vendredi 14 mars 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2319095 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 6e Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET KATO & LEFEBVRE (SELARL) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 août 2023, M. B A, représenté par Me Maujeul, demande au tribunal :
1°) de condamner solidairement l'hôpital européen Georges Pompidou et l'Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP) à lui verser la somme de 22 127,19 euros à titre d'indemnisation de ses préjudices ;
2°) de dire que cette somme portera intérêts au taux légal à compter du 13 avril 2023 et d'ordonner la capitalisation des intérêts échus ;
3°) de mettre à la charge solidaire de l'hôpital européen Georges Pompidou et de l'AP-HP la somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il a été victime d'une infection nosocomiale contractée le 25 avril 2018 lors d'une intervention chirurgicale pratiquée à l'hôpital européen Georges Pompidou ;
- la contamination du site opératoire est constitutive d'une faute de nature à mettre en cause la responsabilité de l'hôpital ;
- son déficit fonctionnel temporaire doit être indemnisé à hauteur de la somme de 936,25 euros ;
- ses souffrances endurées, évaluées à 3 sur une échelle de 7 par l'expert, doivent être indemnisées à hauteur de la somme de 7 000 euros ;
- son préjudice esthétique, évalué à 1 sur une échelle de 7 par l'expert, doit être indemnisé à hauteur de la somme de 2 000 euros ;
- son préjudice sexuel doit être indemnisé à hauteur de la somme de 500 euros ;
- son préjudice moral, résultant des troubles dans ses conditions d'existence, doit être indemnisé à hauteur de la somme de 5 000 euros ;
- les frais d'expertise s'élèvent à 4 290,84 euros ;
- les frais d'avocat s'élèvent à 2 400 euros.
Par deux mémoires, enregistrés les 14 septembre 2023 et 26 janvier 2025, la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de Paris, représentée par Me Lefebvre, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) à titre principal, de condamner l'AP-HP à lui verser la somme de 33 622,63 euros au titre des prestations versées dans l'intérêt de M. A et débouter l'AP-HP de sa contestation des indemnités journalières servies du 29 avril au 23 septembre 2018 ;
2°) à titre subsidiaire, de condamner l'AP-HP à lui verser la somme de 27 858,03 euros si le tribunal considérait la contestation de l'AP-HP comme fondée ;
3°) en toute hypothèse, d'assortir la condamnation des intérêts au taux légal à compter du 14 septembre 2023 ;
4°) de condamner l'AP-HP à lui verser la somme de 1 212 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion ;
5°) de condamner l'AP-HP à lui verser la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa créance est constituée de dépenses de santé et d'indemnités journalières servies à M. A ;
- les indemnités journalières versées à M. A du 29 avril 2018 au 23 septembre 2018 s'élèvent à la somme totale de 12 843,19 euros ; celles versées sur la période non contestée par l'AP-HP s'élèvent à la somme de 7 078,59 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 décembre 2024, l'AP-HP, représentée par Me Tsouderos, demande au tribunal de ramener à de plus justes proportions le montant de sa condamnation.
Elle fait valoir que :
- elle ne conteste pas le principe de sa responsabilité, mais celle-ci n'est pas engagée sur le fondement de la faute ;
- les demandes indemnitaires de M. A au titre du déficit fonctionnel temporaire, des souffrances endurées et du préjudice esthétique sont excessives et devront être ramenées à de plus justes proportions ;
- ses demandes formées au titre du préjudice sexuel et du préjudice moral devront être rejetées, à défaut d'être établies ;
- les frais d'expertise ne constituent pas un préjudice indemnisable ;
- les frais d'avocat relèvent de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
- la demande de remboursement des indemnités journalières formée par la CPAM de Paris ne tient pas compte des indemnités qui auraient été servies en tout état cause à M. A, du fait de l'arrêt de travail prescrit à sa sortie d'hospitalisation, même en l'absence de complication infectieuse.
Par une ordonnance du 27 décembre 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 27 janvier 2025.
Vu le rapport d'expertise et les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique,
- le code de la sécurité sociale,
- l'arrêté du 23 décembre 2024 relatif aux montants de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lambert,
- et les conclusions de M. Beaujard, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, alors âgé de quarante-cinq ans, qui souffrait de cervicalgies, a fait l'objet d'une arthrodèse cervicale C5-C7 le 25 avril 2018 dans le service d'orthopédie de l'hôpital européen Georges Pompidou, qui relève de l'Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP). Le 1er mai 2018, sa cicatrice a présenté un aspect inflammatoire et un écoulement jaune. M. A a dû être réopéré le 3 mai 2018 pour un lavage du site opératoire. Les prélèvements opératoires ont mis en évidence la présence de bactéries Pseudomonas aeruginosa et Saphylococcus epidermis. Une antibiothérapie a été mise en place par voie intraveineuse durant une semaine, puis par voie orale. M. A est sorti d'hospitalisation le 14 mai 2018 avec l'obligation de poursuivre le traitement antibiotique. Faisant valoir des préjudices en lien avec l'infection contractée au cours de l'opération chirurgicale du 25 avril 2018, M. A a sollicité en référé une mesure d'expertise judiciaire. Sur la base du rapport d'expertise judiciaire déposé le 14 mai 2021, M. A a saisi l'AP-HP d'une demande indemnitaire préalable. A défaut de réponse de l'AP-HP, M. A demande au tribunal de condamner l'AP-HP à l'indemniser de ses préjudices.
Sur la responsabilité :
2. Aux termes du second alinéa du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " Les établissements, services et organismes susmentionnés sont responsables des dommages résultant d'infections nosocomiales, sauf s'ils rapportent la preuve d'une cause étrangère. () ". Doit être regardée, au sens de ces dispositions, comme présentant un caractère nosocomial une infection survenant au cours ou au décours de la prise en charge d'un patient et qui n'était ni présente ni en incubation au début de celle-ci, sauf s'il est établi qu'elle a une autre origine que la prise en charge. Par ailleurs, aux termes de l'article L. 1142-1-1 du code de la santé publique : " Sans préjudice des dispositions du septième alinéa de l'article L. 1142-17, ouvrent droit à réparation au titre de la solidarité nationale : 1° Les dommages résultant d'infections nosocomiales dans les établissements, services ou organismes mentionnés au premier alinéa du I de l'article L. 1142-1 correspondant à un taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique supérieur à 25 % déterminé par référence au barème mentionné au II du même article, ainsi que les décès provoqués par ces infections nosocomiales ; / (). ".
3. Il résulte de l'instruction et en particulier des conclusions du rapport d'expertise, que M. A n'était porteur d'aucune infection lors de son admission à l'hôpital pour la chirurgie d'arthrodèse cervicale. Les premiers signes infectieux ont été rapportés à J+6 de l'opération. Selon l'expert, " La cause de l'infection ne fait aucun doute : elle relève d'une contamination du site opératoire lors de l'intervention chirurgicale pratiquée le 25 avril 2018 à l'hôpital européen Georges Pompidou. Elle résulte donc bien du séjour hospitalier de M. A. ". Il résulte en outre de l'instruction, et en particulier du rapport d'expertise, que M. A ne conserve pas de déficit fonctionnel permanent imputable à cette infection. Ainsi, la condition relative au taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique prévue à l'article L. 1142-1-1 précité du code de la santé publique n'est pas remplie. Il y a ainsi lieu de constater que l'infection dont a été victime M. A présente le caractère d'une infection nosocomiale, de nature à engager la responsabilité de l'AP-HP, qui n'en conteste au demeurant pas le principe.
Sur les préjudices de M. A :
4. En premier lieu, il résulte de l'instruction et en particulier du rapport d'expertise, que M. A a subi un déficit fonctionnel temporaire (DFT) imputable à l'infection, évalué à 75% du 2 mai au 14 mai 2018, à 25% du 11 juin 2018 au 15 juillet 2018, et à 10% du 12 décembre 2018 jusqu'à la date de consolidation, fixée au 13 juin 2019. Sur la base d'un coût de 20 euros par jour pour un déficit fonctionnel total, il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en le fixant à une somme de 1 000 euros. Cette somme sera mise à la charge de l'AP-HP.
5. En deuxième lieu, il sera fait une juste appréciation des souffrances endurées par M. A, évaluées à 3 sur une échelle de 7 par l'expert, compte tenu de la reprise chirurgicale, de l'antibiothérapie prolongée, des soins infirmiers et du retentissement psychologique, en les fixant à une somme de 3 500 euros. Cette somme sera mise à la charge de l'AP-HP.
6. En troisième lieu, il sera fait une juste appréciation du préjudice esthétique permanent de M. A, évalué à 1 sur une échelle de 7 par l'expert, compte tenu de la majoration de la cicatrice cervicale du fait de la reprise chirurgicale, en le fixant à la somme de 900 euros. Cette somme sera mise à la charge de l'AP-HP.
7. En quatrième lieu, M. A fait valoir, au titre du préjudice sexuel, qu'il a contracté une mycose génitale pendant son hospitalisation, laquelle a disparu un mois après le traitement antibiotique. Cependant, il y a lieu de rejeter ce poste de préjudice qui est déjà indemnisé au titre du DFT, eu égard à son caractère temporaire.
8. En cinquième lieu, M. A sollicite la réparation de son préjudice moral " du fait des troubles dans sa condition d'existence ". Présenté comme tel, ce poste de préjudice est déjà indemnisé au titre du DFT. Il y a donc lieu de rejeter la demande présentée au titre de ce poste de préjudice.
9. En dernier lieu, les frais d'expertise et les frais d'avocat, qui n'ont pas le caractère de préjudices indemnisables, sont pris en compte dans les dépens et les frais exposés non compris dans les dépens.
Sur la créance de la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de Paris :
En ce qui concerne les dépenses de santé :
10. Il résulte de l'attestation d'imputabilité de son médecin conseil que la CPAM de Paris a exposé des dépenses de santé en lien avec l'infection nosocomiale dont a été victime M. A à hauteur de la somme globale de 20 779,44 euros, correspondant à des frais hospitaliers du 2 au 14 mai 2018, à des frais médicaux et pharmaceutiques et à des frais de transport. Cette somme sera mise à la charge de l'AP-HP.
En ce qui concerne les indemnités journalières :
11. Il résulte de l'instruction que M. A a été placé en arrêt de travail à compter de l'intervention chirurgicale du 25 avril 2018. Il a repris le travail dans le cadre d'un mi-temps thérapeutique le 23 septembre 2018, puis à temps plein à compter du 1er avril 2019. La CPAM de Paris établit qu'elle a versé à M. A des indemnités journalières sans interruption du 29 avril 2018 jusqu'au 30 mars 2019. Il résulte du rapport d'expertise que, à partir du 12 décembre 2018, en l'absence d'infection, M. A n'aurait plus subi de DFT. Dans ces conditions, il y a lieu de dire que les indemnités journalières versées par la CPAM de Paris à M. A imputables à l'infection sont celles versées au titre de la période du 12 décembre 2018 au 30 mars 2019, soit la somme de 4 128,76 euros.
En ce qui concerne les intérêts et la capitalisation des intérêts :
12. D'une part, il y a lieu de majorer les sommes mises à la charge de l'AP-HP à verser à la CPAM de Paris des intérêts à compter du 14 septembre 2023, date d'enregistrement du mémoire de la CPAM de Paris en demande de cette somme.
13. D'autre part, il y a lieu de faire droit à la demande de la CPAM Paris de capitalisation des intérêts à compter du 14 septembre 2024, date à laquelle était due, pour la première fois, une année d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.
En ce qui concerne l'indemnité forfaitaire de gestion :
14. La CPAM de Paris a droit à l'indemnité forfaitaire régie par les dispositions de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale, pour le montant de 1 212 euros fixé par l'arrêté du 23 décembre 2024 relatif aux montants de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale.
Sur les dépens :
15. Les frais et honoraires de l'expertise judiciaire, taxés et liquidés à la somme globale de 4 290,84 euros, par ordonnance du 9 juillet 2021 du vice-président de ce tribunal, sont mis à la charge définitive de l'AP-HP.
Sur les frais non compris dans les dépens :
16. Il y a lieu de mettre à la charge de l'AP-HP, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, une somme de 2 000 euros à verser au requérant et une somme de 1 500 euros à verser à la CPAM de Paris.
D E C I D E :
Article 1er : L'Assistance publique-hôpitaux de Paris versera à M. A une somme de 5 400 euros.
Article 2 : L'Assistance publique-hôpitaux de Paris versera à la caisse primaire d'assurance maladie de Paris la somme de 24 908,20 euros. Cette somme sera majorée des intérêts au taux légal à compter du 14 septembre 2023. Les intérêts échus à la date du 14 septembre 2024, puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date, seront capitalisés pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 3 : L'Assistance publique-hôpitaux de Paris versera à la caisse primaire d'assurance maladie de Paris la somme de 1 212 euros au titre de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale.
Article 4 : Les dépens de l'expertise judiciaire, taxés et liquidés à la somme de 4 290,84 euros, sont mis à la charge définitive de l'Assistance publique-hôpitaux de Paris.
Article 5 : L'Assistance publique-hôpitaux de Paris versera à M. A une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 6 : L'Assistance publique-hôpitaux de Paris versera à la caisse primaire d'assurance maladie de Paris une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 7 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 8 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à l'Assistance publique-hôpitaux de Paris et à la caisse primaire d'assurance maladie de Paris.
Délibéré après l'audience du 21 février 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Marzoug, présidente,
Mme Lambert, première conseillère,
Mme Berland, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 mars 2025.
La rapporteure,
F. Lambert
La présidente,
S. Marzoug
La greffière,
K. Bak-Piot
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2319095/6-
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2530541
Le Tribunal Administratif de Paris a examiné un recours en excès de pouvoir contre un arrêté préfectoral refusant un titre de séjour et ordonnant l'éloignement d'une ressortissante ghanéenne. La juridiction a rejeté la requête, estimant que l'administration n'avait pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en considérant que l'état de santé de la requérante ne remplissait pas les conditions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour obtenir un titre de séjour. Le tribunal a également jugé que les autres moyens, notamment ceux relatifs à la durée de séjour et à la convention européenne des droits de l'homme, n'étaient pas fondés.
13/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2419955
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de la société Cerballiance visant à annuler l'opposition de l'ARS Île-de-France au transfert d'un site de son laboratoire de biologie médicale. Le tribunal a jugé que l'ARS était compétente pour prendre cette décision et que son refus, fondé sur le risque de dépassement du seuil de 25% de l'offre d'examens dans la zone de Paris, n'était entaché d'aucune erreur manifeste d'appréciation. La décision s'appuie sur les dispositions du code de la santé publique relatives à la régulation de l'implantation des laboratoires.
13/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2432036
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de requérants demandant l'annulation du refus du ministre de la justice d'approuver leur projet de recueil légal par kafala d'une enfant marocaine. Le tribunal a jugé que la décision attaquée, prise en application de l'article 33 de la convention de La Haye du 19 octobre 1996, était régulière en droit et que le ministre avait légalement exercé son pouvoir d'appréciation pour refuser l'approbation au regard de l'intérêt supérieur de l'enfant. Les moyens tirés de l'incompétence et de la méconnaissance des conventions internationales ont été écartés.
13/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2525763
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de Mme B... A... visant à annuler son obligation de quitter le territoire français (OQTF). La juridiction a estimé que l'arrêté préfectoral était régulier, notamment quant à la compétence de sa signataire et à sa motivation, et qu'il ne méconnaissait pas les articles 3 et 8 de la Convention européenne des droits de l'homme. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, après le rejet définitif de la demande d'asile de la requérante.
13/03/2026