mercredi 13 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2321132 |
| Type | Ordonnance |
| Publication | D |
| Avocat requérant | CABINET COLL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 11 septembre 2023, M. D A, représenté par Me Coll, demande au tribunal, d'une part, de récuser M. B C, désigné en qualité d'expert par l'ordonnance n° 1921795 du président du tribunal administratif de Paris en date du 16 août 2023, et, d'autre part, de désigner un autre expert compétent en médecine environnementale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens / () ".
2. Aux termes de l'article R. 621-6 du code de justice administrative : " Les experts ou sapiteurs mentionnés à l'article R. 621-2 peuvent être récusés pour les mêmes causes que les juges. S'il s'agit d'une personne morale, la récusation peut viser tant la personne morale elle-même que la ou les personnes physiques qui assurent en son nom l'exécution de la mesure. La partie qui entend récuser l'expert ou le sapiteur doit le faire avant le début des opérations ou dès la révélation de la cause de la récusation. Si l'expert ou le sapiteur s'estime récusable, il doit immédiatement le déclarer au président de la juridiction ou, au Conseil d'Etat, au président de la section du contentieux. () ". Son article R. 621-6-1 dispose : " La demande de récusation formée par une partie est présentée à la juridiction qui a ordonné l'expertise. Si elle est présentée par un mandataire, ce dernier doit être muni d'un pouvoir spécial / Elle doit à peine d'irrecevabilité indiquer les motifs qui la soutiennent et être accompagnée des pièces propres à la justifier. ".
3. Pour demander la récusation de M. C, médecin d'urgence et spécialiste en médecine de catastrophe, le requérant invoque l'absence de compétence de ce dernier en toxicologie environnementale alors que la maladie professionnelle dont il souffre, objet du litige au principal, a pour origine des produits de nettoyage utilisés dans les locaux dans lesquels il travaillait au sein du service des archives de la préfecture de police de Paris. Il est constant que M. C a été désigné par une ordonnance du président du tribunal administratif de Paris en date du 16 août 2023, transmise au conseil du requérant le lendemain via l'application Télérecours et dont celui-ci a pris connaissance le 21 août 2023. Par ailleurs, les spécialités médicales de M. C, à savoir l'anesthésiologie et réanimation, l'autopsie et thanatologie et la médecine légale du vivant (dommage corporel et traumatologie séquellaire), constituent des informations publiques librement consultables sur la liste des experts judiciaires établie pour le ressort de la cour d'appel de Nancy pour l'année 2023, mise à jour le 1er mars 2023. Par suite, il y a lieu de regarder la cause de récusation invoquée par M. A comme révélée au plus tard le 21 août 2023, date à laquelle son conseil a pris connaissance de la désignation de M. C comme expert. Il s'ensuit que la présente demande en récusation de l'expert désigné, enregistrée au greffe du tribunal administratif de Paris le 11 septembre 2023, soit vingt jours après la date à laquelle la raison de la récusation sollicitée pouvait être connue du requérant, n'a pas été présentée dès la révélation de la cause de ladite récusation au sens des dispositions précitées de l'article R. 612-6 du code de justice administrative et est, par conséquent, tardive.
4. En outre, à l'appui de sa demande de récusation, le requérant s'est borné à produire un extrait non sourcé définissant la toxicologie médico-légale et la liste nationale des experts agréés par la Cour de cassation au titre de l'année 2022. Ces pièces ne sont manifestement pas propres à justifier l'incompétence de M. C. Dans ces conditions, la présente demande en récusation est également irrecevable par application du dernier alinéa de l'article R. 612-6-1 du code de justice administrative.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la demande en récusation formée par M. A est irrecevable et doit être rejetée sur le fondement du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative
O R D O N N E :
Article 1er : La demande de récusation présentée par M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D A.
Fait à Paris, le 13 septembre 2023,
La présidente de la 6ème section,
K. Weidenfeld
La République mande et ordonne à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/6