lundi 15 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2316138 |
| Type | Ordonnance |
| Avocat requérant | MEKARBECH |
Vu la procédure suivante :
Par un jugement n° 2120498 rendu le 30 septembre 2022, devenu définitif, le tribunal administratif de Paris, saisi par M. A, a annulé la décision du 10 décembre 2020 par laquelle la commission de médiation de Paris a rejeté son recours gracieux et a maintenu la décision du 6 août 2020 refusant de reconnaître le caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement social en application des dispositions du II de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation et a mis à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à Me Mekarbech, en application des dispositions, de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve que celui-ci renonce à percevoir la part contributive de l'Etat à l'aide juridique.
Par une lettre, enregistrée le 2 février 2023, M. A, représenté par Me Mekarbech, a saisi le Tribunal administratif de Paris d'une demande tendant à obtenir d'une part 1'exécution du jugement n° 2120498 du 30 septembre 2022 et d'autre part des précisions concernant les modalités d'exécution de l'article 1er de ce jugement.
Il soutient que le jugement n'a pas été exécuté.
Par une ordonnance en date du 28 juin 2023, le président du tribunal a décidé l'ouverture d'une procédure juridictionnelle, en application de l'article R. 921-6 du code de justice administrative.
La demande a été communiquée à la ministre de la transition écologique et au préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 80-539 du 16 juillet 1980,
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; () ".
2. Aux termes de l'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander au tribunal administratif ou à la cour administrative d'appel qui a rendu la décision d'en assurer l'exécution. () ". Selon le premier alinéa de l'article R. 921-6 du même code : " Dans le cas où le président estime nécessaire de prescrire des mesures d'exécution par voie juridictionnelle, et notamment de prononcer une astreinte, ou lorsque le demandeur le sollicite dans le mois qui suit la notification du classement décidé en vertu du dernier alinéa de l'article précédent et, en tout état de cause, à l'expiration d'un délai de six mois à compter de sa saisine, le président de la cour ou du tribunal ouvre par ordonnance une procédure juridictionnelle. ".
3. Aux termes de l'article R. 441-15 du code de la construction et de l'habitation : " Lorsqu'elle est saisie au titre du II de l'article L. 441-2-3, la commission de médiation rend sa décision dans un délai de trois mois à compter de la réception de la demande () ".
4. D'une part, par le jugement dont l'exécution est demandée a été annulé la décision de la commission départementale de médiation de Paris du 10 décembre 2020. Du seul fait de l'intervention de cette annulation, l'administration s'est trouvée à nouveau saisie de la demande de M. A et est réputée avoir de nouveau examiné la situation de ce dernier. En outre, en vertu de l'article R. 441-5 du code de la construction et de l'habitation, la commission départementale disposant, à compter de la date d'enregistrement d'une requête tendant à la reconnaissance du caractère prioritaire et urgent d'une demande de logement social, d'un délai de trois mois pour se prononcer sur cette demande, délai applicable en l'espèce à compter de la date de notification du jugement du 30 septembre 2022, doit être regardée comme ayant, à la date de l'ordonnance, laissé naître une nouvelle décision de rejet. Alors, en outre, que par le jugement en cause aucune injonction n'a été adressée à l'administration, en particulier, pour lui fixer un délai pour procéder à ce réexamen, les conclusions de M. A en tant qu'elle concerne une demande de prescription de mesures d'exécution de l'article 1er du jugement ne peuvent qu'être rejetées.
5. D'autre part, aux termes du I de l'article 1er de la loi n° 80-539 du 16 juillet 1980, reproduit à l'article L. 911-9 du code de justice administrative : " Lorsqu'une décision juridictionnelle passée en force de chose jugée a condamné l'État au paiement d'une somme d'argent dont le montant est fixé par la décision elle-même, cette somme doit être ordonnancée dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision de justice () A défaut d'ordonnancement dans les délais mentionnés aux alinéas ci-dessus, le comptable assignataire de la dépense doit, à la demande du créancier et sur présentation de la décision de justice, procéder au paiement. ".
6. Dès lors que ces dispositions permettent à la partie gagnante, en cas d'inexécution d'une décision juridictionnelle passée en force de chose jugée, d'obtenir du comptable public assignataire le paiement de la somme que la collectivité publique est condamnée à lui verser à défaut d'ordonnancement dans le délai prescrit, il n'y a, en principe, pas lieu de faire droit à une demande tendant à ce que le juge prenne des mesures pour assurer l'exécution de cette décision. Il en va toutefois différemment lorsque le comptable public assignataire, bien qu'il y soit tenu, refuse de procéder au paiement.
7. Toutefois, il résulte des dispositions citées au point 5 qu'il appartient à Me Mekarbech, qui revendique la créance en cause, de s'adresser au directeur régional des finances publiques d'Ile-de-France et de Paris, comptable assignataire compétent, qui procèdera au paiement de la somme dont cette avocate soutient, sans être contredite par l'Etat, qui n'a pas produit de mémoire, qu'elle ne lui a pas été versée. Il y a lieu, dès lors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier qu'elle ait saisi le comptable de sa demande de paiement, de renvoyer Me Mekarbech devant le directeur régional des finances publiques d'Ile-de-France et de Paris, et de rejeter en conséquence ses conclusions aux fins d'exécution qui sont manifestement irrecevables, en application du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, au préfet de région Ile-de-France, préfet de Paris, au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires et à Me Mekarbech.
Copie en sera adressée au directeur régional des finances publiques d'Ile-de-France et de Paris.
Fait à Paris, le 15 juillet 2024.
Le président de la 3ème chambre de la 4ème section,
J.-F. SIMONNOT
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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