vendredi 28 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2316592 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 8e Section - MESD |
| Avocat requérant | FAZOLO |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête, enregistrée sous le n°2316334 le 13 juillet 2023, M. E D, représenté par Me Fazolo demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 10 juillet 2023 du préfet de police portant obligation de quitter le territoire français sans délai et fixant le pays de destination et l'arrêté du même jour lui interdisant le retour sur le territoire français et le signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen qui en résulte ;
2°) d'enjoindre au préfet de police ou au préfet territorialement compétent de réexaminer sa situation, dans le délai de quinze jours suivant la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, et dans l'attente de ce réexamen de lui délivrer, sans délai, une autorisation provisoire sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°)de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les décisions sont entachées d'un vice d'incompétence ;
- elles sont insuffisamment motivées en droit et en fait ;
- elles sont entachées d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ;
- elles sont entachées d'erreur manifeste d'appréciation au regard de leurs conséquences sur sa situation personnelle ; elles méconnaissent les stipulations de l'article 3 et de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision refusant le délai de départ volontaire est entachée d'erreur de droit, les faits allégués ne caractérisant pas un risque de fuite ;
- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français porte une atteinte manifestement disproportionnée à sa vie privée et familiale.
Par un mémoire en défense enregistré le 20 juillet 2023, le préfet de police conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable ;
- les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.
II. Par une requête, enregistrée sous le n° 2316592 le 13 juillet 2023, M. E D, représenté par Me Fazolo demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 13 juillet 2023 du préfet de police portant assignation à résidence ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un vice d'incompétence ;
- elle est insuffisamment motivée en droit et en fait ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ;
- elle est entachée d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur sa situation personnelle.
Par des mémoires en défense enregistrés les 18 et 20 juillet 2023, le préfet de police conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête qui ne comporte l'exposé d'aucun moyen n'est pas recevable, eu égard aux dispositions de l'article R. 411-1 du code de justice administrative ;
- en tout état de cause, les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme A en application de l'article R. 776-15 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 21 juillet 2023 :
- le rapport de Mme A ;
- les observations de Me Bertrand représentant M. D, non présent, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens et soutient, en outre, que la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est dépourvue de base légale en conséquence de l'illégalité de la décision de refus de délai de départ volontaire sur laquelle elle se fonde ;
- et les observations de Me Faugeras, représentant le préfet de police qui conclut au rejet de la requête.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. E D, ressortissant marocain né le 16 novembre 1989, est entré en France, selon ses déclarations, le 18 avril 2016. Par un arrêté du 10 juillet 2023, le préfet de police lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et, par un arrêté du même jour, lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée de trente-six mois. Par un arrêté du 13 juillet 2023, le préfet de police a prononcé son assignation à résidence à Paris pour une durée de quarante-cinq jours. Par sa requête n°2316334, M. D demande l'annulation de l'arrêté du 10 juillet 2023. Par sa requête n° 2316592, il demande l'annulation de l'arrêté du 13 juillet 2023.
Sur la jonction :
2. Les requêtes susvisées n° 2316334 et n° 2316592, présentées par M. D présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur les fins de non-recevoir opposées par le préfet de police :
3. Aux termes de l'article R. 411-1 du code de justice administrative : " La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. ".
4. Les requêtes présentées par M. D comportent à l'évidence des conclusions et des moyens. Par suite, le préfet n'est pas fondé à soutenir que, faute de moyens, elles sont irrecevables et à en demander pour ce motif le rejet. Par suite, les fins de non-recevoir doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la requête n° 2316334 :
S'agissant des moyens communs aux décisions attaquées :
5. En premier lieu, par un arrêté n° 2023-00059 du 23 janvier 2023 régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs spécial, le préfet de police a donné délégation à M. B C, attaché d'administration de l'Etat, signataire de l'arrêté attaqué, pour signer tous les actes dans la limite de ses attributions, au nombre desquelles figure la police des étrangers. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté attaqué doit être écarté.
6. En deuxième lieu, l'arrêté litigieux vise les textes dont il est fait application, expose les circonstances de fait propres à la situation personnelle de M. D, dont les éléments sur lesquels le préfet s'est fondé pour l'obliger à quitter le territoire français, pour refuser de lui accorder un délai de départ volontaire et pour fixer le pays de renvoi, ainsi que pour arrêter, dans son principe et dans sa durée, une décision d'interdiction de retour sur le territoire français. Dès lors, cet arrêté comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de chacune des décisions attaquées et permet ainsi au requérant d'en contester utilement le bien-fondé. En outre, contrairement à ce que soutient M. D, le préfet n'avait pas à faire état de l'ensemble des éléments de fait à raison desquels il a estimé que ces décisions ne méconnaissaient pas les textes qu'il a visés. Par suite, les moyens tirés de l'insuffisante motivation ne peuvent qu'être écartés.
7. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier, et notamment pas de l'arrêté attaqué, que le préfet de police n'aurait pas procédé à un examen sérieux de la situation personnelle de M. D. Dès lors, le moyen tiré d'un tel manque d'examen doit être écarté.
8. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. /(). ".
9. M. D, entré irrégulièrement en France en 2016 se prévaut de l'intensité des liens qu'il y a établis et de son intégration professionnelle. S'il justifie, par les pièces qu'il produit, d'une adresse à Noisy-le-Sec et avoir travaillé en janvier et février 2022 en qualité d'ouvrier espace vert, dans le cadre d'un contrat de mission temporaire, puis en qualité d'agent de propreté et d'entretien à compter d'octobre 2022, d'abord en contrat à durée déterminée puis en contrat à durée indéterminée à compter du 1er mars 2023, ces considérations ne suffisent pas à justifier de liens suffisamment stables et anciens en France. S'il se prévaut de la présence de sa compagne connue au Maroc en 2012/2012, il a déclaré lors de son audition par les services de police, ne pas vivre avec celle-ci et n'établit pas la réalité et l'intensité de cette relation, alors qu'il lui est, au demeurant reproché, dans l'arrêté contesté, de s'être montré violent, le 9 juillet 2023, à l'égard de cette dernière. Célibataire et sans charge de famille en France, il a en outre déjà fait l'objet de plusieurs de plusieurs mesures d'éloignement les 18 avril 2016, 10 septembre 2019 et 24 novembre 2021 qu'il n'a pas contestées et à l'exécution desquelles il s'est soustrait. Par suite, le préfet de police n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux motifs et aux buts en vue desquels l'arrêté contesté a été pris. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées doit être écarté. Pour le même motif, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences des décisions sur la situation personnelle de l'intéressé doit être écarté.
10. En cinquième lieu, aux termes des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
11. En l'espèce, M. D n'assortit pas le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées, lequel n'est en tout état de cause opérant qu'à l'encontre de la décision fixant le pays de destination, des précisions permettant au tribunal d'en apprécier le bien-fondé. Ce moyen doit, par suite, être écarté.
S'agissant de la décision de refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :
12. Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. () ". Et aux termes de l'article L. 612-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; () ;3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Et aux termes de l'article L. 612-3 dudit code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () ; 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement () ; 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. ".
13. Il ressort des termes mêmes de la décision contestée que, pour refuser d'accorder à M. D un délai de départ volontaire, le préfet de police s'est fondé sur la menace à l'ordre public que constitue le comportement de l'intéressé et sur le risque qu'il se soustraie à l'exécution de la mesure d'éloignement dont il fait l'objet, risque qu'il a regardé comme caractérisé sur le fondement des 5° et 8° précités de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. A supposer même que l'intéressé présenterait des garanties de représentation suffisantes pour prévenir tout risque de fuite et que son comportement ne soit pas constitutif d'une menace pour l'ordre public, il résulte de l'instruction que le préfet aurait pris la même décision s'il ne s'était fondé que sur l'autre motif mentionné dans sa décision, dont la matérialité est établie par les pièces du dossier, tiré de ce qu'il s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement. Dans ces conditions, le moyen tiré de la violation de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
S'agissant de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français :
14. Aux termes de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français ".
15. La décision portant interdiction de retour de M. D pour une durée de trente-six mois est motivée par la circonstance que le comportement de l'intéressé a été signalé par les services de police le 9 juillet2023 pour violences volontaires sur conjoint sur la voie publique, M. D ayant giflé sa compagne sur la joue gauche. Toutefois, pour regrettable que soit ce comportement, en estimant que ces faits revêtaient un caractère de gravité tel qu'il justifiait de prononcer la durée de trente-six mois d'interdiction de retourner sur le territoire français prévue par les dispositions citées au point précédent, le préfet de police a fait une appréciation erronée des faits de l'espèce. Il y a donc lieu d'annuler l'arrêté attaqué qui fait au requérant interdiction de retour sur le territoire.
En ce qui concerne la requête n° 2316592 :
16. Aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins d'un an auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ". Aux termes de l'article R. 733-1 du même code : " L'autorité administrative qui a ordonné l'assignation à résidence de l'étranger en application des articles L. 731-1, L. 731-3, L. 731-4 ou L. 731-5 définit les modalités d'application de la mesure : / 1° Elle détermine le périmètre dans lequel il est autorisé à circuler muni des documents justifiant de son identité et de sa situation administrative et au sein duquel est fixée sa résidence ; / 2° Elle lui désigne le service auquel il doit se présenter, selon une fréquence qu'elle fixe dans la limite d'une présentation par jour, en précisant si l'obligation de présentation s'applique les dimanches et les jours fériés ou chômés ; / 3° Elle peut lui désigner une plage horaire pendant laquelle il doit demeurer dans les locaux où il réside ".
17. Aux termes de l'article 1er de l'arrêté attaqué du 13 juillet 2023, le requérant est assigné à résidence à Paris pour une durée de 45 jours renouvelable une fois à compter de la notification du présent arrêté. Toutefois, l'arrêté ne définit pas d'adresse de résidence de l'intéressé à Paris alors qu'il mentionne, par ailleurs, dans ses motifs que celui-ci déclare résider, sans produire de justificatif, de manière habituelle " 26 bis Dombasle " à Noisy-le-Sec. Une telle assignation méconnaît les dispositions précitées de l'article R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, il y a lieu d'annuler la décision portant assignation à résidence de M. D.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
18. Le présent jugement n'appelle aucune mesure d'exécution. Les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte, présentées par M. D dans le cadre de sa requête n°2316334, doivent être rejetée.
Sur les frais d'instance :
19. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par M. D et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 10 juillet 2023 du préfet de police portant interdiction de retour de M. D sur le territoire français pour une durée de trente-six mois est annulé.
Article 2 : L'arrêté du 13 juillet 2023 portant assignation à résidence de M. D est annulé.
Article 3 : L'Etat versera à M. D une somme de 1 000 (mille) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. M. E D et au préfet de police.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 juillet 2023.
La magistrate désignée,
C. A La greffière,
A. Heeralall
La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N° 2316334, 2316592/8
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2606789
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. B... visant à annuler l'arrêté du préfet de police prolongeant son interdiction de retour sur le territoire français. La juridiction a jugé que la décision contestée était suffisamment motivée et ne méconnaissait pas les exigences légales, notamment celles du code de l'entrée et du séjour des étrangers (articles L. 612-6, L. 612-10 et L. 612-11). Elle a également estimé que cette mesure ne portait pas une atteinte disproportionnée aux droits de M. B... au regard de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2606780
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A... visant à annuler son interdiction de retour sur le territoire français. La juridiction a estimé que l'arrêté préfectoral était légal, notamment car l'auteur de l'acte était compétent et que la motivation, examinant les critères de l'article L. 612-10 du CESEDA, était suffisante. Le tribunal a toutefois prononcé l'admission provisoire de l'intéressé au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2607042
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A... visant à annuler un arrêté d'interdiction de retour sur le territoire français. La juridiction a jugé que le préfet de police était compétent pour prendre cette décision et que la motivation de l'arrêté, qui se fonde sur le maintien irrégulier de l'intéressé au-delà de son délai de départ volontaire, était suffisante au regard des articles L. 612-7 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le tribunal a toutefois prononcé l'admission provisoire de M. A... au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2606511
Le Tribunal Administratif de Paris a été saisi d'un recours pour excès de pouvoir contre une décision de l'OFII mettant fin aux conditions matérielles d'accueil d'un demandeur d'asile yéménite. Le tribunal a rejeté la demande d'annulation, estimant que la décision de l'OFII, motivée par le défaut de déclaration d'une protection internationale antérieure en Grèce, était suffisamment motivée et respectait les exigences procédurales. La juridiction a appliqué les dispositions de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que la directive européenne 2013/33/UE.
03/04/2026