mardi 12 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2320283 |
| Type | Décision |
| Formation | 8e Section - MESD |
| Avocat requérant | BERTAUX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 2 et le 12 septembre 2023, M. C A B, retenu au centre de rétention de Paris-Vincennes, représenté par Me Bertaux, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté en date 1er septembre 2023 par lequel le préfet de police a prononcé son maintien en rétention administrative ;
2°) d'enjoindre au préfet de police de procéder à sa libération du centre de rétention administrative de Vincennes ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
M. A B soutient que :
-l'arrêté est entaché d'un défaut de garanties procédurales ;
- l'arrêté viole le principe du contradictoire dans la procédure préalable ;
-l'arrêté est entaché d'un défaut d'information sur la procédure de demande d'asile ;
-l'arrêté est insuffisamment motivé ;
-le préfet n'apporte pas la preuve de la régularité de la délégation de signature ;
-l'arrêté est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
-le préfet de police a méconnu sa situation personnelle.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Martin-Genier en application de l'article
R. 776-15 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Martin-Genier ;
- les observations de Me Berteaux, représentant M. A B,
- et les observations de Me Schwilden, représentant le préfet de police.
Considérant ce qui suit :
1. M. C A B ressortissant marocain né le 11 septembre 1987, retenu au centre de rétention de Paris-Vincennes, demande au tribunal d'annuler l'arrêté en date du 1er septembre 2023 par lequel le préfet de police de Paris a prononcé son maintien en rétention administrative.
2. Aux termes de l'article L. 754-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'un étranger placé ou maintenu en rétention présente une demande d'asile, l'autorité administrative peut procéder, pendant la rétention, à la détermination de l'État responsable de l'examen de cette demande conformément à l'article L. 571-1 et, le cas échéant, à l'exécution d'office du transfert dans les conditions prévues à l'article L. 751-13 ". Aux termes de l'article L. 754-3 de ce même code : " () si l'autorité administrative estime, sur le fondement de critères objectifs, que cette demande est présentée dans le seul but de faire échec à l'exécution de la mesure d'éloignement, elle peut prendre une décision de maintien en rétention de l'étranger pendant le temps strictement nécessaire à l'examen de sa demande d'asile par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et, en cas de décision de rejet ou d'irrecevabilité de celle-ci, dans l'attente de son départ () ". Enfin, aux termes de l'article L. 754-4 de ce même code : L'étranger peut demander au président du tribunal administratif l'annulation de la décision de maintien en rétention dans les quarante-huit heures suivant sa notification pour contester les motifs retenus par l'autorité administrative pour estimer que sa demande d'asile a été présentée dans le seul but de faire échec à l'exécution de la mesure d'éloignement () ".
3. En premier lieu, il résulte des termes mêmes des dispositions précitées que l'annulation d'une décision par laquelle l'autorité administrative maintient en rétention un étranger pendant le temps strictement nécessaire à l'examen de sa demande d'asile ne peut être utilement demandée que dans la mesure de la contestation des motifs retenus par l'autorité administrative pour estimer que sa demande d'asile a été présentée dans le seul but de faire échec à l'exécution de la mesure d'éloignement. Il en résulte que les moyens relevant de la légalité externe de l'arrêté du 1er septembre 2023 ne peuvent qu'être écartés comme inopérants. En tout état de cause, la décision est signée par une autorité compétente, est suffisamment motivée et le requérant a reçu toutes les informations relatives à sa situation et nécessaire au respect du principe du contradictoire dans la procédure préalable comme il ressort de tous les éléments portés à la connaissance du tribunal lors de l'audience. Il en résulte que les moyens relevant de la légalité externe de l'arrêté du 1er septembre 2023 ne peuvent qu'être écartés.
4. En second lieu, pour maintenir M. A B en rétention administrative à la suite de sa demande d'asile présentée le 1er septembre 2023, le préfet de police a relevé que le comportement de l'intéressé a été signalé par les services de police le 14 août 2023 pour communication de documents inexactes, qu'il est très défavorablement connu des services de police pour des faits de violences, viol menaces et détention de stupéfiants, qu'il ne peut justifier du lieu de sa résidence permanente, enfin que la demande d'asile présentée après son placement en rétention administrative ne l'a été qu'en vue de son éloignement. Il résulte des pièces et des débats à l'audience que M. A B s'est soustrait à une précédente mesure d'éloignement du 24 mars 2023, qu'il a agi afin de contrer son départ du pays en refusant d'embarquer dans l'avion le 1er septembre 2023, que sa prolongation de la rétention a été décidée par le juge de la détention et des libertés et qu'il résulte de ce comportement que la demande d'asile formulée le 1er septembre 2023 a constitué une manœuvre manifestement dilatoire en vue d'empêcher le retour dans son pays d'origine, à supposer même que l'OFPRA se serait prononcé avec retard sur le réexamen de sa demande d'asile. Compte tenu de ces circonstances, le préfet de police est fondé à estimer que M. A B n'a présenté sa demande d'asile que dans le seul but de faire échec à l'exécution de son éloignement. Dès lors, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation de cette décision doit être écarté.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A B doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A B et au préfet de police.
Lu en audience publique le 12 septembre 2023.
Le magistrat désigné,
P. MARTIN-GENIERLe greffier,
N. DUPOUY
La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/8
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2606789
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. B... visant à annuler l'arrêté du préfet de police prolongeant son interdiction de retour sur le territoire français. La juridiction a jugé que la décision contestée était suffisamment motivée et ne méconnaissait pas les exigences légales, notamment celles du code de l'entrée et du séjour des étrangers (articles L. 612-6, L. 612-10 et L. 612-11). Elle a également estimé que cette mesure ne portait pas une atteinte disproportionnée aux droits de M. B... au regard de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2606780
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A... visant à annuler son interdiction de retour sur le territoire français. La juridiction a estimé que l'arrêté préfectoral était légal, notamment car l'auteur de l'acte était compétent et que la motivation, examinant les critères de l'article L. 612-10 du CESEDA, était suffisante. Le tribunal a toutefois prononcé l'admission provisoire de l'intéressé au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
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Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A... visant à annuler un arrêté d'interdiction de retour sur le territoire français. La juridiction a jugé que le préfet de police était compétent pour prendre cette décision et que la motivation de l'arrêté, qui se fonde sur le maintien irrégulier de l'intéressé au-delà de son délai de départ volontaire, était suffisante au regard des articles L. 612-7 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le tribunal a toutefois prononcé l'admission provisoire de M. A... au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2606511
Le Tribunal Administratif de Paris a été saisi d'un recours pour excès de pouvoir contre une décision de l'OFII mettant fin aux conditions matérielles d'accueil d'un demandeur d'asile yéménite. Le tribunal a rejeté la demande d'annulation, estimant que la décision de l'OFII, motivée par le défaut de déclaration d'une protection internationale antérieure en Grèce, était suffisamment motivée et respectait les exigences procédurales. La juridiction a appliqué les dispositions de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que la directive européenne 2013/33/UE.
03/04/2026