mercredi 13 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2320694 |
| Type | Ordonnance |
| Avocat requérant | FALALA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 8 septembre 2023, Mme D C et M. A B, représentés par Me Sangue, demandent au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) de leur accorder l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'enjoindre au préfet de la région d'Ile-de-France, préfet de Paris, de les prendre en charge dans le cadre du dispositif d'hébergement d'urgence sans délai à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros à verser à leur conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et, dans le cas où l'aide juridictionnelle ne leur serait pas accordée, de leur verser cette somme.
Ils soutiennent que :
- la condition d'urgence est remplie ; ils sont dépourvus de ressource et d'hébergement, vivent dans la rue alors que Mme C est enceinte de 7 mois et sont en situation de détresse sociale ;
- la carence de l'Etat à proposer un hébergement, malgré leurs appels au 115 porte une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 septembre 2023, le préfet de la région d'Ile-de-France, préfet de Paris, représenté par Me Falala, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les requérants étaient pris en charge à la date d'introduction de leur requête et le sont au moins jusqu'au 15 septembre prochain. Par suite leur requête est irrecevable.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 2023 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Marino pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Migeon, greffière d'audience, M. Marino a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Sangue, pour M. B et Mme C qui concluent aux mêmes fins que la requête et demandent en outre qu'il soit enjoint à l'Etat, de les prendre effectivement en charge dans un hébergement d'urgence conforme aux articles L. 345-2-2 et L. 345-2-3 du code de l'action sociale et des familles, adapté à leur situation et d'assurer leur accompagnement social. Ils font valoir qu'ils n'ont été hébergés qu'à compter du 8 septembre 2023, que cet hébergement n'est prévu que jusqu'au 1er octobre 2023 et ne revêt ainsi ni caractère pérenne, ni accompagnement social, que M. B souffre d'une hépatite B chronique active et d'un diabète non insulino-dépendant et que la famille présente ainsi des circonstances particulières justifiant sa prise en charge ;
- les observations de Me Gorse, pour le préfet de la région d'Ile-de-France, préfet de Paris, qui fait valoir que la famille était hébergée au GL center depuis le 31 août 2023 et en hôtel depuis cette date.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ".
2. Aux termes de l'article L. 345-2 du code de l'action sociale et des familles : " Dans chaque département est mis en place, sous l'autorité du représentant de l'Etat, un dispositif de veille sociale chargé d'accueillir les personnes sans abri ou en détresse, de procéder à une première évaluation de leur situation médicale, psychique et sociale et de les orienter vers les structures ou services qu'appelle leur état. Cette orientation est assurée par un service intégré d'accueil et d'orientation () ". L'article L. 345-2-2 de ce code dispose que : " Toute personne sans abri en situation de détresse médicale, psychique ou sociale a accès, à tout moment, à un dispositif d'hébergement d'urgence. () ". Aux termes de l'article L. 345-2-3 du même code : " Toute personne accueillie dans une structure d'hébergement d'urgence doit pouvoir y bénéficier d'un accompagnement personnalisé et y demeurer, dès lors qu'elle le souhaite, jusqu'à ce qu'une orientation lui soit proposée. Cette orientation est effectuée vers une structure d'hébergement stable ou de soins, ou vers un logement, adaptés à sa situation ".
3. Il ressort des pièces du dossier et notamment de la fiche SIAO produites par les requérants, ainsi que de leurs dires, qu'ils sont hébergés depuis le 31 août 2023 et que cet hébergement est prévu jusqu'au 1er octobre suivant. Dans ces conditions, ils n'établissent l'existence ni d'une situation d'urgence ni d'une carence de l'Etat.
4. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme C et de M. B doit être rejetée dans toutes ses conclusions y compris celles tendant à leur admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme C et M. B ne sont pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme D C et M. A B, à Me Sangue et au ministre de la santé et de la prévention.
Copie en sera adressée au préfet de la région d'Ile-de-France, préfet de Paris.
Fait à Paris, le 13 septembre 2023.
Le juge des référés,
Y. MARINO
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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