mardi 24 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2319501 |
| Type | Décision |
| Avocat requérant | ALMEIDA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 21 et 29 août 2023, Mme B, représentée par Me Almeida, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, dans le dernier état de ses écritures :
1°) à titre principal, d'enjoindre au préfet de police de lui fixer un rendez-vous, afin qu'elle puisse déposer une demande de titre de séjour, et de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour, dans un délai de sept jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
2°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet de police de suspendre la décision de classement sans suite du 26 juillet 2023 de sa demande de titre de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les conditions de l'urgence et de l'utilité de la mesure sont remplies dès lors qu'elle est maintenue en situation irrégulière, qu'elle vit avec l'anxiété permanente d'un contrôle de sa situation administrative et qu'elle démontre avoir essayé, en vain, de prendre rendez-vous auprès de la préfecture de police afin de déposer sa demande de titre de séjour ;
- la mesure sollicitée ne fait pas obstacle à l'exécution de la décision de classement sans suite de sa demande de titre de séjour prise par le préfet de police, qui est entachée d'une erreur de fait, est insuffisamment motivée et méconnait les dispositions de l'article L. 421-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 août 2023, le préfet de police conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les mesures sollicitées font obstacle à l'exécution de la décision de classement sans suite qu'il a pris.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Perrin pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante chinoise, née le 4 août 1992, arrivée en France le 25 septembre 2017, munie d'un visa D " étudiant ", a obtenu un titre de séjour portant la mention " étudiant ", qui expirait le 17 juin 2022. Elle a sollicité par la suite un changement de statut pour un titre de séjour portant la mention " entrepreneur/ profession libérale ". Son dossier ayant été classé sans suite par la préfecture de police le 26 juillet 2023, Mme B demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de police, à titre principal, de lui délivrer un rendez-vous afin de déposer sa demande de changement de statut et d'obtenir un récépissé, et à titre subsidiaire de suspendre la décision de classement sans suite de sa demande de changement de statut.
Sur les conclusions présentées à titre principal aux fins d'injonction et d'astreinte :
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
3. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.
4. Mme B soutient avoir envoyé, le 18 mai 2022, un courriel à la préfecture de police afin d'obtenir un rendez-vous afin de déposer sa demande de changement de statut. Le 5 juin 2023, elle a déposé une demande de changement de statut sur le site " Démarches simplifiées ", demande qui a été classée sans suite le 26 juillet 2023, au motif que son titre de séjour était périmé depuis plus de six mois. Dès lors, la mesure sollicitée, qui aurait pour effet de faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, ne saurait être ordonnée par le juge des référés saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.
Sur les conclusions à titre subsidiaire tendant à suspendre la décision de classement sans suite du préfet de police du 26 juillet 2023 :
5. Mme B présente des conclusions tendant à ordonner à l'autorité administrative la suspension de la décision de classement sans suite de sa demande de titre de séjour, prise par le préfet de police le 26 juillet 2023, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative. Le prononcé d'une telle mesure, qui ne présente pas un caractère provisoire, excède la compétence du juge des référés.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet de police.
Fait à Paris, le 24 octobre 2023.
La juge des référés,
A. PERRIN
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2319501/9