lundi 9 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2316506 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 4e Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | KARIMI |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance de renvoi du 11 juillet 2023, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a transmis au tribunal administratif de Paris la requête de M. A F, enregistrée le 8 juillet 2023.
Par cette requête, M. A F, représenté par Me Karimi, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 7 juillet 2023 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il sera éloigné et lui a interdit de circuler sur le territoire français pendant une durée de trois ans ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 400 euros au titre des frais irrépétibles.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué a été pris par une autorité incompétente ;
- il est insuffisamment motivé ;
- il méconnaît les dispositions de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; son comportement ne représente pas une menace à l'ordre public ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; il vit avec ses parents et ses trois frères en France où il a effectué toute sa scolarité, et n'a aucune attache familiale en Italie.
Par une ordonnance du 19 juillet 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 31 août 2023. à 12 heures.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique de prononcer des conclusions à l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Le Roux, présidente-rapporteure.
Considérant ce qui suit :
1. M. F, ressortissant italien né le 12 avril 1997, est entré en France en juin 2009 selon ses déclarations. Il a été condamné à une peine de vingt-quatre mois d'emprisonnement par le tribunal judiciaire de Nanterre et incarcéré le 9 mars 2023 pour des faits de " vol par ruse, effraction ou escalade dans un local d'habitation ou un lieu d'entrepôt aggravé par une autre circonstance, récidive et refus de remettre aux autorités judiciaires ou de mettre en œuvre la convention secrète de déchiffrement d'un moyen de cryptologie ". Par un arrêté du 7 juillet 2023, le préfet des Hauts-de-Seine l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé l'Italie comme pays de destination et lui a interdit de circuler sur le territoire français pour une durée de trois ans. Par la présente requête, M. F demande l'annulation de cet arrêté.
2. En premier lieu, l'arrêté contesté a été signé par M. C E, adjoint au chef du bureau des examens spécialisés et de l'éloignement de la préfecture des Hauts-de-Seine qui bénéficiait, en vertu d'un arrêté n°2023-49 du 30 juin 2023, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture, d'une délégation du préfet à l'effet de signer, en cas d'absence ou d'empêchement de Mme D, directrice des migrations et de l'intégration et de Mme B cheffe du bureau des examens spécialisés et de l'éloignement, les décisions portant obligation de quitter le territoire français sans délai et fixant le pays de destination. Il n'est pas soutenu que ces dernières n'étaient ni absentes ni empêchées à la date de la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué aurait été signé par une autorité incompétente doit être écarté. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de cette décision doit être écarté.
3. En second lieu, l'arrêté attaqué mentionne les considérations de droit et de fait sur lesquelles il se fonde. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de cette décision doit être écarté.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative compétente peut, par décision motivée, obliger les étrangers dont la situation est régie par le présent livre, à quitter le territoire français lorsqu'elle constate les situations suivantes : / () 2° Leur comportement personnel constitue, du point de vue de l'ordre public ou de la sécurité publique, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société (). / L'autorité administrative compétente tient compte de l'ensemble des circonstances relatives à leur situation, notamment la durée du séjour des intéressés en France, leur âge, leur état de santé, leur situation familiale et économique, leur intégration sociale et culturelle en France, et l'intensité des liens avec leur pays d'origine. " Il appartient à l'autorité administrative, qui ne saurait se fonder sur la seule existence d'une infraction à la loi, d'examiner, d'après l'ensemble des circonstances de l'affaire, si la présence de l'intéressé sur le territoire français est de nature à constituer une menace réelle, actuelle et suffisamment grave pour un intérêt fondamental de la société française, ces conditions étant appréciées en fonction de sa situation individuelle, notamment de la durée de son séjour en France, de sa situation familiale et économique et de son intégration.
5. Il ressort des pièces du dossier que le préfet des Hauts-de-Seine, pour obliger M. F à quitter le territoire français, s'est fondé sur le fait que l'intéressé est incarcéré depuis le 9 mars 2023 en raison de sa condamnation par le tribunal judiciaire de Nanterre à vingt-quatre mois d'emprisonnement pour des faits de " vol par ruse, effraction ou escalade dans un local d'habitation ou un lieu d'entrepôt aggravé par une autre circonstance, récidive et refus de remettre aux autorités judiciaires ou de mettre en œuvre la convention secrète de déchiffrement d'un moyen de cryptologie " et sur le fait qu'il était défavorablement connu des services de police pour des faits de " vol en réunion, fourniture d'identité imaginaire pouvant provoquer des mentions erronées au casier judiciaire, vol en bande organisée, vol par effraction dans un local d'habitation ou un lieu d'entrepôt, violation par une personne physique d'une interdiction prononcée pour le contrôle judiciaire d'une personne morale, refus par le conducteur d'obtempérer à une sommation de s'arrêter, transport et détention et offre et acquisition non autorisée de stupéfiants, conduite d'un véhicule sans permis de conduire, vol par ruse, infraction à une interdiction de séjour, fréquentation d'un lieu interdit, dégradation ou détérioration d'un bien appartenant à autre, circulation avec un véhicule terrestre à moteur sans assurance ". Ces faits, eu égard à leur nature et à l'existence d'un risque de récidive, sont susceptibles de caractériser une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société. Dès lors, M. F n'est pas fondé à soutenir que le préfet des Hauts-de-Seine a méconnu les dispositions de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en édictant les décisions attaquées. Par suite, ce moyen sera écarté.
6. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ".
7. Il ressort des pièces du dossier que M. F est célibataire et sans charge de famille en France. S'il soutient résider sur le territoire français de manière habituelle et continue depuis plus de quatorze ans, il ne produit aucun élément au soutien de cette allégation. En outre, quand bien même il allègue que ses deux parents et ses trois frères résident en France, il ne justifie pas des liens qu'il entretient avec eux et n'établit pas être dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine. Enfin, il ne justifie d'aucune insertion sociale ou professionnelle en France. Dès lors, il n'est pas fondé à soutenir que la décision par laquelle le préfet l'a obligé à quitter le territoire français aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. F aux fins d'annulation de l'arrêté du 7 juillet 2023 doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions présentées au titre des frais irrépétibles.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. F est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A F et au préfet des Hauts-de-Seine.
Délibéré après l'audience du 25 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Le Roux, présidente,
Mme Madé, première conseillère,
Mme Berland, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 octobre 2023.
La présidente-rapporteure,
M.-O. LE ROUXLa première conseillère,
C. MADE
La greffière,
L. THOMAS
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2417280
Le Tribunal Administratif de Paris a annulé les décisions du ministre de la justice refusant un changement de nom. Le juge a estimé que la requérante justifiait d'un intérêt légitime exceptionnel, fondé sur des motifs affectifs, pour porter le nom de son père biologique et affectif, et ce malgré l'existence d'une filiation paternelle légalement établie à l'égard d'un autre homme. La décision s'appuie sur l'article 61 du code civil, qui n'assujettit pas l'intérêt légitime à changer de nom à l'existence d'un lien de filiation avec le porteur du nom sollicité.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2402737
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. B... visant à annuler les arrêtés d'expulsion et de fixation du pays de destination. La juridiction a estimé que le ministre de l'intérieur avait légalement fondé sa décision sur l'article L. 631-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, considérant que les condamnations et le comportement agressif de l'intéressé, évoluant vers des menaces à caractère terroriste, constituaient une menace grave pour l'ordre public et portaient atteinte aux intérêts fondamentaux de l'État. Le tribunal a également jugé que l'arrêté fixant le Maroc comme pays de destination ne méconnaissait pas l'article 3 de la Convention européenne des droits de l'homme.
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Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A..., un ressortissant chinois condamné pour meurtre, qui demandait l'annulation de son arrêté d'expulsion du 5 décembre 2024. Le tribunal a jugé que le préfet de police était compétent pour signer l'arrêté et que la motivation de la décision, qui invoquait une menace grave pour l'ordre public, était suffisante au regard des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (article L. 631-1) et du code des relations entre le public et l'administration. La demande d'aide juridictionnelle provisoire a également été rejetée, faute d'urgence démontrée.
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Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de la SCI Habitat Cavaignac visant à annuler l'arrêté municipal du 17 janvier 2024 refusant la transformation d'un local commercial en meublé de tourisme. La juridiction a jugé que le refus de la Maire de Paris était légal, car il était justifié par la nécessité de protéger l'environnement urbain et l'équilibre entre les fonctions de la ville, conformément au règlement municipal adopté sur le fondement du code du tourisme (articles L. 324-1-1 et R. 324-1-5). La demande d'injonction et de condamnation pécuniaire à l'encontre de la Ville a également été rejetée.
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