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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2319502

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2319502

mardi 24 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2319502
TypeDécision
Avocat requérantLENGRAND

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 21 août, 1er septembre et 9 octobre 2023, M. B, représenté par Me Lengrand, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'enjoindre au préfet de police de lui fixer un rendez-vous afin de lui délivrer un récépissé de renouvellement de son titre de séjour, l'autorisant à travailler, dans un délai de cinq jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 800 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que son conseil renonce à percevoir la part contributive de l'Etat.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lorsqu'il se trouve en situation irrégulière et que cette situation le prive de toute source de revenus ;

- la mesure est utile dès lors qu'il essaye en vain de prendre rendez-vous pour renouveler son récépissé auprès de la préfecture de police dans l'attente de l'instruction de sa demande de renouvellement de titre de séjour ;

- elle ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 31 août 2023, le préfet de police conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les mesures sollicitées font obstacle à l'exécution de la décision de classement sans suite qu'il a pris.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle par une décision du 4 octobre 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Perrin pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant malien, né le 3 mars 1992, a bénéficié de plusieurs titres de séjour dont le dernier est arrivé à expiration le 26 avril 2023. Il a demandé le renouvellement de son titre de séjour le 28 février 2023 et a obtenu plusieurs récépissés dont le dernier était valable jusqu'au 15 août 2023. N'étant pas parvenu à obtenir un rendez-vous auprès de la préfecture de police, M. B demande au juge des référés du tribunal administratif de Paris, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de police de lui fixer un rendez-vous afin de pouvoir déposer sa demande de récépissé de renouvellement de titre de séjour.

Sur l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Par une décision du 4 octobre 2023, le bureau d'aide juridictionnelle a accordé l'aide juridictionnelle partielle à M. B. Par suite, les conclusions de la requête tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire sont devenues sans objet et il n'y a plus lieu d'y statuer.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

3. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

4. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.

5. Il résulte de l'instruction que M. B a déposé le 28 février 2023 une demande de renouvellement de son titre de séjour qui expirait le 26 avril 2023, et que la préfecture de police lui a notifié, par courriel daté du 24 juillet 2023, une demande de complément de son dossier, le requérant n'ayant pas fourni son nouveau contrat de travail, une autorisation de travail et l'attestation employeur avec ses trois derniers bulletins de salaire ou l'attestation d'activité professionnelle. Ce courriel indiquait que les pièces demandées devaient être envoyées sous format PDF dans un délai de quinze jours, sans quoi sa demande ne pourra aboutir. Par courriel du 14 août 2023, soit après l'expiration du délai de quinze jours, le requérant a communiqué, par la voie de son conseil, les pièces manquantes. L'absence de réponse de M. B, dans un délai de quinze jours, a entrainé la clôture de sa demande le 24 août 2023. Cette dernière décision ne peut être interprétée que comme une décision de rejet de sa demande de renouvellement de son titre de séjour.

6. Par suite, le juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, ne pouvant faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, la requête de M. B tendant à ce que le préfet lui délivre un rendez-vous afin que lui soit délivré un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour, ne pourra qu'être rejetée, l'intéressé demeurant fondé, s'il l'estime utile, d'en contester la légalité par un recours en excès de pouvoir devant le présent tribunal, assortie le cas échéant d'une demande de suspension sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.

Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

7. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit à la demande présentée par M. B sur le fondement des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête tendant à l'admission de M. B à l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à Me Lengrand.

Copie en sera adressée au préfet de police.

Fait à Paris, le 24 octobre 2023.

La juge des référés,

A. PERRIN

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2319502/9

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