vendredi 14 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2318384 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 6e Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET KATO & LEFEBVRE (SELARL) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 3 août 2023 et 23 avril 2024, Mme C B, représentée par Me Navennec Normand, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, établissement relevant de l'Assistance publique - hôpitaux de Paris (AP-HP), à lui verser la somme de 10 890,90 euros en réparation des préjudices subis à la suite de sa prise en charge le 6 septembre 2011 ;
2°) de mettre à la charge de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière (AP-HP) la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme B soutient que :
- l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière a commis une faute lors de l'ovariectomie droite qu'elle a subie le 6 septembre 2011, dès lors qu'une malfaçon de l'utilisation de la pince chirurgicale employée a eu pour conséquence la mise en œuvre d'agrafes peu ou pas fermées dont la migration a entraîné, à terme, la survenue d'une occlusion intestinale aigüe le 9 décembre 2019 ;
- la responsabilité de l'hôpital est engagée à hauteur de 60 % correspondant à sa perte de chances d'éviter les conséquences dommageables ;
- elle est fondée à solliciter le versement de la somme de 3 400 euros au titre des frais d'expertise, de la somme de 6 000 euros au titre de ses dépenses de santé futures, de la somme de 2 751,50 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire, de la somme de 4 000 euros au titre des souffrances qu'elle a endurées et de la somme de 2 000 euros au titre de son préjudice esthétique permanent, soit un total de 18 151,50 euros, lequel doit être ramené, après application du taux de perte de chance de 60 %, à 10 890,90 euros, auxquels doit être ajoutée la somme de 41,21 euros au titre des frais kilométriques sur lesquels le taux de perte de chance ne s'applique pas.
Par un mémoire, enregistré le 8 février 2024, la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de Paris, représentée par Me Lefebvre, demande au tribunal :
1°) de condamner l'AP-HP à lui rembourser la somme de 10 757,05 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter du 8 février 2024 ;
2°) de condamner l'AP-HP à lui verser l'indemnité forfaitaire de gestion prévue à l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale ;
3°) de mettre à la charge de l'AP-HP la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient qu'elle est fondée à demander le remboursement par l'AP-HP de la somme de 10 757,05 euros qu'elle a exposée au titre des débours définitifs engagés au bénéfice de la victime.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 mars 2024, l'AP-HP demande au tribunal :
1°) à titre principal, de rejeter la requête de Mme B, de débouter la CPAM de Paris de toutes ses demandes et de mettre à la charge de la requérante la somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
2°) à titre subsidiaire, d'ordonner une mesure de contre-expertise aux seuls frais de la requérante en la confiant à un expert spécialisé en chirurgie digestive et au contradictoire de Mme B, du centre hospitalier de Meaux, de l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM) et des organismes sociaux, de rejeter tout autre demande et de réserver les dépens ;
3°) à titre infiniment subsidiaire, de ramener l'indemnisation allouée à la requérante à la somme de 3 510,84 euros, d'allouer à la CPAM de Paris la somme de 7 645,23 euros au titre de ses débours et de l'indemnité forfaitaire de gestion, de rejeter la demande de la CPAM de Paris présentée sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, de limiter la somme allouée à Mme B sur le fondement des mêmes dispositions à 1 000 euros, de rejeter toutes demandes plus amples ou contraires et de statuer sur les dépens.
Elle fait valoir que :
- sa responsabilité du fait de la mauvaise utilisation de la pince chirurgicale n'est pas établie, dès lors que la présence des agrafes ayant provoqué l'occlusion intestinale ne peut lui être imputée avec certitude, Mme B ayant subi une intervention avec pince chirurgicale au centre hospitalier de Meaux le 31 mars 2009 et ayant présenté des douleurs abdominales par la suite ; en outre, le centre hospitalier de Meaux a commis une erreur de diagnostic lors du premier épisode d'occlusion intestinale subi par Mme B du 3 au 5 juin 2012, qui n'a pas permis d'éviter l'occlusion intestinale survenue en 2019 ; il demeure une incertitude sur le mécanisme ayant mené au dommage ; si la présence des agrafes est en lien avec l'intervention réalisée à la Pitié-Salpêtrière, elle s'analyse alors comme un accident médical non fautif ;
- à titre subsidiaire, il convient d'organiser une mesure de contre-expertise au contradictoire des parties confiée à un expert spécialisé en chirurgie digestive et viscérale ;
- à titre infiniment subsidiaire, les préjudices subis par Mme B doivent être indemnisés, après application du taux de perte de chance de 60 %, à 1 260,84 euros en ce qui concerne le déficit fonctionnel temporaire, 1 500 euros en ce qui concerne les souffrances qu'elle a endurées et 300 euros en ce qui concerne le préjudice esthétique permanent, les demandes concernant les frais divers et les dépenses de santé futures devant être rejetées ;
- la créance de la CPAM de Paris doit être ramenée à 6 454,23 euros au titre des débours exposés après application du taux de perte de chance de 60 % ;
- la somme allouée à Mme B sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne saurait excéder la somme de 1 000 euros et la demande présentée par la CPAM de Paris sur ce même fondement doit être rejetée.
Par une ordonnance du 23 avril 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 24 mai 2024.
Vu :
- le rapport d'expertise déposé le 14 janvier 2023 par le docteur A ;
- l'ordonnance du 17 février 2023 par laquelle le président du tribunal administratif de Melun a taxé et liquidé les frais et honoraires de l'expert à la somme de 3 400 euros ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique,
- le code de la sécurité sociale,
- l'arrêté du 23 décembre 2024 relatif aux montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale pour l'année 2025,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Berland,
- les conclusions de M. Beaujard, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, alors âgée de dix-sept ans, a subi le 31 mars 2009 une ablation de la rate au centre hospitalier de Meaux, qui relève du Grand hôpital de l'Est francilien. Le 5 décembre 2009, elle a consulté aux urgences de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, qui relève de l'Assistance publique - hôpitaux de Paris (AP-HP), pour des douleurs abdominales. Le scanner abdomino-pelvien pratiqué n'a pas mis en évidence de cause abdominale et un diagnostic d'hémoglobinurie paroxystique nocturne a été posé. Ce diagnostic a été confirmé lors d'une nouvelle crise douloureuse prise en charge le 24 novembre 2010 au centre hospitalier de Meaux. Cette affection a justifié une indication de greffe de moëlle osseuse, qui a été réalisée en 2011. Antérieurement à cette intervention, Mme B a subi un prélèvement de tissu ovarien, réalisé le 6 septembre 2011 au service de gynécologie obstétrique de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière. Le 10 octobre 2011, Mme B a consulté aux urgences du centre hospitalier de Meaux pour de violentes douleurs abdominales. Une nouvelle crise douloureuse, révélant un épisode d'occlusion intestinale, est survenue le 3 juin 2012. Mme B a été hospitalisée trois jours au centre hospitalier de Meaux, l'occlusion ayant connu une évolution favorable. Le 5 décembre 2019, Mme B a été à nouveau hospitalisée au centre hospitalier de Meaux pour une occlusion intestinale sur bride, qui a nécessité une intervention chirurgicale. Celle-ci a permis de constater que la bride occlusive était constituée d'une agrafe métallique ouverte, résiduelle des interventions précédentes. Les suites de l'opération ont été simples et Mme B a été déclarée consolidée le 20 janvier 2020.
2. Estimant avoir subi une faute dans sa prise en charge, Mme B a demandé en référé une mesure d'expertise. Par ordonnance du 30 juin 2021, le juge des référés du tribunal administratif de Melun a désigné en qualité d'expert un chirurgien en chirurgie générale et digestive. Sur la base du rapport d'expertise déposé le 14 janvier 2023, qui conclut que le dommage subi par Mme B a été causé par une malfaçon dans l'utilisation d'une pince chirurgicale lors de l'intervention du 6 septembre 2011, Mme B a adressé le 12 avril 2023 une demande indemnitaire à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, reçue le 17 avril suivant. A défaut de réponse à sa demande, elle a saisi le tribunal afin de voir indemniser ses préjudices par l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière sur le fondement de la faute.
3. L'hôpital de la Pitié-Salpêtrière étant dépourvu de la personnalité morale, les conclusions de la requêtes dirigées contre cet établissement doivent être regardées comme dirigées contre l'AP-HP, qui est partie à la présente instance.
Sur la responsabilité de l'AP-HP :
4. Aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. -Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. ".
5. Mme B recherche la responsabilité de l'AP-HP en raison d'une faute commise lors de l'intervention du 6 septembre 2011. Elle fait valoir que la présence d'agrafes pas ou peu fermées aurait dû attirer l'attention du chirurgien lors de l'intervention.
6. D'une part, il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise judiciaire, que Mme B a subi, le 5 décembre 2019, une occlusion intestinale mécanique du grêle sur une micro-agrafe ouverte provenant de la ligne d'agrafage de la pince chirurgicale endo-GIA utilisée pour réaliser une ovariectomie droite en vue d'une cryoconservation, le 6 septembre 2011, dans le service de gynécologie-obstétrique de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière. Si l'AP-HP fait valoir en défense qu'une pince chirurgicale endo-GIA avait également été utilisée lors de la splénectomie réalisée sur la requérante le 31 mars 2009 au centre hospitalier de Meaux et que la micro-agrafe ayant provoqué le dommage aurait pu provenir de cette première intervention, elle n'apporte aucun élément de nature à remettre en cause l'expertise sur ce point, alors, au demeurant, que les scanners abdominaux réalisés en décembre 2009 et en décembre 2019 montrent que les positions des clips utilisés pour la splénectomie et celle de la micro-agrafe libre dans la loge de splénectomie sont restées inchangées entre ces deux dates. En outre, si la défense fait valoir que Mme B a présenté des douleurs abdominales postérieurement à l'intervention du 31 mars 2009, il résulte de l'instruction que le scanner abdominal et l'échographie réalisés à ces occasions étaient normaux et que ces douleurs étaient imputables à une hémoglobinurie paroxystique nocturne dont le traitement a nécessité la réalisation d'une greffe de moëlle osseuse en 2011. Enfin, si Mme B a présenté un premier épisode d'occlusion intestinale mécanique en 2012 qui a été incorrectement diagnostiqué par le centre hospitalier de Meaux, il résulte de l'instruction que cette erreur de diagnostic n'a pas eu de conséquences sur la réitération d'une occlusion intestinale en 2019, dès lors que le traitement qui a été appliqué, conforme aux règles de l'art, a permis la résolution de l'occlusion et qu'une intervention chirurgicale postérieure par laparotomie aurait fait courir à la requérante des risques disproportionnés pour un résultat incertain. Il résulte ainsi de l'instruction que le dommage subi par Mme B a été causé de façon directe et certaine par l'utilisation de la pince mécanique endo-GIA lors de l'ovariectomie du 6 septembre 2011 effectuée à l'hôpital de la Pitié Salpêtrière.
7. D'autre part, il résulte également de l'instruction que toute intervention abdominale est à l'origine de brides susceptibles d'entraîner une occlusion intestinale, que la présence de corps étrangers est de nature à augmenter le risque de constitution de lésions cicatricielles et que la présence de micro-clips fermés retrouvés dans le péritoine lors de l'utilisation d'une pince chirurgicale endo-GIA n'est pas exceptionnelle, non plus que leur migration. Toutefois, il résulte également de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, qu'en cas d'utilisation de la pince endo-GIA sur des tissus épais, ce qui est le cas en l'espèce dès lors que Mme B a subi une ovariectomie partielle, la fermeture des agrafes devient aléatoire selon l'épaisseur du tissu écrasé. En outre, l'identification de micro-agrafes ouvertes constitutives de la bride à l'origine de l'occlusion intestinale aigüe opérée le 9 décembre 2019 révèle une " malfaçon " dans l'utilisation de la pince, l'agrafage ayant possiblement mordu sur un élément du voisinage. Si l'AP-HP fait valoir en défense que la faute n'est pas établie, dès lors que le rapport d'expertise indique également que la présence d'une endométriose sur la tranche de section de l'ovaire est susceptible de favoriser la constitution d'une adhérence en dehors de toute " malfaçon ", il résulte de l'instruction, et notamment du compte-rendu de l'intervention chirurgicale du 9 décembre 2019, que l'extraction de l'agrafe ouverte constituant la bride a entraîné une amélioration immédiate de l'état de la requérante et qu'aucune autre adhérence n'a été repérée au cours de l'examen de l'ensemble de l'intestin grêle. Ainsi, la " malfaçon " relevée dans l'utilisation de la pince chirurgicale endo-GIA lors de l'intervention du 6 septembre 2011 constitue une faute de nature à engager la responsabilité de l'AP-HP.
Sur les préjudices :
8. Dans le cas où la faute commise lors de la prise en charge ou le traitement d'un patient dans un établissement public hospitalier a compromis ses chances d'obtenir une amélioration de son état de santé ou d'échapper à son aggravation, le préjudice résultant directement de la faute commise par l'établissement et qui doit être intégralement réparé n'est pas le dommage corporel constaté, mais la perte de chance d'éviter que ce dommage soit advenu. La réparation qui incombe à l'hôpital doit alors être évaluée à une fraction du dommage corporel déterminée en fonction de l'ampleur de la chance perdue.
9. En l'espèce, la malfaçon dans l'utilisation de la pince chirurgicale endo-GIA lors de l'intervention du 6 septembre 2011 doit être regardée comme ayant privé Mme B d'une chance de 60 % d'éviter la survenue d'un épisode d'occlusion intestinale aigüe.
S'agissant des préjudices patrimoniaux :
Quant aux frais divers :
10. Mme B demande à être indemnisée des frais de transport qu'elle a exposés pour se rendre aux urgences du centre hospitalier de Meaux les 10 octobre 2011, 3 juin 2012 et 9 décembre 2019. Si Mme B indique ne plus détenir les certificats d'immatriculation des véhicules utilisés, il y a lieu de retenir, sur la base du barème kilométrique le plus bas applicable au titre des années considérées, une somme de 27 euros au titre des frais de déplacement, soit 16,20 euros après application du taux de perte de chance de 60 %.
Quant aux dépenses de santé actuelles :
11. En premier lieu, Mme B ne fait valoir aucune dépense de santé actuelle qui serait restée à sa charge.
12. En second lieu, il résulte de l'instruction que la CPAM de Paris a exposé des débours qu'elle justifie par une notification définitive des débours datée du 7 février 2024 ainsi qu'une attestation d'imputabilité du 30 janvier 2024, pour un montant de 10 757,05 euros correspondant à des frais hospitaliers du 3 au 5 juin 2012 et du 5 au 12 décembre 2019. Après application du taux de perte de chance de 60%, il y a lieu de fixer sa créance à une somme de 6 454,23 euros qui sera mise à la charge de l'AP-HP.
Quant aux dépenses de santé futures :
13. Mme B demande l'allocation de la somme de 6 000 euros au titre de dépenses de santé futures. Cependant, alors qu'il résulte du rapport d'expertise que cette somme correspond aux frais éventuellement engendrés en cas de récidive d'occlusion intestinale aigüe, la réalité de ce poste de préjudice n'est pas établie par la requérante et sa demande à ce titre doit être rejetée.
S'agissant des préjudices extrapatrimoniaux :
14. En premier lieu, il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que Mme B a souffert d'un déficit fonctionnel temporaire total lors de ses périodes d'hospitalisation, du 3 au 5 juin 2012 et du 5 au 12 décembre 2019, et d'un déficit fonctionnel temporaire partiel évalué à 3% du 9 septembre 2011 au 2 juin 2012, puis du 6 juin 2012 au 4 décembre 2019, à 20 % du 13 au 31 décembre 2019, et à 10 % du 1er au 19 janvier 2020, veille de sa consolidation. Sur la base d'un forfait journalier de 20 euros, il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en le fixant à une somme de 2 137,60 euros, soit 1 282,56 euros après application du taux de perte de chance de 60 %.
15. En deuxième lieu, il sera fait une juste appréciation des souffrances endurées par Mme B, évaluées par l'expert à 2,5 sur une échelle de 7, en fixant la réparation de ce préjudice à une somme de 3 000 euros, soit 1 800 euros après application du taux de perte de chance de 60 %.
16. En dernier lieu, il sera fait une juste appréciation du préjudice esthétique permanent de Mme B, évalué par l'expert à 0,5 sur une échelle de 7, en le fixant à une somme de 500 euros, soit 300 euros après application du taux de perte de chance de 60 %.
Sur l'indemnité forfaitaire de gestion :
17. La CPAM de Paris a droit à l'indemnité forfaitaire régie par les dispositions de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale pour le montant de 1 212 euros fixée par l'arrêté du 23 décembre 2024 relatif aux montants de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale.
Sur les intérêts :
18. Lorsqu'ils ont été demandés, et quelle que soit la date de cette demande, les intérêts moratoires dus en application de l'article 1153 du code civil courent à compter du jour où la demande de paiement du principal est parvenue au débiteur ou, en l'absence d'une telle demande préalablement à la saisine du juge, à compter du jour de cette saisine. La somme allouée à la CPAM de Paris portera ainsi intérêts au taux légal à compter du 8 février 2024, date d'enregistrement de son mémoire.
Sur les dépens :
19. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. / L'Etat peut être condamné aux dépens. ".
20. Les frais et honoraires de l'expertise judiciaire, taxés et liquidés à la somme de 3 400 euros, par ordonnance du 17 février 2023 du président du tribunal administratif de Melun, sont mis à la charge définitive de l'AP-HP.
Sur les frais non compris dans les dépens :
21. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
22. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme B, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par l'AP-HP au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
23. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'AP-HP une somme de 2 500 euros à verser à Mme B et une somme de 1 800 euros à verser à la CPAM de Paris sur le même fondement.
D E C I D E :
Article 1er : L'Assistance publique - hôpitaux de Paris versera à Mme B une somme de 3 398,76 euros.
Article 2 : L'Assistance publique - hôpitaux de Paris versera à la caisse primaire d'assurance maladie de Paris une somme de 6 454,23 euros. Cette somme sera majorée des intérêts au taux légal à compter du 8 février 2024.
Article 3 : L'Assistance publique - hôpitaux de Paris versera à la caisse primaire d'assurance maladie de Paris une somme de 1 212 euros au titre de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale.
Article 4 : Les frais et honoraires de l'expert, d'un montant de 3 400 euros, sont mis à la charge définitive de l'Assistance publique - hôpitaux de Paris.
Article 5 : L'Assistance publique - hôpitaux de Paris versera à Mme B une somme de 2 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 6 : L'Assistance publique - hôpitaux de Paris versera à la caisse primaire d'assurance maladie de Paris une somme de 1 800 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 7 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 8 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B, à l'Assistance publique - hôpitaux de Paris et à la caisse primaire d'assurance maladie de Paris.
Délibéré après l'audience du 24 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Marzoug, présidente,
Mme Lambert, première conseillère,
Mme Berland, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 février 2025.
La rapporteure,
F. Berland
La présidente,
S. MarzougLa greffière,
K. Bak-Piot
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2318384/6-
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2530541
Le Tribunal Administratif de Paris a examiné un recours en excès de pouvoir contre un arrêté préfectoral refusant un titre de séjour et ordonnant l'éloignement d'une ressortissante ghanéenne. La juridiction a rejeté la requête, estimant que l'administration n'avait pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en considérant que l'état de santé de la requérante ne remplissait pas les conditions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour obtenir un titre de séjour. Le tribunal a également jugé que les autres moyens, notamment ceux relatifs à la durée de séjour et à la convention européenne des droits de l'homme, n'étaient pas fondés.
13/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2419955
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de la société Cerballiance visant à annuler l'opposition de l'ARS Île-de-France au transfert d'un site de son laboratoire de biologie médicale. Le tribunal a jugé que l'ARS était compétente pour prendre cette décision et que son refus, fondé sur le risque de dépassement du seuil de 25% de l'offre d'examens dans la zone de Paris, n'était entaché d'aucune erreur manifeste d'appréciation. La décision s'appuie sur les dispositions du code de la santé publique relatives à la régulation de l'implantation des laboratoires.
13/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2432036
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de requérants demandant l'annulation du refus du ministre de la justice d'approuver leur projet de recueil légal par kafala d'une enfant marocaine. Le tribunal a jugé que la décision attaquée, prise en application de l'article 33 de la convention de La Haye du 19 octobre 1996, était régulière en droit et que le ministre avait légalement exercé son pouvoir d'appréciation pour refuser l'approbation au regard de l'intérêt supérieur de l'enfant. Les moyens tirés de l'incompétence et de la méconnaissance des conventions internationales ont été écartés.
13/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2525763
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de Mme B... A... visant à annuler son obligation de quitter le territoire français (OQTF). La juridiction a estimé que l'arrêté préfectoral était régulier, notamment quant à la compétence de sa signataire et à sa motivation, et qu'il ne méconnaissait pas les articles 3 et 8 de la Convention européenne des droits de l'homme. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, après le rejet définitif de la demande d'asile de la requérante.
13/03/2026