jeudi 31 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2317942 |
| Type | Ordonnance |
| Publication | D |
| Avocat requérant | CABINET MATUCHANSKY, POUPOT, VALDELIEVRE, RAMEIX (SCP) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 28 juillet 2023 et 14 octobre 2024, la SASP Olympique Gymnaste Club de Nice Côte d'Azur, représentée par Me Liger, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision en date du 24 avril 2023, par laquelle la commission fédérale du statut des éducateurs (CFSE) de la fédération française de football (FFF) a refusé à son entraîneur le bénéfice de la promotion interne prévue au b) du paragraphe 3 du statut des éducateurs et entraîneurs de football pour la saison 2022-2023 ;
2°) d'annuler la décision en date du 29 juin 2023, par laquelle la FFF s'est opposée à la proposition de conciliation formulée le 22 juin 2023 par le conciliateur du comité national olympique et sportif ;
3°) d'enjoindre à la FFF de procéder au réexamen de sa demande et de condamner la FFF à lui restituer les sommes versées en exécution des décisions litigieuses ;
4°) de condamner la FFF à lui verser une somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire enregistré le 26 juillet 2024, la Fédération française de football, représentée par le cabinet MPVR, conclut au rejet de la requête et à la condamnation de la société requérante à lui verser une somme de 4 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que la requête est irrecevable et que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de justice administrative ;
- les règlement généraux de la Fédération française de football.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser () ; 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ".
Sur les conclusions de la requête :
2. Aux termes de l'article 2 des règlements généraux de la Fédération française de football : " Toute personne physique ou morale ou tout membre de la fédération qui conteste une décision a l'obligation d'épuiser les voies de recours internes avant tout recours juridictionnel ". L'article 188 des règlements généraux de la FFF dispose : " Les litiges sont examinés par les organismes suivants : () - Compétitions et domaines relevant de la compétence de la Fédération : - 1ère instance : Commission Fédérale compétente ; - 2e instance et dernier ressort : Commission Supérieure d'Appel ". L'article 190 dispose que " Dans le cadre de l'article 188, les décisions des Districts, des Ligues ou de la Fédération peuvent être frappées d'appel par toute personne directement intéressée dans le délai de sept jours à compter du lendemain du jour de la notification de la décision contestée () ".
3. En vertu des dispositions précitées, les recours internes prévus par les règlements intérieurs de la Fédération française de football doivent être obligatoirement exercés avant tout recours juridictionnel en annulation. Par ailleurs, en permettant la saisine du Comité national olympique et sportif français aux fins de parvenir à une conciliation avant même l'épuisement des voies de recours interne, l'article R. 141-5 du code du sport n'a pas eu pour objet ou pour effet de faire échec à l'application des dispositions des règlements fédéraux qui instituent, à des fins différentes, des recours internes obligatoires.
3. D'une part, il ressort des pièces du dossier que si la SASP OGC Nice Côte d'Azur a saisi le CNOSF le 27 avril 2023 d'une demande de conciliation relativement à la décision litigieuse du 24 avril 2023 de la CFSE, elle n'a en revanche pas saisi la Commission supérieure d'appel de la FFF, ainsi que le lui imposaient les articles 188 et 190 des règlements généraux de la FFF précités. Par suite, les conclusions dirigées contre la décision du 24 avril 2023 ne peuvent qu'être rejetées comme manifestement irrecevables.
4. D'autre part, la décision par laquelle le comité exécutif de la FFF s'oppose à une proposition de conciliation ne se substitue pas à la décision initialement prise par la CFSE. Par suite, et dès lors que, comme il a été dit au point précédent, le recours dirigé contre la décision de la CFSE du 24 avril 2023 est irrecevable, il en va manifestement de même de celui dirigé contre la décision du 29 juin 2023.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de la SASP OGC Nice Côte d'Azur est entachée d'une irrecevabilité manifeste non susceptible d'être régularisée et peut être rejetée par application des dispositions précitées de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Sur les conclusions présentées par la FFF sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de condamner la SASP OGC Nice Côte d'Azur à verser une somme de 800 euros à la FFF en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la SASP Olympique Gymnaste Club de Nice Côte d'Azur est rejetée.
Article 2 : La SASP OGC Nice Côte d'Azur versera une somme de 800 euros à la FFF en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la SASP Olympique Gymnaste Club de Nice Côte d'Azur et à la Fédération française de football.
Fait à Paris, le 31 octobre 2024.
La présidente de la 6ème section,
K.Weidenfeld
La République mande et ordonne au ministre des sports, de la jeunesse et de la vie associative, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
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