jeudi 2 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2319721 |
| Type | Décision |
| Avocat requérant | NAVARRO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 24 août 2023, Mme A, représentée par Me Navarro, demande au juge des référés :
1°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de renouvellement de titre de séjour dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'elle ne justifie plus, depuis le 11 août 2023, de son droit au séjour et au travail et qu'elle est privée de la liberté de circulation ;
- la mesure est utile dès lors qu'elle se trouve privée de toute voie de droit pour obtenir une attestation prolongeant ses droits de séjour et de travail et l'autorisant à voyager ;
- elle ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 septembre 2023, le préfet de police conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions de la requête aux fins d'injonction et d'astreinte et au rejet des conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient qu'il a remis à Mme A, le 4 septembre 2023, une attestation de prolongation d'instruction.
Par un mémoire, enregistré le 5 septembre 2023, Mme A conclut à ce qu'il n'y a plus lieu à statuer sur les conclusions tendant à la délivrance d'une attestation de prolongation d'instruction dès lors qu'elle a été mise en possession de ce document le 4 septembre 2023, mais qu'elle maintient ses conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Perrin pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante turque, née le 26 juin 1990, entrée en France le 26 août 2020 sous couvert d'un visa long séjour valant titre de séjour en qualité de conjointe de français, a obtenu une carte de séjour pluriannuelle valable du 12 août 2021 au 11 août 2023. N'étant pas parvenu à obtenir le renouvellement de son titre de séjour depuis le dépôt de sa demande le 8 juin 2023, Mme A demande au juge des référés du tribunal administratif de Paris, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de police de lui remettre une attestation de prolongation d'instruction du renouvellement de son titre de séjour.
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
3. Il résulte de l'instruction que Mme A s'est vue remettre, postérieurement à l'introduction de la requête, le 4 septembre 2023, une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de renouvellement de titre de séjour, valable du 4 septembre 2023 au 3 décembre 2023. Par suite, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte doivent être regardées comme devenues sans objet et il n'y a plus lieu d'y statuer.
4. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée, y compris les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de Mme A aux fins d'injonction et d'astreinte.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet de police.
Fait à Paris, le 2 novembre 2023.
La juge des référés,
A. PERRIN
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2319721/9