jeudi 7 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2321107 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 6e Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET JASPER AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 septembre 2023 et un mémoire enregistré le 4 septembre 2024, Mme A B, représentée par la SELARL Consolin et Zanarini, demande au tribunal :
1°) de condamner l'Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP) à lui verser la somme totale de 291 934,78 euros en cas d'indemnisation à hauteur de 80 %, ou à titre subsidiaire de 189 959,24 euros en cas d'indemnisation à hauteur de 50 %, en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis à l'occasion de sa prise en charge du 8 au 15 octobre 2019 à l'hôpital Necker ;
2°) de condamner l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des maladies nosocomiales (ONIAM) à lui verser la somme de 67 983,70 euros en cas d'indemnisation à hauteur de 20%, ou à titre subsidiaire de 169 959, 24 euros en cas d'indemnisation à hauteur de 50 %, en réparation de ses préjudices ;
3°) de mettre à la charge de l'AP-HP, et à titre subsidiaire de l'ONIAM, les dépens et les frais d'expertise ;
4°) de mettre à la charge de l'AP-HP, et à titre subsidiaire de l'ONIAM, la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la responsabilité de l'AP-HP est engagée à raison de la faute résultant du défaut d'information quant aux risques encourus en cas de rachianesthésie et péridurale ;
- l'AP-HP doit être condamnée à l'indemniser de ses préjudices à hauteur de 80 %, hors préjudice d'impréparation, ou à titre subsidiaire, à 50 % ;
- l'ONIAM doit être condamnée à l'indemniser de ses préjudices à hauteur de 20 %, ou, à titre subsidiaire, à 50 %, en raison de l'accident médical non fautif caractérisé par la survenue d'une thrombophlébite dans les suites d'une rachianesthésie et péridurale ;
- les préjudices subis doivent être évalués à la somme totale de 359 918,48 euros, se décomposant comme suit : 20 000 euros au titre du préjudice d'impréparation, 770 euros au titre des dépenses de santé actuelles, 1 500 euros au titre des frais divers et assistance à expertise, 14 950 euros au titre de l'aide humaine temporaire, 4 856,24 euros au titre des pertes de gains professionnels actuels, montant réservé au titre des pertes de gains professionnels futurs, 25 000 euros au titre de l'incidence professionnelle, 259 506,24 euros au titre de l'aide humaine permanente, 2 520 euros au titre des dépenses de santé futures, 4 116 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire, 12 000 euros au titre des souffrances endurées, et 14 700 euros au titre du déficit fonctionnel permanent.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 décembre 2023, l'ONIAM conclut :
1°) à titre principal, au rejet de la requête ;
2°) à titre subsidiaire, à ce que sa condamnation soit limitée à hauteur de 10 % de l'ensemble des préjudices subis par Mme B ;
3°) en tout état de cause, au rejet de toute demande de condamnation solidaire à son encontre, au rejet de la demande de Mme B présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et à la condamnation de la partie perdante aux entiers dépens.
Il soutient que :
- il n'existe pas de lien de causalité direct et certain entre un acte de prévention, de diagnostic ou de soins et les préjudices subis par Mme B ;
- les conditions d'intervention de la solidarité nationale ne sont pas réunies.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 août 2024, l'AP-HP conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- sa responsabilité n'est pas engagée dans les dommages subis par Mme B ;
- il n'existe pas d'imputabilité directe et certaine entre les actes de soins et le dommage survenu ;
- Mme B n'est pas fondée à solliciter une somme au titre du défaut d'information et du préjudice d'impréparation.
La requête a été communiquée à la caisse primaire d'assurance maladie de Paris, qui n'a pas produit d'observations.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Doan,
- et les conclusions de M. Pény, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, née le 22 février 1983, a été admise le 8 octobre 2019 pour son accouchement, à l'hôpital Necker dépendant de l'Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP). Le 9 octobre, elle a développé des cervicalgies et un déficit moteur. Son état s'est aggravé le 11 octobre, avec des symptômes neurologiques et une perte de conscience. Une IRM réalisée le 12 octobre a confirmé une thrombose veineuse profonde récente. Elle a été transférée au centre hospitalier Sainte-Anne le 15 octobre et est rentrée à son domicile le 21 octobre 2019. Le 5 octobre 2020, le tribunal administratif de Paris, saisi en référé par Mme B, a ordonné une expertise médicale, dont le rapport a été déposé le 19 septembre 2022. Par la présente requête, Mme B demande au tribunal de condamner l'AP-HP et l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des maladies nosocomiales (ONIAM) à réparer les préjudices qu'elle estime avoir subis à l'occasion de sa prise en charge du 8 au 15 octobre à l'hôpital Necker.
Sur la responsabilité de l'AP-HP :
En ce qui concerne la faute médicale :
2. Aux termes des dispositions du premier paragraphe de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. / () ".
3. Il résulte de l'instruction, et notamment des conclusions du rapport d'expertise du 19 septembre 2022, que les soins prodigués à Mme B lors de son accouchement à l'hôpital Necker le 9 octobre 2019 ont été consciencieux, attentifs, diligents et conformes aux données acquises de la science, et qu'aucun retard fautif dans le diagnostic et la prise en charge de la thrombophlébite cérébrale n'a pu être identifié. Si l'indication de césarienne initiale, qui a conduit à la rachianesthésie, a dû être modifiée en raison du changement de positionnement du fœtus, identifié lors d'un contrôle échographique avant incision pour césarienne, il ne résulte pas de l'instruction que cette indication ait été incorrecte ou que le changement de positionnement fœtal aurait pu être identifié plus tôt. Dans ces conditions, aucune faute de nature à engager la responsabilité de l'AP-HP ne saurait être retenue dans la prise en charge de Mme B.
En ce qui concerne le défaut d'information :
4. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 1111-2 du code de la santé publique, dans sa version applicable au litige : " Toute personne a le droit d'être informée sur son état de santé. Cette information porte sur les différentes investigations, traitements ou actions de prévention qui sont proposés, leur utilité, leur urgence éventuelle, leurs conséquences, les risques fréquents ou graves normalement prévisibles qu'ils comportent ainsi que sur les autres solutions possibles et sur les conséquences prévisibles en cas de refus. () ".
5. En application de ces dispositions, doivent être portés à la connaissance du patient, préalablement au recueil de son consentement à l'accomplissement d'un acte médical, les risques connus de cet acte qui soit présentent une fréquence statistique significative, quelle que soit leur gravité, soit revêtent le caractère de risques graves, quelle que soit leur fréquence. Toutefois, en cas d'accident, le juge qui constate que le patient n'avait pas été informé du risque grave qui s'est réalisé doit notamment tenir compte, le cas échéant, du caractère exceptionnel de ce risque, ainsi que de l'information relative à des risques de gravité comparable qui a pu être dispensée à l'intéressé, pour déterminer la perte de chance qu'il a subie d'éviter l'accident en refusant l'accomplissement de l'acte.
6. En l'espèce, il résulte de l'instruction, et notamment des conclusions du rapport d'expertise, que si Mme B n'a pas été informée du risque de thrombose veineuse cérébrale en lien avec la rachianesthésie/péridurale, le rapport d'expertise indique que la fréquence des thromboses veineuses cérébrales suite aux brèches dure-mériennes est inférieure à 1 %, sans qu'il n'existe de chiffre précis dans la littérature médicale, de sorte que ce risque doit être considéré comme exceptionnel. Il résulte par ailleurs du même rapport que la rachianesthésie était nécessaire en vue de la réalisation d'une césarienne, au moment où celle-ci était indiquée, et ne pouvait être raisonnablement refusée par la patiente. Enfin, au vu du caractère exceptionnel du risque de thrombose veineuse lié à la péridurale, Mme B ne peut être regardée comme ayant perdu une chance d'éviter l'accident en refusant l'accomplissement de l'acte. Dans ces conditions, si l'intéressée n'est pas fondée à solliciter la condamnation de l'AP-HP à réparer les préjudices qu'elle a subis du fait des conséquences possibles de cette intervention, elle l'est en revanche à solliciter la réparation du préjudice d'impréparation issu du défaut d'information.
Sur le droit à indemnisation au titre de la solidarité nationale :
7. Aux termes des dispositions du deuxième paragraphe de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " II. - Lorsque la responsabilité d'un professionnel, d'un établissement, service ou organisme mentionné au I ou d'un producteur de produits n'est pas engagée, un accident médical, une affection iatrogène ou une infection nosocomiale ouvre droit à la réparation des préjudices du patient, et, en cas de décès, de ses ayants droit au titre de la solidarité nationale, lorsqu'ils sont directement imputables à des actes de prévention, de diagnostic ou de soins et qu'ils ont eu pour le patient des conséquences anormales au regard de son état de santé comme de l'évolution prévisible de celui-ci et présentent un caractère de gravité, fixé par décret, apprécié au regard de la perte de capacités fonctionnelles et des conséquences sur la vie privée et professionnelle mesurées en tenant notamment compte du taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique, de la durée de l'arrêt temporaire des activités professionnelles ou de celle du déficit fonctionnel temporaire. / Ouvre droit à réparation des préjudices au titre de la solidarité nationale un taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique supérieur à un pourcentage d'un barème spécifique fixé par décret ; ce pourcentage, au plus égal à 25 %, est déterminé par ledit décret. ". Aux termes de l'article D. 1142-1 du même code : " Le pourcentage mentionné au dernier alinéa de l'article L. 1142-1 est fixé à 24 %. / Présente également le caractère de gravité mentionné au II de l'article L. 1142-1 un accident médical, une affection iatrogène ou une infection nosocomiale ayant entraîné, pendant une durée au moins égale à six mois consécutifs ou à six mois non consécutifs sur une période de douze mois, un arrêt temporaire des activités professionnelles ou des gênes temporaires constitutives d'un déficit fonctionnel temporaire supérieur ou égal à un taux de 50 % () ".
8. Il résulte des dispositions combinées du II de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique et de l'article D. 1142-1 du même code que l'ONIAM doit assurer, au titre de la solidarité nationale, la réparation des dommages résultant directement d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins à la double condition qu'ils présentent un caractère d'anormalité au regard de l'état de santé du patient comme de l'évolution prévisible de cet état et que leur gravité excède le seuil défini à l'article D. 1142-1. La condition d'anormalité du dommage prévue par ces dispositions doit toujours être regardée comme remplie lorsque l'acte médical a entraîné des conséquences notablement plus graves que celles auxquelles le patient était exposé de manière suffisamment probable en l'absence de traitement. Lorsque les conséquences de l'acte médical ne sont pas notablement plus graves que celles auxquelles le patient était exposé par sa pathologie en l'absence de traitement, elles ne peuvent être regardées comme anormales sauf si, dans les conditions où l'acte a été accompli, la survenance du dommage présentait une probabilité faible. Ainsi, elles ne peuvent être regardées comme anormales au regard de l'état du patient lorsque la gravité de cet état a conduit à pratiquer un acte comportant des risques élevés dont la réalisation est à l'origine du dommage.
9. En l'espèce, ainsi qu'il a été dit au point 3, la responsabilité de l'AP-HP ne saurait être engagée dans la survenance des dommages subis par Mme B en présence d'un accident médical non-fautif. Eu égard à la probabilité de survenance d'une thrombophlébite cérébrale après l'intervention subie par Mme B, inférieure à 1 % selon le rapport d'expertise, la condition d'anormalité prévue par l'article L. 1142-1 du code de la santé publique doit être regardée comme remplie. En outre, Mme B a été placée en arrêt de travail à partir du 10 février 2020 et jusqu'au 2 septembre 2020, soit durant plus de six mois consécutifs. La condition de gravité prévue par les dispositions précitées de l'article D. 1142-1 du code de la santé publique est donc remplie. Par suite, Mme B peut prétendre à la réparation de ses préjudices au titre de la solidarité nationale.
10. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que la thrombophlébite cérébrale survenue chez Mme B peut être imputée à deux facteurs principaux, le contexte de post-partum et l'anesthésie péridurale/rachianesthésie pratiquée lors de l'accouchement. Les experts indiquent que la part du rôle respectif du post-partum et de l'anesthésie péridurale/rachianesthésie ne peut être déterminée de manière exacte. Ils indiquent également que le dossier médical de Mme B mentionne une mutation du facteur 5 de la coagulation, facteur favorisant connu de thrombose veineuse. Dans ces conditions, en l'absence de toute possibilité de préciser la part exacte de chaque cause potentielle, il y a lieu de retenir une imputabilité des préjudices subis à l'accident médical non-fautif à hauteur de 50 %, et de condamner l'ONIAM à les réparer dans cette mesure au titre de la solidarité nationale.
Sur les préjudices :
11. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que la date de consolidation de l'état de santé de Mme B a été fixée au 9 octobre 2021.
En ce qui concerne les préjudices patrimoniaux :
S'agissant des dépenses de santé actuelles :
12. Il résulte de l'instruction que sont restés à la charge de Mme B des frais correspondant à des séances non remboursées de soutien psychologique avant la consolidation, pour un montant total de 770 euros. Il y a donc lieu de condamner l'ONIAM à rembourser à Mme B la somme de 385 euros, après application du taux d'imputabilité.
S'agissant des dépenses de santé futures :
13. Il résulte de l'instruction que restent à la charge de Mme B des frais correspondant à des séances de psychothérapie en lien avec le dommage subi, à raison d'une séance par mois pendant trois ans après consolidation, pour un prix moyen de 70 euros par séance. Il y a donc lieu de condamner l'ONIAM à rembourser à Mme B la somme de 1 260 euros après application du taux d'imputabilité.
S'agissant des frais divers :
14. Mme B demande le remboursement des honoraires du médecin conseil qui l'a assistée à l'occasion de l'expertise, pour un montant de 1 500 euros. Ces frais résultant intégralement du dommage subi par Mme B, il y a lieu de lui accorder la somme de 1 500 euros à ce titre à mettre à la charge de l'ONIAM.
S'agissant des dépenses liées à l'assistance par une tierce personne pour les besoins de la vie quotidienne passée :
15. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que Mme B a eu besoin de l'assistance d'une tierce personne pour les besoins de la vie quotidienne à hauteur de six heures par semaine du 11 octobre 2019 au 30 août 2020. Si la requérante conteste l'évaluation des experts et soutient qu'il convient de retenir une aide de deux heures par jour, elle n'apporte pas d'éléments suffisamment précis de nature à remettre en cause leur appréciation. Il y a donc lieu, en retenant un coût horaire de 20,50 euros reposant sur une année de 412 jours pour tenir compte des congés légaux, de condamner l'ONIAM à verser la somme de 2 855 euros après application du taux d'imputabilité.
S'agissant des dépenses liées à l'assistance par une tierce personne pour les besoins de la vie quotidienne future :
16. Les experts ont retenu que Mme B n'avait plus besoin de l'assistance d'une tierce personne pour les besoins de la vie quotidienne après la date de consolidation. Si elle soutient qu'elle ne peut plus conduire, en raison du risque de crise dont elle pourrait souffrir soudainement, cette seule circonstance, qui n'est au demeurant pas retenue par le rapport d'expertise, ne constitue pas un besoin d'assistance par tierce personne. Il n'y a donc pas lieu de faire droit à sa demande à ce titre.
S'agissant des pertes de gains professionnels actuels :
17. Il résulte de l'instruction que Mme B exerce en qualité de juriste au sein d'une compagnie d'assurance, où elle a perçu un revenu annuel moyen estimé, en fonction du revenu fiscal de référence du foyer indiqué sur ses avis d'impôts, à 51 317 euros en retenant les années 2018 et 2021. Les experts ont retenu une période d'arrêt de travail du 10 février au 2 septembre 2020. Elle a perçu, en 2020, un revenu annuel de 24 429 euros. Elle établit ainsi avoir subi une perte de gains professionnels qui doit être évaluée, au prorata de sa période d'arrêt de travail, à 4 533 euros. Il y a lieu, par suite, de mettre à la charge de l'ONIAM la somme de 2 267 euros après application du taux d'imputabilité.
S'agissant de la perte de gains professionnels futurs :
18. Il résulte de l'instruction que Mme B a pu reprendre son activité professionnelle, mais qu'elle l'exerce en télétravail, à défaut de se déplacer sur son lieu de travail en conduisant. Si elle soutient qu'elle subit des pertes de primes et d'avancement en raison de cette situation, un tel préjudice, à le supposer établi, ne peut être indemnisé qu'au titre de l'incidence professionnelle. Il n'y a pas lieu, par suite, de réserver le poste de la perte de gains professionnels futurs.
S'agissant de l'incidence professionnelle :
19. Il résulte de l'instruction, ainsi que le soutient Mme B, que la pénibilité de son état de santé, ses absences prolongées et ses difficultés pour se déplacer ont dévalorisé son image au sein de la société qui l'emploie, et que l'impossibilité de conduire rend plus difficile la recherche d'un nouveau poste. Il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice, après application du taux d'imputabilité, en lui accordant la somme de 3 000 euros à ce titre à mettre à la charge de l'ONIAM.
En ce qui concerne les préjudices personnels :
S'agissant du déficit fonctionnel temporaire :
20. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que Mme B a subi un déficit fonctionnel temporaire total du 11 au 21 octobre 2019, un déficit fonctionnel partiel à hauteur de 20 % pendant l'année suivante, puis un déficit fonctionnel partiel à hauteur de 15 % du 23 octobre 2020 au 9 octobre 2021. Il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice, en retenant un taux journalier de 20 euros, et après application du taux d'imputabilité, en condamnant l'ONIAM à lui verser la somme de 1 370 euros à ce titre.
S'agissant du déficit fonctionnel permanent :
21. Il résulte du rapport d'expertise que Mme B a subi, en raison notamment de l'accident médical non fautif, un déficit fonctionnel permanent estimé par les experts à 7 %. Il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice, pour une femme âgée de trente-huit ans à la date de consolidation, en lui accordant la somme de 3 750 euros à ce titre, après application du taux d'imputabilité, à mettre à la charge de l'ONIAM.
S'agissant des souffrances endurées :
22. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que Mme B a subi des douleurs estimées par les experts à 3,5 sur une échelle allant de 1 à 7. Il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en condamnant l'ONIAM à lui verser la somme de 2 500 euros à ce titre, après application du taux d'imputabilité.
S'agissant du préjudice d'impréparation :
23. Il résulte de ce qui a été dit au point 6 que Mme B est fondée à solliciter la réparation du préjudice d'impréparation qu'elle a subi en raison du défaut d'information sur les risques liés à l'intervention anesthétique pendant son accouchement. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en condamnant l'AP-HP à lui accorder la somme de 5 000 euros à ce titre.
Sur les droits de Mme B :
24. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu de condamner l'ONIAM à verser à Mme B la somme de 18 887 euros, et l'AP-HP à lui verser la somme de 5 000 euros.
Sur les frais d'expertise :
25. Par une ordonnance du 23 novembre 2022, les frais et honoraires de l'expertise, liquidés et taxés à la somme de 3 000 euros, ont été mis à la charge de Mme B. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge définitive de l'ONIAM le montant de ces frais.
Sur les frais liés à l'instance :
26. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'ONIAM et de l'AP-HP les sommes respectives de 1 500 et 500 euros, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, au titre des frais exposés par Mme B et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'Assistance publique-hôpitaux de Paris est condamnée à verser à Mme B la somme de 5 000 euros en réparation de ses préjudices.
Article 2 : L'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales est condamné à verser à Mme B la somme de 18 887 euros en réparation de ses préjudices.
Article 3 : Les frais de l'expertise, d'un montant total de 3 000 euros, sont mis à la charge définitive de l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales.
Article 4 : L'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales versera à Mme B une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : L'Assistance publique-hôpitaux de Paris versera à Mme B une somme de 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 6 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B est rejeté.
Article 7 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales, à l'Assistance publique-hôpitaux de Paris et à la caisse primaire d'assurance maladie de Paris.
Délibéré après l'audience du 17 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Delesalle, président,
- M. Cicmen, premier conseiller,
- M. Doan, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 novembre 2024.
Le rapporteur,
R. Doan
Le président,
H. DelesalleLe greffier,
A. Lemieux
La République mande et ordonne à la ministre de la santé et de l'accès aux soins en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision./6-3
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2525597
**Sujet principal** : La requérante, une ressortissante salvadorienne, demande l'annulation du rejet implicite de sa demande de titre de séjour et l'injonction au préfet de police de lui délivrer un titre. **Juridiction** : Le Tribunal Administratif de Paris (6e Section - 3e Chambre). **Solution retenue** : Le tribunal rejette la requête. Il estime que la requête dirigée contre un rejet implicite est irrecevable, car un refus exprès (un arrêté du 25 mars 2025) avait déjà été notifié. Le tribunal considère que les moyens au fond, invoquant notamment les articles L. 423-23, L. 435-1 et L. 435-4 du CESEDA, ne sont pas de nature à justifier la délivrance d'un titre. **Textes appliqués** : Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), notamment ses articles L. 423-23, L. 435-1 et L. 435-4, ainsi que le code de justice administrative.
02/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2524412
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A..., un ressortissant algérien, qui contestait les décisions du préfet du Val-de-Marne l'obligeant à quitter le territoire français sans délai et lui interdisant le retour pour douze mois. La juridiction a estimé que l'arrêté préfectoral était suffisamment motivé et fondé sur un examen sérieux de la situation personnelle de l'intéressé, qui était entré et séjournait irrégulièrement en France. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que sur la Convention européenne des droits de l'homme et l'accord franco-algérien de 1968.
19/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2414908
Le Tribunal Administratif de Paris a été saisi d'un recours en excès de pouvoir concernant la responsabilité de l'Assistance publique-hôpitaux de Paris pour une infection nosocomiale survenue après une intervention chirurgicale. La juridiction a reconnu la responsabilité de l'établissement et a procédé à une évaluation des préjudices du requérant, en se fondant notamment sur une expertise médicale ordonnée par le tribunal. La décision implicite de rejet de la demande d'indemnisation est annulée, et l'AP-HP est condamnée à verser une indemnité, dont le montant est déterminé par le tribunal en application des principes de responsabilité administrative.
19/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2419249
Le Tribunal administratif de Paris a rejeté comme irrecevable la requête de M. B... visant à annuler le refus de renouvellement de sa carte professionnelle d'agent de sécurité privée. La juridiction a jugé que le recours contre la décision implicite de rejet était devenu sans objet, une décision expresse de rejet ayant été prise avant l'introduction de la requête et le recours contre cette dernière ayant fait l'objet d'un désistement. Le tribunal s'est fondé sur les règles de procédure du code de justice administrative pour constater l'irrecevabilité, sans avoir à examiner le fond du litige.
19/03/2026