû sortir dès le 28 février 2004 après une nuit en observation si l'examen s'était déroulé normalement. Elle a dès lors subi un déficit fonctionnel total imputable au dommage durant les cinq jours consécutifs à cette date. En retenant une indemnité journalière de 20 euros par jour pour un déficit fonctionnel total, il sera fait une juste évaluation de ce poste de préjudice en accordant aux requérants une somme arrondie à 100 euros, qu'il convient de mettre à la charge de l'AP-HP.
S'agissant des souffrances endurées :
11. Il résulte de l'instruction que le patient a subi une crise convulsive puis s'est retrouvé placé dans le coma jusqu'à son décès. Il sera fait une juste appréciation des souffrances qu'il a endurées à ce double titre en mettant la somme de 5 000 euros à la charge de l'AP-HP.
En ce qui concerne les victimes secondaires :
S'agissant des frais d'obsèques :
12. Il résulte de l'instruction que Mme F s'est acquittée de frais d'obsèques suite au décès de son époux à hauteur d'un montant de 12 316,88 euros. Il y a lieu de condamner l'AP-HP à lui rembourser cette somme, qui est entièrement en rapport avec le litige, en totalité.
S'agissant des frais divers :
13. En premier lieu, il résulte de l'instruction que les requérants ont été assistés lors de l'expertise par un médecin conseil, dont les honoraires se sont élevés à la somme de 1 560 euros. Dès lors, il y a lieu de condamner l'AP-HP à les rembourser intégralement de cette dépense.
14. En second lieu, s'il est constant qu'après le décès de la victime, qui exerçait la profession d'artisan taxi, Mme F a exposé des frais, correspondant à une formation qu'elle a suivie en vue d'obtenir le certificat de capacité professionnelle nécessaire à l'activité de conducteur de taxi et au rachat à ses enfants la fraction de la licence dont ils avaient héritée, en vue de reprendre l'activité de son défunt mari, ces frais ne présentaient pas de lien suffisamment direct et certain avec le dommage. Par suite, la requérante n'est pas fondée à en obtenir le remboursement.
S'agissant du préjudice économique du foyer :
15. En premier lieu, il résulte de l'instruction que la victime, qui exerçait l'activité d'artisan taxi, percevait avant son décès des revenus industriels et commerciaux nets d'un montant annuel de 10 675 euros et que son épouse n'exerçait pas d'activité professionnelle. Si les requérants soutiennent que ce montant était inférieur à ses revenus réels, dans la mesure où l'intéressé n'avait alors pas encore achevé de s'acquitter du coût de sa licence de taxi, ils n'apportent aucun élément de nature à justifier de la réalité de ces allégations. Il convient dès lors de retenir cette somme comme base de calcul. La part d'autoconsommation de ces revenus qui était celle de la victime, père de trois enfants mineurs, peut être évaluée, à la date de survenue du dommage, à 15 %. Par suite, les requérants ont subi, entre la date de son décès, le 2 mars 2004, et la date à laquelle le dernier enfant du couple a atteint sa vingt-cinquième année et peut ainsi être considérée comme n'étant plus à la charge de ses parents, un préjudice économique d'un montant annuel de 9 073,75 euros. Celui-ci peut être réparti, durant cette première période, à hauteur de 55 % pour Mme F et de 15 % chacun pour ses trois enfants. Il suit de là que Mme F a droit à une première indemnité d'un montant de 71 694,38 euros, égal au produit entre une fraction de 55 % de ce montant annuel et un coefficient de 14,366, correspondant à la capitalisation d'une rente servie à une femme de trente-six ans jusqu'à ses cinquante-cinq ans dans le barème publié à la Gazette du Palais de 2004. M. D A, Mme C A et M. E A ont droit pour leur part aux sommes de 13 776,65 euros, 15 633,14 euros et 19 721,76 euros, égales au produit entre 15 % du montant annuel et les coefficients de 10,122 pour le premier, 11,486 pour la deuxième et 14,49 pour le troisième, correspondant à la capitalisation d'une rente servie à un garçon de treize ans, une fille de onze ans et un garçon de six ans jusqu'à leurs vingt-cinq ans conformément à ce barème de 2004.
16. En second lieu, à compter de 2023, année au cours de laquelle le dernier des enfants a atteint sa vingt-cinquième année, la part d'autoconsommation de la victime aurait été accrue à 30 %. Sa rémunération aurait été accrue en proportion de l'élévation générale des salaires entre 2004 et 2023 et se serait élevée en moyenne, par référence à son revenu pour 2002 corrigé par l'inflation cumulée sur cette période, à compter de 2023 à 15 167 euros. Dès lors, Mme F est également en droit d'obtenir une seconde indemnité correspondant au produit de 70 % de ce salaire moyen par un coefficient de 38,111, correspondant cette fois à une rente viagère servie à une femme de cinquante-cinq ans, conformément à l'hypothèse la plus favorable du barème de capitalisation publié à la Gazette du Palais de l'année 2022, soit la somme de 404 620,68 euros.
17. Il suit de là que les requérants sont fondés à obtenir, au titre du préjudice économique, les sommes de 476 315,06 euros pour Mme F, 13 776,65 euros pour M. D A, 15 633,14 euros pour Mme C A et 19 721,76 euros pour M. E A.
S'agissant du préjudice d'affection :
18. Il sera fait une juste appréciation du préjudice d'affection subi par la veuve et les trois orphelins de la victime en leur accordant chacun la somme de 30 000 euros.
19. Il résulte de tout ce qui précède que Mme F et autres sont seulement fondés à demander la condamnation de l'AP-HP à leur verser, en qualité d'ayants droit de M. K A, la somme de 5 100 euros et à verser à Mme F, à M. D A, à Mme C A et à M. E A, au titre de leurs préjudices propres, les sommes respectives de 520 191,94 euros, 43 776,65 euros, 45 633,14 euros et 49 721,76 euros. La CPAM de Paris, de son côté, est fondée à demander la condamnation de l'AP-HP à lui verser la somme de 7 884,55 euros.
Sur les intérêts :
20. La CPAM de Paris est fondée à demander à ce que l'indemnisation qui lui est accordée soit assortie des intérêts au taux légal à compter de la production, le 11 juin 2024, de son mémoire. Il y a lieu d'assortir la condamnation prononcée au point précédent de ces intérêts.
Sur les frais liés à l'instance :
En ce qui concerne l'indemnité forfaitaire de gestion :
21. Aux termes du 9e alinéa de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale : " En contrepartie des frais qu'elle engage pour obtenir le remboursement mentionné au troisième alinéa ci-dessus, la caisse d'assurance maladie à laquelle est affilié l'assuré social victime de l'accident recouvre une indemnité forfaitaire à la charge du tiers responsable et au profit de l'organisme national d'assurance maladie. Le montant de cette indemnité est égal au tiers des sommes dont le remboursement a été obtenu, dans les limites d'un montant maximum de 910 euros et d'un montant minimum de 91 euros. À compter du 1er janvier 2007, les montants mentionnés au présent alinéa sont révisés chaque année, par arrêté des ministres chargés de la sécurité sociale et du budget () ". Pour leur application, l'article 1er de l'arrêté du 18 décembre 2023 fixe respectivement à 118 euros et 1 191 euros les montants minimum et maximum de l'indemnité pouvant être recouvrée par l'organisme d'assurance maladie.
22. Il y a lieu de condamner l'AP-HP à verser à la CPAM de Paris la somme de 1 191 euros, au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion instituée par ces dispositions.
En ce qui concerne les dépens :
23. Par une première ordonnance du 25 mars 2005, le vice-président du tribunal a alloué aux docteurs de Brier et Vorhaueur la somme de 2 854,86 euros. Par une seconde ordonnance du 6 janvier 2015, le vice-président du tribunal a alloué au docteur G la somme de 2 100 euros, qu'il a provisoirement mise à la charge de l'AP-HP. Il y a lieu de mettre ces deux sommes, d'un montant cumulé de 4 954,86 euros, à la charge définitive de l'AP-HP.
En ce qui concerne les frais exposés et non compris dans les dépens :
24. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'AP-HP le versement à Mme F et autres d'une somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il n'y a pas lieu, en revanche, de mettre à sa charge la somme que la CPAM de Paris demande au titre de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : L'Assistance publique - hôpitaux de Paris est condamnée à verser à Mme F et autres, en qualité d'ayants droit de M. K A, la somme de 5 100 euros.
Article 2 : L'Assistance publique - hôpitaux de Paris est condamnée à verser à Mme F la somme de 520 191,94 euros.
Article 3 : L'Assistance publique - hôpitaux de Paris est condamnée à verser à M. D A la somme de 43 776,65 euros.
Article 4 : L'Assistance publique - hôpitaux de Paris est condamnée à verser à Mme C A la somme de 45 633,14 euros.
Article 5 : L'Assistance publique - hôpitaux de Paris est condamnée à verser à M. E A la somme de 49 721,76 euros.
Article 6 : L'Assistance publique - hôpitaux de Paris est condamnée à verser à la caisse primaire d'assurance maladie de Paris la somme de 7 884,55 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter du 11 juin 2024.
Article 7 : L'Assistance publique - hôpitaux de Paris versera à la caisse primaire d'assurance maladie de Paris une indemnité forfaitaire de gestion de 1 191 euros.
Article 8 : Les dépens, d'un montant de 4 954,86 euros, sont mis à la charge définitive de l'Assistance publique - hôpitaux de Paris.
Article 9 : L'Assistance publique - hôpitaux de Paris versera conjointement à Mme F et autres la somme de 2 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 10 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 11 : Le présent jugement sera notifié à Mme H F, première dénommée pour l'ensemble des requérants, à l'Assistance publique - hôpitaux de Paris, à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales et à la caisse primaire d'assurance maladie de Paris.
Délibéré après l'audience du 22 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Weidenfeld, présidente,
Mme de Schotten, première conseillère,
M. Rezard, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 décembre 2024.
Le rapporteur,
A. Rezard
La présidente,
K. Weidenfeld
Le greffier,
A. Lemieux
La République mande et ordonne à la ministre de la santé et de l'accès aux soins, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
2/6-1
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27/03/2026
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Le Tribunal Administratif de Paris a annulé l'arrêté préfectoral ordonnant l'éloignement et l'interdiction de retour d'un ressortissant algérien titulaire d'un titre de séjour portugais valide. La juridiction a retenu que le préfet avait commis une erreur de fait et d'appréciation en considérant que l'intéressé séjournait irrégulièrement en France et menaçait l'ordre public. Elle a également enjoint l'administration de procéder à l'effacement du signalement Schengen dans un délai d'un mois.
20/03/2026
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Le Tribunal Administratif de Paris a examiné un recours en excès de pouvoir contre un arrêté préfectoral refusant un titre de séjour à une ressortissante malienne et lui enjoignant de quitter le territoire. La juridiction a annulé la décision du préfet de police, considérant que le refus de titre de séjour au titre de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) constituait une erreur manifeste d'appréciation au regard de la durée et des conditions d'intégration de l'intéressée en France. Le tribunal a enjoint à l'administration de réexaminer la situation de la requérante dans un délai de deux mois.
20/03/2026