vendredi 20 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2321682 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 2e Section - 1re Chambre |
| Avocat requérant | GAGEY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 19 septembre 2023, accompagnée de pièces complémentaires enregistrées le lendemain, M. B A, représenté par Me Gagey, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 19 juillet 2023 par laquelle le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (ci-après OFII) a mis fin à son bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;
2°) d'enjoindre au directeur général de l'OFII de le rétablir dans le bénéfice des conditions matérielles d'accueil à compter du mois de juillet 2023, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'OFII le versement d'une somme de 1 200 euros à Me Gagey, son avocate, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ou à lui-même, dans l'hypothèse où il ne serait pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- la décision du 19 juillet 2023 est insuffisamment motivée ;
- sa vulnérabilité n'a pas été prise en compte, en violation de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il n'a pas été informé, avec l'assistance d'un interprète, de la possible cessation du bénéfice des conditions matérielles d'accueil, comme le prévoit l'article L. 551-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision est entachée d'une erreur de fait dès lors qu'il a transmis à l'OFII les documents qui lui ont été demandés ;
- l'OFII a inexactement apprécié sa vulnérabilité.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 juillet 2024, le directeur général de l'OFII conclut au rejet de la requête.
Il soutient les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 24 novembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Calladine a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant mauritanien né le 31 décembre 1986, a sollicité le bénéfice de l'asile lors de son entrée en France. Sa demande a été enregistrée en procédure normale le 14 octobre 2022 et, à l'issue de son entretien au " guichet unique " le 17 octobre 2022, il a été admis au bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Le même jour, l'OFII lui a demandé de produire des pièces permettant de justifier de sa demande tenant à être exempté d'une orientation en vue de son hébergement. Après avoir estimé que les justificatifs sollicités n'avaient pas été fournis, le directeur territorial de l'OFII a décidé, par une décision du 19 juillet 2023, de mettre fin au bénéfice des conditions matérielles d'accueil. M. A demande l'annulation de cette décision du 19 juillet 2023.
2. Aux termes de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction applicable au litige : " Il peut être mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur dans les cas suivants : () / 3° Il ne respecte pas les exigences des autorités chargées de l'asile (). / La décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. Elle est prise après que l'intéressé a été mis en mesure de présenter ses observations écrites selon des modalités définies par décret. "
3. En premier lieu, la décision de suspension des conditions matérielles d'accueil vise les textes applicables, et notamment les articles L. 551-16 et R. 551-18 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle mentionne que M. A n'a pas fourni les documents demandés le 17 octobre 2022 et énumère ces documents. Elle comporte ainsi, avec suffisamment de précisions, les circonstances de droit et de fait sur lesquelles elle est fondée. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
4. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que, lors de son entretien le 17 octobre 2022, M. A a déclaré avoir des problèmes de santé, avoir consulté un médecin et ne plus suivre de traitement. Il n'a pas remis de certificat médical en vue d'obtenir un avis médical et n'a pas révélé sa pathologie. S'il produit une prescription datée du 10 mai 2023 et une attestation établie par un médecin généraliste postérieurement à la décision attaquée indiquant qu'il a été examiné à quatre reprises par un médecin généraliste entre le 13 mars 2023 et le 17 juillet 2023, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il aurait adressé ces documents à l'OFII avant l'édiction de la décision attaquée ni qu'il aurait informé cette autorité d'une pathologie particulière. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'OFII, qui a procédé à l'examen initial de la vulnérabilité de M. A et n'avait aucune raison de considérer que son état de santé aurait évolué, n'aurait pas procédé à un examen attentif de sa vulnérabilité avant de prendre la décision attaquée.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 551-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le demandeur est informé, dans une langue qu'il comprend ou dont il est raisonnable de penser qu'il la comprend, que le bénéfice des conditions matérielles d'accueil peut lui être refusé ou qu'il peut y être mis fin dans les conditions et selon les modalités prévues aux articles L. 551-15 et L. 551-16. "
6. Il ressort du compte-rendu de l'entretien de M. A au " guichet unique ", le 17 octobre 2022, qui s'est déroulé par le truchement d'un interprète en langue peul, qu'il a été informé dans une langue qu'il comprend des conditions et modalités de refus et de cessation des conditions matérielles d'accueil. En outre, la demande de communication de pièces justificatives, qui lui a été remise le même jour en mains propres, indique que l'absence de remise des documents concernés dans le délai de cinq jours est susceptible d'emporter la cession des conditions matérielles d'accueil. L'OFII a ainsi respecté l'obligation d'information prévue à l'article L. 551-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
7. En quatrième lieu, lors de son entretien le 17 octobre 2022, M. A a indiqué être hébergé à titre gratuit par son frère à Aubervilliers. Le directeur territorial de l'OFII lui a demandé de remettre une déclaration sur l'honneur de son hébergeant, attestant le cas échéant de son lien de parenté, accompagnée d'une copie de son titre d'identité, d'une copie de son titre de propriété ou de son contrat de location, d'un justificatif de domicile de moins de trois mois et de toute pièce justificative de son lien de parenté, le cas échéant, ainsi qu'une déclaration sur l'honneur signée par lui-même attestant de son hébergement, et le cas échéant de son lien de parenté avec son hébergeant. Si M. A a transmis à l'OFII des pièces relatives à son hébergement à Sartrouville, soit deux attestations sur l'honneur de son hébergeant, la copie de sa pièce d'identité et une quittance de loyer, d'une part, ces attestations sur l'honneur sont insuffisantes pour établir le lien de parenté entre celui-ci et M. A, d'autre part, il n'est pas contesté que M. A n'a transmis ni le contrat de location de son hébergeant ni l'attestation sur l'honneur complétée par ses soins. Dans ces conditions, en estimant que M. A, qui n'avait pas remis l'ensemble des pièces demandées, ce qui ne permettait pas à l'OFII de disposer de l'ensemble des informations utiles pour l'instruction de son dossier, et n'avait ainsi pas respecté les exigences qui s'imposaient à lui, cet office, qui ne s'est pas fondé sur des faits matériellement inexacts, a fait une exacte application de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
8. En dernier lieu, si M. A fait valoir qu'il souffre d'asthme, et alors qu'il n'en a pas fait part à l'OFII, ainsi qu'il a été dit au point 4, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'OFII aurait été averti de l'existence de cette pathologie particulière et ainsi aurait fait une appréciation erronée de sa vulnérabilité.
9. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du directeur territorial de l'OFII du 19 juillet 2023. Par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction sous astreinte doivent être rejetées. L'OFII n'étant pas la partie perdante dans la présente instance, les conclusions présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ne peuvent elles-mêmes qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration et à Me Gagey.
Délibéré après l'audience du 10 décembre 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Simonnot, président,
- Mme Calladine, première conseillère,
- M. Lahary, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 décembre 2024.
La rapporteure,
A. CALLADINE
Le président,
J.-F. SIMONNOTLa greffière,
M.-C. POCHOT
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/2-1
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2400082
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de la société Le Printemps immobilier, qui demandait une réduction de sa cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties pour l'année 2021. La juridiction a jugé que la société, sur laquelle pesait la charge de la preuve en vertu de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales, n'avait pas démontré le caractère exagéré de l'imposition. Elle n'a pas établi que la surface réelle de ses locaux était inférieure à celle déclarée, ni que l'administration avait fait une application erronée des règles de calcul, notamment celles de l'article 1518 A du code général des impôts.
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