LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2320386

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2320386

mardi 14 octobre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2320386
TypeDécision
PublicationC
Formation4e Section - 3e Chambre
Avocat requérantMEILHAC

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de la SAS AJ Montmartre contestant le refus de la Ville de Paris d’autoriser l’installation de deux terrasses ouvertes rue Mandar et d’une terrasse sur le pan coupé. La juridiction a estimé que la décision de la maire de Paris, fondée sur l’article DG.5 du règlement des terrasses, était justifiée par des motifs d’intérêt général liés à la sécurité et à la fluidité de la circulation piétonne dans une zone à forte affluence. Le tribunal a notamment relevé que la configuration des lieux et l’absence de droit à l’obtention d’une autorisation d’occupation du domaine public ne permettaient pas de retenir les moyens d’incompétence, d’insuffisance de motivation, d’erreur de fait ou de rupture d’égalité soulevés par la société.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 4 septembre 2023, la société par action simplifiée (SAS) AJ Montmartre, représentée par Me Meilhac, demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision du 14 mars 2023 par laquelle la Ville de Paris lui a refusé l’installation de deux terrasses ouvertes rue Mandar et d’une terrasse ouverte au niveau du pan coupé de la rue Mandar et de la rue Montmartre ;

2°) d’enjoindre la Ville de Paris de réexaminer la demande dans le délai de 1 mois suivant la notification du jugement à intervenir et de faire droit à la demande dans le délai de 2 mois suivant la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de la Ville de Paris la somme de 3 000 euros, en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
l’arrêté a été pris par une autorité incompétente ;
la décision est insuffisamment motivée ;
elle est entachée d’une erreur de fait ;
elle induit une rupture d’égalité.

Par un mémoire en défense enregistré le 16 mai 2024, la Ville de Paris conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 30 octobre 2024, la clôture de l’instruction a été fixée au 2 décembre 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- l’arrêté de la maire de Paris du 11 juin 2021 portant règlement de l’installation des étalages et terrasses sur la voie publique ainsi que des contre-étalages et contre-terrasses ;
- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A...,
- le rapport de M. Gualandi, rapporteur public,
- les observations de Me Meilhac, représentant la société par action simplifiée (SAS) AJ Montmartre et les observations de M. B..., représentant la Ville de Paris.

Considérant ce qui suit :

La société AJ Montmartre, qui exploite un établissement de restauration situé au 13, rue Mandar et au 66 rue Montmartre, dans le 2ème arrondissement de Paris, a sollicité le 29 août 2022 auprès de la maire de Paris plusieurs autorisations d’occupation du domaine public en vue d’installer à hauteur du 13 rue Mandar, une terrasse ouverte en deux parties, à hauteur du 64-66 rue Montmartre, une terrasse ouverte ainsi qu’une contre-terrasse ouverte de l’autre côté de la chaussée, à hauteur du pan coupé de la rue Mandar et de la rue Montmartre, une terrasse. Par arrêté du 14 mars 2023, la Ville de Paris a informé la société AJ Montmartre que seule la terrasse ouverte à hauteur du 64-66 rue Montmartre était autorisée et a informé la société que les autres demandes d’autorisation d’occupation privative du domaine public étaient rejetées. Le 5 mai 2023, la société requérante a formé un recours gracieux. La société AJ Montmartre demande l’annulation de la décision du 14 mars 2023, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux présenté le 5 mai 2023.

Sur les conclusions aux fins d’annulation :

Aux termes de l’article DG.5 du règlement des étalages et terrasses approuvé par un arrêté du maire de Paris du 6 mai 2011 : « L’autorisation peut être refusée notamment pour des motifs liés (…) aux conditions locales de circulation (piétons, livraisons, accès aux bâtiments ; / à la configuration des lieux (mobiliers urbain, signalisation, émergences, réseaux et concessionnaires, installations voisines, (…) ; / (…) aux conditions de sécurité (accès aux engins de secours, bouches d’incendie, robinets de barrages de gaz, circulation automobile…) ; (…) ».

Il appartient à l’autorité administrative affectataire de dépendances du domaine public de gérer celles-ci tant dans l’intérêt du domaine et de son affectation que dans l’intérêt général. L’autorité chargée de la gestion du domaine public peut autoriser une personne privée à occuper une dépendance de ce domaine en vue d’y exercer une activité économique, à la condition que cette occupation soit compatible avec l’affectation et la conservation du domaine et avec l’intérêt général. Les autorisations privatives d’occupation de ce domaine, telles que les autorisations d’implantation de terrasses ou leur renouvellement, ne constituent pas un droit pour les demandeurs ou leur titulaire.

Pour refuser de délivrer l’autorisation d’installation des terrasses sollicitées par la société requérante, la maire de Paris s’est fondée sur la non-conformité de l’installation de la contre-terrasse projetée aux dispositions de l’article DG 5 de ce règlement compte tenu des conditions locales de circulation, notamment le fait que le projet d’installation des trois terrasses ouvertes sont situées sur une zone piétonne à circulation réglementée où la circulation piétonne y est importante, qu’il convient de limiter l’autorisation au seul dispositif de la rue Montmartre, afin de rendre lisible le parcours emprunté par les piétons et de préserver la sécurité et la fluidité de la circulation piétonne. D’une part, la Ville de Paris soutient que, le trottoir de la rue Mandar n’étant pas large, l’implantation de la terrasse des commerçants impliqueraient « des zigzags permanents » pour les piétons. D’autre part, il ressort de pièces du dossier que neuf établissements situés dans la rue Mandar, notamment sur le même trottoir que celui occupé par l’établissement situé au 13 rue Mandar, bénéficient d’une autorisation de terrasse ouverte d’une largeur égale à celle sollicitée par ladite société, à savoir 0,60 mètres, situés contre le mur de la rue Mandar, et que l’un des restaurants dispose d’une autorisation d’exploiter une terrasse ouverte sur une largeur de 1,35 mètres, supérieure à celle demandée, sans que la Ville de Paris ne s’y soit opposée. Par ailleurs, s’agissant de l’emprise au niveau du pan coupé, , il ressort des pièces du dossier que la Ville de Paris n’apporte aucun élément permettant de démontrer que son implantation, dont la largeur est semblable à celle délivrée à celle de la terrasse qu’elle a autorisée sur la rue Montmartre, limiterait la lisibilité du parcours piétonnier, ou gênerait la sécurité et la fluidité de la circulation piétonne. Par suite, la requérante est fondée à soutenir que la Ville de Paris a commis une erreur de fait en estimant que les terrasses sollicitées ne pouvaient être accordées au motif qu’elles limiteraient la lisibilité du parcours, la fluidité de la circulation et constitueraient un obstacle supplémentaire pour les piétons.

Il résulte de ce qui précède, sans qu’il soit besoin d’examiner les autres moyens de la requête, que la société AJ Montmartre est fondée à demander l’annulation de l’arrêté du 14 mars 2023 en tant qu’il a rejeté sa demande d’autorisation d’installation de deux terrasses à hauteur du 13 rue Mandar et une terrasse à hauteur du pan coupé de la rue Mandar et de la rue Montmartre.

Sur les conclusions aux fins d’injonction et d’astreinte :

L’exécution du présent jugement, implique que la Ville de Paris réexamine la demande de la société requérante. Il y a dès lors lieu d’enjoindre à la maire de Paris de procéder à ce réexamen, dans un délai de deux mois, à compter de la notification du présent jugement, sans qu’il soit besoin d’assortir cette injonction d’une astreinte.

Sur les frais liés au litige :

Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de la Ville de Paris une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.





D E C I D E :



Article 1er : La décision du 14 mars 2023 de la maire de Paris est annulée en tant qu’elle a refusé l’installation de deux terrasses ouvertes rue Mandar et d’une terrasse ouverte au niveau du pan coupé de la rue Mandar et de la rue Montmartre.

Article 2 : Il est enjoint à la Ville de Paris de réexaminer la demande la société AJ Montmartre dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : La Ville de Paris versera à la société AJ Montmartre la somme de 1 500 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la société AJ Montmartre et à la Ville de Paris.

Délibéré après l'audience du 30 septembre 2025, à laquelle siégeaient :

M. Patrick Ouardes, président,
Mme Chloé Hombourger, première conseillère,
M. Vadim Melka, conseiller


Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 octobre 2025.


Le rapporteur



signé
V. A...

Le président,



signé
P. Ouardes


La greffière,


signé
J. Iannizzi



La République mande et ordonne au préfet de la région Ile de France, préfet de Paris, en ce qui le concerne ou à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.


Décisions similaires

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2401325

Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. B... contre la décision de non-opposition à la déclaration préalable de la société SFR pour l’implantation d’antennes de radiotéléphonie mobile à Paris 13e. Le tribunal a d’abord jugé que M. B... ne justifiait pas d’un intérêt à agir suffisant au sens de l’article L. 600-1-2 du code de l’urbanisme, car il n’a pas démontré que le projet affecterait directement ses conditions de jouissance de son bien. Par suite, la requête a été déclarée irrecevable, sans qu’il soit besoin d’examiner les autres moyens, notamment ceux tirés de l’absence d’avis de l’architecte des bâtiments de France ou de la méconnaissance de l’article R. 111-27 du code de l’urbanisme.

06/01/2026

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2324980

Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A... contestant son expulsion du territoire français en urgence absolue, décidée par le ministre de l'intérieur le 22 octobre 2023. Le tribunal a jugé que la procédure d'urgence absolue, prévue à l'article L. 632-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dispensait de consulter la commission spéciale d'expulsion, et que les autres moyens, notamment le détournement de procédure et la méconnaissance des articles L. 631-3 et L. 252-1, n'étaient pas fondés.

06/01/2026

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2431132

← Retour aux décisions

Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui demandait l’annulation d’un arrêté d’expulsion du 21 octobre 2024 et de la décision d’assignation à résidence prise le même jour par le préfet de police. Le tribunal a jugé que l’arrêté d’expulsion était suffisamment motivé et que le préfet n’avait pas commis d’erreur d’appréciation en considérant la présence de l’intéressé comme une menace grave pour l’ordre public, au vu de ses condamnations pénales. La solution retenue s’appuie sur les articles L. 631-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, ainsi que sur les articles 8 de la Convention européenne des droits de l’homme et 3-1 de la Convention internationale des droits de l’enfant, sans que ces derniers soient méconnus.

06/01/2026

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2432395

Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de Mme A... qui demandait l'annulation des décisions du garde des sceaux refusant son changement de nom de « A... » en « Sallaberry ». Le tribunal a écarté les moyens soulevés, jugeant que la décision de refus était suffisamment motivée au regard de l'article 6 du décret n°94-52 du 20 janvier 1994, et que l'absence d'enquête préalable n'entachait pas la procédure d'irrégularité. Sur le fond, il a estimé que les motifs affectifs invoqués par la requérante ne constituaient pas, en l'espèce, un intérêt légitime au sens de l'article 61 du code civil justifiant de déroger au principe de fixité du nom.

06/01/2026