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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2319729

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2319729

vendredi 8 septembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2319729
TypeDécision
Avocat requérantSCHWARZ

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 25 août 2023, Mme B A, représentée par Me Schwarz, demande au juge des référés, saisi en application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner, la suspension de l'exécution de la décision du 22 avril 2023 par laquelle le préfet de police de Paris a implicitement rejeté sa demande de renouvellement de son titre de séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer un récépissé de sa demande de renouvellement de titre de séjour ou une autorisation provisoire de séjour, dans un délai de sept jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil, en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sous réserve que Me Schwarz renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'elle est présumée s'agissant d'un refus de renouvellement de titre de séjour, qu'elle se trouve sans document autorisant son séjour en France et lui permettant de franchir les frontières afin de voir son fils malade se trouvant en Sierra Leone ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée dès lors que celle-ci est entachée d'un défaut de motivation, qu'elle est entachée d'une erreur de droit, qu'elle méconnait les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qu'elle est entachée de défaut d'examen particulier de sa demande et qu'elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 29 août 2023, le préfet de police conclut au non- lieu à statuer sur les conclusions de la requête aux fins de suspension et d'injonction et au rejet de ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que par un courriel du 29 août 2023, Mme A a été convoquée en préfecture pour le 5 septembre 2023 afin de lui délivrer un récépissé et de procéder à la reprise de l'instruction sur sa demande de titre de séjour.

Le bureau d'aide juridictionnelle a accordé l'aide juridictionnelle totale à Mme A par une décision du 30 juin 2023.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 25 août 2023 sous le n° 2319730 par laquelle Mme A demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991,

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Delesalle pour statuer sur les demandes de référé.

L'affaire, initialement appelée à une audience du 8 septembre 2023, a été radiée du rôle.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, ressortissante guinéenne née le 1er janvier 1950 et entrée en France le 16 octobre 2012 selon ses déclarations, a été titulaire d'un premier titre de séjour pour des motifs médicaux renouvelé jusqu'au 26 octobre 2017. A la suite d'un jugement du 12 décembre 2019 du tribunal, elle a été titulaire d'un titre de séjour pour des raisons tenant à sa vie privée et familiale valable du 11 mars 2020 au 10 mars 2021 dont elle a sollicité le renouvellement le 11 mars 2021. Elle a été placée sous récépissés régulièrement renouvelés dont le dernier a expiré le 20 décembre 2022 et dont le renouvellement lui a été refusé le 24 janvier 2023. Elle a alors demandé en vain la communication des motifs de la décision implicite de rejet de renouvellement de son titre de séjour par un courrier reçu par les services de la préfecture le 22 mars 2023. Par la présente requête, Mme A demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution d'une décision du 22 avril 2023 par laquelle sa demande de renouvellement de titre de séjour a été implicitement rejetée.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

3. Il résulte de l'instruction que le 29 août 2023, postérieurement à l'introduction de sa requête, le préfet de police a convoqué Mme A pour le 5 septembre 2023 afin de lui délivrer un récépissé et de procéder à la reprise de l'instruction de sa demande de titre de séjour. Par suite, les conclusions de la requête aux fins de suspension de la décision par laquelle le préfet de police a implicitement refusé de renouveler son titre de séjour, qui doit être regardée comme ayant été ainsi retirée, ainsi que celles aux fins d'injonction et d'astreinte, sont devenues sans objet. Il n'y a donc plus lieu d'y statuer.

4. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros, à verser à Me Schwarz, avocate de Mme A, en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Schwarz renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de Mme A aux fins de suspension, d'injonction et d'astreinte.

Article 2 : L'Etat versera à Me Schwarz, avocate de Mme A, la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Schwarz renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à Me Schwarz.

Copie en sera adressée au préfet de police de Paris.

Fait à Paris, le 8 septembre 2023.

Le juge des référés,

H. Delesalle

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 2319729/6-3

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