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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2316666

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2316666

mardi 24 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2316666
TypeDécision
PublicationC
Formation3e Section - 3e Chambre
Avocat requérantCABINET BUNCH

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Paris a été saisi par la société ATH d’un recours contestant l’attribution du lot n°2 d’une délégation de service public par le SIPPEREC pour des réseaux de communication électroniques. La société requérante demandait notamment l’annulation ou la résiliation du contrat, invoquant des manquements aux principes de transparence et d’égalité de traitement. La société ATH s’est finalement désistée de sa requête. Le tribunal a pris acte de ce désistement, qui emporte extinction de l’instance, et a rejeté les conclusions des parties fondées sur l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés respectivement les 13 juillet 2023, 4 avril 2024 et 6 mai 2024, la société par action simplifiée ATH, représentée par Me Berkani et

Me Blanchard, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

A titre principal :

1°) d'ordonner la communication des rapports d'analyse des offres initiales et ultimes, non expurgées des éléments de l'offre de la société Infra-Corp non couverts par le secret des affaires et non expurgés des éléments d'appréciation des offres par le Syndicat intercommunal de la périphérie de Paris pour les énergies et les réseaux de télécommunication (SIPPEREC) ;

2°) d'ordonner la communication de l'annexe 6 du lot n° 2, relatif aux prestations de fourniture et de transport et à l'exploitation des infrastructures d'accueil et des infrastructures d'optique des réseaux des plaques Sud, Nord et du Val de Marne de la convention de délégation de service public signée le 24 avril 2023 entre le SIPPEREC à la société Infra-Corp relative aux réseaux de communication électroniques très haut débit des plaques Sud, Nord et du Val-de-Marne ;

3°) d'annuler le lot n° 2 relatif aux prestations de fourniture et de transport et à l'exploitation des infrastructures d'accueil et des infrastructures d'optique des réseaux des plaques Sud, Nord et du Val de Marne de la convention de délégation de service public signée le 24 avril 2023 entre le SIPPEREC à la société Infra-Corp relative aux réseaux de communication électroniques très haut débit des plaques Sud, Nord et du Val-de-Marne ;

A titre subsidiaire :

4°) de résilier le lot n° 2 relatif aux prestations de fourniture et de transport et à l'exploitation des infrastructures d'accueil et des infrastructures d'optique des réseaux des plaques Sud, Nord et du Val de Marne de la convention de délégation de service public signée le 24 avril 2023 entre le SIPPEREC à la société Infra-Corp relative aux réseaux de communication électroniques très haut débit des plaques Sud, Nord et du Val-de-Marne ;

En tout état de cause :

5°) de mettre à la charge du SIPPEREC la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

Elle soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :

- c'est à tort que le rapport d'analyse des offres a été expurgé des éléments de l'offre de la société Infra-Corp non couverts par le secret des affaires et expurgé des éléments d'appréciation des offres par SIPPEREC ;

- c'est à tort que l'annexe 6 à la convention de délégation de service public relative au lot n°2 ne lui a pas été communiquée ;

- c'est à tort que son offre a été déclarée irrégulière au motif qu'elle comportait une proposition de demande de subvention publique dès lors, d'une part, qu'à aucun moment de la procédure de remise des offres, sa proposition n'a été remise en cause, d'autre part et en tout état de cause, que les documents de la consultation ne l'interdisaient pas et enfin, que cette proposition était indispensable pour assurer l'équilibre de la convention eu égard à la mauvaise définition par le SIPPEREC de son besoin et à son absence de transparence ;

- l'absence de notation et de classement de son offre, d'une part, constituent un motif d'illégalité de l'attribution du lot n° 2 et, d'autre part, font ressortir de graves manquements dans la procédure d'attribution qui sont directement en lien avec son éviction ;

- l'offre de la société Infra-Corp a été favorisée en raison de son statut, à la fois de titulaire historique et de candidate au lot n°3 bénéficiant à ce titre d'informations que le SIPPEREC a refusé de lui communiquer manquant ainsi à son obligation de transparence et de respect du principe d'égalité de traitement entre les candidats ;

- l'offre de la société Infra-Corp a également été avantagée par une mauvaise définition par le SIPPEREC du périmètre géographique et technique du lot n°2

- l'offre de la société Infra-Corp est irrégulière dès lors que la négociation avec ce candidat a porté sur les conditions et caractéristiques minimales du contrat, en méconnaissance de l'article L. 3124-1 du code de la commande publique ;

- l'objet de la convention qui vient empiéter sur un réseau d'initiative publique déjà existant, est illicite puisqu'il méconnaît l'article L. 1425-1 du code général des collectivités territoriales.

Par des mémoires en défense, enregistrés respectivement le 1er février 2024, le 20 février 2024, ce mémoire ayant été produit selon la procédure prévue à l'article R. 611-30 du code de justice administrative, et le 19 avril 2024, le SIPPEREC, représenté par la SELARL d'avocats Sphère Publique, agissant par Me Garnier, conclut au rejet de la requête, et à ce que la somme de 5 000 euros soit mise à la charge de la société requérante au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que les moyens soulevés par la société ATH ne sont pas fondés.

Par des mémoires en intervention, enregistrés le 3 avril 2024 et le 6 mai 2024, la société par action simplifiée Qotico Infrastructure IDF, venant aux droits de la société Infra-Corp, représentée par Me Rigal-Alexandre, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 5 000 euros soit mise à la charge de la société ATH au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 4 septembre 2024, la société ATH déclare se désister purement et simplement de la requête.

Par un mémoire, enregistré le 6 septembre 2024, le SIPPEREC déclare prendre acte du désistement de la société ATH

Par un mémoire, enregistré le 9 septembre 2024, la société par action simplifiée Qotico Infrastructure IDF, venant aux droits de la société Infra-Corp déclare prendre acte du désistement de la société ATH et maintenir ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la commande publique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Merino,

- les conclusions de Mme Beugelmans-Lagane, rapporteure publique,

- et les observations de Me Blanchard, représentant la société ATH et de Me Rigal-Alexandre, représentant la société Qotico Infrastructure IDF.

Considérant ce qui suit :

1. Le Syndicat intercommunal de la périphérie de Paris pour les énergies et les réseaux de télécommunication (SIPPEREC) qui regroupe 119 collectivités sur 6 départements d'Ile-de-France a, au titre de sa compétence " réseaux de communications électroniques et services de communication audiovisuelle ", développé dans les années 1990, dans le cadre d'une première série de délégations de service public, un patrimoine public d'infrastructures et de réseaux de communications électroniques à très haut débit, pour les réseaux câblés et les réseaux de fibres optiques. A ce titre, il a attribué à la société SFR Fibre de deux délégations de service public pour une durée de 20 ans à compter du 19 novembre 1999 sur le périmètre de la Plaque Sud, composé de 17 communes d'Ile-de-France et sur celui de la Plaque Nord composé de 12 communes. Il a également conclu entre 1990 et 1991 avec cet opérateur onze autres délégations portant sur les réseaux câblés transférés au syndicat par les communes du Val-de-Marne, pour une durée allant de 25 à 30 ans.

2. Au terme de la délégation de service public de la Plaque Sud en 2019, le syndicat a lancé une nouvelle consultation en deux lots pour assurer une meilleure concurrence. Le lot n° 1, relatif à la fourniture des services de communication audiovisuelle et de communications électroniques aux utilisateurs finals et à l'exploitation du sous-réseau d'accès coaxial de la Plaque Sud a été attribué à la société Infra-Corp pour une durée de 8 ans à compter du 3 novembre 2020. En revanche, la procédure de passation du lot n° 2, relatif à la fourniture des services de transport aux opérateurs et utilisateurs de réseaux indépendants, à l'exploitation et à la complétude du réseau de la Plaque Sud, ayant été déclarée infructueuse, une convention de concession de service public provisoire d'une durée de 24 mois a été conclue avec la société Infra-Corp le 20 janvier 2021 afin d'assurer la continuité du service durant la période de réorganisation d'une procédure de passation. Mais alors que, dans le même temps, les conventions des Plaques Nord et du Val-de-Marne arrivaient à terme, le SIPPEREC a décidé de lancer une nouvelle procédure se décomposant cette fois en deux nouveaux lots : le lot n°2 portant sur la fourniture des services de transport et l'exploitation des infrastructures d'accueil et des infrastructures optiques des réseaux de la Plaque Sud, dont le périmètre a été élargi aux Plaques Nord et du Val-de-Marne et le lot n° 3 portant sur la fourniture des services de communication audiovisuelle et de communications électroniques et l'exploitation des sous-réseaux d'accès coaxial des réseaux des Plaques Nord et du Val-de-Marne.

3. A cet effet, le SIPPEREC a lancé un appel public à la concurrence, paru au Journal officiel de l'Union européenne le 23 juillet 2021 et au BOAMP le 22 juillet 2021 pour l'attribution, dans le cadre d'une procédure négociée, du lot n° 2 de la convention de délégation de service public. Trois sociétés se sont portées candidates, dont la société Altitude infrastructure Holding devenue la société ATH et la société Infra-Corp. Par courrier du 30 mars 2023, l'entité adjudicatrice a informé la société Altitude Infrastructure Holding que son offre était écartée pour irrégularité au motif qu'elle avait persisté à présenter une proposition de demande de subvention publique. Le lot n° 2 de la convention de délégation de service public a finalement été attribué à la société Infra-Corp. La société ATH anciennement dénommée Altitude Infrastructure Holding demande au tribunal l'annulation de cette concession, ou à défaut, sa résiliation.

Sur les conclusions de la requête :

4. Par un mémoire, enregistré le 4 septembre 2024, la société ATH déclare se désister purement et simplement de sa requête. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.

Sur les frais de l'instance :

5. Il y a lieu de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de la société ATH le versement au SIPPEREC d'une somme de 1 500 euros, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

6. Il y a également lieu de mettre à la charge de la société ATH la somme de 1 500 euros à verser à la société Qotico Infrastructure IDF, venant aux droits de la société Infra-Corp, au titre de ce même frais.

D E C I D E :

Article 1er : Il est donné acte du désistement de la société ATH.

Article 2 : La société ATH versera une somme de 1 500 (mille cinq cents) euros au SIPPEREC au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La société ATH versera une somme de 1 500 (mille cinq cents) euros à la société Qotico Infrastructure IDF au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société par action simplifiée ATH, au Syndicat intercommunal de la périphérie de Paris pour les énergies et les réseaux de communication (SIPPEREC) et à la société par action simplifiée Qotico Infrastructure IDF.

Délibéré après l'audience du 10 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Gracia, président,

Mme Merino, première conseillère,

Mme Renvoisé, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 septembre 2024.

La rapporteure,

M. MERINO

Le président,

J-Ch. GRACIALa greffière,

C. YAHIAOUI

La République mande et ordonne à la ministre de la culture en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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