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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2318362

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2318362

jeudi 11 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2318362
TypeOrdonnance
Avocat requérantPELTIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 3 août 2023, M. F A et Mme D E, représentés par Me Grau, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté n° PC 075 116 22 V0039 du 9 juin 2023 par lequel la Ville de Paris a délivré à M. B C un permis de construire pour un projet de restructuration et de surélévation d'un immeuble situé 43 avenue Mozart à Paris (16ème arrondissement) ;

2°) de mettre à la charge de la ville de Paris une somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 15 avril 2024, M. C, représenté par Me Peltier, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de M. A et de Mme E la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme et 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- les requérants n'ont pas intérêt à agir ;

- les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 3 mai 2024, la ville de Paris conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable dès lors que les requérants ne justifient pas avoir respecté les formalités de notifications exigées par l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ;

- les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Par un courrier du 6 mai 2024 dont l'accusé de réception électronique a été signé le même jour, le greffe du tribunal a invité les requérants à régulariser leur requête par la production des pièces justifiant qu'ils ont accompli, dans les délais imposés par l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme, la formalité prévue par cet article et leur a indiqué les conséquences susceptibles de s'attacher à l'absence de régularisation de leur requête dans le délai imparti.

Vu :

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque () qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; () 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L.761-1 ou la charge des dépens () ".

2. Aux termes de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme : " En cas de déféré du préfet ou de recours contentieux à l'encontre d'un certificat d'urbanisme, ou d'une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code, le préfet ou l'auteur du recours est tenu, à peine d'irrecevabilité, de notifier son recours à l'auteur de la décision et au titulaire de l'autorisation. Cette notification doit également être effectuée dans les mêmes conditions en cas de demande tendant à l'annulation ou à la réformation d'une décision juridictionnelle concernant un certificat d'urbanisme, ou une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code. L'auteur d'un recours administratif est également tenu de le notifier à peine d'irrecevabilité du recours contentieux qu'il pourrait intenter ultérieurement en cas de rejet du recours administratif. / La notification prévue au précédent alinéa doit intervenir par lettre recommandée avec accusé de réception, dans un délai de quinze jours francs à compter du dépôt du déféré ou du recours. / La notification du recours à l'auteur de la décision et, s'il y a lieu, au titulaire de l'autorisation est réputée accomplie à la date d'envoi de la lettre recommandée avec accusé de réception. Cette date est établie par le certificat de dépôt de la lettre recommandée auprès des services postaux ".

3. En dépit de la demande de régularisation qui a été adressée aux requérants par le greffe du tribunal au moyen de l'application Télérecours et dont l'accusé de réception électronique a été signé le 6 mai 2024, les requérants n'ont pas produit la preuve de la notification de leur recours contentieux à la maire de Paris, effectuée dans le délai de quinze jours à compter de l'enregistrement de leur requête, prévue par l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme cité ci-dessus. Par suite, la requête de M. A et de Mme E est manifestement irrecevable et doit être rejetée en application des dispositions précitées du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

4. Aux termes de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme : " Lorsque le droit de former un recours pour excès de pouvoir contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager est mis en œuvre dans des conditions qui traduisent un comportement abusif de la part du requérant et qui causent un préjudice au bénéficiaire du permis, celui-ci peut demander, par un mémoire distinct, au juge administratif saisi du recours de condamner l'auteur de celui-ci à lui allouer des dommages et intérêts. () ".

5. En l'espèce, si M. C a formulé des conclusions reconventionnelles tendant à la condamnation de M. A et de Mme E à lui verser une somme de 4 000 euros à titre de dommages et intérêts sur les dispositions précitées de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme, cette demande n'a pas été présentée par un mémoire distinct, en méconnaissance de ces mêmes dispositions. Par suite, ces conclusions doivent être rejetées comme étant manifestement irrecevables.

6. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative au profit de l'une ou l'autre partie.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A et de Mme E est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par M. C sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. F A, à Mme D E, à M. B C et à la ville de Paris.

Fait à Paris, le 11/07/2024.

La vice-présidente de la 4ème section,

M.-O. Le Roux

La République mande et ordonne au préfet de la région d'Île-de-France, préfet de Paris, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

N°2318362/4-

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