mardi 6 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2317975 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 6e Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | OTTOU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 30 juillet 2023, M. A B, représenté par Me Ottou, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 29 juin 2023 par laquelle le préfet de police de Paris a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans le délai d'un mois à compter de la date de notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois à compter de la date de notification du jugement à intervenir et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail valable pendant ce réexamen ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée a été signée par une autorité incompétente ;
- elle n'est pas motivée ;
- elle n'a pas été précédée d'un examen personnalisé de sa situation ;
- elle est dépourvue de base légale ;
- elle est entachée d'un vice de procédure, dès lors que l'avis du collège de médecins de l'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration ne lui a pas été communiqué ;
- elle a été prise en méconnaissance de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle a été prise en méconnaissance de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle a été prise en violation de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
La requête a été communiquée au préfet de police qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Par ordonnance du 9 août 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 27 octobre 2023.
M. B a produit des pièces, enregistrées le 19 janvier 2024, après la clôture de l'instruction.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 9 novembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991,
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Deniel,
- et les observations de Me Ottou, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant sri-lankais né le 3 juillet 1976, a bénéficié d'une carte de séjour temporaire sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, valable du 2 mars 2021 au 1er mars 2022. Il a sollicité le renouvellement de ce titre de séjour le 3 mars 2022. Il s'est vu délivrer un récépissé de demande de carte de séjour valable jusqu'au 2 septembre 2022. Après que le collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a rendu un avis défavorable, il a été invité, par une convocation en date du 8 août 2022, à se présenter à la préfecture le 13 septembre 2022 en vue de l'examen de son éventuel droit au séjour au titre de la vie privée et familiale. Par un courriel du 12 septembre 2022, les services du Samu social ont fait savoir aux services de la préfecture que l'intéressé ne pourrait pas être transporté à la préfecture le 13 septembre 2022 et qu'il n'avait pas pu se procurer l'ensemble des documents sollicités et ont demandé un nouveau rendez-vous. Par un courriel du 12 juin 2023, un juriste du Samu social a demandé aux services de la préfecture de convoquer à nouveau M. B afin d'examiner sa situation au regard des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En réponse à cette demande, les services de la préfecture ont invité le requérant, par un courriel du 29 juin 2023, à demander en ligne un rendez-vous pour déposer une demande de titre de séjour en raison de son état de santé ou à déposer en ligne une demande de titre de séjour sur le fondement de la vie privée et familiale. M. B doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler la décision implicite par laquelle le préfet de police a refusé de renouveler le titre de séjour dont il était titulaire, décision née du silence gardé pendant plus de quatre mois sur sa demande présentée le 3 mars 2022.
2. M. B fait valoir sans être contesté qu'il est entré en 2007 sur le territoire français où il réside depuis de manière continue et que sa compagne séjourne régulièrement en France sous couvert d'une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " régulièrement renouvelée depuis cinq ans. Si le couple ne justifie pas d'une vie commune, il ressort des pièces du dossier que cette situation est la conséquence du handicap dont est atteint M. B, lequel a justifié son admission au sein de la structure des " Lits Halte Soins Santé Babinski " du Samu Social de Paris et nécessite un logement aménagé dont le couple ne bénéficie pas. Il ressort également des pièces du dossier que M. B et sa compagne sont les parents de deux enfants nés le 6 mai 2010 et le 8 juillet 2011 en France, lesquels sont scolarisés au collège. Si à la date de la décision attaquée, les enfants du requérant faisaient l'objet d'un placement à l'aide sociale à l'enfance de la Seine-Saint-Denis, qui a au demeurant été levé le 30 mars 2023, il ressort des pièces du dossier, notamment du rapport de l'assistante sociale du Samu social de Paris et de l'attestation du responsable de secteur à la sous-direction de la prévention et de la protection de l'enfance de la direction des Solidarités de la Ville de Paris, que le requérant a maintenu des liens affectifs étroits avec ses enfants qu'il voit régulièrement et que ses enfants sont " heureux de ces échanges ". Enfin, il ressort des pièces du dossier que M. B a souffert d'une tuberculose méningée, affection qui a d'ailleurs justifié la délivrance par la préfecture de police d'un titre de séjour valable du 2 mars 2021 au 1er mars 2022 et reste atteint de troubles neurologiques qui nécessitent un suivi médical régulier et qui limitent son autonomie. Dans ces conditions, eu égard à la durée de la présence en France de M. B, de la résidence sur le territoire français de ses deux enfants mineurs et de sa compagne et aux soins exigés par son état de santé, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être accueilli.
3. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que M. B est fondé à demander l'annulation de la décision implicite par laquelle le préfet de police a refusé de renouveler son titre de séjour.
4. Eu égard au motif d'annulation retenu par le présent jugement, il y a lieu, sous réserve d'un changement dans la situation de droit ou de fait de l'intéressé, d'enjoindre au préfet de police, ou à tout préfet territorialement compétent, de délivrer à M. B un titre de séjour dans le délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement et, dans cette attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler. En revanche, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
5. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions de la requête présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision implicite par laquelle le préfet de police a refusé le renouvellement du titre de séjour de M. B est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de police, ou à tout préfet territorialement compétent, de délivrer à M. B un titre de séjour dans le délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement et, dans cette attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de police.
Délibéré après l'audience du 23 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Marzoug, présidente,
Mme Deniel, première conseillère,
Mme Lambert, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 février 2024.
La rapporteure,
C. Deniel
La présidente,
S. MarzougLa greffière,
K. Bak-Piot
La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2317975/6-
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2530541
Le Tribunal Administratif de Paris a examiné un recours en excès de pouvoir contre un arrêté préfectoral refusant un titre de séjour et ordonnant l'éloignement d'une ressortissante ghanéenne. La juridiction a rejeté la requête, estimant que l'administration n'avait pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en considérant que l'état de santé de la requérante ne remplissait pas les conditions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour obtenir un titre de séjour. Le tribunal a également jugé que les autres moyens, notamment ceux relatifs à la durée de séjour et à la convention européenne des droits de l'homme, n'étaient pas fondés.
13/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2419955
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de la société Cerballiance visant à annuler l'opposition de l'ARS Île-de-France au transfert d'un site de son laboratoire de biologie médicale. Le tribunal a jugé que l'ARS était compétente pour prendre cette décision et que son refus, fondé sur le risque de dépassement du seuil de 25% de l'offre d'examens dans la zone de Paris, n'était entaché d'aucune erreur manifeste d'appréciation. La décision s'appuie sur les dispositions du code de la santé publique relatives à la régulation de l'implantation des laboratoires.
13/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2432036
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de requérants demandant l'annulation du refus du ministre de la justice d'approuver leur projet de recueil légal par kafala d'une enfant marocaine. Le tribunal a jugé que la décision attaquée, prise en application de l'article 33 de la convention de La Haye du 19 octobre 1996, était régulière en droit et que le ministre avait légalement exercé son pouvoir d'appréciation pour refuser l'approbation au regard de l'intérêt supérieur de l'enfant. Les moyens tirés de l'incompétence et de la méconnaissance des conventions internationales ont été écartés.
13/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2525763
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de Mme B... A... visant à annuler son obligation de quitter le territoire français (OQTF). La juridiction a estimé que l'arrêté préfectoral était régulier, notamment quant à la compétence de sa signataire et à sa motivation, et qu'il ne méconnaissait pas les articles 3 et 8 de la Convention européenne des droits de l'homme. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, après le rejet définitif de la demande d'asile de la requérante.
13/03/2026