LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2320891

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2320891

mardi 17 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2320891
TypeDécision
Avocat requérantTSOUDEROS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 11 septembre 2023 et le 31 juillet 2024, Mme D, représentée par Me Labejof-Lordinot, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative :

1°) à titre principal, de condamner l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) à verser à Mme D une somme de 703 965,50 euros en réparation des préjudices subis à la suite des fautes commises lors de sa prise en charge assortie des intérêts à taux légal à compter de la demande indemnitaire préalable et ordonner la capitalisation des intérêts à compter de la demande préalable ;

2°) à titre subsidiaire, si la responsabilité de l'AP-HP était écartée, mettre la réparation sollicitée de 703 965,50 euros à la charge de l'ONIAM au regard des préjudices qui découlent de l'accident médical subi ;

3°) de mettre à la charge de l'AP-HP une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- elle est titulaire d'une obligation non sérieusement contestable, dès lors que l'expertise contradictoire relève que la prise en charge de l'état de Mme D, non conforme aux règles de l'art, caractérise une faute de nature à engager la responsabilité de l'AP-HP et à l'origine des préjudices qu'elle a subi.

- sur les préjudices subis par Mme D :

* sur les préjudices extra patrimoniaux temporaires :

- le déficit fonctionnel temporaire est établi à hauteur de 15 617,50 euros ;

- la perte de chance est établie à 250 000 euros ;

- les souffrances endurées évaluées à 3,5 sur 7, soit la somme de 10 000 euros ;

* sur les préjudices extra patrimoniaux permanents :

- le déficit fonctionnel permanent est évalué à 50 000 euros ;

- l'incidence professionnelle est évaluée à 250 000 euros ;

- le préjudice d'agrément est évalué à 70 000 euros ;

- le préjudice esthétique permanent est évalué à 50 000 euros ;

- si la responsabilité de l'AP-HP devait être écartée, l'obligation dont elle se prévaut à l'égard de l'ONIAM n'est pas sérieusement contestable puisqu'elle a été victime d'un accident médical non fautif ouvrant droit à indemnisation par l'ONIAM au titre de la solidarité nationale sur le fondement des dispositions de l'article L. 1142 -1 du code de la santé publique.

Par un mémoire en défense enregistré le 11 juin 2024, l'AP-HP, représentée par Me Tsouderos, conclut :

1°) à titre principal, au rejet de la requête ;

2°) à titre subsidiaire, à ce que les sommes demandées à titre de provision soient ramenées à de plus justes proportions.

La requête a été transmise à la Caisse générale de sécurité sociale qui n'a pas produit d'observations.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Weidenfeld, présidente de section, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Mme D, alors étudiante en journalisme âgée de vingt-cinq ans, a été victime d'un accident de la circulation par choc frontal le 10 septembre 2012 en Martinique. Dans les suites de cet accident, Mme D a présenté une fracture bifocale de l'humérus gauche justifiant une intervention chirurgicale effectuée le 9 octobre 2012 par le docteur C à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, établissement dépendant de l'AP-HP. Conservant des séquelles de cette intervention, elle, par un courrier en date du 3 juillet 2023, adressé une demande d'indemnisation à l'AP-HP à laquelle une décision implicite de rejet a été opposée. Par la présente requête, Mme D demande au juge des référés, sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, de condamner l'AP-HP à lui verser la somme de 703 965,50 euros à titre de provision, à valoir sur l'indemnisation définitive des préjudices consécutifs à l'intervention chirurgicale réalisée le 9 octobre 2012 à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, et, à défaut, de mettre à la charge de l'ONIAM cette somme au titre de la solidarité nationale au regard des conséquences graves de l'accident médical qu'elle estime avoir subi.

2. Aux termes l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie. ". Il résulte de ces dispositions que, pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l'existence avec un degré suffisant de certitude. Dans ce cas, le montant de la provision que peut allouer le juge des référés n'a d'autre limite que celle qui résulte du caractère non sérieusement contestable de l'obligation dont les parties font état. Dans l'hypothèse où l'évaluation du montant de la provision résultant de cette obligation est incertaine, le juge des référés ne doit allouer de provision, le cas échéant assortie d'une garantie, que pour la fraction de ce montant qui lui parait revêtir un caractère de certitude suffisant.

S'agissant des conclusions dirigées contre l'AP-HP :

3. Aux termes du premier paragraphe de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. / Les établissements, services et organismes susmentionnés sont responsables des dommages résultant d'infections nosocomiales, sauf s'ils rapportent la preuve d'une cause étrangère ".

4. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que la lésion du nerf radial dont Mme D a été victime à l'occasion de l'intervention chirurgicale qu'elle a subie le 9 octobre 2012, à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, pour une ostéosynthèse par plaque d'une fracture bifocale de l'humérus gauche, résulte de la compression du nerf radial par la plaque distale mise en place au cours de l'intervention. Toutefois, en l'état de l'instruction, aucun élément du dossier, et notamment le rapport d'expertise, ne permet de considérer qu'une faute aurait été commise dans la prise en charge de l'intéressée. Dès lors, Mme D ne peut se prévaloir d'une créance non sérieusement contestable à l'encontre de l'AP-HP.

S'agissant des conclusions présentées au titre de la solidarité nationale :

5. Aux termes du II de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " Lorsque la responsabilité d'un professionnel, d'un établissement, service ou organisme mentionné au I ou d'un producteur de produits n'est pas engagée, un accident médical, une affection iatrogène ou une infection nosocomiale ouvre droit à la réparation des préjudices du patient, et, en cas de décès, de ses ayants droit au titre de la solidarité nationale, lorsqu'ils sont directement imputables à des actes de prévention, de diagnostic ou de soins et qu'ils ont eu pour le patient des conséquences anormales au regard de son état de santé comme de l'évolution prévisible de celui-ci et présentent un caractère de gravité, fixé par décret, apprécié au regard de la perte de capacités fonctionnelles et des conséquences sur la vie privée et professionnelle mesurées en tenant notamment compte du taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique, de la durée de l'arrêt temporaire des activités professionnelles ou de celle du déficit fonctionnel temporaire. () ". Aux termes de l'article D. 1142-1 du même code : " Le pourcentage mentionné au dernier alinéa de l'article L. 1142-1 est fixé à 24%. Un accident médical, une affection iatrogène ou une infection nosocomiale présente également le caractère de gravité mentionné à l'article L. 1142-1 lorsque la durée de l'incapacité temporaire de travail résultant de l'accident médical, de l'affection iatrogène ou de l'infection nosocomiale est au moins égale à six mois consécutifs ou à six mois non consécutifs sur une période de douze mois. A titre exceptionnel, le caractère de gravité peut être reconnu : 1° Lorsque la victime est déclarée définitivement inapte à exercer l'activité professionnelle qu'elle exerçait avant la survenue de l'accident médical, de l'affection iatrogène ou de l'infection nosocomiale ; 2° Ou lorsque l'accident médical, l'affection iatrogène ou l'infection nosocomiale occasionne des troubles particulièrement graves, y compris d'ordre économique, dans ses conditions d'existence ".

6. Il résulte des dispositions précitées du II de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique que l'ONIAM doit assurer, au titre de la solidarité nationale, la réparation des dommages résultant directement d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins à la double condition qu'ils présentent un caractère d'anormalité au regard de l'état de santé du patient comme de l'évolution prévisible de cet état et que leur gravité excède le seuil défini à l'article D. 1142-1.

7. Il résulte de l'instruction que le docteur A, expert judiciaire, a évalué le déficit fonctionnel permanent (DFP) de Mme D à 18%. L'expert a par ailleurs retenu un déficit fonctionnel temporaire (DFT) total de 5 jours, un DFT partiel de 50% du 10 mars au 30 avril 2013, puis des DFT partiels estimés à 25% du 1er mai au 13 juillet 2013 et à 20% du 14 juillet 2013 au 5 mars 2015. Les déficits fonctionnels subis par Mme D sont ainsi en-deçà des seuils de gravité prévus par les textes cités au point 5. Par ailleurs, si le rapport d'expertise note que " l'incapacité temporaire totale de travail comme étudiante en journalisme () est estimée à 6 mois soit du 6 mars 2013 au 6 septembre 2013 ", il n'en résulte pas, en l'état de l'instruction, que la requérante, qui était étudiante, puisse être regardée, de manière non sérieusement contestable, comme ayant subi une incapacité temporaire de travail au moins égale à six mois, alors en outre qu'une période de vacances est incluse dans la durée retenue par l'expert. Par suite, la créance dont se prévaut Mme D à l'encontre de l'ONIAM, n'apparaît pas comme présentant un caractère non sérieusement contestable.

8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de Mme D tendant au versement d'une provision doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête susvisée est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B D, à l'Assistance publique-hôpitaux de Paris et à la caisse générale de sécurité sociale.

Copie en sera adressée pour information à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux.

Fait à Paris, le 17 septembre 2024.

La juge des référés,

K. Weidenfeld

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2320891/6

← Retour aux décisions