lundi 15 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2316254 |
| Type | Ordonnance |
| Avocat requérant | OUATTARA |
Vu la procédure suivante :
Par un jugement n° 2128259/4-3 rendu le 30 juin 2022, devenu définitif, le tribunal administratif de Paris, saisi par Mme A, représentée par Me Ouattara, a condamné l'Etat à lui verser une indemnité de 1 000 euros.
Par des demandes, enregistrées le 13 janvier 2023 et le 17 juillet 2023, Mme A, représentée par Me Ouatara, doit être regardée comme ayant entendu demander au tribunal administratif, sur le fondement de l'article L. 911-4 du code de justice administrative d'enjoindre à l'Etat de prendre les mesures qu'implique l'exécution du jugement n° 2128259/4-3 du 30 juin 2022 par lequel le tribunal l'a condamné à lui verser la somme de 1 000 euros.
Elle soutient que le jugement n'a pas été exécuté.
Par une ordonnance en date du 28 juin 2023, le président du tribunal a décidé l'ouverture d'une procédure juridictionnelle, en application de l'article R. 921-6 du code de justice administrative.
Par une lettre du 21 septembre 2023, le préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris, informe le tribunal des diligences en cours en vue de l'exécution du jugement 2128259/4-3.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le jugement n°2128259/4-3 du tribunal administratif de Paris du 30 juin 2022 ;
- les autres pièces du dossier
Vu le code de justice administrative
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; () ".
2. Aux termes de l'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander au tribunal administratif ou à la cour administrative d'appel qui a rendu la décision d'en assurer l'exécution
() ".
3. Aux termes du I de l'article 1er de la loi n° 80-539 du 16 juillet 1980 relative aux astreintes prononcées en matière administrative et à l'exécution des jugements par les personnes morales de droit public, reproduit à l'article L. 911-9 du code de justice administrative : " Lorsqu'une décision juridictionnelle passée en force de chose jugée a condamné l'État au paiement d'une somme d'argent dont le montant est fixé par la décision elle-même, cette somme doit être ordonnancée dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision de justice () / A défaut d'ordonnancement dans les délais mentionnés aux alinéas ci-dessus, le comptable assignataire de la dépense doit, à la demande du créancier et sur présentation de la décision de justice, procéder au paiement ".
4. Dès lors que ces dispositions permettent à la partie gagnante, en cas d'inexécution d'une décision juridictionnelle passée en force de chose jugée, d'obtenir du comptable public assignataire le paiement de la somme que la collectivité publique est condamnée à lui verser à défaut d'ordonnancement dans le délai prescrit, il n'y a, en principe, pas lieu de faire droit à une demande tendant à ce que le juge prenne des mesures pour assurer l'exécution de cette décision. Il en va toutefois différemment lorsque le comptable public assignataire, bien qu'il y soit tenu, refuse de procéder au paiement.
5. Il appartient ainsi à la requérante, avant de demander au tribunal d'ordonner l'exécution du jugement n° 2128259/4-3 du 30 juin 2022 condamnant l'Etat à lui verser la somme de 1 000 euros, de saisir le comptable public compétent d'une demande de paiement sur présentation d'une copie de ce jugement afin d'obtenir le mandatement d'office de cette somme. Le jugement à exécuter étant intervenu pour réparer le préjudice résultant de la défaillance du préfet de la région Ile-de France, préfet de Paris, Mme A doit en l'espèce présenter au directeur régional des finances publiques d'Ile-de-France une demande de mandatement d'office de la somme 1 000 euros qui lui est due et qui ne lui a jamais été versée, cette demande pouvant être accompagnée, si Mme A l'estime utile, de la copie du présent jugement. Ce n'est que si le comptable public compétent refuse par une décision de procéder au règlement sur présentation du jugement n° 2128259/4-3 du 30 juin 2022, accompagné éventuellement du présent jugement, ou que ce comptable n'apporte aucune réponse à la demande de Mme A, que le tribunal pourra, au vu de la décision expresse ou implicite du comptable, être saisi à nouveau d'une demande d'exécution en application des dispositions précitées de l'article L. 911-4 du code de justice administrative. En l'espèce, Mme A n'allègue pas avoir saisi le directeur régional des finances publiques d'Ile-de-France afin d'obtenir le paiement de la somme que l'Etat a été condamné à lui payer par le jugement dont elle demande l'exécution et une telle demande ne figure pas au nombre des pièces annexées à la requête. Dès lors, la requête de Mme A ne peut qu'être rejetée, ses conclusions aux fins d'exécution étant manifestement irrecevables, en application du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires et au préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris.
Copie en sera adressée au directeur régional des finances publiques d'Ile-de-France.
Fait à Paris, le 15 juillet 2024.
Le président de la 3ème chambre de la 4ème section,
J.-F. SIMONNOT
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2316254/4-3