mardi 12 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2321257 |
| Type | Décision |
| Formation | 4e Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | TOMASI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 13 septembre 2023, M. A demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 30 août 2023 par laquelle le préfet de police a fixé le pays à destination duquel il sera reconduit en exécution de l'arrêté d'expulsion pris à son encontre le
3 mars 2020 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision de fixation du pays de destination n'est pas suffisamment motivée ;
- sa situation personnelle n'a pas fait l'objet d'un examen sérieux ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er février 2024 le préfet de police, représenté par Me Tomasi, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 4 janvier 2024, la clôture d'instruction a été fixée au
5 février 2024.
Le bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Paris a constaté par une décision du 24 novembre 2023 la caducité de la demande d'aide juridictionnelle présentée par M. A.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Hermann Jager
- les conclusions de M. Mathieu Gualandi, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, de nationalité algérienne, né le 5 décembre 1985, a fait l'objet d'un arrêté d'expulsion le 3 mars 2020, qui n'a pas été exécuté. Interpellé le 28 août 2023 par les services de police, le préfet de police a, par un arrêté du 30 août 2023, fixé le pays à destination duquel il pouvait être reconduit. M. A demande au tribunal d'annuler cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué vise les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, mentionne également différents éléments de la situation personnelle de M. A et notamment la circonstance qu'il fait l'objet d'un arrêté préfectoral d'expulsion prononcé le 3 mars 2020 à son encontre, pour menace grave à l'ordre public, eu égard à son comportement délictueux. Dès lors, l'arrêté attaqué, qui n'a pas à mentionner de façon exhaustive l'ensemble des caractéristiques de la situation personnelle de l'intéressé comprend les éléments de fait et de droit sur lesquels s'est fondé le préfet de police. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté du 24 janvier 2023 serait entaché d'un défaut de motivation.
3. En deuxième lieu, l'arrêté d'expulsion précité du 3 mars 2020 n'ayant en tout état de cause pas été abrogé, le préfet de police n'avait pas obligation de recevoir ni d'entendre M. A pour fixer par la décision querellée le pays de destination. Néanmoins, il est constant que par un courrier du 29 août 2023, il lui a été demandé de formuler ses observations. Le moyen tiré d'un défaut d'examen de la situation personnelle de l'intéressé doit être écarté.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ". Aux termes de l'article L. 631-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut décider d'expulser un étranger lorsque sa présence en France constitue une menace grave pour l'ordre public, sous réserve des conditions propres aux étrangers mentionnés aux articles L. 631-2 et L. 631-3 ".
5. L'arrêté contesté a pour seul objet de déterminer le pays de renvoi de M. A en exécution de l'arrêté d'expulsion du 3 mars 2020. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations citées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est inopérant et doit être écarté.
6. En quatrième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Au soutien de ce moyen, M. A invoque l'impossibilité en Algérie de prise en charge de sa pathologie psychiatrique et le risque de dégradation de son état de santé en cas de retour dans son pays. Toutefois, il n'apporte aucun élément justificatif permettant d'infirmer l'appréciation portée par le préfet de police.
7. Enfin, en soutenant qu'il est présent en France depuis 2017, que ses attaches familiales se trouvent en France, son père y résidant de manière régulière, qu'il a pour projet de se marier avec sa compagne de nationalité serbe et qu'il est atteint d'une pathologie neurologique chronique pour laquelle il doit prendre un traitement et a besoin d'un suivi médical sans toutefois apporter d'éléments justificatifs permettant d'étayer ses dires, M. A ne démontre pas que le préfet de police, en fixant le pays à destination duquel il peut être renvoyé, a porté une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation doivent être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, des conclusions à fin d'injonction et de celles présentées au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'intérieur. Copie en sera adressée au préfet de police .
Délibéré après l'audience du 21 octobre 2024 , à laquelle siégeaient :
- Mme Hermann Jager, présidente rapporteure,
- M. Claux, premier conseiller,
- Mme Portes, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 novembre 2024.
La présidente rapporteure
V. Hermann Jager
L'assesseur le plus ancien,
J. B. Claux
Le greffier,
F. Rajaobelison
La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/4-
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2417280
Le Tribunal Administratif de Paris a annulé les décisions du ministre de la justice refusant un changement de nom. Le juge a estimé que la requérante justifiait d'un intérêt légitime exceptionnel, fondé sur des motifs affectifs, pour porter le nom de son père biologique et affectif, et ce malgré l'existence d'une filiation paternelle légalement établie à l'égard d'un autre homme. La décision s'appuie sur l'article 61 du code civil, qui n'assujettit pas l'intérêt légitime à changer de nom à l'existence d'un lien de filiation avec le porteur du nom sollicité.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2402737
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. B... visant à annuler les arrêtés d'expulsion et de fixation du pays de destination. La juridiction a estimé que le ministre de l'intérieur avait légalement fondé sa décision sur l'article L. 631-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, considérant que les condamnations et le comportement agressif de l'intéressé, évoluant vers des menaces à caractère terroriste, constituaient une menace grave pour l'ordre public et portaient atteinte aux intérêts fondamentaux de l'État. Le tribunal a également jugé que l'arrêté fixant le Maroc comme pays de destination ne méconnaissait pas l'article 3 de la Convention européenne des droits de l'homme.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2504315
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A..., un ressortissant chinois condamné pour meurtre, qui demandait l'annulation de son arrêté d'expulsion du 5 décembre 2024. Le tribunal a jugé que le préfet de police était compétent pour signer l'arrêté et que la motivation de la décision, qui invoquait une menace grave pour l'ordre public, était suffisante au regard des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (article L. 631-1) et du code des relations entre le public et l'administration. La demande d'aide juridictionnelle provisoire a également été rejetée, faute d'urgence démontrée.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2406377
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de la SCI Habitat Cavaignac visant à annuler l'arrêté municipal du 17 janvier 2024 refusant la transformation d'un local commercial en meublé de tourisme. La juridiction a jugé que le refus de la Maire de Paris était légal, car il était justifié par la nécessité de protéger l'environnement urbain et l'équilibre entre les fonctions de la ville, conformément au règlement municipal adopté sur le fondement du code du tourisme (articles L. 324-1-1 et R. 324-1-5). La demande d'injonction et de condamnation pécuniaire à l'encontre de la Ville a également été rejetée.
23/03/2026