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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2321291

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2321291

jeudi 21 septembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2321291
TypeOrdonnance
PublicationD
Avocat requérantDE SEZE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête, enregistrée le 14 septembre 2023 sous le n° 2321291, M. A, représenté par Me De Sèze, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) de suspendre l'exécution de la décision du 9 août 2023 par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a mis fin à ses conditions matérielles d'accueil ;

3°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de lui octroyer les conditions matérielles d'accueil dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration la somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- sa requête est recevable ;

- la condition d'urgence est satisfaite dès lors qu'il est privé de toutes ressources et doit quitter son logement ; il se trouve, avec sa famille, dans un état de précarité extrême ; il est le père de trois enfant mineurs, dont deux sont scolarisés et un en bas âge ; la famille n'a manqué qu'un seul rendez-vous, pour un motif médical ;

- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision dès lors que :

. elle est insuffisamment motivée et méconnaît donc les dispositions des articles D. 551-16 et 18 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; l'Office français de l'immigration et de l'intégration pouvait moduler sa décision sans opter pour une cessation totale des conditions matérielles d'accueil ; la santé de sa fille n'a pas été prise en compte alors que sa pathologie médicale avait été signalée ;

. la procédure est entachée d'illégalité dès lors que sa situation n'a pas fait l'objet d'un examen au regard de sa situation de vulnérabilité et que la procédure contradictoire n'a pas été respectée ; la décision ne pouvait intervenir avant l'expiration du délai de quinze jours pour présenter des observations ; en outre, il n'est pas justifié de la formation spécifique de l'agent ayant mené l'entretien de vulnérabilité ;

. il a été privé d'une garantie en l'absence d'information concernant la possibilité de bénéficier d'un examen de santé ;

. le contenu du questionnaire fixé par l'arrêté est illégal et il a été privé d'une garantie ;

. une erreur de droit a été commise en ce quel'administration n'établit pas qu'il n'aurait pas déféré à toutes les convocations qu'il a reçues ; la famille ne s'est effectivement pas rendue à l'aéroport mais cette absence a été justifiée par l'état de santé de sa fille, qui est suivie médicalement depuis plusieurs mois ;

. une erreur manifeste d'appréciation a été également commise au regard de son état de vulnérabilité qui n'a pas été correctement pris en compte ; la décision contestée est contraire à l'article 3-1 de la convention relative aux droits de l'enfant et à l'article 20 de la directive du 26 juin 2013.

II. Par une requête, enregistrée le 14 septembre 2023 sous le n° 2321294, Mme C, représentée par Me De Sèze, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) de suspendre l'exécution de la décision du 9 août 2023 par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a mis fin à ses conditions matérielles d'accueil ;

3°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de lui octroyer les conditions matérielles d'accueil dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration la somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient les mêmes moyens que dans la requête n° 2321291.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- les requêtes tendant à l'annulation des décisions dont la suspension est demandée.

Vu :

- la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- la convention relative aux droits de l'enfant signée à New-York le 26 janvier 1990 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Riou pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Les requêtes n° 2321291 et n° 2321294 présentées respectivement par M. A et Mme C présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu d'y statuer par une seule ordonnance.

Sur les demandes de référé :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

3. Il ressort des pièces du dossier que M. A et Mme C, ressortissants mauritaniens nés respectivement le 18 février 1980 et le 27 février 1984, ont accepté les conditions matérielles d'accueil proposées par l'Office français de l'immigration et de l'intégration le 14 septembre 2022. Ils ont fait l'objet d'une décision du 9 août 2023 de l'Office français de l'immigration et de l'intégration portant suspension de ces conditions au motif qu'ils n'avaient pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile en refusant leur embarquement pour un vol prévu le 20 juin 2023 dans le cadre de leur transfert vers l'Allemagne prévu en exécution d'un arrêté préfectoral du 28 novembre 2022, dont la légalité avait été confirmée par deux jugements rendus le 6 janvier 2023 par le magistrat désigné du tribunal administratif de Paris, et devenus définitifs. M. A et Mme C demandent au juge des référés de suspendre l'exécution des décisions de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

4. Il est constant que les requérants ne se sont pas présentés à l'aéroport pour un départ prévu vers l'Allemagne le 20 juin 2023. Ils se prévalent notamment d'un certificat médical établi le 20 juin 2023 par un médecin du service des urgences du centre hospitalier de Neuilly-sur-Seine indiquant que leur fille B A " ne pourra pas fréquenter le collège pendant 1 jour (s) à compter du 20/06/2023 " et préconisant une échographie abdominale à réaliser dans un cabinet radiologique, mais ne mentionnant aucun traitement particulier ni l'impossibilité de voyager. Les moyens invoqués par M. A et Mme C à l'appui de leur demande de suspension ne paraissent pas, en l'état de l'instruction, propres à créer un doute sérieux sur la légalité des décisions contestées. Par suite, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence, leur requête doit être rejetée, y compris leurs conclusions à fin d'injonction sous astreinte.

Sur le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :

5. Aux termes de l'article 7 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " l'aide juridictionnelle est accordée à la personne dont l'action n'apparaît pas, manifestement, irrecevable ou dénuée de fondement ". Il ressort de ce qui a été dit au point 3 que les présentes requêtes sont manifestement dénuées de fondement. Dès lors, il n'y a pas lieu d'admettre provisoirement M. A et Mme C au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

O R D O N N E :

Article 1er : M. A et Mme C ne sont pas admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Les requêtes n° 2321291 et n° 2321294 sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D A, à Mme E C et à Me De Sèze.

Copie en sera adressée à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

Fait à Paris, le 21 septembre 2023.

La juge des référés,

C. Riou

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°s 2321291 - 2321294

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